logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

01/09/2018

LE MOTARD (Fergus)

Le motard
Fergus

Capture d’écran 2018-09-01 à 11.23.43.png

André Sabatier laissa retomber sa fourchette. Cette blanquette était décidément trop copieuse. « Le genre de plat qui te fait tomber trois tonnes sur l’estomac ! » aurait affirmé ce barge de Rico. Avec à la clé un risque non négligeable de somnolence. Pour L’Ardéchois, pas question de se relâcher : il restait encore deux cents bornes à tirer jusqu’au rafiot qui devait le conduire dans la baie de Dingle où un ami irlandais lui avait dégotté une planque sûre. Deux cents bornes d’une vigilance de tous les instants. En principe, pas de risque d’accroc : les barrages avaient été levés depuis belle lurette sur l’ensemble du territoire. Seul pouvait subsister, ici ou là, un contrôle de routine. Pas de quoi s’affoler : avec sa nouvelle tronche et ses fafiots de première bourre, les pandores ne verraient en face d’eux qu’un quadra peroxydé au look de tantouze, un dénommé Jean-Luc Thyssen, domicilié à Woluwe-Saint-Pierre dans les faubourgs chics de Bruxelles. Quant à la bécane, elle tournait comme une horloge helvète. Aucun souci à redouter de ce côté-là. Quand même, mieux valait garder les idées claires. Sabatier repoussa son assiette et commanda un double café sans passer par la case fromage ou dessert pourtant prévue dans le menu du jour à 14 euros. Il renonça, pour le même motif, à terminer son pichet de vin. Non sans un certain mérite : le pinard proposé par la patronne n’était qu’un vin de pays sans prétention, mais il caressait agréablement le palais. En d’autres temps, Sabatier aurait liquidé le picrate. En d’autres temps, il aurait également fait du gringue à la serveuse, une petite brunette au sourire espiègle et à la fesse aguichante. Du gringue, et plus si affinités…
 
Quatorze heures sonnèrent au coucou de la salle à manger sans troubler la quiétude des biches qui s’abreuvaient dans la mare de la grande tapisserie défraîchie qui ornait le mur du fond. L’Ardéchois vida son café. L’addition réglée, il sortit calmement du resto, sanglé dans son blouson de motard en cuir noir. Par chance, il faisait un temps exécrable, mélange de crachin et de bourrasques. Un temps à faire fuir le plus zélé des poulets. N’empêche, pas question de prendre le moindre risque. Sans hâte, Sabatier assujettit son casque, puis enfila ses gants. D’un revers de main, il balaya l’eau qui s’était accumulée sur le siège de la moto. La Kawasaki, docile, démarra au quart de tour. Une bonne machine.     
       
Le camion d’Yvon Coroller déboucha sur la crête. Un fort vent de nord-ouest balayait la lande. Tandis que le poids lourd tournait sur le rond-point, une rafale soudaine vint frapper la tôle. La carrosserie fatiguée émit une longue plainte métallique. Le conducteur n’y prêta pas attention. Machinalement, son regard s’était porté vers l’émetteur du Roc’h Tredudon dont l’antenne se perdait dans les effilochures de brouillard. Pas de danger qu’il saute celui-là, les mouvements autonomistes bretons avaient depuis longtemps renoncé à l’activisme violent. Dommage, d’une certaine manière, vu les programmes de merde que diffusait la télé et dont se gavait cette sotte de Katell dès qu’il avait le dos tourné. Bien que d’une nature paisible, Yvon Coroller en vint à souhaiter qu’une bonne charge d’explosif détruise une nouvelle fois le pylône, histoire de sevrer sa femme de ces inepties dont elle s’abrutissait des heures durant. Réflexion faite, mauvais calcul : elle lui pourrirait la vie jusqu’à l’installation d’une parabole. Une nouvelle plainte de la carrosserie ramena Coroller à sa conduite. Il haussa les épaules et s’engagea résolument en direction de Brasparts, sans un regard pour le Roc’h Trévézel dont les crocs de schiste lacéraient le ciel plombé.
 
Depuis son départ du restaurant, deux heures plus tôt, André Sabatier taillait la route avec prudence, en veillant à ne jamais dépasser les limitations de vitesse pour le cas où une patrouille de pandores serait embusquée à l’affût d’éventuels contrevenants. On ne sait jamais avec les flics. C’était toutefois hautement improbable, compte tenu de la météo dégueulasse qui sévissait sur l’Ouest depuis deux jours. En outre, il ne circulait qu’un faible nombre de véhicules sur cette route paumée des Monts d’Arrée. Faut dire que la contrée était pour le moins inhospitalière : de grands espaces pelés d’où émergeaient, ici et là, des moignons rocheux noirâtres tout ruisselants de pluie. En contrebas de la route s’étendait une immense cuvette désertique, faite de tourbières pisseuses et de landes marronnasses. Un vaste lac, dominé à l’une de ses extrémités par la masse de béton d’une ancienne centrale nucléaire, complétait ce paysage de désolation dépourvu de toute habitation visible. « Bienvenue à Brennilis », se dit mentalement l’Ardéchois en consultant la carte routière glissée sous le lecteur plastifié.  

Hervé Grall et Louis Hamon en avaient terminé avec Fanch Rivoal. Pour la troisième fois en moins de deux mois, le vieil homme s’était enfui de chez lui complètement à poil. Au risque de choper une bonne crève par ce temps de chien. Côté attentat à la pudeur, pas de danger que l’exhibition effarouche la maigre population de Botmeur, vu le délabrement physique du délinquant : torse aux côtes saillantes, membres décharnés, fesses inexistantes ; quant à l’appareil génital, bordé par un frisottis de crins blanchâtres et parcimonieux, il se résumait à des balloches flasques et une chose pendouillante et molle, à dégoûter la plus délurée des gamines. À l’évidence, Rivoal n’avait rien à voir avec un faune lubrique. Tout au plus un vieillard gâteux. N’empêche, pour la deuxième fois, plainte avait été déposée à la gendarmerie. Enfin, l’affaire était maintenant définitivement réglée : la mort dans l’âme, Hortense Rivoal avait signé l’internement de son bonhomme dans une maison de retraite spécialisée.
 
Saloperie de temps. Sur la route du retour, les deux gendarmes décidèrent de s’octroyer une pause café à La Croix Cassée. Posé au bord de la route de Brasparts, le bistrot faisait figure d’oasis dans ce désert lugubre et sombre. Tandis que les gendarmes sirotaient leur jus au comptoir, le vent se renforça en mugissant sur la lande. Des bourrasques de pluie vinrent frapper les vitres du bistrot. Leur tasse bue, les gendarmes sortirent du café. Un camion chargé de tôles brinquebalantes les noya dans un nuage de flotte. Les flics prirent place en pestant à bord de leur Peugeot. L’adjudant Grall s’apprêtait à démarrer lorsqu’une moto surgit dans son rétroviseur. Le flic la laissa passer et se coula dans son sillage en direction de la brigade. 
 
Pas de doute, le camion vibrait. Les sangles qui maintenaient le chargement avaient pourtant été serrées au maximum. Toujours pareil avec ces putains de tôles : au bout d’un moment, quoi qu’on fasse, ça finissait par jouer avec les cahots de la route. Un instant, Yvon Coroller fut tenté de s’arrêter sur le bas-côté pour s’assurer de la solidité de l’arrimage. Bah ! plus que quinze bornes jusqu’à Pleyben, ça tiendrait bien jusque-là ! D’ailleurs mieux valait ne pas s’arrêter maintenant. Les poulets étaient à La Croix Cassée. Sûr qu’ils viendraient l’emmerder s’ils le voyaient garé en bord de route par ce temps. Coroller brancha l’autoradio. La voix éraillée d’Arno emplit l’habitacle : « She’s a bathroom singer… » Katell aussi était une bathroom singer. Qu’est-ce qu’elle pouvait le faire chier avec ses bluettes à la con. Ras la casquette des Fabian, Obispo, Dion et autres Cabrel. Yvon Coroller changea de station, dénicha un Carlos Nuñez de derrière les fagots. Il s’abandonna à la voix chaude de la gaïta du Galicien.  
 
L’Ardéchois fronça les sourcils en voyant la bagnole des gendarmes prendre son sillage. D’un geste machinal, il s’assura de la présence du Manurhin dans sa poche droite. Fausse alerte : les pandores restaient sagement calés dans son dos, à mille lieues d’imaginer que le motard belge qui les précédait était l’homme le plus recherché de France. Sabatier sourit : on ne laisse pas trois flics au tapis sans s’attirer quelques désagréments. Malgré la levée des barrages, l’Ardéchois savait que la traque se poursuivait dans l’ombre, haineuse, déterminée, impitoyable. Une traque à mort. Sa propre mort. Celle d’autres flics. Les deux peut-être. Les deux sans doute. Une seule chose était sûre : il n’y aurait jamais de procès Sabatier.
 
Yvon Coroller avait laissé sur la droite la petite route qui montait au Mont Saint-Michel de Brasparts. Masquées par les flaques d’eau, des nids de poule parsemaient les bords de la chaussée par endroits. Le camion les franchissait en gémissant. Absorbé par l’écoute de Carlos Nuñez, le conducteur n’y prêtait guère attention. Soudain, un cahot plus violent provoqua une embardée du camion. Un claquement sec se produisit à l’arrière. Coroller comprit aussitôt qu’une sangle venait de se rompre. Comme pour lui donner raison, le chant métallique des tôles en goguette vint couvrir le son de la gaïta. Le conducteur émit une bordée de jurons. Entre temps, le halo jaunâtre d’un phare s’était inscrit dans le rétroviseur : une moto avait entrepris de le doubler. Lancé sur son erre, le deux-roues parvint à la hauteur de la cabine. Ce fut la dernière image qui s’inscrivit dans l’œil du conducteur. Il s’affala sur son volant, le cœur foudroyé par l’horreur.
         
Prudemment, l’adjudant Grall stoppa la Peugeot à distance de l’accident : des feuilles de tôle, portées par les rafales de vent, continuaient de voler ça et là sur la chaussée et la lande, comme autant de menaces. À cent mètres de là, le camion avait versé dans le fossé. La moto et son pilote gisaient un peu plus loin, couchés sur le bitume détrempé. Tandis que son collègue alertait la brigade, le lieutenant Hamon, intrigué, s’extirpa de la voiture malgré le danger : lors de l’accident, il avait cru voir un objet noir rebondir sur la route en avant de la voiture pour finir sa course dans les bruyères du bas-côté…
 
Trente secondes plus tard, l’officier, livide, vomissait son déjeuner. À ses pieds gisait un casque dont la visière avait été arrachée. Deux grands yeux étonnés fixaient le gendarme. Le cou ensanglanté du motard avait été tranché net, comme au rasoir.

11:28 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent | Commentaires (0)

21/08/2018

LETTRE DU PAPE AU PEUPLE DE DIEU (AOÛT 2018)

 


La lettre du pape François au Peuple de Dieu sur les abus sexuels dans l’Église

 

Capture d’écran 2018-08-21 à 17.32.56.png

Le 20 août 2018, moins d’une semaine après la publication, aux États-Unis, d’un rapport accablant du procureur de Pennsylvanie sur les abus sexuels commis par des prêtres, le pape François a adressé une « Lettre au peuple de Dieu ». Un texte dans lequel il appelle à une réponse de toute l’Église au problème des abus en son sein. Il demande à tous les chrétiens d’œuvrer afin de mettre un terme à la culture du cléricalisme, et appelle les fidèles à la prière et au jeûne. « “Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance”, souligne le pape François en citant saint Paul. Pour le pape, « au moyen de la prière et de la pénitence, nous pourrons entrer en syntonie personnelle et communautaire avec cette exhortation afin que grandisse parmi nous le don de la compassion, de la justice, de la prévention et de la réparation ».

La DC

« Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Cor 12, 26). Ces paroles de saint Paul résonnent avec force en mon cœur alors que je constate, une fois encore, la souffrance vécue par de nombreux mineurs à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées. Un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants. Considérant le passé, ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparation du dommage causé ne sera jamais suffisant. Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées. La douleur des victimes et de leurs familles est aussi notre douleur ; pour cette raison, il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables.
1. Si un membre souffre
Ces derniers jours est paru un rapport détaillant le vécu d’au moins mille personnes qui ont été victimes d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience, perpétrés par des prêtres pendant à peu près soixante-dix ans. Bien qu’on puisse dire que la majorité des cas appartient au passé, la douleur de nombre de ces victimes nous est parvenue au cours du temps et nous pouvons constater que les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités et à redoubler d’efforts pour éradiquer cette culture de mort, les blessures ne connaissent jamais de « prescription ». La douleur de ces victimes est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passé sous silence. Mais leur cri a été plus fort que toutes les mesures qui ont entendu le réprimer ou bien qui, en même temps, prétendaient le faire cesser en prenant des décisions qui en augmentaient la gravité jusqu’à tomber dans la complicité. Un cri qui fut entendu par le Seigneur en nous montrant une fois encore de quel côté il veut se tenir. Le Cantique de Marie ne dit pas autre chose et comme un arrière-fond, continue à parcourir l’histoire parce que le Seigneur se souvient de la promesse faite à nos pères : « Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides » (Lc 1, 51-53) ; et nous ressentons de la honte lorsque nous constatons que notre style de vie a démenti et dément ce que notre voix proclame.
Avec honte et repentir, en tant que communauté ecclésiale, nous reconnaissons que nous n’avons pas su être là où nous le devions, que nous n’avons pas agi en temps voulu en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies. Nous avons négligé et abandonné les petits. Je fais miennes les paroles de l’alors cardinal Ratzinger lorsque, durant le Chemin de Croix écrit pour le Vendredi saint de 2005, il s’unit au cri de douleur de tant de victimes en disant avec force : « Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! (…) La trahison des disciples, la réception indigne de son Corps et de son Sang sont certainement les plus grandes souffrances du Rédempteur, celles qui lui transpercent le cœur. Il ne nous reste plus qu’à lui adresser, du plus profond de notre âme, ce cri : Kyrie, eleison – Seigneur, sauve-nous (cf. Mt 8, 25) » (Neuvième Station) (a).
2. Tous les membres souffrent avec lui
L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. S’il est important et nécessaire pour tout chemin de conversion de prendre connaissance de ce qui s’est passé, cela n’est pourtant pas suffisant. Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et dans leur esprit. Si par le passé l’omission a pu être tenue pour une forme de réponse, nous voulons aujourd’hui que la solidarité, entendue dans son acception plus profonde et exigeante, caractérise notre façon de bâtir le présent et l’avenir, en un espace où les conflits, les tensions et surtout les victimes de tout type d’abus puissent trouver une main tendue qui les protège et les sauve de leur douleur (b). Cette solidarité à son tour exige de nous que nous dénoncions tout ce qui met en péril l’intégrité de toute personne. Solidarité qui demande de lutter contre tout type de corruption, spécialement la corruption spirituelle, « car il s’agit d’un aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite : la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et d’autres formes subtiles d’autoréférentialité, puisque “Satan lui-même se déguise en ange de lumière” (2 Co 11, 14) » (c). L’appel de saint Paul à souffrir avec celui qui souffre est le meilleur remède contre toute volonté de continuer à reproduire entre nous les paroles de Caïn : « Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 9).
Je suis conscient de l’effort et du travail réalisés en différentes parties du monde pour garantir et créer les médiations nécessaires pour apporter sécurité et protéger l’intégrité des mineurs et des adultes vulnérables, ainsi que de la mise en œuvre de la tolérance zéro et des façons de rendre compte de la part de tous ceux qui commettent ou dissimulent ces délits. Nous avons tardé dans l’application de ces mesures et sanctions si nécessaires, mais j’ai la conviction qu’elles aideront à garantir une plus grande culture de la protection pour le présent et l’avenir.
Conjointement à ces efforts, il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin. Une telle transformation nécessite la conversion personnelle et communautaire et nous pousse à regarder dans la même direction que celle indiquée par le Seigneur. Ainsi saint Jean-Paul II se plaisait à dire : « Si nous sommes vraiment repartis de la contemplation du Christ, nous devrons savoir le découvrir surtout dans le visage de ceux auxquels il a voulu lui-même s’identifier » (d). Apprendre à regarder dans la même direction que le Seigneur, à être là où le Seigneur désire que nous soyons, à convertir notre cœur en sa présence. Pour cela, la prière et la pénitence nous aideront. J’invite tout le saint peuple fidèle de Dieu à l’exercice pénitentiel de la prière et du jeûne, conformément au commandement du Seigneur (1), pour réveiller notre conscience, notre solidarité et notre engagement en faveur d’une culture de la protection et du « jamais plus » à tout type et forme d’abus.
Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. Plus encore, chaque fois que nous avons tenté de supplanter, de faire taire, d’ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés, des projets, des choix théologiques, des spiritualités et des structures sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie (2). Cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Église – si commune dans nombre de communautés dans lesquelles se sont vérifiés des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience – comme l’est le cléricalisme, cette attitude qui « annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l’Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple » (3). Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme.
Il est toujours bon de rappeler que le Seigneur, « dans l’histoire du salut, a sauvé un peuple. Il n’y a pas d’identité pleine sans l’appartenance à un peuple. C’est pourquoi personne n’est sauvé seul, en tant qu’individu isolé, mais Dieu nous attire en prenant en compte la trame complexe des relations interpersonnelles qui s’établissent dans la communauté humaine : Dieu a voulu entrer dans une dynamique populaire, dans la dynamique d’un peuple » (e). Ainsi, le seul chemin que nous ayons pour répondre à ce mal qui a gâché tant de vies est celui d’un devoir qui mobilise chacun et appartient à tous comme peuple de Dieu. Cette conscience de nous sentir membre d’un peuple et d’une histoire commune nous permettra de reconnaitre nos péchés et nos erreurs du passé avec une ouverture pénitentielle susceptible de nous laisser renouveler de l’intérieur.
Tout ce qui se fait pour éradiquer la culture de l’abus dans nos communautés sans la participation active de tous les membres de l’Église ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation. La dimension pénitentielle du jeûne et de la prière nous aidera en tant que peuple de Dieu à nous mettre face au Seigneur et face à nos frères blessés, comme des pécheurs implorant le pardon et la grâce de la honte et de la conversion, et ainsi à élaborer des actions qui produisent des dynamismes en syntonie avec l’Évangile. Car « chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui » (f).
Il est essentiel que, comme Église, nous puissions reconnaitre et condamner avec douleur et honte les atrocités commises par des personnes consacrées, par des membres du clergé, mais aussi par tous ceux qui ont la mission de veiller sur les plus vulnérables et de les protéger. Demandons pardon pour nos propres péchés et pour ceux des autres. La conscience du péché nous aide à reconnaitre les erreurs, les méfaits et les blessures générés dans le passé et nous donne de nous ouvrir et de nous engager davantage pour le présent sur le chemin d’une conversion renouvelée.
En même temps, la pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux. Que le jeûne et la prière ouvrent nos oreilles à la douleur silencieuse des enfants, des jeunes et des personnes handicapées. Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. Un jeûne qui nous secoue et nous fasse nous engager dans la vérité et dans la charité envers tous les hommes de bonne volonté et envers la société en général, afin de lutter contre tout type d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience.
De cette façon, nous pourrons rendre transparente la vocation à laquelle nous avons été appelés d’être « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (g).
« Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance », nous disait saint Paul. Au moyen de la prière et de la pénitence, nous pourrons entrer en syntonie personnelle et communautaire avec cette exhortation afin que grandisse parmi nous le don de la compassion, de la justice, de la prévention et de la réparation. Marie a su se tenir au pied de la croix de son fils. Elle ne l’a pas fait de n’importe quelle manière mais bien en se tenant fermement debout et à son coté. Par cette attitude, elle exprime sa façon de se tenir dans la vie. Lorsque nous faisons l’expérience de la désolation que nous causent ces plaies ecclésiales, avec Marie il est bon « de donner plus de temps à la prière » (h), cherchant à grandir davantage dans l’amour et la fidélité à l’Église. Elle, la première disciple, montre à nous tous qui sommes disciples comment nous devons nous comporter face à la souffrance de l’innocent, sans fuir et sans pusillanimité. Contempler Marie c’est apprendre à découvrir où et comment le disciple du Christ doit se tenir.
Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction intérieure pour pouvoir exprimer, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage.

(1) « Mais cette sorte de démons ne se chasse que par la prière et par le jeûne » (Mt 17, 21).
(2) cf. Pape François, Lettre « Au Peuple de Dieu qui chemine au Chili », 31 mai 2018.
(3) Pape François, Lettre au cardinal Marc Ouellet, président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, 19 mars 2016.

 

 

17:34 Publié dans PAPE | Lien permanent | Commentaires (0)

28/07/2018

Père Jc.NIEUWIARTS

Jacques Nieuviarts :

"Quand le cœur se met en marche"

Capture d’écran 2018-07-28 à 11.43.30.png

Chemins de Compostelle

 


Le P. Jacques Nieuviarts, bibliste et marcheur. © Alexa Brunet
Le P. Jacques Nieuviarts, l'un de nos anciens chroniqueurs, est un bibliste et un marcheur passionné. À l'écouter, la marche est un art de vivre, une attitude qui ne se mesure pas au nombre de pas accumulés.
Comment êtes-vous venu à la marche ?
Enfant, je rechignais à la marche ! Puis, étudiant, j'ai fait des pèlerinages. Mais je relie mon goût pour la marche et sa dimension intérieure à un souvenir précis. Nous marchions, avec quelques-uns de mes frères et sœurs, près de Saint-Offenge, en Savoie. J'avais 18 ans, et nous étions prêts à courir sur le sentier. C'est alors qu'un vieil homme rencontré en chemin nous a dit ces mots : « Un montagnard monte à son pas. » J'ai appris ce jour-là qu'il importe de marcher à un pas régulier, le sien. Un jour, bien plus tard, comme je proposais à une de mes sœurs de venir marcher avec moi, elle m'a répondu : « Tu sais, je ne marche pas bien, mon mari m'a toujours dit que je ne savais pas marcher. » Elle était à un tournant difficile de sa vie. Je l'ai encouragée : « Mais si ! Marche à ton pas, et tu vas aller très loin ! » J'ai la conviction que tout le monde peut marcher ainsi. La dimension spirituelle de la marche est déjà là : elle pose chacun dans sa respiration, son souffle, son rythme propre.
Voilà vingt ans que l'Unesco a inscrit les Chemins de Compostelle en France au patrimoine mondial de l'humanité. Pourquoi les gens marchent-ils, si nombreux ?
Certains marchent par goût de la performance, équipés d'appareils pour compter les battements de leur cœur et mesurer leur vitesse. Pourquoi pas. La plupart, probablement, éprouvent en marchant une profonde régénération intérieure. Marcher un peu longuement conduit à faire place à son corps. Dans l'effort physique, le marcheur s'accorde avec son centre de gravité, dans un mouvement au rythme régulier. Alors sa pensée rationnelle s'estompe. Elle devient flottante, ouverte, comme son regard, qui ne se fixe pas durablement sur un point du paysage. Il pense à tout et à rien. Il a quitté ses vêtements de ville, il a quitté un « chez-soi » car il doit être plus léger pour aller à l'essentiel. Il s'est rendu disponible. Son être intérieur, détaché des impératifs régissant habituellement le quotidien, se repose. Il reprend contact avec les éléments du cosmos : le grand air, la pluie fine sur le visage, le bruit d'un ruisseau, le cri d'un oiseau, l'odeur de la végétation, de la terre.
Et quand on ne peut pas ou plus marcher ?
Je pense beaucoup à ceux qui ne peuvent pas marcher. Pour moi, la marche ne s'évalue pas au nombre de pas. À la montagne, j'ai souvent vu mon père regarder longuement le paysage depuis le balcon de notre logement. Cette attitude est déjà une entrée dans le mouvement de la marche. Une nuit de février, cette année, je logeais au Mont-Saint-Michel. Ma chambre donnait sur la baie. Avant de me coucher, j'ai ouvert la fenêtre. C'était une nuit de pleine lune et de grande marée. Le spectacle des vagues dans le faisceau de lumière de la lune m'a saisi. J'ai dû rester là une demi-heure ou plus, malgré la fraîcheur. C'est une grande chance de pouvoir marcher, mais la marche est d'abord dans une certaine qualité de regard. Le cœur se met en marche. Il lui suffit d'avoir un espace habitable. Pour le jubilé de la Miséricorde, en 2015-2016, le pape François avait invité chacun à faire de sa marche une marche jubilaire. Jusqu'aux prisonniers, invités à faire de la porte de leur cellule une porte jubilaire.
Autrement dit, marcher n'est pas le tout de la marche ?
En effet. Les pèlerins de Compostelle éprouvent souvent un sentiment étrange, une fois arrivés. Ils ont investi énormément d'eux-mêmes dans une longue marche et se trouvent d'un coup privés de quelque chose. Ils ont atteint leur but… et après ? Cela fait penser à la dépression post-partum qui peut affecter une femme après avoir mis au monde son bébé. Alors il faut se dessaisir de quelque chose. Le pèlerin de Compostelle est d'ailleurs censé aller au-delà de Compostelle, jusqu'au cap Finisterre, en Espagne, qui représentait au Moyen Âge le bout du monde connu. De là, il devra repartir, vers l'Orient, et l'« à-venir ».
Il y a un art de marcher ?
Dans la marche qui ressource intérieurement, la disposition d'esprit importe. Une année où j'avais peu de vacances, j'étais arrivé épuisé à la montagne. Et pourtant, je m'étais lancé sur les sentiers avec une ardeur redoublée, comme pressé par le temps. Avec le recul, je comprends que j'essayais de soigner une inquiétude, mais avec une mauvaise méthode. Le marcheur, au contraire du sportif, prend le temps. Il voit qu'il y a ici un pied de menthe, là un lis martagon. Il entend le clapotis d'un ruisseau. Sa façon de recevoir le lieu où il passe permet à son univers d'être doucement restauré. Cela n'est pas spontané dans notre société du rendement. Cela s'apprend. Il convient de « débrayer » de son quotidien.
Vous accompagnez des marcheurs. Que se passe-t-il lorsque l'on marche ensemble ?
Si je suis animateur d'un groupe, que ce soit dans le désert du Néguev, en Terre sainte, ou au Mont-Saint-Michel, je propose de marcher en silence pendant un temps. De façon à ce que chacun prenne le temps d'entendre, de regarder, de se laisser imprégner par le lieu, ses bruits et ses silences. Tout prend une autre dimension, et l'espace intérieur de chacun peut s'élargir. Alors, le temps long de la marche, avec une part de silence, dispose à des échanges profonds. Mais cela dépend du désir de chacun.
Qu'est-ce qui distingue le pèlerin du randonneur ?
Le pèlerin va généralement vers un sanctuaire. Et celui-ci est toujours le lieu de mémoire d'une histoire qui un jour a commencé là. Le marcheur met ses pas dans ceux de générations d'autres pèlerins, depuis des siècles ! Le pèlerinage est souvent aussi l'occasion d'une prière d'intercession. On emporte avec soi les visages de proches en souffrance. Un jeune me disait, de retour de pèlerinage : « Je suis bronzé de l'intérieur. » Le pèlerin bénéficie d'une reconfiguration intérieure qui l'émerveille. Il accueille autrement les réalités de la vie, la parole de l'autre ou celle qu'il lit. Mais faut-il tracer une frontière entre le randonneur et le pèlerin ? Tout marcheur, par la simple expérience du silence prolongé, est disposé à l'expérience intérieure.
Se mettre en route, est-ce déjà faire preuve d'une forme de foi ?
La marche est image de la vie. La choisir, c'est une façon symbolique d'aborder sa vie dans ses dimensions profondes. Dans la Bible, elle est une figure de l'espérance : « Grâce à la foi, Abraham obéit à l'appel de Dieu : il partit vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait », affirme la lettre aux Hébreux (He 11, 8). En marchant, l'espérance, la foi, le regard se ressourcent.
Qu'est-ce que la Bible dit d'essentiel au sujet de la marche ?
La Bible présente l'homme comme un nomade, mis en marche par la Parole créatrice. Une Parole qui est aussi bénédiction, et promesse qui l'oriente vers un avenir de surabondance. L'homme y est constamment invité à « marcher avec Dieu » : « Homme […], on t'a fait connaître ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : rien d'autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t'appliquer à marcher avec ton Dieu », selon les mots du prophète Michée (Mi 6, 8). Au sujet de cette marche, la Bible dit également avec force combien la rencontre de Dieu réoriente la vie de celui qui la fait. À cet égard, le récit du combat de Jacob avec l'Ange (Gn 32, 23-33) – en fait, Dieu lui-même – m'habite personnellement profondément depuis l'âge de 20 ans. Jacob sort d'une nuit de combat blessé à la hanche, désormais boiteux. À chaque pas, dès lors, sa démarche lui rappelle sa rencontre avec Dieu, et la bénédiction qu'il a reçue.
(Pèlerin)Jacques Nieuviarts : "Quand le cœur se met en marche"

11:41 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

22/07/2018

N.D. de VERDELAIS

 


Basilique Notre-Dame de Verdelais

 

Capture d’écran 2018-07-22 à 18.05.19.png


Histoire
Construction et premières dévotions
En 1099, Géraud de Graves, alors seigneur de Saint-Macaire, revient de la Première Croisade avec une statue d'une Vierge à l'Enfant sculptée pour laquelle il fait construire, à la suite d'un vœu, un oratoire dans la forêt du Luc. Après sa mort, il lègue ce site aux Grandmontains, un ordre monastique catholique. Ceux-ci érigent, à cet emplacement, une chapelle pour y vénérer la Vierge.
En 1185, un jeune homme, aveugle de naissance, guérit miraculeusement. Dès cet instant, d’autres guérisons se réalisent et la chapelle devient alors un lieu de pèlerinage de plus en plus fréquenté incitant alors les moines à construire une église plus importante ainsi qu’un monastère.
Guerre de Cent Ans et Recouvrement de la statue
Vers la fin du XIIIe siècle, pendant la Guerre de Cent Ans, la basilique est pillée par les anglais et la statue de la Vierge est volée.
Un siècle plus tard, en 1390 une statue est retrouvée enfouie dans un caveau. Selon la légende, elle aurait été retrouvée par la comtesse Isabelle de Foix-Castelbon, épouse d'Archambaud de Grailly, sous le « pas de sa mule »A 1 alors qu’elle se rendait à son château. La nouvelle statue fut alors replacée dans une chapelle et les pèlerins affluèrent à nouveau.
Guerres de religions et Reconstruction
En 1558, les Guerres de religion font rage et la chapelle est à nouveau mise à sac et incendiée. La statue est alors récupérée intacte du brasier et les habitants de Verdelais décident alors de la cacher pour la protéger. Ils la mettent à l’abri dans le tronc d’un arbre d'où elle sortira en 1605. Quatre ans plus tard, le 28 mars 1609, le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, visite la régionA 2. À la suite de la demande insistante des habitants, il envisage de faire restaurer l’église.
Le 30 août 1627, les moines Célestins obtiennent la responsabilité du sanctuaire par un contrat établi avec le diocèseA 3. Ils reconstruisent et agrandissent l’église, la sacristie ainsi que le cloître et font d'un des bâtiments attenant leur monastère. Verdelais devient dès lors un sanctuaire important où les pèlerins viennent en nombre. Le chantier se terminera en 1666 sous l'épiscopat de Mgr Henri de Béthune.
Le 30 septembre 1778, le pape Pie VI prononce la dissolution de l’Ordre des CélestinsB 1 et la suppression du couvent. Un mois plus tard, les moines quittent Verdelais excepté un, le père Ricard, qui y reste pour desservir l'église jusqu'à sa mort. La responsabilité du sanctuaire est alors confiée à M. Dasvin de Boismarin, receveur des décimes du biens du clergéB 2.
Révolution française
Peu après, lors des troubles liés à la Révolution, l'église et le couvent sont dépouillés par ordre de l'administration civile du district de CadillacB 3. L’ensemble des biens du clergé sont ainsi vendus aux enchères, exceptée l’église.
Pendant la Terreur,l'histoire raconte que le maire iconoclaste et l'ensemble du Conseil municipal demandent au sacristain, Jean Michel, que la statue soit abattue. Il s'y oppose en déclarant : «Je craindrais que Dieu m'écrasât dans le moment même! Et d'ailleurs, j'aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes !»B 4. Le maire ordonne alors à un maçon, ancien soldat, de s'en charger mais ce dernier refuse également déclarant : «Et moi je te dis, fais le toi-même citoyen maire, et monte si tu l'oses! Pour moi, jamais !». Le maire, tente de s'en charger mais n'y arrive pas et chute en escaladant le maître-autel. Il fait alors fermer les portes de l'église et en interdit l'accèsB 5.
Du XIXe siècle à Aujourd’hui
Le 21 août 1821B 6, Mgr d’Aviau, rachète le couvent et le cloître pour en faire une maison de retraite pour les prêtres infirmes du diocèse puis confie, en 1838 la gestion du lieu aux Pères maristes. Ces derniers, grâce à l’aide des diocèses de Bordeaux et d’Agen, font construire un important clocher et agrandissent l’église et les dépendances. Ils mettent aussi en place un calvaire de trois grandes croix, avec deux chapelles de la Sainte-Agonie et du Saint-Sépulcre et les quatorze stations du chemin de croix. Quelques années plus tard, Verdelais, redevient un important lieu de pèlerinage et le 2 juillet 1856A 4, pendant une importante cérémonie rassemblant des milliers de fidèles, la statue de la Vierge est couronnée. Cette cérémonie est présidée par le Cardinal Donnet, entouré de huit évêques.
Le 31 juillet 1924, l’église est élevée au rang de basilique mineure lors d’une grande cérémonie présidée par le cardinal Andrieu.
Architecture
La première église, élevée au XIIe siècle, était de style roman. Elle se composait d’une nef unique avec des voûtes en berceau. Cependant, la basilique, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est plutôt récente. Elle a été construite au XVIIe siècle par les Célestins, qui y ont ajouté un transept et l’ont agrandi. L'ensemble de l’édifice est de style Renaissance et le retable est baroque. Au sommet du clocher, réalisé par l’architecte Duphot, on peut voir une imposante statue de la Vierge Marie. Cette statue de 3,75 mètres, réalisée par Duchaine et Armand Caillat, respectivement sculpteur et orfèvre, est en cuivre et recouvert d'une pellicule d'orA 5.
De nombreux ex-voto tels que plaques de marbre gravés ou objets divers ont été déposés en signe de remerciement des miracles opérés.
Les vitraux du chœur de l’église illustrent des scènes liées à l'histoire du sanctuaire.

 

Le Retable
Le retable de la basilique a été réalisée pendant la période de la Contre-Réforme. Il a été réalisé dans le style baroque, en marbre de Caunes-Minervois par les Célestins. Le maître-autel est, dans son ensemble, blanc et or. Au-dessus de ce dernier, se tient une scène de l'Annonciation et, surplombant le tout, un tableau de la Vierge, Consolatrice-des-Affligés. De part et d'autre de la statue de Notre-Dame, se trouvent les statues de saint Benoît, et de saint Célestin V, pape et fondateur de l'ordre monastique des Célestins.
Notes et références
↑ a et b « Classement de la basilique » [archive], notice no PA33000027, base Mérimée, ministère français de la Culture
• Philippe de Bercegol, 2004 (voir dans la bibliographie) :
1. ↑ p. 21
2. ↑ p. 32
3. ↑ p. 33
4. ↑ p. 66
5. ↑ p. 66
• A.C. Chare, 1873 (voir dans la bibliographie) :
1. ↑ p. 74
2. ↑ p. 75
3. ↑ p. 78
4. ↑ p. 80
5. ↑ p. 82
6. ↑ p. 83
Annexes
Bibliographie
• Philippe de Bercegol, Notre-Dame de Verdelais. : Légendes et Réalités., Les Dossiers d’Aquitaine, 2004, 110 p. (ISBN 2846220840, lire en ligne [archive])
• de Rouvray, Histoire du Pèlerinage de Notre-Dame de Verdelais : fondé par un ancien croisé au XIIe siècle et restauré par Archambaud de Grailly et son épouse Isabelle Comtesse de Foix vers 1390, Grasset, 1953, 286 p.
• A.C. Chare, Le trésor des pèlerins de Notre-Dame de Verdelais., Coderc, 1873, 262 p.
(Wikipedia)

 

Capture d’écran 2018-07-22 à 18.04.09.png

18:21 Publié dans MARIE | Lien permanent | Commentaires (0)

07/07/2018

DÉCÈS DU CARDINAL TAURAN


Décès du cardinal Jean-Louis Tauran, artisan du dialogue interreligieux

 

Capture d’écran 2018-07-07 à 11.37.00.png


Le Vatican et l’Église catholique universelle sont endeuillés par la perte du cardinal français Jean-Louis Tauran, décédé jeudi 5 juillet dans la soirée. Atteint depuis longtemps de la maladie de Parkinson, le cardinal Jean-Louis Tauran se trouvait depuis quelques jours dans une communauté de religieuses franciscaines du Connecticut aux États-Unis pour se soigner.

 

 

Delphine Allaire – Cité du Vatican  
Âgé de 75 ans, cette figure incontournable de la diplomatie vaticane, à la tête du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, n’a cessé d’œuvrer inlassablement pour la paix mondiale.
Décrit comme un homme doux et d’une humilité extrême, très apprécié pour ses talents de diplomate et son sens de l’écoute, le cardinal Tauran, qui avait annoncé au monde entier l’élection du Pape François en 2013, était surtout, depuis 2007, l’homme du dialogue interreligieux au Vatican.
Une brillante carrière diplomatique
Né à Bordeaux en 1943, licencié en philosophie et en théologie,  il était l'un des rares cardinaux à avoir étroitement côtoyé et travaillé auprès des trois derniers papes. Entré en 1975 au service de la diplomatie du Saint-Siège, il sera notamment auditeur à la nonciature apostolique au Liban, avant d’etre consacré évêque par Jean-Paul II au sortir de la guerre froide, en janvier 1991. Mgr Jean-Louis Tauran est alors nommé Secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États. Un poste clé qui permet au polyglotte, nommé à seulement 47 ans, un âge très jeune pour ce type de poste, d’appréhender finement les arcanes diplomatiques mondiales. Il y reste treize ans.
En 2003, Saint Jean Paul II le nomme cette fois à la tête de la prestigieuse bibliothèque apostolique, ainsi qu'à celle des Archives secrètes du Vatican. Il est alors créé cardinal, alors qu'il est déjà affaibli, comme le Pape polonais, par la maladie de Parkinson. Quatre années se passent, le Souverain pontife change, et c’est Benoît XVI qui le rappelle aux affaires du monde.
Le Pape allemand lui confie la présidence du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Cette mission délicate au centre de l’échiquier géopolitique prend effet le 1er septembre 2007.
L’interreligieux pour héritage
Pakistan, Iran, Jordanie, Azerbaidjan, les voyages s’ensuivent. Reconnu depuis comme un artisan aguerri du dialogue interreligieux, le cardinal Tauran a ainsi organisé le premier sommet catholique-musulman en septembre 2008 dans la Ville éternelle. Il a aussi œuvré pour le rapprochement entre le Vatican et l'université Al-Azar, prestigieuse institution du monde musulman sunnite. Enfin, tout récemment, au mois d'avril 2018, il avait effectué une visite historique en Arabie Saoudite. Un voyage au cours duquel le Vatican et le royaume saoudien avaient signé un accord de coopération.
Enfin, le cardinal Tauran était aussi celui qui annonça au monde entier l’élection de François. Mercredi 13 mars 2013, depuis le balcon du Palais apostolique, il prononce l’illustre formule latine «Habemus Papam».
Nommé cardinal protodiacre en 2011 par Benoit XVI,  il est fait camerlingue par le Pape François en 2014, c’est-à-dire en charge de gérer les affaires du Saint-Siège durant une période de vacance apostolique. 
Le Sacré Collège des cardinaux est désormais constitué de 225 cardinaux dont 124 électeurs et 101 non-électeurs.
VaticanNEWS

11:44 Publié dans EGLISE | Lien permanent | Commentaires (0)

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique