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19/07/2017

FESTIN DE NOCES INSOLITE


Festin de noces annulé : elle invite des dizaines de sans-abri

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Une jeune Américaine, ayant annulé son mariage à la dernière minute, a décidé avec son ex-futur mari d'offrir le repas prévu à des SDF. L'histoire fait le tour du web.
Il pourrait s’agir de la version moderne de la parabole du Festin de noces employée par Jésus pour décrire le Royaume des Cieux à ses disciples. Sauf qu’à la différence de celle-ci, ce ne sont pas les invités qui refusent de venir à la fête, mais les fiancés qui les ont décommandés. Et pour cause, Sarah Cummins et Logan Ajauro, un jeune couple de fiancés qui devait se marier récemment à Carmel, dans la banlieue d’Indianapolis, ont décidé d’annuler la noce, préparée depuis bientôt deux ans, une semaine avant le jour J. Les raisons de cette rupture n’ont pas été rendues publiques.
Mais à la tristesse des deux fiancées s’est vite ajoutée une problématique très matérielle. Car près de 170 personnes étaient invitées dans un bel hôtel de la ville, et les traiteurs ont refusé d’annuler les commandes — représentant un montant de 25 000 euros — dans un délai si bref. La jeune femme, étudiante en pharmacie, a eu alors une belle idée qu’elle a pu mettre en application avec l’accord de son ex-fiancé : offrir ce repas magnifique aux personnes démunies de la région. « Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » : cette phrase que prononce Jésus dans la parabole (Mt 22, 9) aurait également pu être prononcée par Sarah, puisque que c’est exactement ce qui s’est produit. Plusieurs abris pour SDF ont été contactés par ses soins pour inviter leurs pensionnaires au festin.
Des cars ont été affrétés, la salle réarrangée, des commerçants ont même prêté des vêtements aux invités pour que la fête soit totale. De fait, pour les dizaines de personnes invitées, le mariage annulé a représenté une véritable bouffée d’oxygène et d’amitiés dans une vie marquée par de profondes difficultés. Sarah, entourée de sa mère et de plusieurs amies très chères, était présente tout au long de ce repas, multipliant les échanges avec ces invités qu’elle ne connaissait pas et grâce auxquels elle a pu donner du sens à sa tristesse.
(Aleteia)

17:22 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

17/07/2017

LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE


Les Animaux malades

de la peste

 

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Un mal qui répand la terreur,


Mal que le Ciel en sa fureur


Inventa pour punir les crimes de la terre,


La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),


Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,Faisait aux Animaux la guerre.


Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :


On n’en voyait point d’occupés


À chercher le soutien d’une mourante vie ;


Nul mets n’excitait leur envie ;


Ni Loups ni Renards n’épiaient


La douce et l’innocente proie ;


Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.


Le Lion tint conseil, et dit : « Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis


Pour nos péchés cette infortune.


Que le plus coupable de nous


Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;

Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents


On fait de pareils dévouements.


Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence


L’état de notre conscience.


Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,


J’ai dévoré force moutons.


Que m’avaient-ils fait ? nulle offense ;


Même il m’est arrivé quelquefois de manger


Le berger.
J

Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense


Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi ;


Car on doit souhaiter, selon toute justice,


Que le plus coupable périsse.


– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon roi ;


Vos scrupules font voir trop de délicatesse.


Et bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce,


Est-ce un péché ? Non, non.

Vous leur fîtes, Seigneur,


En les croquant, beaucoup d’honneur ;


Et quant au berger, l’on peut dire


Qu’il était digne de tous maux,


Étant de ces gens-là qui sur les animaux


Se font un chimérique empire. »


Ainsi dit le Renard ; et flatteurs d’applaudir.


On n’osa trop approfondir


Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,


Les moins pardonnables offenses.


Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples Mâtins,


Au dire de chacun, étaient de petits saints.

L’Âne vint à son tour, et dit :

« J’ai souvenance


Qu’en un pré de moines passant,


La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense


Quelque diable aussi me poussant,


Je tondis de ce pré la largeur de ma langue ;


Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net. »


À ces mots, on cria haro sur le baudet.


Un Loup quelque peu clerc, prouva par sa harangue


Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,


Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.


Sa peccadille fut jugée un cas pendable.


Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !


Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait.

On le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,


Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

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17:34 Publié dans CONTES | Lien permanent | Commentaires (0)

15/07/2017

DÉFENSE DE SE PLAINDRE!

Un écriteau offert au Saint Père par un célèbre psychothérapeute lors d’une audience générale a déclenché un joli buzz.

 

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Depuis quelques jours, un écriteau sur lequel figure la mention « Interdit de se plaindre », est accroché à la porte de l’appartement du pape François, à la maison Sainte-Marthe. Sous le message principal, un avertissement : « Tout transgresseur est passible de syndrome de victimisation avec pour conséquence une baisse d’humeur et de la capacité à résoudre ses problèmes. « La sanction sera doublée dès lors que la violation sera commise en présence d’enfants ». Et de conclure par une recommandation : « Pour obtenir le mieux de soi-même se concentrer sur son potentiel et non sur ses limites … ».
Ce petit panneau a été offert au pape François par l’écrivain, psychologue et psychothérapeute, Salvo Noè le 14 juin dernier, à l’issue de l’audience générale, place Saint-Pierre. A cette même occasion, rapporte le site Vatican Insider, cet auteur de plusieurs ouvrages sur les comportements sociaux, avait offert un livre sur le développement personnel et un petit bracelet. « Je le mettrai à la porte de mon bureau dans lequel je reçois les visiteurs », lui a dit le Saint-Père, amusé. Finalement, il ne l’a pas accroché à la porte de son bureau du palais apostolique, ce qui aurait peut-être été un peu trop audacieux compte-tenu de l’austérité des lieux, mais il l’a fixé à la porte de son appartement.
Il faut dire que pour un pape qui invite toujours les chrétiens à « prendre la vie comme elle est », en avançant avec joie et « sans se plaindre », le présent était parfaitement indiqué. A de multiples occasions, l’auteur de l’exhortation Evangelii gaudium (La joie de l’Evangile), a invité les chrétiens à quitter cette attitude de plainte contenue, de victimisation. « Tu veux guérir ? Tu veux être heureux ? Tu veux améliorer ta vie ? Alors lève-toi, prends ton brancard, et marche ! » avait exhorté le pape François, dans une homélie au cours d’une des ses messes matinales, à Sainte-Marthe. S’inspirant de l’injonction adressée par Jésus au paralysé dans l’Évangile du jour (Jn 5, 1-16), il avait appelé le chrétien à « une vie, quelle qu’elle soit, conduite avec joie, sans se plaindre et tomber dans l’acédie qui paralyse ». L’acédie, cette paresse de l’âme qui est pire que d’avoir « le cœur tiède », a dit le Pape, et plonge l’homme dans une sorte de torpeur, lui enlevant toute « volonté d’aller de l’avant, de faire quelque chose dans la vie », et lui faisant perdre la mémoire de la joie.
Contre le syndrome de la victimisation
Le Dr. Noè est très apprécié en Italie. Il est particulièrement réputé pour sa capacité à aider ses patients à rendre leur vie meilleure. Lui-même a adopté pour devise : « Arrête de te plaindre et agis pour changer ta vie en mieux ! », qui fut le thème d’un grand rassemblement, organisé en 2013  à Catane, dans le sud de l’Italie, et consacré à la perte des valeurs et à la décadence de la société. L’événement était en un spectacle, qui a rassemblé plus de 2500 spectateurs, mis face aux blocages et problèmes que la vie apporte inévitablement et auxquels tant de personnes tente d’échapper en usant de palliatifs comme l’alcool, les jeux de hasard ou la drogue…
(Aleteia)
 

11:41 Publié dans PAPE | Lien permanent | Commentaires (0)

14/07/2017

LA RÉSERVE DU TERRITOIRE

La réserve du Territoire oublié 

Evadailleurs
Grand Prix Automne 2017

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« Je me souviens... » écrivait Perec.



 

Au 3 de la rue Emile Zola, il y avait l’Auberge « Aux 4 vents ». Son enseigne affichait simplement Auberge, et si on lui avait adjoint cette précision éolienne, c’est parce que la patronne était bien obligée d’ouvrir en grand portes et fenêtres, pour aérer la salle où on ne vapotait pas. On fumait des Gauloises bleues, on roulait du tabac gris.
Une odeur âcre, un épais brouillard.
Atmosphère, atmosphère... aurait gouaillé Arletty.
Je ne sais ce qui emporta les clients, les gros rhumes ou les maladies pulmonaires, mais les anciens partirent tour à tour dans les volutes des fumées et les courants d’air intempestifs.
L’auberge est à vendre.

Le cinéma du Père Fix trônait vers le n° 30, après le garage du grand Marcel ; il y a belle lurette que le fier édifice a rendu l’âme, sans même avoir été occupé par une supérette qui aurait vendu des cornichons, des p’tits oignons sur un air de Nino Ferrer.
Trop petit. Pas de parking. Il est devenu... rien !
Restent deux lettres en néon de l’ancien Rex, roi déchu qui expose piteusement EX... ex, un symbole de ce qui fut un Ciné Paradiso. Lettres éteintes, bien sûr, avec un X à demi décroché qui gémit de douleur les jours de grand vent.

Le grand Marcel hante toujours son garage bien que les portes en restent closes. Du moins en apparence. Chut !... il travaille au noir. Faut bien vivre et ça arrange tout le monde. Garder son travail, c’est garder son orgueil. Et plus digne que le grand Marcel, il n’y a pas ! Il doit son surnom à sa haute stature, mais aussi à la fierté de son maintien. C’est un homme droit.
Avec ses mains d’or, chante Lavilliers, travailler encore, travailler encore...

La ville se brade, comme une pauvre fille affamée s’offre pour un steak frites. 
La rue est à vendre, de petites maisons en bordure de rivière, maisons de poupées, mais pour beaucoup encore, méticuleusement entretenues, peintes de blanc, ornées de géraniums par des générations de braves gens. Elles le resteront jusqu’à ce que leurs propriétaires qui se sont saignés aux quatre veines pour les acquérir, s’éteignent.
Les enfants ? Ils s’en sont allés chercher mieux ailleurs...
Pourtant que la montagne est belle... murmurait Ferrat.

Et l’une après l’autre, les coquettes maisonnettes, vieillissent, s’assombrissent, décrépissent et se font oublier dans des jardins où les mauvaises herbes ont la part belle.

C’est un lundi après-midi que commença le Grand Chambardement.

Le grand Marcel, casquette vissée sur le crâne, les mains dans le cambouis, changeait la tête du delco de la Clio de son voisin, le vieux Martin.
Alors qu’il s’essuyait le front avec un chiffon à la propreté douteuse, il vit se dresser dans l’entrée du garage, une silhouette singulière. Il crut d’abord à une apparition ou à un phénomène optique, lui dans l’obscurité, le visiteur, auréolé d’un divin soleil.
Puis sa vision s’accoutuma au phénomène lumineux et il distingua un grand escogriffe coiffé d’un chapeau de cow-boy, chaussé de santiags.
Son œil redevenu vif le rassura : ce type n’avait pas de flingue. C’est que, de nos jours, mieux vaut être sur ses gardes.
Mais il ne manquait qu’un air d’harmonica, la musique lancinante d’Ennio Morricone pour que se rejouât la scène fameuse d’Il était une fois dans l’Ouest. 
Seulement, c’est dans l’Est que cela se passait.

L’inconnu fit quelques pas, le grand Marcel saisit, à tout hasard, une clé à molette.
Que voulez-vous ?... Aujourd’hui, même dans les contrées les plus reculées, les agressions sont faits communs.
Y a pas qu’à Paris que le crime sévit. Nous, au village, aussi, l’on a, de beaux assassinats...
Brassens faisait ce même constat.

L’inconnu, contre toute attente, éclata de rire !
— Tu ne me reconnais pas ! J’ai tellement changé ?
La voix réveilla des souvenirs enfouis dans la mémoire du garagiste.
— Michel ? C’est toi ?
— Eh oui ! c’est moi, daddy !
— Ben ça alors ! Pour une surprise !

Le vieil homme s’assit sur une chaise en ferraille qui traînait là pour se remettre de ses émotions.
— Ça fait 20 ans que t’es parti sans crier gare !
— 22, old man ! J’avais 18 ans à l’époque...
— Et pas de nouvelles pendant 22 ans ! pas une lettre ! pas un coup de fil ! Et tu débarques comme ça, espèce de salopiaud !... Ta mère est morte de chagrin. Pourquoi tu réapparais ?
— Bon ! je ne m’attendais pas à un accueil chaleureux, ça se confirme. Tu m’offres une bière ?

Son père désigna d’un geste le réfrigérateur antédiluvien au fond de l’atelier.
— T’étais où , Michel ?
— Aux States, bien sûr ! Tu le sais bien, déjà, à 14 ans, j’en rêvais ! Le seul endroit où l’on peut faire fortune ! Mais si tu veux bien, oublie le Michel d’autrefois. Maintenant, je suis Mike.
— Hein !
— C’est mon prénom américain. Pour réussir, faut se fondre dans la masse, Michel Perrin c’était trop... français.
— Et alors ? t’as honte de ce que tu es ? Et ta réussite, elle est où ? T’as plutôt l’air d’un gars qui a enchaîné les déveines.
— T’énerve pas, papa... Disons que pour tisser un réseau influent, il faut ressembler aux gens qu’on côtoie.
— Ah ?... Et pourquoi tu reviens à Ste-Neuville, l’Amerlock .
— Papa !... parce que j’ai trouvé un moyen de tirer de la thune de ce patelin.
— Ce patelin vaut bien les patelins américains...
— Pas faux...
— Mais pour tirer de la thune ici, il va te falloir de l’imagination.
— J’en ai, p’tit père... Sinon, tu penses bien que j’aurais pas fait le voyage.
— Ça, je m’en doute, c’est pas pour ton vieux père que t’es venu en visite.

Mais déjà, Michel Perrin avait grimpé la volée d’escalier qui mène à l’appartement.
Il sourit en remarquant que rien n’avait changé en plus de vingt ans, rien que l’épaisse couche de poussière qui stratifiait les meubles. Le cadre représentant la basilique de Lisieux pendouillait au même endroit, le verre protecteur réparé d’une bande de scotch.
Les épis en cristal de Baccarat avait semé leurs grains, bien que protégés par un entrelacs de toiles d’araignées.
Il s’appuya au rebord de la fenêtre et crut revoir M.Pierre rouler ses barriques de vins d’un trottoir à l’autre, sans souci de la circulation routière. Là aussi, un panneau « à vendre » tintinnabulait sur l’ancienne demeure bourgeoise.

Ravi, il éclata de rire. « ça va marcher du feu de Dieu ! »
À son père, il ne dit rien de ses projets. Moins de deux heures après son arrivée à Ste-Neuville, il empruntait la voiture du vieux et filait chez le notaire.
Il y resta peu de temps. Il l’avait précédemment contacté par mails, et il ressortit de l’étude avec une pile de dossiers. Il avait racheté pour une bouchée de pain tout ce qui était en vente Rue Emile Zola.

Le lundi suivant, débarquait à Ste-Neuville une horde hétéroclite de voyageurs inhabituels. Ils parlaient fort, en un étrange dialecte. Des gaillards grands et larges, Stetson sur le crâne, des femmes en bermudas, d’autres en robes fleuries.

— C’est qui, ces drôles d’oiseaux ? s’exclamèrent en écarquillant les quinquets les vieux habitants qui, comme le grand Marcel, s’accrochaient encore à ce qui avait été leur « do mi si la do ré ».
Le vieux garagiste les regarda passer, les entendit baragouiner dans leur drôle de patois...

— P... de b... de Dieu ! Quelle connerie que t’as encore faite, espère de pauvre couillon ! Je parie que t’es pour quelque chose dans cette invasion, fit-il en regardant son grand dadais de fils.
— Tout juste, old man ! Je transforme ce quartier d’un autre âge en réserve ! Ne te plains pas, je le sauve en quelque sorte. Je te présente les tout premiers visiteurs de la Réserve des Territoires oubliés ! Et ce n’est là qu’une ébauche : je me suis engagé auprès du notaire à racheter toutes les propriétés au fur et à mesure de leur abandon...

Que veux-tu, je suis trop sentimental : un Américain pure souche, lui, n’aurait pas eu cette prévenance, il aurait mis tout le monde dehors ! Les vieux, c’est pas fait pour durer.
Alors, comme on ne peut pas présenter une Réserve vide d’habitants, j’embaucherai des jeunes, des intermittents du spectacle ; leur job sera de jouer des scènes d’autrefois : l’entretien du jardin, le ménage, la lessive au lavoir... toutes ces habitudes ancrées dans le ruralité française, au regard des Américains. 
Au besoin, je sélectionnerai trois ou quatre familles nombreuses, des gens du cru pour accentuer la couleur locale. Et des mères avec leurs marmots, rien de tel pour attendrir le bon peuple !

Nos premiers excursionnistes viennent du Texas, tu n’imagines pas le choc culturel ! Leurs domaines s’étendent sur des hectares, ici, ils se croient à Lilliput !

— Lili... p... ! ici ! à Ste-Neuville ! Tu prévois en plus une rue de maisons closes ! s’étrangla le pauvre homme.
Son fils éclata de rire.
— Je n’y avais pas pensé... mais je retiens l’idée ! La rue Emile Zola... Pourquoi ne pas la rebaptiser Nana’s street...


Les projets mirifiques de Mike, alias, Michel Perrin, prirent corps inexorablement : les gens étaient bien trop heureux de pouvoir fourguer leur petit bien immobilier à cet Américain ! même pour trois sous ! C’était le seul acheteur potentiel. 
Et les Réserves des Territoires oubliés se multiplièrent, s’agrandirent, prouvant qu’avec un peu d’imagination, on pouvait recycler des pays tout entiers en les transformant en musées vivants ou en décors de cinéma.
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(ShortEditions)

17:19 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent | Commentaires (0)

07/07/2017

SSIMONE VEIL


Avec Simone Veil, morte le 30 juin, disparaît un grand témoin du XXe siècle.

 

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La tragédie des camps de concentration, la lutte des femmes pour l’égalité et la volonté de construire l’Europe. Telle fut la triple obsession de Simone Veil, décédée le 30 juin, chez elle, à Paris, à l’âge de 89 ans. Ceux qui ont eu la chance de la croiser et de partager ses combats soulignent unanimement la force de conviction qui se dégageait de sa personne. Une détermination qui lui permit de faire adopter la loi, aujourd’hui encore controversée, sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et la dépénalisation de l’avortement. Son opiniâtreté à défendre ce texte, adopté en 1975, lui vaudra bien des attaques.

Comment ne pas se souvenir de la photo prise à l’Assemblée nationale, lors de l’intervention d’un député hostile à la loi, où l’on voit Simone Veil pleurer, la tête entre les mains, sous les propos injurieux ? Ancien maire de Versailles et député UMP des Yvelines, Etienne Pinte se souvient de cette période houleuse. « Je côtoyais Simone Veil tous les jours. Son texte sur l’IVG fut, pour moi, un cas de conscience déchirant. Nous étions du même parti mais, chrétien convaincu, le terme d’avortement m’effrayait. Dans un tête-à-tête, je l’ai priée d’ajouter les mots « interruption volontaire de grossesse dans des cas de détresse » (ce qui fut fait, NDLR).»

Quand ses collègues, hostiles à cette loi, lui demandaient ce qu’il pouvait bien trouver à Simone Veil, Etienne Pinte répondait : « Sa beauté, sa prestance. Elle n’était pas seulement une jolie femme, elle respirait l’intelligence, elle était dotée d’une incroyable charge d’âme. Et puis nous avions un point commun : la Résistance. Mon père avait été gaulliste de la première heure. Comme elle, ma famille avait connu l’horreur des camps. Cela nous rapprochait. Nous avions horreur de l’injustice.»

Les droits des femmes furent donc un des grands combats de Simone Veil. Françoise Gaspard, ancienne députée socialiste d’Eure-et-Loir (1981-1988) et féministe de la première heure, confie que, pour les mouvements de libération des femmes, « Simone Veil était inattaquable. Son passé de rescapée des camps, sa rigueur et son honnêteté politique étaient admirés par les plus progressistes. Ses prises de position en faveur des femmes avaient dix ans d’avance ».

Mais d’où lui venait ce goût de la réforme et de la révolte sociale, elle qui avait grandi dans une famille plutôt conservatrice ? Les nombreux témoignages de ses proches convergent : Simone possédait un esprit d’indépendance inouï. Enfant, elle était la seule à oser tenir tête à son père, un homme très autoritaire. En politique, ses uniques maîtres furent la justice et le droit. « Elle croyait aux idées plus qu’aux idéologies », dit d’elle sa tante Suzanne Weismann (1).

Ministre de la Santé sous Valéry Giscard d’Estaing (1974-1979), ministre des Affaires sociales de François Mitterrand (1993-1995), elle appuya la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, avec la même conviction. Née le 13 juillet 1927 à Nice (Alpes-Maritimes), Simone Jacob est la benjamine d’une fratrie de quatre enfants. Une enfance choyée qu’elle raconte dans sa biographie (2) : « Les photos conservées le prouvent : nous formions une famille heureuse. Nous voici, les quatre frère et sœurs, serrés autour de maman. Quelle tendresse entre nous ! » confie Simone Veil.

André, son père, architecte de talent, reçoit le Prix de Rome en 1919. Sa mère, Yvonne, s’occupe non seulement de ses enfants, mais aide aussi des familles frappées par la crise économique des années 1930. Simone héritera de la générosité maternelle, l’aiguillon qui l’aidera à conduire ses missions.

Si les fées s’étaient penchées sur son berceau, le bonheur fut de courte durée. Simone est frappée très tôt par la tragédie. Dès 1940, les lois anti juives l’obligent à quitter le giron familial pour aller vivre à Carcassonne (Aude) avec ses trois frère et sœurs. À 13 ans, elle connaît ainsi sa première rupture. Des années terribles, qu’elle passe dans la clandestinité, sous un nom d’emprunt. Elle s’accroche et réussit tout de même son baccalauréat, avant d’être arrêtée le 30 mars 1944 par la police française. Elle est déportée, avec ses parents, frère et sœurs.

La famille est dispersée dans différents camps de la mort. Elle se retrouve à Auschwitz-Birkenau (actuelle Pologne). Au milieu de l’horreur, elle lutte pour rester digne. Sa compagne de captivité, Anne-Lise Stern, raconte qu’elle était « la seule à se laver le visage après une journée de travail sous le fouet des gardes-chiourme du camp ». Simone ne reverra jamais son père et son frère Jean, morts en déportation, quelque part en Lituanie. Sa mère mourra du typhus en mars 1945.

À la Libération, Simone a 18 ans. La volonté de témoigner de l’horreur décuple sa volonté. L’envie de vivre et le goût de la justice ne la quitteront jamais. La justice surtout ! Est-ce pour cette raison qu’elle s’inscrit, dès son retour à Paris en 1945, à la faculté de droit ? Elle y rencontre son futur mari, Antoine Veil (mort en 2013), futur inspecteur des finances, qu’elle épouse l’année suivante. Trois fils naîtront de leur union.

Brillante, opiniâtre, travailleuse, Simone Veil, ses études terminées, choisit d’être magistrat plutôt qu’avocate, par passion pour les affaires publiques. Elle se distingue par son talent. « Quand elle s’était décidée à défendre une cause, elle ne lâchait jamais rien, se remémore Jean d’Ormesson, qui la côtoya à l’Académie française. Elle avait le don de rester ferme sans jamais élever le ton, s’emporter ou être blessante envers un adversaire. » En 1970, elle est élue secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature, un poste où elle se fait remarquer par Valéry Giscard d’Estaing, le futur président de la République. C’est le début de sa carrière politique. En 1974, ce dernier, élu Président, la nomme ministre de la Santé. C’est à ce poste qu’elle s’engage pour faire adopter la loi sur l’IVG.

Le troisième grand épisode de la vie de Simone Veil sera la construction de l’Europe. En 1979, c’est elle qui conduit la liste de l’Union pour la démocratie française (UDF) aux premières élections européennes. Simone Veil, qui a vécu l’horreur de la guerre et des camps, est viscéralement attachée aux idées d’une Europe unie et forte. Présidente du Parlement européen (1979-1982), elle cite souvent les Pères de l’Europe, Jean Monnet et Robert Schumann. Comme eux, elle œuvre au rapprochement franco-allemand, base sur laquelle se construira la future Europe. Elle en est persuadée.

Lors de sa réception à l’Académie française, en 2010 – elle fut la sixième femme de l’Histoire à revêtir l’habit vert brodé d’or -, elle fait graver sur son épée d’immortelle son matricule de déportée (78651, tatoué sur son avant-bras) ainsi que deux devises : celle de la République française - « Liberté, égalité, fraternité » - et celle de l’Union européenne -« Unis dans la diversité ». « Elle avait compris bien avant tout le monde que l’Europe était l’avenir de la France », estime Valéry Giscard d’Estaing.

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Les discours de Simone Veil sont réunis dans Mes combats, Éd. Bayard, 474 p. ; 19,90 €.

(1) Dans Simone Veil Destin, de Maurice Szafran, Éd. Poche/ J’ai lu, 381 p. ; 6,70 €.

(2) Simone Veil, une vie, Éd. Le livre de poche, 343 p. ; 7,60 €.
(Pèlerin)

 
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