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06/04/2017

CREDO DE FILLON

Le credo de François Fillon : "Le cran de Churchill reste un exemple"

© Patrick Kovarikoel SAGET/AFP

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D’où vient votre engagement politique ?
Adolescent, j’avais épinglé la photo du général de Gaulle sur les murs de ma chambre. Mes parents étaient engagés auprès d’Emmaüs. Tout ceci a imprégné mon enfance, mais je ne pensais pas faire de la politique ! Je rêvais d’être alpiniste, puis journaliste. Mais mes parents connaissaient Joël Le Theule, le maire de Sablé-sur-Sarthe. Il avait besoin d’un collaborateur et m’a proposé de saisir ma chance. Après son décès, j’ai pris sa relève comme conseiller général, puis comme député.


Je rêvais d’être alpiniste, puis journaliste.


Trois mesures sur lesquelles vous ne céderez pas une fois au pouvoir ?
Ma priorité absolue, c’est de tout faire pour conquérir le plein-emploi. Je veux alléger le coût du travail en baissant massivement les charges sur les entreprises, et en parallèle, libérer l’emploi en sortant des 35 heures et en donnant aux acteurs de terrain le pouvoir de négocier l’organisation du travail. Enfin, je souhaite que l’alternance devienne une voie respectée et efficace pour les jeunes.


Je veux alléger le coût du travail en baissant massivement les charges sur les entreprises.


Que faire pour rendre foi en la politique aux Français ?
Les Français attendent d’abord des actes et des résultats.
À quelle personnalité, vivante ou disparue, aimeriez-vous ressembler ?
Ressembler ? Je ne sais pas. Mais le cran de Churchill reste pour moi un exemple.
Quel est le livre dont vous ne vous séparez jamais ?
J’ai lu plusieurs fois les Mémoires d’outre-tombe, de Chateaubriand.
Avez-vous été tenté d’arrêter la politique ?
Après la défaite de 2012, je me suis interrogé. Mais les événements m’ont réentraîné dans la bataille.

 

J’ai lu plusieurs fois les Mémoires d’outre-tombe, de Chateaubriand.


Si vous deviez vous reconvertir, que feriez-vous ?
Mon rêve : écrire, faire de la photo… Mais je suis réaliste, d’où la société de conseil que j’ai créée.
La fierté d’être français : qu’est-ce pour vous ?
Avoir le sentiment d’être l’héritier d’une nation magnifique, façonnée par des paysans, des héros, des artistes, des inventeurs… Je crois qu’au fond de l’âme française, il y a l’instinct de la liberté et du panache. Assez d’autodénigrement, les Français ont droit à la fierté !


Retrouvez notre dossier complet "Présidentielle 2017 : mode d'emploi" dans le numéro 7010 de Pèlerin du jeudi 6 avril 2017.
Vous y découvrirez notamment le détail des programmes de l'ensemble des postulants à l'Élysée et le "credo" de cinq d'entre eux : Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

(Pèlerin)

17:46 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

31/03/2017

PÉDOPHILIE DANS L'EGLISE

Pédophilie dans l’Eglise : Les bonnes questions que pose Cash investigation

(à consulter : http://pluzz.francetv.fr/videos/cash_investigation_,155101717.html)

L’émission Cash investigation et le site Médiapart diffusent une longue enquête sur les crimes de pédophilie dans l’Église. Un travail de vérité indispensable, qui ne doit pas négliger les avancées dans la lutte engagée contre ce drame.
À propos de l'articleLes agressions sexuelles sur mineur sont malheureusement une blessure profonde dans notre société, qu’elles sévissent au cœur des familles, dans l’école, ou même dans l’Église. Surtout dans l’Église, dont on attend l’inconditionnelle protection de l’enfant, du plus fragile. Les enquêtes montrent que la « tolérance zéro »  affichée par le pape et l’institution ecclésiale ne suffit pas à régler des années de négligence, voire de complicité. L’occasion de faire le point sur ce qui — malgré tout — a déjà été fait, et sur ce qu’il reste à faire. 
À lire aussi sur notre site : "Que faire des prêtres pédophiles?"

FAUX. Une organisation internationale protège les pédophiles
Bien sûr, l’Église catholique est hiérarchique et universelle. Ce qui donne tout son poids à la parole du pape lorsqu’il dénonce avec vigueur les agressions sexuelles et annonce la « tolérance zéro ». Mais  contrairement à l’approche de Cash investigation, l’Eglise n’est pas une multinationale pyramidale. Sauf à être démis par le pape, les évêques sont seuls maîtres de leur diocèse, tout comme les supérieurs vis-à-vis  de leurs congrégations religieuses. Et c’est bien là le problème : cette autonomie peut laisser perdurer selon les lieux et les communautés les vieux travers de négligence et de dissimulation.


VRAI ET FAUX. L'Église n'a pas pris la mesure du fléau
C’est vrai, et la longue enquête menée par Cash investigation et Médiapart le montre, il y a encore des prêtres pédophiles en place, qu’ils aient été condamnés ou qu’ils reconnaissent (notamment en caméra cachée) leur culpabilité.
Mais il est faux d’affirmer que l’Eglise de France ne fait rien : Depuis six ans, l’Église a signalé 137 affaires à la justice, 27 prêtres sont mis en examen, 9 se trouvent en prison, selon les dernier chiffres communiqués par la Conférence des évêques en janvier 2017.


VRAI et FAUX. Les évêques protègent les pédophiles
Le documentaire diffusé par France 2 est assez éloquent sur la question. Certains évêques peinent à prendre les mesures pourtant décidées en assemblée plénière à Lourdes et inscrites dans une plaquette diffusée depuis 2002 : « Lorsque quelqu’un a connaissance d’atteintes sexuelles sur des mineurs de moins de 15 ans, il doit en informer la justice. La dénonciation s’impose ». Manifestement, les histoires anciennes ne sont pas traitées systématiquement, et l’apurement du « passif » est encore à faire dans bien des cas, rendu aussi parfois compliqué par le refus ou la difficulté pour les victimes de porter plainte.


Certains évêques peinent à prendre les mesures pourtant décidées en assemblée plénière à Lourdes et inscrites dans une plaquette diffusée depuis 2002

Mais considérer que l’Église protège les agresseurs est aujourd’hui largement erroné. En février dernier, Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, annonçait la suspension d’un prêtre mis en examen pour des faits de pédophilie. Mgr Emmanuel Delmas, évêque d’Angers, invitait les éventuelles victimes d’un prêtre aujourd’hui décédé à se manifester pour que leur parole soit entendue. En région parisienne, un jeune prêtre contre qui une jeune fille de 17 ans portait plainte pour agression sexuelle a été immédiatement suspendu de ses fonctions avant même que la justice soit saisie. La « tolérance zéro » semble enfin entrer en vigueur.


... Mais considérer que l’Église protège les agresseurs est aujourd’hui largement erroné

VRAI. L’Église a du mal à communiquer
L’enquête de Cash investigation cherche — selon les principes de l’émission — à dénoncer les dysfonctionnements, et « oublie » ce que l’Église a déjà fait. Certainement désorientés par les méthodes spectaculaires et le style incisif d’Elise Lucet, les représentants de l’Eglise ont eu du mal à exprimer clairement cet engagement contre la pédophilie, jusqu’à refuser de participer à la table ronde diffusée après le long reportage. Certes, le sujet douloureux et complexe aurait mérité un dialogue plus ouvert avec les institutions ecclésiales ou les spécialistes de ce sujet, qu’ils soient théologiens, psychiatres, sociologues, etc. Mais être absent du débat est une occasion manquée de prendre la parole et réaffirmer l’engagement ferme contre la pédophilie.


Certainement désorientés par les méthodes spectaculaires et le style incisif d’Elise Lucet, les représentants de l’Eglise ont eu du mal à exprimer clairement cet engagement contre la pédophilie

VRAI. La France est moins touchée que d’autre pays
Les chiffres de prêtres pédophiles sont vertigineux : 5% du clergé aux Etats-Unis, 7% en Australie… L’enquête évoque seulement 0,5% des prêtres français coupables de tels actes. Peut-être, comme le suggèrent les journalistes de Médiapart, cette estimation est-elle inférieure à la réalité. Mais il y a des éléments objectifs qui permettent d’affirmer que l’Eglise de France est moins touchée par ce fléau. Tout d’abord, dès 2000, l’épiscopat a pris en compte ce drame, même s’il a été traité timidement dans les premières années. Ensuite, le nombre élevé de laïcs engagés dans la vie paroissiale réduit les « situations à risque ». Enfin, dans une France sécularisée, il y a moins de pensionnats ou d'établissements, de « patronages » et d'activités diverses tenus directement par des prêtres et religieux, cadre dans lequel des agresseurs ont malheureusement sévi trop souvent.
À lire aussi sur notre site : "Pédophilie : Comment protéger nos enfants?"

VRAI et FAUX. Les victimes ne sont pas accueillies
L’accueil des victimes – même pour des faits très anciens – est le point névralgique de la lutte contre la pédophilie. Longtemps oubliées, les victimes peuvent désormais s’adresser aux cellules d’écoute qui se mettent progressivement en place dans les diocèses. Que les évêques puissent recevoir et écouter les victimes est une étape importante pour aider à la reconstruction de la personne, ce qui ne semble pas encore suffisamment fréquent : les victimes le regrettent et en ont besoin.  Là encore, l’épiscopat, dans sa diversité, prend petit à petit conscience de cette responsabilité. Reste que c’est en premier lieu la justice qui doit intervenir : la victime et aussi toute personne ayant connaissance d’un fait d’agression sexuelle doit prendre contact avec le procureur de la République. (voir les conseils de Pèlerin : « Comment protéger nos enfants »).

SOURCE : PÈLERIN

17:18 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

30/03/2017

MARIE COLLINS


Marie Collins : "L’enjeu essentiel, c’est la souffrance des victimes de pédophilie"

 

 

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Marie COLLINS

 

 

En jetant une lumière crue sur les défaillances de l’Église de France dans le suivi des prêtres pédophiles, l’émission Cash Investigation, diffusée le 21 mars sur France 2, a fait l’effet d’un électrochoc. Pèlerin a souhaité élargir le débat en rencontrant l’Irlandaise Marie Collins, une ancienne victime. Un témoignage lucide et éclairant.

Pourquoi avoir quitté la Commission pontificale pour la protection des mineurs, le 1er mars ?
J’ai siégé trois ans dans cette commission voulue par le pape François. Dès le début, nous avons été confrontés à des résistances importantes de la part de la curie (gouvernement du Vatican, NDLR), notamment de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF). Son préfet, le cardinal Gerhard Müller, a maintes fois refusé de coopérer.
Par exemple, alors que le pape avait souhaité la création d’un tribunal spécial pour que les évêques ayant couvert certaines affaires rendent enfin des comptes, le cardinal a prétendu que ce n’était pas nécessaire car les institutions adéquates existaient déjà ! Si c’était vrai, on se demande quelles décisions elles ont prises à l’encontre des intéressés… La CDF a également refusé de nous montrer les recommandations envoyées aux évêques en matière de protection des enfants, souvent différentes pour chaque pays, et que nous aurions aimé unifier pour qu’elles soient mieux appliquées. Constatant que nous étions empêchés de travailler, j’ai préféré partir.

En bref
Marie Collins s'est investie sans compter au sein de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, mise en place par le pape François en mars 2014. Si sa démission récente constitue un signal d'alarme, cette femme de conviction souligne aussi les progrès réalisés par l'Église catholique dans la lutte contre la pédophilie, notamment en Irlande, son pays d'origine.

Qu’en pense le pape ?
Je n’en sais rien. En trois ans, nous n’avons jamais réussi à obtenir un rendez-vous avec lui. C’est étrange, tout de même. Heureusement, il a écrit, en juin 2016, une lettre apostolique en forme de motu proprio, intitulée « Comme une mère aimante ».
(...)
À la lumière de votre expérience, quel conseil donnez-vous aux victimes ?
Le silence constitue la pire réponse. Non seulement parce qu’il retarde cette prise de conscience et la guérison possible de la victime. Mais aussi parce qu’il permet au prédateur de continuer de nuire. Un conseil : mieux vaut aller directement voir la police plutôt que de s’adresser à l’évêque.


Le silence constitue la pire réponse et retarde la guérison de la victime

Trop souvent, par le passé, celui-ci a seulement cherché à imposer le silence. Cela est d’autant plus facile que la victime, paradoxalement, se sent coupable de ce qui lui est arrivé.
(...)
La situation a-t-elle changé en Irlande ?
Complètement. Les leçons ont été tirées. Par exemple, un prêtre soupçonné de tels agissements doit quitter son ministère immédiatement, dans l’attente de la conclusion de l’enquête. Une sage précaution. Cependant, à cause de ces affaires et d’autres scandales survenus dans des orphelinats notamment, l’Église catholique a perdu énormément de son influence et de son autorité sur la société irlandaise.

(...)

Retrouvez notre interview complète dans le numéro 7009 de Pèlerin du jeudi 30 mars 2017.

 

18:22 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

20/03/2017

BOULEVERSANT TÉMOIGNAGE


Le témoignage bouleversant d’Emmanuelle face à la souffrance de son petit Charles

Après "Et les mistrals gagnants", le livre "Drôles de bulles" raconte la vie de Charles, 10 ans, atteint d’une épidermolyse bulleuse dystrophique. Emmanuelle, sa maman, auteure du livre, se confie à Aleteia.
Aleteia : On a fait la connaissance de votre fils Charles dans le film d’Anne-Dauphine Julliand, Et les mistrals gagnants. Quelles furent les circonstances de votre rencontre ?
Emmanuelle Rousseau : Anne-Dauphine Julliand est entrée en contact avec nous par l’intermédiaire de l’association Les Petits Princes. Charles avait à cœur de partager sa vie avec d’autres et de montrer qu’il existait une partie moins jolie dans sa vie. Notre fils est heureux d’avoir fait ce film mais sa vie n’a pas changé, il n’est pas sur les réseaux sociaux et ne se rend pas forcément compte de cette médiatisation même s’il aime quand on le reconnaît dans la rue : il signe bien volontiers des autographes ! Le seul petit bémol du film, c’est qu’on n’y découvre Charles qu’à l’ESEAT (un établissement de soins privé à but non lucratif pour les enfants et adolescents nantais) et pas dans sa vie à la maison à nos côtés. De ce point de vue, le documentaire est bien complémentaire de ce que je raconte dans mon livre…
Charles souffre donc d’une épidermolyse bulleuse et vous avez titré votre livre Drôles de bulles ?
Les bulles évoquent pour moi les bulles de champagne, bulles d’une joyeuse ivresse ; les bulles de savon, bulles arc-en-ciel de douceur ; ou encore les bulles des BD et des dessins animés qui sont autant de bulles de communication. Tout le contraire des bulles de mon loulou qui ne sont que des bulles de douleur qui sentent mauvais…
Pourquoi avez-vous eu envie d’écrire ce livre-témoignage ?
J’ai commencé à écrire en 2012 et j’y ai mis la touche finale en septembre 2015, donc bien avant Et les mistrals gagnants. La vie de Charles est tellement extra-ordinaire, si peu ordinaire et terrible à la fois, qu’il me fallait en laisser une trace écrite. Charles était évidemment partant pour que je raconte sa vie, que j’apporte mon témoignage sur cette sa maladie, une maladie génétique rare et orpheline, grave, incurable et invalidante. Écrire a une vertu thérapeutique qui peut aider à traverser l’épreuve, car dans l’épreuve, les gens ne savent pas communiquer. J’aimerais que les personnes qui liront ce livre comprennent mieux notre vie. J’espère que ce livre pourra aider d’autres personnes confrontées à la maladie, quelle qu’elle soit, à avancer ; et qu’il apportera une ouverture sur la vie en général et sur les enfants malades.

(Lire aussi : « Et les mistrals gagnants » : quand cinq enfants malades changent notre regard sur la vie)

Ce livre, c’est aussi un appel à mieux accompagner les personnes malades ?
Oui, c’est le message premier ! C’est un appel qui s’adresse à la société entière, un appel à mieux accompagner les malades et leur entourage. Puisqu’on ne meurt pas de ces maladies, mais qu’on doit vivre avec, il faut nous accompagner et nous faciliter la vie pour que tout ne soit pas que bataille… Je pense à toutes ces familles qui ne sont pas suffisamment armées pour affronter de telles maladies, à quoi bon vivre ou laisser vivre si c’est pour ensuite délaisser ces personnes. La maladie étant démocratique, elle naît dans tous les milieux sociaux et face à elle, nous ne sommes pas égaux. Que met-on en place, quel avenir prépare-t-on pour que la vie soit la plus douce possible pour ces enfants qui souffrent ? Notamment à domicile. Je prends un exemple : le lundi de Pâques, nous n’avons personne pour venir faire le bain de Charles, c’est honteux. On est clairement à côté de la fragilité, on ne cherche pas à s’organiser pour accompagner les fragilités… Or la maladie ne prend jamais de vacances, elle n’est pas aux 35 heures, elle ne connaît pas les jours fériés… On ne peut pas continuer à gérer l’hôpital comme une entreprise privée qui gère des boîtes de conserve et faire comme si l’homme pouvait être géré comme une boîte de conserve !
On suit votre quotidien de maman dans le livre, une maman perpétuellement confrontée à la souffrance d’un de ses deux enfants…
Les soins quotidiens sont d’une violence qu’aucune mère ne peut supporter : percer les bulles avec une aiguille ou couper la peau abîmée avec des ciseaux en entendant son enfant hurler me démolit à chaque fois ; installer et brancher la stomie de Charles et le voir avec ce bouton, regarder ces plaies qui ne cicatrisent pas, je ne m’y ferai jamais. Je ne suis pas la même maman pour Charles et pour Stanislas*, je me mets en mode « maman Stanislas » ou « maman Charles ». Avec Charles, nous sommes dans une survie permanente, sa maladie,  incurable, le fait dépendre des soins palliatifs ; nous sommes conscients qu’il peut mourir à chaque instant…
* Stanislas, le grand frère de Charles, de 22 mois son aîné
Vous évoquez aussi la difficulté de communiquer avec votre entourage…
Face à une situation comme la nôtre, beaucoup de gens préfèrent prendre la fuite ou rester dans le déni ; il y a beaucoup d’incompréhensions. Ce qui m’énerve le plus, c’est le manque de courage, de lucidité face à la vie. Je préfère qu’on accepte, comme nous l’avons acceptée, la situation et qu’on nous demande ce qu’on peut faire pour nous aider… J’ai vécu un chemin de solitude qui m’a permis d’aller au plus profond de moi-même, de me mettre face à moi-même pour m’écouter, pleurer et écrire… C’est l’éloignement des soins qui m’a permis de renouer avec les autres, de communiquer à nouveau car ces soins me détruisaient et m’empêchaient d’entrer et de rester en relation avec les autres. Au fil du temps, nous avons constitué une famille de cœur avec mon mari, nous sommes bien entourés. Il n’y a pas forcément besoin d’avoir des milliers de personnes autour de soi, mais il est important de pouvoir compter sur quelques bons amis. Je suis aussi animatrice d’un groupe de parole pour mamans d’enfants malades ou handicapés à Nantes, « Cœur de maman ».

(Lire aussi : « Et les Mistrals gagnants » : un hymne à la vie bouleversant et joyeux)

Qu’est-ce qui vous a permis, à votre mari, Olivier et à vous, de tenir le coup ?
Nous éloigner des soins, justement ! C’est ce qui nous a aidés à évoluer au fil du temps positivement. Avec tout ce sang, ces plaies, ces pansements à faire et défaire indéfiniment, on peut vraiment devenir fous ! Et puis Charles a grandi, il a dix ans aujourd’hui, il y a des choses qui sont plus faciles à comprendre et à vivre, cela permet un peu plus de légèreté même si par ailleurs, d’autres choses deviennent plus compliquées car Charles s’affirme. Heureusement, il dort un peu mieux. Pendant six ans, nous n’avons pas dormi et ré-accéder au sommeil a été libérateur. Mais tout reste fragile et nous vivons vraiment un jour à la fois…
« Un jour à la fois », c’est devenu votre devise…
Oui, revenir quelques jours en arrière me paraît très loin et me projeter quelques jours en avant aussi ! Ainsi, j’apprends à savourer pleinement toutes les petites bulles de bonheur que la vie m’offre plusieurs fois par jour. J’ai mis du temps à accepter qu’il n’y ait pas de réponse au mystère de la souffrance. Pourquoi naît-on avec une telle maladie ? Mais accepter de ne pas chercher et trouver de réponse m’a permis de transformer ma vie positivement. Je me concentre sur l’essentiel : que Charles ait la vie la plus douce tous les jours…
Vous vous dites hantée par la mort de Charles, comment apprivoiser la mort ?
Parfois, la souffrance est telle qu’on voudrait qu’elle s’arrête, que tout s’arrête : c’est l’impuissance qui nous fait dire et penser que ce n’est pas une vie de souffrir ; et dès que ça va mieux, on se raccroche à la vie ! Il y a une réelle ambivalence, tout est tellement fragile. Comme dit Frédéric Lenoir, on ne décide jamais ni de son premier ni de son dernier souffle. « Hier est déjà un jour qui a disparu », les jours meurent, les fleurs meurent, on est dans un cycle de vie et de mort. S’il y a la naissance, il y a aussi la mort. Dans notre société, la mort est souvent vécue comme un échec. On naît, on vit puis on meurt. Mais la vie est toujours présente. Nous parlons avec Charles de la mort, on ne connaît pas son espérance de vie, on ne sait pas comment va évoluer sa maladie… Alors on apprend à tisser des liens pour l’éternité.
Vous êtes croyante et vous écrivez que « croire donne une force supplémentaire »…
Quand Charles est né, j’ai demandé de l’aide au Seigneur ; j’ai traversé des moments de doute mais il y a une chose dont j’ai toujours été sûre, c’est que Dieu n’y était pour rien. Petit à petit, j’ai réussi à transformer les « pourquoi » en « pour que » : pour que notre courage s’exprime, pour que sa fragilité nous apprenne quelque chose du monde, pour que nous nous ouvrions à un autre champ des possibles, plus vaste, dans l’amour… Les temps de prière, à l’abbaye de Beaufort ou lors des journées du désert, sont essentiels pour moi. Olivier et moi sommes tous les deux croyants mais nous vivons l’un et l’autre notre foi différemment. Pour Charles aussi, c’est important, il a notamment vécu très fort le sacrement des malades reçu en septembre dernier.
Face à ce quotidien éprouvant, vous parlez de deux autres forces intérieures : le courage et un grain de folie…
Un jour, le docteur Annie Rochedreux a trouvé que les deux mots « racé et exotique », qui décrivaient un café sur un menu de restaurant, s’appliquaient bien à notre famille… « Racé » car il faut une sacrée force de caractère pour continuer à avancer avec cette maladie et « exotique » car la maladie vous amène à faire des choses un peu folles et ça casse le côté « racé ». Soyons fous, c’est d’ailleurs une autre de mes devises. Pour affronter cette épreuve et surmonter le quotidien, je crois qu’il faut un grain de folie ! Oser s’affirmer, dire les choses, demander… Je ne suis pas derrière des conventions ou des principes qui me freineraient dans mon élan et la maladie a tout exacerbé en moi ! Charles est plutôt extraverti, c’est une chance, il est curieux, il aime discuter avec les gens ; il joue de la guitare ou plutôt de la guitalele, il est fan de Paco de Lucía. Il adore Stromae et Olivier, mon mari, s’est démené pour qu’il puisse rencontrer son idole ; il nous a montré sa capacité à déplacer des montagnes, toujours ce petit grain de folie…
Charles a donc rencontré Stromae ?
Charles avait évoqué son rêve de rencontrer ce chanteur. Mais c’est compliqué pour l’association des Petits princes, qui réalise des rêves pour les enfants malades, de concrétiser les rencontres avec des stars. Avec les Petits Princes, Charles a notamment découvert le paquebot « Harmony of the sea » aux chantiers navals de Saint-Nazaire comme on le voit dans le documentaire d’Anne-Dauphine, mais pour Stromae, c’est donc mon mari qui a pris les choses en main ! Et Charles a pu rencontrer et écouter Stromae à l’occasion d’un concert au festival de Poupet. Le chanteur lui a même fait une dédicace orale à la fin du concert devant des milliers de personnes. Ce fut pour Charles, et pour toute la famille, un bonheur incommensurable… Depuis, quand j’écoute Stromae, je suis déchaînée ! Ce moment a tellement marqué notre vie. 

On perçoit au fil des pages votre évolution intérieure : vous avez appris à accepter la maladie et à lâcher prise. On vous sent plus apaisée…
Oui, la souffrance est un vrai mystère… mais c’est ainsi. Merci la vie !
(Aleteia)

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13/03/2017

FRANCK FERRAND ET PADREBLOG

L'historien et écrivain Franck FERRAND répond aux questions des abbés Amar et de Chaillé. Un entretien cordial où l'on parle d'histoire, d'amour de la France et de culture française.


17:04 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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