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27/04/2016

SHAKESPEARE AU VATICAN

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Shakespeare au Vatican: un grand Britannique qui «appartient au monde»


« Être ou ne pas être, telle est la question » : cette fameuse réflexion du Hamlet de Shakespeare (1564-1616) a résonné à Rome au Palais de la Chancellerie, dans les colonnes de L’Osservatore Romano et à l’antenne de Radio Vatican.

Un message de sagesse semble donc être venu du Globe Theater de Shakespeare, à Londres, dont la devise était : “Le monde entier fait du théâtre” (Totus mundus agit histrionem), dont on trouvera un écho en espagnol dans le “grand théâtre du monde” (El gran teatro del mundo) de Pedro Calderon de La Barca (1600-1681) qui avait 16 ans quand Shakespeare est mort , le 23 avril 1616. Le programme de Radio Vatican l’annonçait la semaine dernière à la date du samedi 23 avril : 400e anniversaire de la mort de William Shakespeare (Stratford-pon-Avon, 23 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 23 avril 1616).

Comment le Vatican a-t-il marqué le 400e anniversaire de la mort de Shakespeare, ce « grand Britannique » qui « appartient au monde », comme le dit l’ambassadeur près le Saint-Siège, M. Nigel Baker ?

La compagnie théâtrale londonienne Shakespeare’s Globe Theatre a joué Hamlet, pour la première fois de façon intégrale, en territoire du Vatican, dans le salon d’honneur du Palais de la Chancellerie – à deux pas de la place Farnèse – à l’initiative de l’ambassade britannique près le Saint-Siège et du Conseil pontifical de la culture, de façon anticipée, le 13 avril. Le spectacle avait auparavant été présenté dans la « jungle » de Calais, devant quelque 3 000 migrants du Moyen-Orient et d’Afrique.

Le prince danois est interprété par un comédien du Nigeria, le roi Claudius par un Maori de Nouvelle-Zélande, Horatio par une actrice née à Hong Kong : les huit interprètes ont entrepris une tournée mondiale dans 166 pays, « Globe to Globe », d’avril 2014 à avril 2016, pour marquer le 400e anniversaire, et aller vers les publics qui ne vont pas habituellement au théâtre.

Pour M. Baker, il est juste « qu’après tant d’années, l’œuvre théâtrale la plus importante de Shakespeare soit représentée en territoire du Vatican, dans des salles qui se trouvent à côté de celles qui furent décorées par Giorgio Vasari, presque contemporain de Shakespeare ».

« Et il est aussi opportun que cet événement spécial se déroule pendant le Jubilé de la miséricorde, ajoute-t-il. En 1964, Paul VI avait dit : “Notre estime pour la vision du poète sur l’humanité ne doit pas nous faire ignorer les grandes leçons de morale et les avertissements contenus dans ses œuvres.” Nous ne savons pas si Shakespeare est venu ou non à Rome pendant sa vie. Toutefois, même quatre cents ans après sa mort, il n’est pas encore trop tard pour son génie universel. »

Pour Mgr Paul Tighe, secrétaire adjoint du Conseil de la culture, qui a présenté l’initiative aux côtés de l’ambassadeur de Grande-Bretagne près le Saint-Siège et des artistes, « le prince danois Hamlet, avec ses doutes, ses réflexions sur la vie et la mort, fait partie du patrimoine » universel car Shakespeare est un « auteur fondamental pour toute l’humanité », un artiste qui peut « toucher le cœur des hommes d’aujourd’hui ».

Dans un article publié par L’Osservatore Romano en italien du 6 janvier 2016, M. Baker annonçait cette initiative sans précédent et il rappelait avec humour un petit événement survenu sous le pontificat du bienheureux pape Paul VI : on a frôlé l’incident diplomatique, dit-il.

Il souligne d’abord le « génie universel de Shakespeare » : « Nous ne savons pas grand-chose sur Shakespeare. Il est probablement le “méconnu” le plus célèbre des débuts de l’histoire moderne. Beaucoup se disent certains de sa “véritable” identité, y compris de la nature de sa foi religieuse. En général, ceux qui crient le plus fort sont ceux qui désirent récupérer le “Barde” pour eux ou pour leur tribu. Ce faisant, ils n’en saisissent pas l’essentiel, à savoir que Shakespeare est, à juste titre, considéré comme un génie universel, que son flot de paroles s’applique à tout un chacun, toujours. Il suffit de choisir une langue dans laquelle Shakespeare a été traduit, ou une culture à travers laquelle il a été interprété, pour que son génie émerge, lucide et intact. Il fut un Britannique vraiment grand, qui appartient au monde. Le pape Paul VI l’avait bien compris. »

Il rappelle en effet que le 400e centenaire de la naissance de Shakespeare avait aussi été marqué par une représentation au Vatican, mais en présence du pape Montini : « En novembre 1964, le pape avait assisté dans le Palais Pio à une représentation de Shakespeare, donnée par la Royal Shakespeare Company pour commémorer le quatrième centenaire de la naissance de l’auteur. »

Le bienheureux Paul VI a rendu hommage à Shakespeare comme un “éminent écrivain”, faisant observer “que la profonde humanité de Shakespeare, toujours ouverte à l’exploration aventureuse et poétique, pousse à la découverte des lois morales qui rendent la vie grande et sacrée et qui conduit à une compréhension religieuse du monde. Son sublime génie et son langage puissant invitent les hommes à écouter avec révérence les grandes vérités qu’il expose sur la mort et sur le jugement, sur l’enfer et sur le ciel. Les trames de ses œuvres théâtrales sont pour l’homme moderne un rappel salutaire que Dieu existe, qu’il y a une vie après cette vie, que le mal est puni et le bien récompensé”.

Pour ce qui est de la représentation de cette année au Vatican, l’ambassadeur ajoute : « La pièce de Hamlet est opportune pour de nombreuses raisons. L’une d’elles, non la moindre, est le récit selon lequel le pape Jean XXIII se serait référé à l’archevêque Montini de Milan comme au “cardinal Hamlet”. Suite à cela, devenu pape et peu après la représentation de la Royal Shakespeare Company en 1964, Paul VI s’adressa aux médias en leur disant : “La presse, que vous représentez, peut être un instrument très important de grand bien, toujours fidèle à la vérité, et telle est la question.” Tous les journalistes présents à cette conférence du 3 décembre comprirent immédiatement quel personnage shakespearien le pape venait de citer. »

Il évoque avec humour l’incident frôlé en 1964 : « Je suis certain qu’à la représentation de Hamlet cette année, nous pourrons éviter ce qui, en 1964, fut presque un incident diplomatique. La Royal Shakespeare Company possède une copie du premier Folio des œuvres de Shakespeare et l’avait apportée à Rome, emballée avec soin et attention, pour que le pape puisse la bénir à l’issue de la représentation. Après qu’il a donné sa bénédiction apostolique aux acteurs et à ceux qui les accompagnaient, le précieux spécimen du premier Folio fut montré à Paul VI. On lui avait probablement dit qu’il avait été imprimé en 1623, qu’il n’en restait que 233 exemplaires – en grande partie incomplets – et que c’était un des livres les plus précieux au monde. Sa Sainteté, se méprenant peut-être sur le geste, feuilleta quelques-unes des précieuses pages, puis accepta de bon cœur l’aimable don pour la Bibliothèque apostolique du Vatican ! »

Il précise : « Il n’apparaît nulle part de quelle façon le premier Folio a été repris au pape. Peut-être mon prédécesseur de l’époque, le ministre auprès du Saint-Siège Sir Peter Scarlett, a-t-il dû exercer quelques-unes de ses capacités diplomatiques bien affinées. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, le Folio est conservé avec soin au Shakespeare Birthday Trust, dans la ville natale de Shakespeare, Stratford-upon-Avon, dans le Warwickshire, de retour après sa rencontre avec l’évêque de Rome. »

Avec une traduction de Constance Roques

 

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