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16/07/2016

MORT DE MITTERRAND

 

MORT DE MITTERRAND

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Président de la République française de 1981 à 1995, François Mitterrand naît le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente), dans la famille d'un industriel catholique.
Séduisant et cultivé, excellent orateur, il se découvre très vite des dispositions pour diriger les hommes. Mais il n'atteindra le pouvoir suprême, la présidence de la République, qu'au terme d'un long parcours erratique, parsemé de chausse-trapes.
Tout au long de ce parcours, son éclectisme politique et sa fidélité en amitié lui valent des soutiens indéfectibles sur toute l'étendue de l'échiquier politique et social.
Ses amis lui donnent le surnom de « Florentin » en référence à l'art de l'esquive pratiqué par des gens de la Renaissance comme Laurent le Magnifique ou Machiavel.
Si l'on fait fi de son action politique, François Mitterrand demeure un personnage romanesque des plus passionnants. Les journalistes Catherine Nay, Jean Montaldo et Pierre Péan ont révélé par touches successives les différentes facettes de son itinéraire.
André Larané

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Une jeunesse heureuse
Le jeune François connaît en Charente une jeunesse heureuse dans une famille épanouie. C'est le quatrième d'une fratrie de quatre garçons et quatre filles ; lui-même est le deuxième des garçons mais aussi le plus brillant de tous. Sa grand-mère, en particulier, lui voue une véritable vénération. 
Son parcours scolaire devrait normalement le conduire vers la khâgne et l'École Normale Supérieure, mais celle-ci a mauvaise presse dans  la famille catholique du futur président. Il est vrai que la plupart de ses élèves en sortent parfaitement athées.
C'est donc vers le droit que s'orientera le jeune François, en s'hébergeant à Paris au foyer des pères maristes. Il en voudra secrètement à son père de cette orientation quand il rencontrera en 1938 la jeune Marie-Louise Terrasse, 16 ans (elle deviendra Catherine Langeais à la télévision), et fréquentera ses parents, de brillants normaliens.

 


De Vichy au socialisme


Enrôlé comme sergent au début de la Seconde Guerre mondiale, il est capturé et envoyé dans un camp de prisonniers en Allemagne comme la plupart des autres soldats français. Il va passer dix-huit mois dans un stalag en Hesse, et cette expérience va modeler en profondeur sa vision du monde en lui révélant la diversité sociale du peuple français. 
En 1942, à sa troisième tentative d'évasion, François Mitterrand réussit à s'enfuir.
Renonçant à la sécurité au sein de sa famille installée sur la côte méditerranéenne, il prend le train pour... Vichy.
Comme beaucoup de jeunes ambitieux de sa génération, il entre au service du maréchal Pétain. Il assure un emploi modeste dans un service qui s'occupe de la réinsertion des prisonniers.
Fidèle « maréchaliste », il lui arrive d'écrire dans des revues pétainistes et antisémites. Le 16 août 1943, François Mitterrand reçoit la Francisque des mains du Maréchal. Il obtient le n°2202 de cette prestigieuse décoration qui a été remise à 3.000 personnes au total.

Mais depuis début 1943, prévoyant sans doute la faillite du nazisme après la défaite de Stalingrad, le jeune homme aurait déjà mis un pied dans la Résistance. Il ne se rallie pas pour autant au général de Gaulle et lui préfère son rival de l'heure, le falot général Giraud.
Il mène diverses opérations clandestines sous le surnom de Morland et bénéficie entre autres de la complicité d'un haut fonctionnaire de la Police, un certain Jean-Paul Martin.


Après la guerre, celui-ci le met en relation avec René Bousquet, secrétaire général de la Police sous l'Occupation et principal organisateur de la rafle du Vél d'Hiv, à la suite de laquelle de nombreux juifs ont été envoyés dans les chambres à gaz.


Pour des raisons obscures, Bousquet est blanchi à la Libération par un tribunal d'exception. Reconverti dans les milieux d'affaires, il va dès lors rendre des services importants à son nouvel ami, François Mitterrand, en finançant une partie de ses campagnes électorales (ainsi Pierre Bergé, ami personnel de l'ancien président et auteur d'une biographie, explique-t-il le lien entre les deux hommes).

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Trois ans après la Libération et après avoir été élu député de la Nièvre, François Mitterrand, à peine âgé de 30 ans, devient en 1947 ministre des Anciens combattants, puis ministre de la France d'outre-mer et ministre de l'Intérieur dans le cabinet de Mendès France en 1954, quand débute la guerre d'Algérie.
Il est ministre de la Justice sous le gouvernement de Guy Mollet en 1956, lorsque les militaires reçoivent les pleins pouvoirs à Alger pour mettre fin au terrorisme par tous les moyens. Le brillant ministre ne cache pas son espoir d'accéder à la Présidence du Conseil, le poste le plus important sous la IVe République, à 40 ans ou un peu plus.
Mais le retour du général de Gaulle aux affaires, en 1958, l'oblige à rentrer dans l'anonymat. En 1959, il laisse faire un faux attentat contre sa voiture, avenue de l'Observatoire, à Paris, dans l'espoir de regagner les faveurs de l'opinion publique. L'affaire est heureusement étouffée, peut-être parce que François Mitterrand aurait détenu en tant qu’ancien garde des Sceaux des renseignements gênants sur « l’affaire du bazooka » qui met en cause le Premier ministre Michel Debré.
Candidat contre le général de Gaulle aux élections présidentielles de décembre 1965, François Mitterrand se présente comme le champion de l'alternance au gaullisme. C'est ainsi qu'il réunit les partis de gauche autour de son nom, sous l'étiquette de la FGDS (Fédération de la gauche démocrate et socialiste). Il réussit à mettre le Général en ballotage et échoue au second tour avec un résultat honorable d'environ 45% des bulletins.
Ce relatif succès le fait basculer résolument vers le socialisme. Le 12 juin 1971, au congrès d'Épinay-sur-Seine, il fonde le nouveau Parti socialiste sur les ruines de l'ancienne SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) de Jean Jaurès et Jules Guesde, discréditée par l'engagement de Guy Mollet dans les guerres coloniales.
L'ancien élève des maristes se met alors à « parler socialiste », selon le mot de Pierre Mendès France, et ne craint pas d'affirmer : « Tous ceux qui n’adhèrent pas à la rupture avec le capitalisme n’ont pas leur place dans le parti » ! Rénovateur du parti socialiste, il incarne désormais tous les espoirs de la gauche non communiste mais il comprend aussi qu'il n'y a pas d'alternance possible sans une alliance avec les communistes. C'est ce à quoi il va s'atteler avec opiniâtreté. Le 27 juin 1972, le Parti socialiste et le Parti communiste français de Georges Marchais concluent un programme commun bientôt rejoint par le Mouvement des radicaux de gauche de Robert Fabre.
Après un échec de justesse en 1974 face à Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand gagne pour de bon les élections présidentielles le 10 mai 1981 en tirant parti de l'impopularité du président sortant, lui-même lâché par Jacques Chirac, le chef du parti néogaulliste.


Des réformes à la volée

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François Mitterrand entame un « règne » de 14 ans, comparable par sa durée à ceux de Henri IV, de Louis-Philippe et de... Napoléon 1er.
Les réformes s'enchaînent à la volée dès les premières semaines. Pourtant, de cette très longue présidence, l'opinion publique ne retient que l'abolition de la peine de mort, votée le 18 septembre 1981.
L'Histoire, quant à elle, se souvient de la conversion de la gauche à l'économie de marché, qui s'est faite en deux temps : la désindexation des salaires sur les prix lors du premier plan de rigueur à l'automne 1982, puis surtout le choix de rester dans le SME (Système Monétaire Européen) à l'issue de la semaine d'hésitation suivant les municipales de mars 1983.
Elle se souvient aussi du soutien du président, au déploiement des fusées Pershing en Allemagne, en riposte à la menace soviétique. C'était le le 20 janvier 1983, devant le Bundestag allemand... Elle se souvient enfin de l'engagement européen du président, avec l'Acte unique, le traité de Maastricht et la monnaie unique dont l'avenir demeure incertain.


Bilan d'un double mandat


Le double septennat de François Mitterrand se termine dans un climat maussade tissé de désillusions, entre une gauche qui a perdu ses repères idéologiques et moraux et une droite minée par le combat des chefs.
À gauche comme à droite, son départ est accueilli avec soulagement... Il meurt le 8 janvier suivant,après une longue agonie théâtralisée à l'égal d'un monarque.
Une décennie plus tard, l'opinion publique, confrontée au bilan piteux de son successeur Jacques Chirac et oublieuse du passé, n'en hissera pas moins l'ancien président socialiste sur le podium de ses personnalités préférées.

(Herodote.net)

17:36 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

un homme un destin !
amitiès

Écrit par : ventdamont | 18/07/2016

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