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30/10/2016

ZACHÉE


31eme dimanche du temps ordinaire :

30 octobre

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Ce dimanche, saint Luc nous raconte la conversion d’un homme riche nommé Zachée. Jésus poursuit sa marche vers Jérusalem. Il s’en approche et traverse Jéricho. Il y fait une curieuse rencontre, à la fois heureuse pour Zachée et choquante pour son entourage.
Jésus traversait la ville de Jéricho. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ;
il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n’y arrivait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore 
pour voir Jésus qui devait passer par là.
    Jéricho est une ville frontière avec un bureau de douanes tenu par les romains. Zachée est très riche. Il y est le chef des collecteurs de taxes. En contact tous les jours avec les païens, il est impur selon la Loi, exclu de la vie religieuse de la communauté juive, de la synagogue. Les collecteurs d’impôts, qui se payent sur les impôts ramassés par les subalternes, comme Matthieu par exemple, ne sont guère considérés comme des gens honnêtes, mais plutôt comme des « ripoux » comme on dirait aujourd’hui en verlan, et de plus des « collabos » comme on disait en d’autres temps.
    Pourtant il y a en cet homme une double faille : d’abord, il est peut-être complexé parce que petit de taille, et ensuite, sa curiosité par rapport à Jésus peut trahir un malaise : ce que Zachée entend dire de lui le surprend et le dérange. Ce Jésus qui exalte le bonheur des pauvres, et qui déclare malheureux les riches, qui est-il ? Peut-être a-t-il raison ? Peut-être alors, lui, Zachée le riche, est-il à plaindre ? Curieux, il veut voir Jésus, mais il grimpe à un arbre feuillu, pour échapper au regard de la foule. Surprise ! Les choses ne se passent pas comme il l’avait prévu.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l’interpella : 
« Zachée, descends vite : 
aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur. »
Mais Zachée, s’avançant, dit au Seigneur :
« Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens,
et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, 
car lui aussi est un fils d’Abraham.
En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Jésus le voit, son regard n’est nullement arrêté par les camouflages, quels qu’ils soient : comme Dieu son Père, son regard ne s’arrête pas sur les apparences trompeuses des gens mais sur leur cœur. Ce qu’il dit à cet homme perché sur son arbre feuillu est surprenant : « Zachée, descends vite, il faut que j’aille demeurer chez toi ». Zachée s’attendait peut-être à des reproches, des malédictions. Chaque élément de cette courte phrase amicale et simple mérite réflexion. D’abord le fait que Jésus s’adresse directement à Zachée en l’appelant par son nom. Chose assez rare dans les évangiles : Lazare l’homme mort, Bartimée l’homme aveugle, Zachée l’homme riche, et bien sûr Simon-Pierre, l’homme généreux appelé à raffermir ses frères, un quatuor symbolique. Aux yeux du Christ, c’est comme s’il connaissait le nom de chacun avant de le rencontrer. Toute personne est unique et elle est rejointe en son intimité quand il l’appelle à la conversion, quand il la guérit ou lui confie une mission. Jésus invite Zachée à descendre, à « s’abaisser » et il emploie deux adverbes dans le texte. D’abord « vite », le même mot que le Père du fils prodigue demandait que l’on habille son fils perdu, et que l’on prépare le festin des retrouvailles ». Et « aujourd’hui », sans plus attendre, un adverbe que Luc emploie fréquemment pour insister sur l’urgence du salut et des conversions à vivre. La réaction de Zachée est tout aussi surprenante. Il aurait pu refuser, par politesse, ou trouver des prétextes, pris de panique à la pensée de recevoir chez lui un prophète. Les prophètes, on le sait bien, sont des gens dangereux et dérangeants. Mais non, il descend de son arbre, en toute hâte (vite), dit encore le récit, et tout joyeux.
Surprise chez les gens qui assistent à la scène, et voient cet homme bien connu démasqué et ridicule quand il descend de son arbre. Loin de se réjouir ils sont scandalisés, devant l’attitude de Jésus à son égard et son désir de loger chez lui. Leur réaction ressemble à celle du frère aîné du fils prodigue devant l’accueil que lui avait fait son père quand il est revenu vers lui. Beaucoup savent que Jésus fréquente les pécheurs, mange avec eux et voilà maintenant qu’il va loger chez cet homme méprisable, riche et « collaborateur » avec l’occupant. Surprise heureuse donc pour Zachée, scandale pour tous.
Etonnantes et inattendues sont les paroles prononcées par les deux personnages du récit. Le regard bienveillant de Jésus, qui se fait son prochain jusqu’à s’inviter chez lui, bouleverse Zachée. Il fait acte de repentance et de conversion en public. De plus il promet réparation pour les vols qu’il a commis et se soumet à une peine prévue dans le droit romain en cas de vol manifeste : l’obligation de rendre 4 fois plus à celui qu’il a volé. Jésus ne dit rien à Zachée, mais parle de lui, et s’adressant à tous à son sujet, il prononce une déclaration solennelle qui condense en l’évangile selon saint Luc la mission de salut qui est la sienne. Il est venu rétablir en tous ceux qui se convertissent, leur dignité de fils d’Abraham, et se présente comme « le Fils de l’homme venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
    Ce que dit Zachée est très courageux. Il fait don de la moitié de ses biens aux pauvres, la moitié de lui-même. Il partage tout en deux. Les pauvres deviennent en quelque sorte la moitié de lui-même. Et peut-être après tout porte-t-il désormais sur lui-même un regard vrai et se considère-t-il enfin comme un pauvre heureux ? Ce texte de saint Luc rapporte l’un des plus beaux miracles de l’Evangile. Un homme descend de son piédestal d’homme perdu dans sa richesse, et se fait tout simplement solidaire de tous, sur un pied d’égalité avec tous. Quelques points importants à retenir de ce récit.
     D’abord, le fait d’être riche de grands biens, de savoir et de pouvoir est un malheur quand il conduit à rompre les liens de fraternité avec les frères et sœurs en humanité. Grande joie pour tout homme riche qui se convertit comme Zachée et retrouve l’estime de lui-même !
     Ensuite la conversation fraternelle. Jésus ne reste pas dans la rue, devant tout le monde pour parler avec Zachée. C’est chez lui, dans sa maison d’habitation mais aussi dans sa maison intérieure qu’il veut le rencontrer. Quand il nous appelle par notre nom, quelle place donner au Christ, à sa parole dans notre cœur, notre conscience, dans le plus intime de nous, pour l’orienter dans le sens de l’amour et du partage ? Comment rejoindre et respecter chaque personne en recherche de Dieu dans le plus intime d’elle-même ?
     Enfin, c’est au milieu d’une humanité pécheresse et perdue que Dieu est venu demeurer en son Fils. Dieu croit en toute personne, quelle que soit sa condition sociale. Dieu espère en tout homme et ne saurait éprouver de la répulsion, de la haine par rapport à l’une de ses créatures. Une très belle prière du livre de la Sagesse exprime tout cela et on peut la considérer comme la prière de Zachée. Elle aurait bien sa place en conclusion de l’homélie, dite par tous.
Seigneur, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout.
Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu’ils se convertissent.
Tu aimes en effet tout ce qui existe, 
tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres,
car tu n’aurais pas créé un être en ayant de la haine envers lui.
Et comment aurait-il subsisté, si tu ne l’avais pas voulu ?
Comment aurait-il conservé l’existence, si tu ne l’y avais pas appelé ?
Mais tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi,
Maître qui aimes la vie, toi dont le souffle impérissable anime tous les êtres.
Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, 
tu leur rappelles en quoi ils pèchent,
pour qu’ils se détournent du mal, et qu’ils puissent croire en toi, Seigneur.
    Saint Paul rend grâce aussi pour les progrès dans la foi et la charité vécus par les chrétiens de Thessalonique. Comme ils sont impatients de voir se réaliser la gloire du Christ à la fin des temps, il leur déclare que cette glorification, si elle est déjà commencée, n’est pas encore pleinement manifestée. Ce jour du Seigneur est à attendre dans la foi et la conversion quotidienne, non dans l’agitation et la peur.
Frères, nous prions continuellement pour vous,
afin que notre Dieu vous trouve dignes de l’appel qu’il vous a adressé ;
par sa puissance, qu’il vous donne d’accomplir
tout le bien que vous désirez, et qu’il rende active votre foi.
Ainsi, notre Seigneur Jésus aura sa gloire en vous, et vous en lui ;
voilà ce que nous réserve la grâce de notre Dieu
et du Seigneur Jésus Christ.
Pour continuer la réflexion, un beau texte du P. Albert-Marie Besnard
« Chez toi, Zachée ! Pas ici, sur le boulevard. Ce serait trop facile, trop éphémère. Trop de gens causent de Dieu ou à Dieu, en dehors de chez eux, en dehors de leur propre existence, là où l’on peut parler de tout et de rien, où ça n’engage pas. Non, aujourd’hui « Zachée, descends vite, il me faut demeurer chez toi. » Là où tu vis. Là où tu t’arranges avec la vie, avec ce que tu en fais. Là où tu travailles, là où tu triches, car tu fais un métier où l’on triche et où l’on vole. Là où tu souffres et où tu déposes le masque ; là où tu aimes, et où tu savoures quelques bonheurs furtifs. Là où tu dors et où tu rêves : à l’endroit de ton corps et de ses fatigues. A l’endroit de tes querelles avec les tiens, et de tes amitiés ; à l’endroit de tes questions et de tes angoisses. Pas à côté. Pas ailleurs. Chez toi. Celui qui s’est invité chez toi vient sans escorte sans tribunal sans dossier : c’est Dieu aux mains nues. Lui, le Créateur des mondes, à l’intelligence insondable, Il vient léger comme un matin naissant. Il peut cela. Il est le commencement, et le recommencement de tout commencement, car les siècles ne pèsent pas sur ses épaules. Il vient libre de tout programme, libre de tout préalable, libre pour toi, libre pour la rencontre. Il vient sans dégoût ; tu sais ce que ça veut dire, toi, Zachée le publicain. »

 

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28/10/2016

LE PAPE ET L'HUMORISTE

 

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Le célèbre acteur italien Roberto Benigni

révèle le contenu de sa fameuse conversation téléphonique avec le Saint-Père.

Isabelle Cousturié


Il y a presque deux ans, le célèbre acteur et réalisateur du film, La vie est belle, a fait exploser l’audience de la télévision publique italienne en commentant les 10 commandements. Le succès fut tel que des rumeurs couraient que le Pape en personne l’avait appelé pour le féliciter. Mais rien de plus. Roberto Benigni a tenu sa langue jusqu’au 23 octobre dernier, révélant, contre toute attente, le contenu de cet appel téléphonique qui a bien eu lieu.
De l’appel de François
« C’était  le 17 décembre 2014. Le Pape a appelé chez moi à 8 heures du matin, mais le problème c’est que je dormais. On lui a répondu : « Oui Roberto est là mais il dort, veuillez rappeler demain ». Vous imaginez  ? Et il a rappelé ! Il était si tendre que j’aurais voulu le prendre dans mes bras », a révélé l’acteur, le visage rayonnant, lors d’une rencontre publique à la clôture du 11ème Festival international du cinéma à Rome. Anecdotes, souvenirs épiques, histoires incroyables qui lui étaient arrivés, s’enchaînent. Jusqu’à l’épisode du coup de téléphone…
Que lui a-t-il dit ? Ce qu’il dit généralement quand une histoire, une initiative, le touche profondément. « C’est bien ce que tu fais – toujours le tutoiement – tu sais que tu fais vraiment du bien ! », lui a-t-il dit comme à ce jeune blogueur, encore tout récemment, pour le féliciter et l’encourager dans sa démarche de parcourir 4 000 kilomètres à pieds pour récolter des fonds et aider au financement de la recherche contre une maladie qui a tué sa conjointe. « Ce fut un moment extraordinaire ! », a poursuivi l’acteur italien qui dit lui avoir répondu : « Moi, du bien ? Mais c’est vous qui en faites du bien, tant de bien ! ».
Après la diffusion de l’émission, le Vatican n’avait ni démenti ni confirmé le coup de téléphone du Pape. Néanmoins, le président du conseil pontifical pour la famille, Mgr Vincenzo Paglia, s’était avancé un peu plus en affirmant qu’un « nouveau geste » du Pape en ce sens n’aurait rien de surprenant, car cette émission « allait dans le droit fil de l’Église ». Il avait ajouté : « Ici il s’agit d’un artiste “en sortie” qui sait utiliser le bagage de la sagesse biblique mais sans trop l’étaler ».

À lire aussi : Quand Roberto Benigni raconte le premier acte de miséricorde de Jésus

À l’appel de Jean Paul II
Parti dans ses souvenirs, Roberto Benigni, est remonté jusqu’à Jean Paul II, qui avait souhaité voir avec lui le film, La vie est belle, et l’avait appelé pour l’inviter. C’était en 1999. « Il m’a gardé six heures. Plus que le président des États-Unis ! Ce fut une émotion extraordinaire. Je crois en Dieu. De toute façon, si nous ne sommes pas faits par lui, nous sommes faits de lui, non ? », furent les  paroles fameuses de l’acteur à l’issue de cette rencontre.
Roberto Benigni est revenu d’autant plus volontiers sur cet épisode que ses relations avec Karol Wojtyla avaient bien mal commencé. L’avoir traité de « Wojtylaccio », vingt ans auparavant, lui avait valu une interdiction de télévision pendant un an, et une condamnation « pour outrage à la religion », soit un million d’amende  à payer au Saint-Siège et un an de prison avec sursis. « En fait, dans ma région d’origine, c’est une façon affectueuse de nommer les gens, du genre « ce garnement de Wojtyla », avait cherché à se défendre l’acteur.
Mais depuis, La vie est belle, tout semble pardonné. Jean Paul II ne lui en a pas tenu rigueur – « Il ne s’en souvenait même pas ! » aurait-il confié à l’artiste – et « l’a traité en fils », se plait-il à raconter dès qu’il en a l’occasion. Après la vision du film, raconte l’acteur encore une fois : « Il s’est tourné vers moi et m’a dit “Ce film m’a fait pleurer”. C’est vrai, je l’ai vu très ému ! Après, on est resté en contact, il m’a même écrit une lettre, comme un père écrirait à son fils ! ».
Source: Aleteia

 

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26/10/2016

EN MISSION À ALEP

 En mission à Alep, une jeune étudiante raconte l’horreur


Entretien avec Coline Charpy en mission humanitaire auprès des Syriens.

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Dans le cadre d’une mission humanitaire, Coline Charpy s’est rendue en Syrie. Son objectif était multiple : découvrir ce pays à travers l’aide des chrétiens dans le besoin mais aussi révéler la réalité de la situation à Alep. C’est dans le cadre de son mémoire que cette jeune étudiante nous explique ce qui se passe à Alep.
Aleteia : Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier cette ville aujourd’hui ? 
Colin Charpy : Alep, une ville magnifique qui malgré la guerre et la destruction rayonne d’une gloire, d’un dynamisme, d’une jeunesse et d’une richesse (plus ou moins) passée. J’ai eu la chance de pouvoir me rendre dans cette ville, en juin 2016, et ai été très touchée par la différence entre ce que disent les médias et la réalité. J’ai appris à connaître cette ville, capitale culturelle, tant par les projets dont j’avais la responsabilité, qu’avec les personnes que j’ai côtoyées.
Il y a encore quelques mois personne ne parlait véritablement d’Alep. Tout ce que l’on connaissait c’était Alep-Est. La vie des Aleppins à l’ouest reste encore relativement inconnue. J’ai gardé des contacts, des amis sur place et pour eux, je veux m’efforcer de faire connaître leur quotidien. Quelques Syriens nous décrivent la situation. Le docteur Antaki, médecin à l’hôpital Frichot, donne régulièrement des nouvelles d’Alep.
Que pouvez-vous nous dire de la médiatisation du conflit ? 
Alep est un sujet à la mode… Il est difficile aujourd’hui de lire dans nos médias des informations pertinentes, qui plus est, sur un sujet à portée internationale. Il y a peu de sources informatives fiables et le lecteur doit se détacher des médias occidentaux.
Pour appréhender le conflit syrien, il faut déchiffrer les mécanismes du Levant sous le prisme historique, stratégique, commercial et religieux. On ne peut pas réduire le conflit à une simple guerre de religion ou une guerre civile ou même un gouvernement qui oppresse son peuple est faux et incomplet. La guerre en Syrie regroupe toutes les causes, les idéaux et les intérêts que nos sociétés connaissent.
En vous spécialisant sur la ville d’Alep, votre problématique se rapproche de celle du géopoliticien Frédéric Pichon. Pouvons-nous dire que la France s’est trompée et qu’elle a, in fine, détruit les relations franco-syriennes ?
La vision occidentale est manichéenne. La France et plus largement l’Occident voient le conflit syrien comme orienté vers une guerre civile, d’un peuple en rébellion contre un dictateur meurtrier et/ou d’un pays en proie à une agression armée d’une organisation terroriste d’ampleur. En distinguant rebelles modérés, Al-Qaeda (quel que soit son nom en Syrie) ou l’État islamique (Daesh), la France entend justifier des actes terroristes qui pourtant semblent impardonnable sur son territoire.
Lors de la rédaction de ce mémoire, un expert me disait : « En réalité, il faut accepter de regarder le conflit autrement que par les yeux d’un Occidental ». Les rebelles modérés n’existent pas. Les jihadistes portent des noms différents mais le mode d’action est sensiblement le même. Les factions jihadistes regroupent des combattants qui croient en leur action ou qui ont tout simplement besoin d’argent pour nourrir leur famille — l’armée syrienne n’a pas les moyens de payer ses soldats et certains groupes terroristes proposent un salaire plus élevé.
Par ailleurs, la France est depuis Charlemagne et saint Louis attachée à cette terre. Au cours de l’histoire, elle a crée des liens forts avec le Levant. Par sa mission diplomatique ancestrale de protectrice des chrétiens en Orient, la France avait une légitimité certaine d’intervention. En rompant les liens ancestraux entre l’Église et l’État, la France perd plus qu’elle ne gagne.
Ce qui est très surprenant chez les Syriens, c’est à la fois l’attachement et une forme de résignation des chrétiens vis-à-vis de la France. Autant, ils font la distinction entre gouvernement et population, autant ils n’attendent plus rien de notre pays.




Pouvez-vous nous décrire brièvement la situation à Alep, ce que ne nous disent pas les médias mais qu’il faudrait absolument savoir ?
Depuis la prise de Castello Road, en juillet 2016, et la reprise de Ramouseh, août 2016, la situation s’accélère. La sphère publique s’y intéresse et diversifie ses sources, autres que celles des Frères musulmans : l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). En revanche, on méconnaît encore la vie des Aleppins. Les jeunes que je connais à Alep viennent des quartiers pris ou sur la ligne du front : Sheikh Maqsoud, Midane, Souleimanien, Bustan Al Pacha, etc. Ils continuent de vivre, de sortir.
Les universités d’Alep sont ouvertes ainsi que les bars, magasins, églises, écoles, groupes de jeunes, scoutisme etc. La vie continue à Alep mais l’espoir chez les jeunes disparaît petit à petit. Les seules options, si on reste en vie, sont : un long service militaire (six à huit ans de service), le chômage ou quelques postes de fonctionnaires à 40 dollars par mois.
On entend beaucoup parler d’Alep-Est dont les conditions sont horribles. Malheureusement les quartiers ouest vivent dans un même décor mais les médias continuent de faire abstraction. Pas d’électricité, pas d’eau courante, pas d’Internet. En fonction de l’accessibilité à la route, les vivres ou le carburant peuvent être en rupture de stock. La ville est déjà restée plusieurs mois sans eau, ni électricité. Internet peut paraître secondaire mais pour les Aleppins, c’est la seule façon de garder un lien avec le monde extérieur.
250 000 personnes vivent à Alep-Est et sont majoritairement des terroristes. Leurs familles subissent les bombardements et vivent des conditions terrifiantes. Même si la plupart avait le choix de partir, certains sont restés pour être près des leurs ou pour des raisons financières ou d’autorité musulmane. Dans la zone ouest, c’est plus de 800 000 civils (voire un million selon certaines données). Civils qui ont fuient les combats ou des quartiers pris comme Sheikh Maqsoud, Bustan, al Pacha, etc. Civils qui continuent de vivre dans ces quartiers où ils sont nés. Civils qui sont continuellement sous les tirs de mortiers et roquettes. Civils qui ne s’approchent pas des lignes de fronts bordées de bâches pour éviter les tireurs d’élites…
Est-ce que la jeunesse d’Alep arrive à garder espoir, à se reconstruire ? 
Je crois qu’il est trop tôt pour parler de reconstruction. Les jeunes se regroupent et se soutiennent dans des centres comme Don Bosco, la JEC ou le scoutisme. Là, il y a un maintien de la vie, une transmission de la culture, de la foi etc. Les jeunes sont fatigués mais même s’ils disent ne plus craindre pour leur vie et être prêts à mourir ils ont une résilience et une force incroyable. On perçoit un profond désir de revoir la Syrie qu’ils l’ont connu, de revoir Alep telle qu’ils l’ont vue.
Ce combat est tellement instrumentalisé qu’ils ne peuvent pas faire grand chose, si ce n’est continuer à vivre en sortant, étudiant, discutant et en essayant de garder leurs familles en vie. Cela ne sera pas réalisable sans cette humanité et cette fraternité qui nous déroute et nous émeut.
Propos recueillis par Elisa Bureau. 

Source: Aleteia

23/10/2016

" O MON DIEU, TRINITÉ QUE J'ADORE"

La Prière d’Élisabeth de la Trinité

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« Ô mon Dieu, Trinité que j'adore » :

Ô mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en Vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité.
Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de Vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en Votre ciel, Votre demeure aimée et le lieu de Votre repos. Que je ne Vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre Action créatrice.
Ô mon Christ aimé crucifié par Amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais Vous couvrir de gloire, je voudrais Vous aimer jusqu'à en mourir !
Mais je sens mon impuissance et je Vous demande de me revêtir de Vous-même, d'identifier mon âme à tous les mouvements de Votre âme, de me submerger, de m'envahir, de Vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie.
Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur. Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à Vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d'apprendre tout de Vous.
Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux Vous fixer toujours et demeurer sous Votre grande Lumière; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de Votre rayonnement.
Ô Feu consumant, Esprit d'amour, survenez en moi afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère.
Et Vous, ô Père, penchez-Vous vers Votre pauvre petite créature, ne voyez en elle que le Bien-Aimé en lequel Vous avez mis toutes Vos complaisances.
Ô mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à Vous comme une proie.
Ensevelissez-Vous en moi pour que je m'ensevelisse en Vous, en attendant d'aller contempler en Votre lumière l'abîme de Vos grandeurs.

Amen.

Sainte Elisabeth de la Trinité (1880-1906)

17:41 Publié dans RELIGION | Lien permanent | Commentaires (0)

22/10/2016

PADRE BLOG

(après une panne d'ordi de plus de 10 jours, me voici en mesure de reprendre le cours de mes modestes textes: aujourd'hui, extraits d'un site que je viens de découvrir)
sur « AMORIS LAETITIA »

 

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Le pape François nous avait habitués à des textes longs et complets. Le moins que l’on puisse dire est qu’il nous livre encore une production massive (325 numéros, 200 pages !). Devant cette prose fleuve, nous pourrions vite nous sentir perdus, en risquant d’abîmer sa pensée en la résumant en quelques lignes. Certains médias s’empressent d’ailleurs de n’en tirer que les réponses aux questions qu’ils se posaient.
Pourtant Amoris Laetitia n’est pas une simple réponse à de simples questions, mais bien une proposition large, riche et exaltante. Le pape François est conscient de la longueur de son texte et il invite à une lecture qui ne soit pas « générale et hâtive » (n°7). Voici donc quelques impressions générales qui veulent vous encourager à une lecture patiente de ce beau texte.
La joie, toujours la joie !
Les deux précédents textes du pape, Evangelii Gaudium et Laudato si’ étaient placés sous le signe de la joie, joie de l’Évangile partagé et vécu, joie de l’action de grâce pour la nature belle et fragile. Ici, c’est encore la joie qui est convoquée par le pape pour qualifier l’amour dont il nous parle. Le monde inquiet où nous vivons se désespère parfois d’un amour qui est souvent marqué par des revendications, des risques et des violences. Toute l’exhortation est pourtant à l’inverse, traversée d’une joie immense et d’une action de grâce pour l’amour que tous sont invités à vivre. Dans un enthousiasme missionnaire, l’Église est encouragée à proposer le chemin de l’amour heureux qui se vit dans le mariage et dans la famille, non comme une contrainte légale et nécessaire mais comme une chance et une aventure qui libère et réjouit.
Le pape reconnaît une tendance qui a pu être celle de certains à réduire la vision du mariage et de l’amour à des règles, une sorte de « code de la route » qui conduit à un jugement du monde et à une condamnation systématique de son effondrement spirituel et moral (n°35). Pour que la parole de l’Église fasse grandir le désir de l’amour, il invite donc à voir le monde en vérité sans en cacher les rudesses et les fautes, mais aussi à dire l’amour de manière à ce qu’il soit toujours désirable comme défi heureux.
Regard réaliste sur le monde
Le pape François ne mâche pas ses mots sur les situations injustes dans le monde. Il dénonce les signes d’un monde dur et parfois triste (inégalités, prostitution, affaiblissement de la foi, précarisation des familles, violences faites aux femmes et aux enfants, etc.). Il ne fait aucune concession à ce que l’époque actuelle propose de faux et de blessant sur l’amour (culture du provisoire, pornographie, démission de l’éducation, recherche du plaisir sexuel pour lui-même, etc.). Il prend même le risque de réaffirmer les positions clivantes de l’Église en matière de morale sexuelle et familiale (condamnation de l’avortement, du recours systématique aux moyens de contraception, “mariage” homosexuel, etc.).
La proposition d’un amour joyeux n’est pas un amour au rabais, selon les normes du politiquement correct ou de la pensée unique, mais bien un amour provenant de Dieu et ramenant à Dieu. Ce qui ne fait pas grandir l’homme dans son intégralité ne peut être promu comme vrai chemin de liberté. Il ne se prive pas de le dire.
Regard d’espérance sur l’amour
Cependant tout le corps du texte est empreint d’une profonde bienveillance qui dépasse largement un langage d’anathèmes. Le pape n’écrit pas pour déplorer ce qui serait, mais pour conduire à plus, à mieux. Cette exhortation est belle parce qu’elle propose à tout homme de découvrir qu’en lui résonne l’appel à aimer malgré les faiblesses, les situations blessées et complexes qui le tourmentent. Les journaux n’attendent que des réponses à des requêtes, sur les divorcés remariés, sur les homosexuels, sur des idées fausses de la liberté. Le pape ne répond pas sur ce mode, mais sur celui de la contemplation d’un mystère qui dépasse de loin les simples aspirations premières de l’homme. L’amour dont parle le pape, l’amour auquel Dieu nous prépare, est bien plus grand que notre cœur et nous sommes faits pour l’atteindre. Pour cela, il propose une véritable réforme de la vie affective et amoureuse. Il ne s’agit pas de prendre ce que je veux quand je veux mais d’entrer dans une patience qui permet de façonner l’amour vrai et qui dure. À ceux qui ne pensent le mariage que dans un cadre juridique et une demande de droits, le pape répond par le langage de la plénitude et l’invitation à aimer toujours plus. Voilà qui implique une conversion de la manière d’aimer, mais aussi de la manière dont nous, catholiques, regardons l’amour. La mise en garde est claire : nous pourrions risquer de dégoûter du mariage et de l’amour en restant dans le raisonnement juridique et pharisien de la règle, alors qu’au contraire, en vivant l’écoute patiente et compatissante, nous pouvons vivre la miséricorde pédagogique du Christ.
Un texte clivant ?
Bien sûr, certains ne manqueront pas de s’inquiéter. A lire les analyses, c’est déjà le cas ! Pour les uns le Pape ne va pas assez loin dans la nouveauté, la « bombe » attendue fait pshiiit. Pour les autres il ne rappelle pas assez la règle et prend le risque de laisser trop de place au discernement personnel, ou à l’interprétation de chacun. Comme tous les textes du Magistère, celui-ci doit être lu à la lumière de ceux qui l’ont précédé. D’ailleurs le Pape cite beaucoup saint Jean-Paul II et Benoît XVI. Le Pape veut renvoyer dos à dos le laxisme et le rigorisme, en nous forçant à avancer sur la ligne de crête d’un idéal qui n’oublie pas la miséricorde. Ce n’est jamais facile d’avancer sur une telle ligne de crête ! C’est tout l’enjeu de l’accompagnement, qui ne peut se réduire à des réponses simplistes. On ne comprend cet état d’esprit qu’en lisant le texte dans son ensemble, et cela ne se résume pas vraiment en 140 caractères. Mais c’est bien l’esprit du texte. Pour notre part, nous voulons accueillir ce texte du Magistère avec confiance et bonne volonté, en nous laissant peut-être parfois bousculer, mais aussi et surtout émerveiller et encourager par les intuitions pastorales souvent très personnelles du Pape. Il s’y révèle plus que jamais comme un bon pasteur, un père qui ne laisse décidément personne indifférent.
Ayons tous le courage de lire ce texte pour en tirer du fruit, pour raffermir en nous l’espérance de pouvoir aimer d’un amour divin ! Puissions-nous toujours mieux comprendre avec saint Bernard de Clairvaux que « la mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure » !

(Source: PadreBlog)

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