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01/11/2016

TOUSSAINT


“HEUREUX, BIENHEUREUX ?”

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« Ils se tiennent debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. » (Ap 7, 9.)
La liturgie céleste, qui nous est présentée dans ce passage de l’Apocalypse, nous dit quelque chose de notre union, par la liturgie que nous célébrons, à la liturgie céleste. Chaque fois que nous nous rassemblons en Église pour célébrer les saints Mystères du Salut, donnés par notre Dieu en son Fils Jésus-Christ, nous sommes unis à la liturgie céleste qui se célèbre devant le trône de Dieu et devant l’Agneau. Nous sommes ainsi dans chaque liturgie unis à ceux que nous appelons les morts, mais qui sont vivants de la vie même de Dieu après être passés par la mort.
Une liturgie céleste qui invite tous les hommes à accueillir le salut que Dieu veut pour eux. Il y a, nous dit saint Jean, « une foule immense que nul ne peut dénombrer. » (Ap 7, 9.) Le chiffre de 144000, qui est énoncé, n’est pas une comptabilité de ceux qui seraient sauvés ; ce chiffre est éminemment symbolique : 12 x 12 : le nombre des 12 tribus, au carré. Puis 10 x 10 x 10 : pour signifier la surabondance… L’apôtre Jean qui parle des 144000, ajoute très rapidement : « une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. » (Ap 7, 9.) Le dessein d’amour de notre Dieu, qui s’est exprimé par la Création, qui s’est manifesté plus encore par l’Incarnation Rédemptrice de son Fils, est de nous sauver tous et chacun, de nous faire participer à cette vie divine qui passe du Père au Fils, du Fils au Père dans le dynamisme incessant de l’Esprit. C’est à cette vie là qu’il veut que nous communiions pour notre bonheur.
« Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau. » (Ap 7, 14.) Nous aussi, frères et sœurs, nous avons lavé notre vêtement ; nous l’avons purifié dans le sang de l’Agneau, au jour de notre saint baptême. Au jour de ce baptême nous avons été plongés dans la grande épreuve, dans le Mystère Pascal du Christ. Nous avons été, par le baptême, plongés dans sa mort pour avoir part à sa Résurrection. Par la grâce insigne du Mystère Pascal, au jour de notre baptême, nous avons été purifiés du péché originel et nous sommes alors nés à la vie d’enfant de Dieu. En vertu de ce baptême, saint Paul appelle les chrétiens : les “saints”. (Cf. Rm 1, 7 ; Col 1, 2 ; Eph 1, 1.) En vertu de ce baptême, nous sommes, chacun et chacune, non seulement des enfants de Dieu mais des “saints”, accueillants cette vie divine en nous. Cela c’est le point de départ.
Le point d’arrivée, nous l’avons dans la deuxième lecture : « Lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (I Jn 3, 2.) Il faut laisser, frères et sœurs, la grâce de notre baptême se déployer pleinement en nous. De manière à ce que nous puissions dire avec saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » (Ga 2, 20.) L’apôtre Jean, dans la seconde lecture, nous invite à contempler la grandeur de cet amour dont le Père nous a comblés en voulant que nous soyons appelés ses fils dans son Fils unique. « Nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît encore pleinement. » (I Jn 3, 2.)
Il nous faut laisser du temps à la grâce ; il nous faut collaborer à cette grâce pour que s’accomplisse en nous les promesses de notre baptême. Grégoire de Nysse nous dit : « Tu es baptisé, chaque fois que tu renonces au mal. »
« Nous lui serons rendus semblables quand nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. » (I Jn 3, 3.)
Interrogeons-nous quelques instants, frères et sœurs : Quelle est l’espérance qui habite notre cœur ? Quelle est l’espérance qui habite au plus intime de notre être ? Est-ce que cette espérance c’est véritablement de lui être rendu semblable ?
Déjà, nous voyons le Christ Jésus. Nous le voyons, voilé sous les espèces eucharistiques ; Nous le voyons, voilé sous la Parole proclamée en Église ; Nous le voyons, voilé dans l’assemblée des chrétiens qui est le Corps du Christ ; Mais nous avons cette espérance qu’un jour nous le verrons face et face et qu’alors nous lui serons rendu semblable.
Du jour de notre baptême au jour de ce face à face, doit se déployer notre vie chrétienne, doit s’actualiser pour nous la sainteté que Dieu veut nous donner en partage et dont nous avons reçu le germe au jour du baptême. Nous comprenons alors qu’à ceux qui se rassemblent autour de lui, Jésus dise : « Heureux ! » (Mt 5, 3.) Dieu veut notre bonheur ; il veut notre bonheur à travers toutes les situations et tous les événements de nos vies. Les Béatitudes ne sont pas simplement un code moral, ou un idéal, une sagesse de vie. Elles sont une bénédiction de Dieu sur notre humanité. C’est un appel à l’espérance.
Les Béatitudes – comme le Notre Père d’ailleurs – sont un peu comme un condensé des Psaumes, de la longue prière du Peuple d’Israël. Le premier des psaumes commence par ces mots : « Heureux l’homme qui se plaît dans la loi du Seigneur. » (Ps 1, 1.) Le psaume 111 nous dit : « Heureux qui craint le Seigneur et aime entièrement sa volonté. » (Ps 111, 1.) Dans le psaume 36, nous chantons que les « doux possèderont la terre et jouiront d’une abondante paix » (Ps 36, 11.) Dans le psaume 106, nous affirmons : « Il comble de biens les affamés » (Ps 106, 9.) Le psaume 118 commence par une béatitude redoublée : « Heureux les hommes intègres en leurs voies, qui marchent suivant la loi du Seigneur. Heureux ceux qui gardent ses exigences, ils le cherchent de tout cœur. » (Ps 118, 1-2.)
Oui, les Béatitudes nous invitent faire nôtre l’attitude du Psalmiste qui se tient “devant son Dieu” et qui à travers tout les événements de sa vie, sait que rien ne peut le séparer de l’amour de son Dieu. (Cf. Rm 8, 39.)
Il nous faut apprendre la pauvreté du cœur et la douceur, Il nous faut sans doute pleurer sur nous-mêmes et sur le péché du monde, pour devenir peu à peu miséricordieux. Il nous faut être affamés et assoiffés de justice pour pouvoir vivre la bonté et la pureté du cœur. Il nous faut passer par la contradiction, par la persécution, – à cause du Christ – pour savoir si nous sommes véritablement des artisans de paix.
Qu’il nous soit donné dans cette Eucharistie de nous enraciner davantage en Jésus-Christ. Que nous soyons fortifiés dans cette espérance de « lui être rendus semblables quand nous le verrons tel qu’il est. »
Qu’il nous soit donné de devenir des “saints”, c’est-à-dire non pas des personnes parfaites, mais des personnes qui accueillent la vie de Dieu et qui cherchent à s’ajuster à sa volonté.
Que cette fête de “tous les saints”, qui est notre fête, vienne accomplir en nous les promesses de notre baptême, les promesses de Dieu manifestés dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Amen.
Fr. Didier-Marie Golay, ocd


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D'où vient la Toussaint ?


À L'époque pré-chrétienne, les païens célébraient des rites pour leurs défunts, après les dernières récoltes à la fin de l'automne. Ces coutumes ont probablement incité les chrétiens à en faire autant.
Le mois de novembre est traditionnellement consacré au thème de la mort et aux défunts. Il débute avec la solennité de Tous les Saints le Ier novembre, et le 2 est dédié à tous les fidèles défunts. 
Il n'y a rien de surprenant à ce que le thème de la mort soit associé au mois de novembre dans le contexte de l'hémisphère Nord. Les récoltes sont achevées, la nature est en train de "mourir", le temps froid et l'hiver s'installent, les nuits tombent de plus en plus vite et s'allongent.
La solennité de Tous les saints, célébrée encore aujourd'hui comme une fête d'obligation le 1er novembre, remonte aux premiers siècles. Elle fut instituée pour commémorer les martyrs dont le nombre était inconnu et qui, de ce fait, ne pouvaient être gratifiés d'une fête particulière.
La communion avec les saints 
La foi concrète manifestée à l'égard des saints ne fait qu'exprimer la compréhension que l'Église a d'elle-même : elle est le lieu de la rencontre et de la communion entre les disciples du Christ.
Cette conviction. qui était déjà celle du Symbole des Apôtres au 5ème siècle, s'enracine dans une pratique populaire bien antérieure. Le Symbole évoque l’Église comme la communauté ou la communion de tous les croyants, qu'ils soient vivants ou morts, tous appelés par Dieu et transformés dans le Christ et l'Esprit.
Cette communion se réalise tout particulièrement quand les chrétiens se rassemblent pour célébrer l'eucharistie. Dans le langage traditionnel, cette communauté des croyants est composée de l’Église triomphante (les saints du ciel) de l’Église pérégrinante (les chrétiens qui cheminent sur cette terre) et de l’Église souffrante (ceux qui sont au purgatoire).
Vatican II réaffirme cette doctrine. "En effet, tous ceux qui sont au Christ et possèdent son esprit constituent une seule Église et se tiennent mutuellement comme un tout dans le Christ. Donc, l'union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ ne connaît pas la moindre intermittence ; au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcé par l'échange de biens mutuels" (Constitution dogmatique sur l’Église).
Le culte des saints
Jusqu'au Ve siècle, les saints étaient honorés dans la ville ou le village où ils avaient vécu on bien achevé leur pèlerinage terrestre. Chaque localité avait sa liste de saints et conservait un récit de la mort de ses martyrs, confesseurs, évêques (souvent martyrs ou confesseurs) et autres saints, hommes et femmes. Mention était faite de leur nom au cours de la prière eucharistique.
Dans les grandes villes où la population chrétienne était importante et la persécution particulièrement sévère, comme à Rome et à Antioche, l’Église confia à des notaires le soin de garder ces récits, Pendant certaines persécutions, le nombre des martyrs fut si grand que seuls les plus connus restèrent dans les mémoires. Les autres étaient honorés à l'occasion d'une fête de Tous les Martyrs, et cela dès le Ve siècle. 
 
Cette fête allait devenir notre Toussaint, ou solennité de Tous les saints.
Au Ve siècle, les Églises locales commencèrent à s'emprunter mutuellement leurs listes de saints, retenant les noms de ceux dont la mission avait en une portée « universelle ». Cette pratique s'accompagnait souvent d'un partage de reliques (un morceau du corps du saint), celles-ci étant considérées comme un gage de protection particulier pour la communauté. Une célébration annuelle était alors instituée on l'honneur de ces saints patrons.
Si certaines Églises locales empruntèrent leurs saints aux autres Églises, c'est tout simplement qu'elles n'en avaient pas. Tel fut le cas des tribus germaniques après leur conversion, qui empruntèrent la liste de Rome, puisqu'elles n'avaient aucun passé chrétien à se remémorer. 
 
Par la suite elles y ajoutèrent les noms de leurs propres saints et saintes. C'est au cours du Moyen Âge que l’Église arrêta la liste des saints dont la vie et la mission avaient un sens pour toute l'Église.
Au Xe siècle, un consensus se lit autour des apôtres et évangélistes (Matthieu, Marc, Luc et Jean), puis, au XIe siècle, autour des papes martyrs. La liste romaine finit par inclure des saints appartenant a d'autres Églises locales, et par devenir représentative de l'Église universelle. 
 
Quand les Églises locales adoptèrent les livres liturgiques venus de Rome, elles adoptèrent aussi la liste de ses saints. À la fin du XIIe siècle, on ajouta des saints « modernes» aux anciens. Le premier d'entre eux fut Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry. mort martyr en 1170.  Les autres appartenaient à des ordres religieux nouvellement fondés, comme les franciscains ou les dominicains.
Malheureusement, cette propension à vénérer des saints issus du clergé et de la vie religieuse laissait entendre qu'une sainteté héroïque ne pouvait être le fait que des responsables d'Église, ou des personnes préservées des soucis domestiques ou séculiers. Cette tendance a canoniser des clercs ou des religieux a perduré 
 
Mais on considère aujourd'hui comme une priorité de canoniser des saints issus du laïcat, hommes et femme pour rééquilibrer les choses.
Les saints intercèdent pour nous près du Christ
La tradition la plus populaire associée à la vénération des saints est de leur adresser une prière, pour leur demander d'intercéder auprès de Dieu on vue d'obtenir une grâce particulière. 
Cette pratique résulte en grande partie de l'insistance quasi exclusive sur la divinité du Christ, au détriment de son humanité. Du coup, Les chrétiens en vinrent à se sentir plus à aise avec des intercesseurs faits de la même pâte humaine qu'eux.
Cela dit, le fait de prier les saints n'équivaut pas à nier le rôle médiateur du Christ.
Vatican II a tout à la fois assumé et clarifié cette tradition "Car, admis dans la patrie céleste et présents au Seigneur (voir 2 Corinthiens 5, 8), par lui, avec lui et on lui, ils ne cessent d' intercéder pour nous auprès du Père, offrant les mérites qu'ils ont acquis sur terre par l'unique Médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus (voir 1 Rois 2, 5), servant le Seigneur en toutes choses et complétant en leur chair ce qui manque aux souffrances du Christ on faveur de son Corps qui est l'Église (voir Colossiens 1, 24). Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité." (Constitution dogmatique sur l'Église 49).
À l'époque moderne, les chrétiens se mirent à prier plus particulièrement tel ou tel saint en fonction de la cause à laquelle il était associé. Sainte Anne, par exemple, devint la patronne des femmes enceintes et saint Antoine de Padoue, le spécialiste des objets perdus. Quant à sainte Rita, on lui confie les causes désespérées.
A la messe, l'Eglise fait mémoire des saints
Faire mémoire, au cours de la célébration de l'eucharistie est une ancienne tradition; c’est refuser que la mort fasse plonger dans l’oubli. C’est être dans la pulsion de vie.
Une vieille le tradition consiste à rappeler le souvenir des saints on mentionnant leurs noms au cours de la prière eucharistique. Cette pratique est toujours en vigueur aujourd'hui.
La première prière eucharistique a gardé l'ancienne liste romaine que le célébrant est libre d'abréger s'il le juge bon : "dans la communion de toute l'église, nous voulons nommer en premier lieu la bienheureuse Marie toujours vierge, Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus Christ ; saint Joseph, son époux, les saints apôtres et martyrs Pierre et Paul, André, Jacques et Philippe, Barthélemy et Matthieu, Simon et Jude, Lin, Clet, Clément, Sixte, Corneille et Cyprien, Laurent, Chrysogone, Jean et Paul, Côme et Damien et tous les saints. Accorde-nous par leurs prières et leurs mérites, d'être, toujours et partout, forts de ton secours et de ta protection".
Un peu plus loin, le célébrant poursuit : "et nous ; ... admets-nous dans la communauté des bienheureux apôtres et martyrs, de Jean-Baptiste, Étienne, Matthias et Barnabé (Ignace, Alexandre, Marcellin et Pierre, Félicité et Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile, Anastasie) et de tous les saints."
Chaque jour, l'Église commémore plusieurs saints
Dans le calendrier, le saint du jour est l'un des saints choisi parmi ceux proposés par l'Église. Chaque jour, l'Église honore plusieurs saints et bienheureux : ceux du calendrier romain (sanctoral romain), ceux des calendriers diocésains et ceux du calendrier des églises orientales (synaxaire).
Chaque jour, dans la liturgie de l’Eglise, un saint est célébré. Souvent en quelques lignes, son témoignage et sa vie nous sont résumés en introduction aux lectures du jour dans nos missels ou autres livrets. Prendre le temps de les lire, nous donne de colorer différemment la lecture de l’Evangile du jour et de faire connaissance avec nos frères aînés dans la foi. Lors des baptêmes, de la liturgie pascale, des professions religieuses et des ordinations, la litanie des saints est chantée. Elle nous remet en mémoire la longue histoire d’un peuple en marche. Nous prenons notre place dans ce cortège que forme la multitude des saints au long des siècles : saints reconnus et célébrés par l’Eglise, mais aussi saints anonymes dont l’offrande humble demeure cachée.
Greg Dues, auteur du "Guide des traditions et coutumes catholiques" (Bayard)

 

17:02 Publié dans LITURGIE | Lien permanent | Commentaires (0)

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