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29/11/2016

"AU SECOURS, JÉSUS REVIENT!"

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La "une" de "Libé" entre les 2 tours de la primaire



Au secours, Jésus revient!


Il ne s’agit pas de vous parler d’Avent. Cette exclamation étonnante était en fait en Une du journal Libération, il y a quelques jours, entre les deux tours de la Primaire de la droite et du centre. Le journal s’inquiétait de « l’influence des lobbys catholiques » sur la désignation du futur président.

La veille, toujours dans le même journal décidément bien inspiré, Laurent Joffrin comparait les catholiques aux tenants de l’islam politique – autrement dit les Frères musulmans – et Fillon à un « Tariq Ramadan des sacristies ». L’éditorialiste alertait contre la montée d’un « catholicisme politique, activiste et agressif ». Pendant une semaine, on a entendu un certain microcosme se faire peur avec la victoire annoncée d’un candidat … catholique, donc « réactionnaire », preuve de « l’influence des réseaux intégristes ». Son concurrent a même cru bon de dénoncer à son tour « la vision rétrograde et traditionnaliste » de la famille et de la société que portait François Fillon. Le sommet du ridicule a sans doute été atteint quand plusieurs politiques, journalistes, chroniqueurs ont hurlé sur les réseaux sociaux au crime de lèse-laïcité : la député Valérie Boyer, porte-parole de François Fillon, avait une… petite croix de 3 cm en pendentif lorsqu’elle s’est rendue dimanche sur le plateau de France2 pour commenter la victoire de son candidat.
Mais ne nous plaignons pas et ne tombons pas dans un discours victimaire. En fait, voir Laurent Joffrin, Caroline Fourest et leurs amis pleins d’inquiétude n’est finalement pas pour me déplaire…
Je préfère en tirer deux intuitions un peu plus profondes. Intuitions personnelles, qui ne sont pas infaillibles… mais qui peuvent nourrir notre réflexion pour les mois qui viennent.
 
1- Pour gagner la bataille politique, il faut d’abord gagner la bataille culturelle.
Qu’est-ce qui a valu à François Fillon cette levée de bouclier ? Il a osé dire sur le plateau de France 2 : « à titre personnel, comme catholique, je suis opposé à l’avortement ». Rajoutant immédiatement qu’en tant que responsable politique, il jugeait que l’intérêt général commandait de ne pas toucher à la loi.
Aujourd’hui, rien que ces mots (pourtant très a minima !) provoquent une explosion de haine et de violence. L’avortement est le dernier tabou. Il semble aujourd’hui impossible d’avoir un débat rationnel autour de ce sujet. Le délit d’entrave numérique que le gouvernement actuel veut se dépêcher de faire voter le prouve bien : sur ce sujet, la liberté d’expression n’existe plus. Elle ne doit plus exister. Il y a là un vrai combat spirituel qui se joue en toile de fond. Un combat très violent et très fort. Pas besoin d’être un grand théologien pour comprendre qui est derrière cette haine.
C’est le mérite d’un Jean-Frédéric Poisson – qui a été courageux –  mais aussi d’un François Fillon – qui avait beaucoup à perdre – d’avoir évoqué le sujet, et de l’avoir ainsi rendu présent dans le débat de la primaire. On pourrait aussi citer Marion Maréchal Le Pen, lors de la dernière campagne des régionales, très attaquée – y compris dans son parti – pour avoir remis en cause le niveau  des subventions au Planning Familial. N’est-ce pas déjà une (petite) victoire que le respect de la vie redevienne un sujet ?
Bien sûr, on peut regretter que François Fillon ait dû donner tous les gages que réclamait le tribunal médiatique pour pouvoir continuer. Il a dû promettre cent fois de ne jamais toucher à la loi, redire combien c’était un droit essentiel et nécessaire, reposer la distinction – très discutable – entre ses convictions privées et ses fonctions publiques, etc. Nous ne pouvons que le regretter en soi. Mais ne lui jetons pas la pierre trop vite… La tempête médiatique et politique qu’il a dû affronter, la violence des réactions et des invectives, les pressions subies… il faudrait être héroïque pour affronter tout cela. Mais surtout, il faudrait être soutenu. Et c’est là qu’il nous faut travailler.
Pour que le respect de la vie redevienne un marqueur politique, il faut d’abord remporter la bataille culturelle. Cela nous demandera un long et patient engagement dans tous les domaines pour éclairer les consciences. Il nous faudra du courage mais aussi de la compétence, pour redonner à notre société le goût de la vie et la conscience du prix de chaque vie. Il nous faudra beaucoup d’inventivité dans la charité pour prendre soin des femmes confrontées à ce choix et mobiliser la société pour leur venir en aide. Il nous faudra – et en particulier pour ceux qui s’engagent sur ce sujet – une vraie vie intérieure, une vraie formation, un véritable accompagnement pour affronter le combat spirituel qui ne manquera pas.
On pourrait dire la même chose de la politique de François Fillon sur la famille. On peut légitimement regretter qu’il n’aille pas plus loin. Il est déjà impressionnant de voir les attaques que lui ont valu sa simple promesse de revenir sur l’adoption plénière par les couples de même sexe, pour lui préférer l’adoption simple. Là encore, les catholiques doivent comprendre que c’est toute une anthropologie qu’il nous faut reconstruire ou réparer, afin qu’elle puisse à nouveau être commune à nous tous, français, avant d’en avoir la retranscription dans la loi. De même que nos adversaires n’ont pas détruit la famille en une année ni un seul mandat, de même il nous faudra plus d’une génération pour reconstruire les fondations de notre société.
Ne soyons pas étonnés que nos hommes ou femmes politiques ne fassent pas toujours preuve de ce courage ou de cet héroïsme sur tous les sujets, courage ou héroïsme que nous n’avons pas toujours nous-mêmes. Soyons conscients de la violence qu’ils affrontent et du prix à payer pour chaque petit pas qu’ils font quand même dans le bon sens. Sachons encourager le bien où qu’il se fasse et à chaque fois qu’il se fait, quelle que soit l’étiquette politique de celui ou celle qui se montre courageux. N’oublions pas que c’est le courage des électeurs et leur engagement qui portent le courage des élus. Selon de nombreux analystes, si François Fillon a remporté la primaire, c’est bien parce qu’il a su entendre et comprendre le besoin de valeurs, d’autorité, d’identité et de constance qu’exprimaient beaucoup d’électeurs et parmi eux beaucoup de catholiques. C’est notre engagement sur la durée et la force de nos convictions qui donneront à nos dirigeants l’audace dont ils ont besoin pour affronter l’idéologie libertaire et relativiste, et la force de rester fidèles à leurs promesses.
2- L’influence des catholiques est crainte, donc réelle.
Les catholiques passent beaucoup de temps à se disputer, s’excommunier entre eux, se déchirer sur les stratégies possibles et se plaindre du système médiatique ou politique… tout en se décourageant de pouvoir faire changer les choses. Mais nous sous-estimons en fait notre capacité d’influence. Il est paradoxal que ce soit nos adversaires qui nous la rappellent. Eux ne s’y trompent pas… Leur réaction violente, leur crainte affichée devant le retour d’un « conservatisme catholique » ou l’émergence d’une nouvelle génération de catholiques décomplexés et engagés, capables de faire basculer les prévisions de tous les instituts de sondage, doit nous encourager. La simple idée qu’un futur Président de la République puisse assumer sa foi catholique ou l’identité chrétienne de la France met nos idéologues libertaires dans un grand état de colère et d’angoisse. Ils craignent de voir arriver peu à peu des chrétiens assumés aux responsabilités. Ils sont furieux à l’idée que nous tournions enfin la page libertaire de mai 68… Tout cela doit nous convaincre nous-mêmes que c’est possible ! « L’avenir appartient aux minorités créatives » écrivait Benoît XVI. Commençons-nous à le croire ?
Passons moins de temps à nous regarder le nombril, à nous plaindre de nos limites ou à gémir sur notre époque. Nous avons des forces que d’autres n’ont pas : une vision cohérente pour la société, une anthropologie solide, une doctrine sociale de l’Eglise inspirante, un corpus de valeurs que beaucoup autour de nous veulent retrouver et transmettre à nouveau à leurs enfants… Et surtout, nous avons une espérance qui nous anime et nous fait avancer, au-delà des succès ou des échecs apparents. Ne sous-estimons plus ce que nous sommes, la force du message que nous portons, sa capacité à bouleverser le monde, en éclairant les cœurs et les intelligences. Engageons-nous sans attendre le candidat ou le parti idéal, l’association idéale ou l’équipe parfaite. Engageons-nous là où notre conscience éclairée par l’Eglise nous y appelle. Déployons-nous pleinement, avec intelligence, habileté et compétence, sur tous les sujets, sans nous laisser « corneriser » ! Les temps sont favorables, non pour que tout change d’un coup, mais pour que dans différents partis, exécutifs locaux, villes ou régions, émerge enfin une nouvelle génération de chrétiens engagés, capables d’accéder aux responsabilités.
Engageons-nous… mais surtout n’oublions pas de prier, de nous former, de communier et de nous confesser… d’être des saints ! C’est là – et ceux qui n’ont pas la foi ne peuvent le comprendre – que se joue mystérieusement mais réellement la fécondité de nos engagements. Notre pays a besoin de saints… C’est ce qui fera au final tout basculer.
Nos adversaires ont peur de ce que nous représentons. Ils pressentent notre force de convictions et la maturité politique dont nous commençons à faire preuve. Que cela nous encourage ! Et que grandisse en chacun de nous, non le désir de prendre notre revanche sur ceux qui nous ont si souvent dénigrés ou caricaturés, mais la joie de servir le bien commun, le bien de tous, le bien de la France. Avec grandeur d’âme, générosité et magnanimité.

Padre Blog

 

17:30 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

j'ai vu cette page de Libération il ya quelques jours.
C'est affligeant.
Si l'enfer existe j'espère que les journalistes qui écrivent ou soutiennent cela y brûleront.
Mais sauf erreur de ma part je n'ai pas lu ou entendu de protestation de l'Eglise de France, si silencieuse depuis si longtemps.
Jésus revient : oui; mais les évêques sont en majorité partis!
merci d’avoir publié cet article
amitiés
dominique

Écrit par : papydompointcom | 29/11/2016

Vous êtes dur pour nos pauvres évêques! Ils sont tous partis, vous croyez?
Mais l'Eglise de France a pour principe, et cela depuis fort longtemps, de ne pas prendre parti en matière politique : ils jugent les Français assez adultes pour forger leur propre opinion...D'ailleurs, quoi qu'ils disent, ils seront toujours critiqués, les uns les trouvant trop à droite... les autres, trop à gauche... Les chiens aboient, la caravane passe : de qui est-ce, déjà?

Écrit par : G.Jeuge | 30/11/2016

Les commentaires sont fermés.

 
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