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30/11/2016

DES TROUS DE 1ère CLASSE!


                                      DES TROUS, TOUJOURS DES P'TITS TROUS!


(ET MERCI À NOTRE FOURNISSEUR : DOMINIQUE!)

29/11/2016

"AU SECOURS, JÉSUS REVIENT!"

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La "une" de "Libé" entre les 2 tours de la primaire



Au secours, Jésus revient!


Il ne s’agit pas de vous parler d’Avent. Cette exclamation étonnante était en fait en Une du journal Libération, il y a quelques jours, entre les deux tours de la Primaire de la droite et du centre. Le journal s’inquiétait de « l’influence des lobbys catholiques » sur la désignation du futur président.

La veille, toujours dans le même journal décidément bien inspiré, Laurent Joffrin comparait les catholiques aux tenants de l’islam politique – autrement dit les Frères musulmans – et Fillon à un « Tariq Ramadan des sacristies ». L’éditorialiste alertait contre la montée d’un « catholicisme politique, activiste et agressif ». Pendant une semaine, on a entendu un certain microcosme se faire peur avec la victoire annoncée d’un candidat … catholique, donc « réactionnaire », preuve de « l’influence des réseaux intégristes ». Son concurrent a même cru bon de dénoncer à son tour « la vision rétrograde et traditionnaliste » de la famille et de la société que portait François Fillon. Le sommet du ridicule a sans doute été atteint quand plusieurs politiques, journalistes, chroniqueurs ont hurlé sur les réseaux sociaux au crime de lèse-laïcité : la député Valérie Boyer, porte-parole de François Fillon, avait une… petite croix de 3 cm en pendentif lorsqu’elle s’est rendue dimanche sur le plateau de France2 pour commenter la victoire de son candidat.
Mais ne nous plaignons pas et ne tombons pas dans un discours victimaire. En fait, voir Laurent Joffrin, Caroline Fourest et leurs amis pleins d’inquiétude n’est finalement pas pour me déplaire…
Je préfère en tirer deux intuitions un peu plus profondes. Intuitions personnelles, qui ne sont pas infaillibles… mais qui peuvent nourrir notre réflexion pour les mois qui viennent.
 
1- Pour gagner la bataille politique, il faut d’abord gagner la bataille culturelle.
Qu’est-ce qui a valu à François Fillon cette levée de bouclier ? Il a osé dire sur le plateau de France 2 : « à titre personnel, comme catholique, je suis opposé à l’avortement ». Rajoutant immédiatement qu’en tant que responsable politique, il jugeait que l’intérêt général commandait de ne pas toucher à la loi.
Aujourd’hui, rien que ces mots (pourtant très a minima !) provoquent une explosion de haine et de violence. L’avortement est le dernier tabou. Il semble aujourd’hui impossible d’avoir un débat rationnel autour de ce sujet. Le délit d’entrave numérique que le gouvernement actuel veut se dépêcher de faire voter le prouve bien : sur ce sujet, la liberté d’expression n’existe plus. Elle ne doit plus exister. Il y a là un vrai combat spirituel qui se joue en toile de fond. Un combat très violent et très fort. Pas besoin d’être un grand théologien pour comprendre qui est derrière cette haine.
C’est le mérite d’un Jean-Frédéric Poisson – qui a été courageux –  mais aussi d’un François Fillon – qui avait beaucoup à perdre – d’avoir évoqué le sujet, et de l’avoir ainsi rendu présent dans le débat de la primaire. On pourrait aussi citer Marion Maréchal Le Pen, lors de la dernière campagne des régionales, très attaquée – y compris dans son parti – pour avoir remis en cause le niveau  des subventions au Planning Familial. N’est-ce pas déjà une (petite) victoire que le respect de la vie redevienne un sujet ?
Bien sûr, on peut regretter que François Fillon ait dû donner tous les gages que réclamait le tribunal médiatique pour pouvoir continuer. Il a dû promettre cent fois de ne jamais toucher à la loi, redire combien c’était un droit essentiel et nécessaire, reposer la distinction – très discutable – entre ses convictions privées et ses fonctions publiques, etc. Nous ne pouvons que le regretter en soi. Mais ne lui jetons pas la pierre trop vite… La tempête médiatique et politique qu’il a dû affronter, la violence des réactions et des invectives, les pressions subies… il faudrait être héroïque pour affronter tout cela. Mais surtout, il faudrait être soutenu. Et c’est là qu’il nous faut travailler.
Pour que le respect de la vie redevienne un marqueur politique, il faut d’abord remporter la bataille culturelle. Cela nous demandera un long et patient engagement dans tous les domaines pour éclairer les consciences. Il nous faudra du courage mais aussi de la compétence, pour redonner à notre société le goût de la vie et la conscience du prix de chaque vie. Il nous faudra beaucoup d’inventivité dans la charité pour prendre soin des femmes confrontées à ce choix et mobiliser la société pour leur venir en aide. Il nous faudra – et en particulier pour ceux qui s’engagent sur ce sujet – une vraie vie intérieure, une vraie formation, un véritable accompagnement pour affronter le combat spirituel qui ne manquera pas.
On pourrait dire la même chose de la politique de François Fillon sur la famille. On peut légitimement regretter qu’il n’aille pas plus loin. Il est déjà impressionnant de voir les attaques que lui ont valu sa simple promesse de revenir sur l’adoption plénière par les couples de même sexe, pour lui préférer l’adoption simple. Là encore, les catholiques doivent comprendre que c’est toute une anthropologie qu’il nous faut reconstruire ou réparer, afin qu’elle puisse à nouveau être commune à nous tous, français, avant d’en avoir la retranscription dans la loi. De même que nos adversaires n’ont pas détruit la famille en une année ni un seul mandat, de même il nous faudra plus d’une génération pour reconstruire les fondations de notre société.
Ne soyons pas étonnés que nos hommes ou femmes politiques ne fassent pas toujours preuve de ce courage ou de cet héroïsme sur tous les sujets, courage ou héroïsme que nous n’avons pas toujours nous-mêmes. Soyons conscients de la violence qu’ils affrontent et du prix à payer pour chaque petit pas qu’ils font quand même dans le bon sens. Sachons encourager le bien où qu’il se fasse et à chaque fois qu’il se fait, quelle que soit l’étiquette politique de celui ou celle qui se montre courageux. N’oublions pas que c’est le courage des électeurs et leur engagement qui portent le courage des élus. Selon de nombreux analystes, si François Fillon a remporté la primaire, c’est bien parce qu’il a su entendre et comprendre le besoin de valeurs, d’autorité, d’identité et de constance qu’exprimaient beaucoup d’électeurs et parmi eux beaucoup de catholiques. C’est notre engagement sur la durée et la force de nos convictions qui donneront à nos dirigeants l’audace dont ils ont besoin pour affronter l’idéologie libertaire et relativiste, et la force de rester fidèles à leurs promesses.
2- L’influence des catholiques est crainte, donc réelle.
Les catholiques passent beaucoup de temps à se disputer, s’excommunier entre eux, se déchirer sur les stratégies possibles et se plaindre du système médiatique ou politique… tout en se décourageant de pouvoir faire changer les choses. Mais nous sous-estimons en fait notre capacité d’influence. Il est paradoxal que ce soit nos adversaires qui nous la rappellent. Eux ne s’y trompent pas… Leur réaction violente, leur crainte affichée devant le retour d’un « conservatisme catholique » ou l’émergence d’une nouvelle génération de catholiques décomplexés et engagés, capables de faire basculer les prévisions de tous les instituts de sondage, doit nous encourager. La simple idée qu’un futur Président de la République puisse assumer sa foi catholique ou l’identité chrétienne de la France met nos idéologues libertaires dans un grand état de colère et d’angoisse. Ils craignent de voir arriver peu à peu des chrétiens assumés aux responsabilités. Ils sont furieux à l’idée que nous tournions enfin la page libertaire de mai 68… Tout cela doit nous convaincre nous-mêmes que c’est possible ! « L’avenir appartient aux minorités créatives » écrivait Benoît XVI. Commençons-nous à le croire ?
Passons moins de temps à nous regarder le nombril, à nous plaindre de nos limites ou à gémir sur notre époque. Nous avons des forces que d’autres n’ont pas : une vision cohérente pour la société, une anthropologie solide, une doctrine sociale de l’Eglise inspirante, un corpus de valeurs que beaucoup autour de nous veulent retrouver et transmettre à nouveau à leurs enfants… Et surtout, nous avons une espérance qui nous anime et nous fait avancer, au-delà des succès ou des échecs apparents. Ne sous-estimons plus ce que nous sommes, la force du message que nous portons, sa capacité à bouleverser le monde, en éclairant les cœurs et les intelligences. Engageons-nous sans attendre le candidat ou le parti idéal, l’association idéale ou l’équipe parfaite. Engageons-nous là où notre conscience éclairée par l’Eglise nous y appelle. Déployons-nous pleinement, avec intelligence, habileté et compétence, sur tous les sujets, sans nous laisser « corneriser » ! Les temps sont favorables, non pour que tout change d’un coup, mais pour que dans différents partis, exécutifs locaux, villes ou régions, émerge enfin une nouvelle génération de chrétiens engagés, capables d’accéder aux responsabilités.
Engageons-nous… mais surtout n’oublions pas de prier, de nous former, de communier et de nous confesser… d’être des saints ! C’est là – et ceux qui n’ont pas la foi ne peuvent le comprendre – que se joue mystérieusement mais réellement la fécondité de nos engagements. Notre pays a besoin de saints… C’est ce qui fera au final tout basculer.
Nos adversaires ont peur de ce que nous représentons. Ils pressentent notre force de convictions et la maturité politique dont nous commençons à faire preuve. Que cela nous encourage ! Et que grandisse en chacun de nous, non le désir de prendre notre revanche sur ceux qui nous ont si souvent dénigrés ou caricaturés, mais la joie de servir le bien commun, le bien de tous, le bien de la France. Avec grandeur d’âme, générosité et magnanimité.

Padre Blog

 

17:30 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (2)

27/11/2016

- 1er DIMANCHE AVENT A

Homélie du 1er dimanche de l'Avent


27/11/201

 

 


Nous entrons aujourd'hui dans le temps de l'Avent (l'avènement). C'est le début d'une nouvelle année liturgique. Les trois premiers dimanches vont nous orienter vers l'attente du second avènement du Christ qui conclura l'histoire du monde et de 'humanité. Cet avènement du Christ concerne TOUS les vivants, y compris ceux qui ne le savent pas. Nous croyants, nous avons pour mission de témoigner de cette attente tout au long des semaines qui nous préparent à Noël. Il ne s'agit pas de préparer une fête qui oublie l'essentiel mais de se tenir en éveil.

Les trois lectures bibliques de ce dimanche nous invitent à changer notre regard sur le temps que nous vivons. Elles nous en rappellent le but ultime des croyants. Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob qui s'est fait connaître à Moïse est le Dieu de tous les peuples. Au nom de cette foi, le prophète Isaïe nous annonce qu'un jour viendra où toutes les nations se tournerons vers Jérusalem. Cette ville deviendra le signe du salut universel. La paix aura remplacé la guerre. Toutes les nations viendront célébrer la paix et le bonheur. Nous nous y préparons en marchant chaque jour "à la lumière du Seigneur."

C'est aussi ce message que saint Paul adresse aux chrétiens de Rome et à chacun de nous. Il nous invite tous à une intensification de la vie chrétienne. À son époque, on attendait le retour imminent du Seigneur dans la gloire. Les années ont passé et rien ne venait ; pas de manifestation glorieuse du Christ ressuscité. Alors l'apôtre recommande à tous une vigilance active pour se préparer à rencontrer le Seigneur. Car "le salut est plus près de nous qu'à l'époque où nous sommes devenus croyants. La nuit sera bientôt finie. Le jour est tout proche." En attendant, nous sommes invités à nous revêtir du Christ Jésus et à nous tenir prêts en permanence.

En écoutant l'Évangile, nous avons peut-être pensé à toutes les arches de Noé de nos magasins. Depuis les peluches jusqu'aux jouets électroniques, c'est un véritable déluge de gentillesse, de douceur et de rêve qui se prépare. Mais l'Évangile nous parle d'un autre déluge, celui qui est resté dans les mémoires comme LA catastrophe. La Bible nous raconte comment Noé avait assisté à la montée inexorable des eaux. Il avait pris ses dispositions. Mais les gens qui ne s'étaient douté de rien ont tous été engloutis.

Tout cela nous renvoie à ce qui se passe dans nos villes inondées de lumière en pleine nuit, envahies par la verdure des sapins et par la musique commerciale ; beaucoup ne se doutent de rien : c'est le temps des fêtes. Mais un jour, c'est l'accident, la catastrophe, la violence terroriste : "Veillez donc, nous dit Jésus ; tenez-vous prêts vous aussi". Nous savons tous que nous ne devons pas nous endormir au volant de notre voiture, sinon c'est la catastrophe. Ne prenons pas le risque de nous endormir au volant de la conduite de notre vie.

Jésus insiste : "Tenez-vous prêts, vous aussi". Ne vous laissez pas distraire. Ne laissez pas passer votre chance. Nous avons une nouvelle arche de Noé : c'est la communauté des baptisés et elle est encore accessible. Toutes les familles de la terre sont invitées à marcher à la lumière du Seigneur. Nous nous y entraînons dans nos assemblées par nos chants, nos cantiques, nos prières. C'est là que s'exerce la vigilance demandée. C'est là que nous nous habillons pour le combat de la lumière.

Veiller c'est agir sur tout ce qui doit changer dans notre vie ; c'est rejeter toutes les formes d'égoïsme et d'indifférence ; c'est renoncer aux comportements qui nous détournent de Dieu et des autres. Mais le plus important, c'est de revêtir le Christ et nous laisser habiter par l'amour et la Lumière qui sont en lui. Noël c'est Jésus qui est venu ; il continue à venir dans notre vie de tous les jours et il reviendra dans la gloire. Il est plus que jamais nécessaire de bien le mettre au centre de notre vie et de notre prière. En fait, il est bien là mais c'est nous qui sommes souvent ailleurs. Nous sommes toujours dehors à nous agiter et à courir dans tous les sens. Ce premier dimanche de l'Avent est là pour nous rappeler que nous sommes fils et filles de Dieu. Cela change tout dans notre vie de tous les jours.

L'eucharistie qui nous rassemble, c'est encore et toujours le Christ qui vient. Il veut demeurer avec nous jusqu'à la fin des temps. Plus nous participons à l'Eucharistie, plus nous revêtirons le Christ. Il veut que nous soyons avec lui pour le rejoindre dans son éternité. "Donne à tes fidèles, Dieu Tout-Puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur." Amen

Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, Fiches dominicales – Célébrons dimanche (Assemblées du dimanche) – C'est dimanche (Emmanuel Oré)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17:44 Publié dans LITURGIE | Lien permanent | Commentaires (0)

24/11/2016

- "PHILOMÈNE"

Redonnez le goût de vivre aux personnes âgées !

L'association "Philomène" propose des activités conçues spécialement pour les plus de 60 ans.

Redonnez le goût de vivre aux personnes âgées !

© JAKE THACKER

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Rien de plus simple, mais pourtant d’une portée sociale inestimable, Philomène est fondé sur la proposition d’une aide toute originale aux plus de 60 ans.

« Philomène réveille les projets. Souvent, ils sommeillent faute de temps ou d’interlocuteurs. Philomène écoute avec gourmandise et complicité. Elle allume une petite flamme d’envie. L’idée germe doucement mais sûrement. »

Un service sur-mesure

Mathilde a décidé de permettre aux plus âgés de réaliser toutes leurs envies selon les goûts et l’histoire de chacun, en créant des activités individuelles taillées sur-mesure. C’est autour de la personne et de ce qui la rend unique que se construisent les activités proposées.

Ateliers créatifs, promenades en des lieux désirés, sorties culturelles, voyages insolites, découverte de l’informatique, la liste n’existe pas véritablement, elle s’efface derrière les rêves des seniors. Si l’un désire transmettre à sa famille un message, Philomène l’aidera à trouver tous les moyens techniques adaptés pour réaliser ce rêve. Si un autre refuse de voir son avidité culturelle se tarir, des sorties seront organisées pour découvrir les expositions répondant à tel goût. Si un autre encore souhaite mieux comprendre les codes de communication et garder au mieux contact avec sa famille ou ses amis, ou encore se cultiver, jouer, Philomène prendra le temps nécessaire pour lui en expliquer toutes les astuces.

Par exemple, une dame avait comme projet de réunir en un livre au cours d’une activité individuelle toutes ses précieuses recettes de cuisine. Finalement, son entreprise a dépassé ce premier désir : à travers ses recettes, avec un pinceau culinaire, celle-ci fut surprise de peu à peu peindre sa vie, d’une façon toute personnelle. Chaque service est donc original, unique, adapté à la demande de chacun, grâce à un intervenant venant à domicile.

« Il ne suffit pas de rajouter des années à la vie, il faut aussi ajouter de la qualité de vie aux années ». C’est sans doute ainsi que la profondeur du projet Philomène se traduit le mieux. Ne jamais oublier qu’être « en vie », c’est d’avoir « envie » ! Voilà pourquoi l’entretien du goût de vivre, par des activités culturelles ou autres faisant travailler la mémoire est essentiel dans l’ambition de Mathilde : se réveiller le matin avec un projet en tête pour être en forme toute la journée.

Comment faire appel à Philomène ?

Le contact étant la clé de voûte du projet, il suffit dans un premier temps d’un simple coup de téléphone ou d’un mail, puis d’un premier rendez-vous gratuit, afin de cerner les besoins de chacun. Puis selon un devis établi gratuitement, des intervenants, choisis avec soin en fonction des attentes, viendront à domicile de façon régulière ou irrégulière.

Si une sortie est prévue, un intervenant sera toujours là pour venir chercher la personne et la raccompagner.

Informations complémentaires :

Pour connaître les prix, rendez-vous ici.

Les contacts sont les suivants :

À Paris, contact@philomene.pro, ou bien 09 66 87 92 14

À Nantes, nantes@philomene.pro, ou bien  06 89 60 76 61

À Bordeaux, bordeaux@philomene.pro, ou bien 06 89 95 18 45

À Lyon ouest, camille.lyon@philomene.pro, ou bien 06 67 36 55 48 et à Lyon est, francoise.lyon@philomene.pro, ou bien 06 95 37 12 06

(Aleteia)

18:00 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

19/11/2016

UN FUTUR SAINT À MANILLE?

 

Matthieu Dauchez


Plus fort que
les Ténèbres

 

 

 

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« Un homme, ça peut être détruit mais pas vaincu ! »Ernest Hemingway
Le vieil homme et la mer.


En hommage à Darwin,
avec toute ma reconnaissance.
Préambule

Darwin a vécu les six dernières années de sa vie dans le cadre de la fondation « Tulay ng kabataan » (ANAK-Tnk) qui œuvre en faveur de l’enfance défavorisée à Manille, aux Philippines.
www.anak-tnk.org

La fondation a mis en place quatre volets distincts pour venir en aide aux enfants les plus en danger :
les enfants des bidonvilles,
les enfants chiffonniers,
les enfants des rues,
les enfants des rues avec un handicap.
C’est dans le cadre de ce dernier programme que Darwin a rejoint « Tulay ng Kabataan » qui est devenue sa deuxième famille.
La sainteté exemplaire de sa vie a motivé les pages qui suivent dans l’espoir de constituer un dossier qui puisse mener un jour à sa canonisation.
Tous les faits rapportés sont authentiques. Ils sont tirés soit du témoignage direct de l’auteur et des personnes impliquées, soit d’une enquête approfondie menée par l’assistante sociale auprès de la famille notamment.
*

Le dimanche 16 septembre 2012 fut le commencement de l’ultime semaine de Darwin sur cette terre.
Lorsque le Christ, acclamé par les foules, entre à Jérusalem, il marque le début de la grande Semaine sainte que les chrétiens du monde entier fêtent solennellement. Elle culmine par la Veillée pascale qui célèbre la résurrection du Christ.
Les derniers jours de la vie de Darwin semblent symboliquement suivre pas à pas les étapes de la Passion.
C’est ce que nous avons voulu raconter ici en reprenant chaque jour de la semaine et en les associant aux différentes étapes de sa vie.
*

Que toutes les personnes qui recevraient des grâces par l’intermédiaire de Darwin aient la gentillesse de nous en informer en nous contactant :
info@tnkfoundation.org
CHAPITRE I

Le petit âne attaché

« Plus les hommes mènent une
existence pauvre et menacée,
plus leur tâche est dure et leur avenir
incertain, moins ils peuvent s’offrir
le luxe d’être égoïste. »
Gustave Thibon
L’équilibre et l’harmonie
Évangile de saint Marc (11, 1-10)

Quelques jours avant la fête de la Pâque, Jésus et ses disciples approchent de Jérusalem, de Bethphagé et de Béthanie, près du mont des Oliviers. Jésus envoie deux de ses disciples :
« Allez au village qui est en face de vous. Dès l’entrée, vous y trouverez un petit âne attaché, que personne n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous demande : ‘‘Que faites-vous là ?’’ répondez : ‘‘Le Seigneur en a besoin : il vous le renverra aussitôt.’’ »
Ils partent, trouvent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachent. Des gens qui se trouvaient là leur demandaient : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire.
Ils amènent le petit âne à Jésus, le couvrent de leurs manteaux, et Jésus s’assoit dessus.
Alors, beaucoup de gens étendirent sur le chemin leurs manteaux, d’autres, des feuillages coupés dans la campagne.
Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de notre père David. Hosanna au plus haut des cieux ! »
Dimanche 16 septembre 2012

Les Rameaux

– Mon Père, venez vite. Darwin ne va pas bien, il respire très mal. Je suis aux urgences.
Je raccroche mon téléphone portable et j’enfile rapidement un pantalon, l’esprit encore un peu embué par ce réveil brusque. Puis j’attrape les clés de ma petite moto et sors du presbytère. Je ne sais pas très bien l’heure qu’il est. Minuit ou une heure du matin peut-être. Peu importe d’ailleurs car il faut aller vite, je le sens. Joseph, l’aide-soignant de la fondation qui accompagne Darwin depuis plus de six ans avait une voix inquiète.
Il ne me faut pas plus d’une dizaine de minutes pour rejoindre l’hôpital en empruntant la grande avenue circulaire de Manille. Il y a peu de circulation. C’est un vrai petit miracle pour cette métropole de dix-huit millions d’habitants qui est en agitation constante de jour comme de nuit. Je roule vite, trop vite, je le sais bien, mais j’ai un mauvais pressentiment et je parle tout haut dans mon casque, l’angoisse me prenant aux tripes.
Je prie.
– Pas maintenant, Seigneur, s’il vous plaît. Pas encore. Je ne veux pas le perdre, mon Dieu. Je ne suis pas prêt.
Aux urgences, je gare rapidement mon deux-roues sur le parc de stationnement entre deux ambulances. Puis ignorant les appels du gardien que je feins de ne pas voir, je m’engouffre parmi les nombreux badauds qui attendent l’appel de leur numéro. La liste est longue, le désordre palpable. C’est un hôpital pour enfants avec cette atmosphère propre au lieu. De nombreux dessins colorés jonchent les murs représentant des personnages de dessins animés. Les scènes joyeuses croquées sur les murs jurent un peu d’ailleurs avec les cris et les pleurs qui règnent dans cette cour des miracles où les parents tentent maladroitement de rassurer leur progéniture sans pour autant réussir à cacher leur propre inquiétude. Chacun s’observe sans rien dire, en échangeant parfois un sourire gêné.
Je m’oriente immédiatement vers les soins intensifs, le ICU (Intensive Care Unit), me doutant bien que c’est là, dans cette grande pièce, que Darwin est soigné. Il est devenu un habitué du lieu. Les médecins le connaissent bien car il a vécu des moments particulièrement difficiles ces derniers mois dus à l’inexorable évolution de sa maladie.
Darwin est atteint de la myopathie de Duchenne, maladie incurable qui lui grignote petit à petit toutes ses forces musculaires. Depuis plusieurs années, inéluctablement son corps décline.
En entrant dans la grande salle, je suis pris à la gorge par cette émanation d’éther ou d’alcool qui couvre d’autres odeurs plus nauséabondes. Il y a une trentaine de lits installés côte à côte, tous occupés par des enfants, dont la plupart sont encore des bébés. Ils ont tous à leurs côtés l’un ou l’autre de leurs parents. Une maman essuie religieusement le front de son enfant endormi avec un sourire plein d’amour. Une autre essaie désespérément d’obtenir plus d’informations auprès d’infirmières dépassées par les événements. Un papa, quelques mètres plus loin, est endormi assis sur une chaise en plastique, son front posé sur ses bras en croix au coin du brancard où est allongé son fils d’une douzaine d’années qui semble dormir d’un sommeil agité.
Assez près de l’entrée, j’aperçois Darwin, seul, les yeux fermés. Les sourcils se froncent par moments, signe discret des intenses douleurs qu’il ressent. Il est allongé sur un lit dont le dossier a été relevé au maximum pour le maintenir dans une position assise. Amaigri par ces années de combat contre la maladie, ses muscles s’éteignent petit à petit. C’est un petit corps affaibli dont il ne reste que la peau sur les os.
Mais la première chose qui me frappe en le voyant, c’est la couleur inhabituelle de sa peau. Elle est jaunâtre. Je m’approche doucement de lui car je ne veux surtout pas le réveiller s’il dort. Je pose mon casque et enlève ma veste. Il ouvre alors les yeux, m’aperçoit et me fixe aussitôt de ses deux billes noires si expressives. Pas de sourire cette fois-ci. Darwin est grave et son regard inquiet. Surtout il semble respirer très difficilement et par toutes petites secousses. Ses poumons n’ont plus de force.
Joseph, l’aide-soignant, arrive juste après moi. Il revient de la petite pharmacie de l’hôpital où il est allé chercher les premiers médicaments prescrits par le médecin de garde. Il me salue rapidement et jette immédiatement un coup d’œil complice à Darwin feignant de ne pas voir son inquiétude. Il s’intercale alors entre nous, puis lui tourne le dos et me dit d’une voix à peine audible pour éviter que notre jeune patient n’entende :
– Lorsque je suis arrivé dans le foyer cet après-midi, j’ai tout de suite vu que Darwin était très éteint, peu souriant. Et je le connais mon garçon, s’il ne me montre pas son grand sourire quand je viens le voir, c’est qu’il ne se sent pas bien.
– Tu l’as amené immédiatement ici ?
– Non, car Darwin m’assurait que tout allait bien. Une petite crise passagère seulement, disait-il. Mais, un peu plus tard, lorsque j’ai vu que ça ne s’améliorait pas, j’ai insisté. Je lui ai demandé s’il voulait aller à l’hôpital. Darwin n’a rien dit. Les yeux baissés, il a juste hoché la tête en signe d’acquiescement.
Darwin est atteint de la myopathie de Duchenne, maladie incurable qui lui grignote petit à petit toutes ses forces musculaires. Depuis plusieurs années, inéluctablement son corps décline.
En entrant dans la grande salle, je suis pris à la gorge par cette émanation d’éther ou d’alcool qui couvre d’autres odeurs plus nauséabondes. Il y a une trentaine de lits installés côte à côte, tous occupés par des enfants, dont la plupart sont encore des bébés. Ils ont tous à leurs côtés l’un ou l’autre de leurs parents. Une maman essuie religieusement le front de son enfant endormi avec un sourire plein d’amour. Une autre essaie désespérément d’obtenir plus d’informations auprès d’infirmières dépassées par les événements. Un papa, quelques mètres plus loin, est endormi assis sur une chaise en plastique, son front posé sur ses bras en croix au coin du brancard où est allongé son fils d’une douzaine d’années qui semble dormir d’un sommeil agité.
Assez près de l’entrée, j’aperçois Darwin, seul, les yeux fermés. Les sourcils se froncent par moments, signe discret des intenses douleurs qu’il ressent. Il est allongé sur un lit dont le dossier a été relevé au maximum pour le maintenir dans une position assise. Amaigri par ces années de combat contre la maladie, ses muscles s’éteignent petit à petit. C’est un petit corps affaibli dont il ne reste que la peau sur les os.
Mais la première chose qui me frappe en le voyant, c’est la couleur inhabituelle de sa peau. Elle est jaunâtre. Je m’approche doucement de lui car je ne veux surtout pas le réveiller s’il dort. Je pose mon casque et enlève ma veste. Il ouvre alors les yeux, m’aperçoit et me fixe aussitôt de ses deux billes noires si expressives. Pas de sourire cette fois-ci. Darwin est grave et son regard inquiet. Surtout il semble respirer très difficilement et par toutes petites secousses. Ses poumons n’ont plus de force.
Joseph, l’aide-soignant, arrive juste après moi. Il revient de la petite pharmacie de l’hôpital où il est allé chercher les premiers médicaments prescrits par le médecin de garde. Il me salue rapidement et jette immédiatement un coup d’œil complice à Darwin feignant de ne pas voir son inquiétude. Il s’intercale alors entre nous, puis lui tourne le dos et me dit d’une voix à peine audible pour éviter que notre jeune patient n’entende :
– Lorsque je suis arrivé dans le foyer cet après-midi, j’ai tout de suite vu que Darwin était très éteint, peu souriant. Et je le connais mon garçon, s’il ne me montre pas son grand sourire quand je viens le voir, c’est qu’il ne se sent pas bien.
– Tu l’as amené immédiatement ici ?
– Non, car Darwin m’assurait que tout allait bien. Une petite crise passagère seulement, disait-il. Mais, un peu plus tard, lorsque j’ai vu que ça ne s’améliorait pas, j’ai insisté. Je lui ai demandé s’il voulait aller à l’hôpital. Darwin n’a rien dit. Les yeux baissés, il a juste hoché la tête en signe d’acquiescement.
Darwin nous regarde fixement, avec une certaine inquiétude dans les yeux. Je vois bien qu’il cherche en même temps à capter mon regard mais je feins de l’ignorer pour laisser Joseph continuer. Je veux entendre son rapport jusqu’au bout car je crains d’entendre « la » mauvaise nouvelle, la condamnation des médecins, comme un verdict qui tombe, une sentence sans appel.
– As-tu parlé aux médecins ? Que disent-ils de son état ?
– Ils ne savent pas encore, me répond Joseph. Ils ont fait plusieurs tests et prises de sang. Ils essaient de comprendre où en est Darwin dans l’évolution de sa maladie, car ils craignent tout de même une nouvelle étape dans la dégradation. Probablement les poumons qui faiblissent.
Darwin continue inlassablement de remuer avec difficulté son corps affaibli pour attirer notre attention. Je m’approche de lui et lui prends la main, en faisant attention de ne pas toucher la perfusion qui l’alimente en dextrose. Sa main est chaude et il serre ses doigts sur la mienne sans me quitter des yeux, en esquissant, pour la première fois depuis mon arrivée aux urgences, un petit sourire. Notre simple présence semble le soulager un peu.
Il ferme de temps en temps les yeux mais ne lâche pas ma main. Joseph s’approche des médecins de garde pour leur soutirer quelques informations supplémentaires mais cela devient un jeu de langage et les termes techniques utilisés, accessibles uniquement aux initiés, se multiplient et se compliquent pour finalement ne dire que l’impuissance des soignants. Il faut attendre le résultat des contrôles et l’avis du pneumologue qui ne reviendra que le lendemain.
Je regarde ce spectacle avec un certain étonnement mêlé de dégoût. Les palabres remplacent l’attention, la technique se substitue aux soins et un snobisme médico-intellectuel détrône petit à petit l’humanité de ces médecins qui semblent pourtant tenir la vie de notre enfant dans leurs mains. À chacun de leurs mots ou de leurs gestes, aussi futiles soient-ils, s’accroche notre espérance. « Ce n’est rien », « une petite infection passagère », « il va pouvoir rentrer très vite à la maison ». Des expressions de rien du tout dont rêvent tous les parents d’enfants malades. Quelques mots tout simples qui ne viennent pas. Il faut attendre. Le surveiller et attendre. Il restera à l’hôpital cette nuit.
Je sens que Darwin me serre la main entre son pouce et son index. Je le regarde et il semble vouloir me dire quelque chose. Ses lèvres bougent un peu. Il parle difficilement à cause de sa respiration irrégulière et je n’entends pas grand-chose mais ses yeux grands ouverts m’interpellent. Il fronce les sourcils comme pour me supplier. Il doit avoir besoin de quelque chose, il a soif peut-être, ou bien mal. J’approche mon oreille de sa bouche pour entendre la voix faible de mon petit bonhomme et ce qu’il veut me dire.
Darwin prend une grande respiration, ce qui lui demande un réel effort afin de sortir un son audible car il est à bout de souffle. Et forcissant un peu le son de sa voix saccadée par la douleur, il me dit lentement pour que je comprenne chacun de ses mots :
– Mon Père, un immense merci pour tout.
Merci. C’est tout. Il voulait me dire merci.
Darwin résumait ainsi sa vie en un mot. Une action de grâce. Ce mot « merci », il ne cessait de le répéter : lorsqu’on venait le voir au centre, lorsqu’un éducateur passait devant lui, lorsqu’il était poussé par ses camarades ou encore si on lui présentait des invités de la fondation. Darwin marquait profondément tous ceux qui le rencontraient par son sourire et ses mots affectueux. Ce soir-là, alors que commence la dernière étape de sa passion, il ne déroge pas à la règle. Bien que prononcer quelques mots est une véritable épreuve pour lui, il veut le dire ce « merci ».

PÈRE DAUCHEZ

18:21 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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