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29/12/2016

MOSSOUL


Savez-vous pourquoi, à Mossoul, les chrétiens se promenaient avec un torchon sur l’épaule ?

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Entretien avec Monseigneur Nicodemus Daoud Sharaf, archevêque syriaque orthodoxe de Mossoul, du Kurdistan et de Kirkouk.

 

Aleteia vous emmène à la rencontre des chrétiens persécutés du Moyen-Orient. Un itinéraire qui nous a conduit au Liban, en Syrie et en Irak. En Syrie, nous avons vu Mhardeh, petit village chrétien noyé sous les obus d’Al-Nosra, Homs, où la guerre civile syrienne a débuté et Palmyre, la perle du désert syrien reprise par l’État islamique. En Irak, vous découvrirez le témoignage des chrétiens réfugiés à Bagdad et Erbil, Qaraqosh la ville fantôme, Al-Qosh la miraculée et Mangesh, aux confins du Kurdistan. Découvrez le récit exceptionnel de cette aventure sur les traces des chrétiens martyrs plongés dans une guerre qui n’en finit plus.
Chez les chrétiens syriaques, les évêques ne portaient que la croix pectorale. Puis ils se mirent à porter un médaillon représentant une icône, suspendu à leur cou par une chaînette d’or ou d’argent, à la manière des byzantins. En Orient, les évêques et les archevêques peuvent choisir d’arborer l’une ou l’autre et même les deux en cas de célébration particulière. Seul le patriarche en porte trois : deux icônes de part et d’autre de la croix du Christ. Monseigneur Nicodemus a laissé les vénérables insignes de sa consécration épiscopale à Mossoul, livrée aux mains de l’État islamique. De Mossoul, il est sans nouvelle. Il est profondément nostalgique de sa cité, de sa terre et de toute son histoire passée. Mais les derniers habitants à y être restés ne lui manquent pas autant…

–– AVERTISSEMENT ––

 

Aleteia : Ne vous inquiétez-vous pas des habitants restés à Mossoul ?
Monseigneur Nicodemus Daoud Sharaf : Tous les chrétiens ont fui la ville en 2014 devant les troupes de Daesh. Ceux qui sont restés, pour la plupart, les ont accueillis. Parfois à bras ouverts. Les arabes musulmans sunnites qui y vivent sont si fanatiques qu’ils pourraient donner des leçons aux Saoudiens ! Ils n’acceptent personne s’il ne partage pas leurs vues. Il faut se rappeler qu’au lendemain du coup d’État militaire avorté de 1959, dont l’épicentre était Mossoul, les chrétiens connurent les pires humiliations*. Dans la ville, livrée aux règlements de compte entre tribus et à l’affirmation d’un islam plus radical face au « péril » laïc, les chrétiens se promenaient avec un torchon sur l’épaule. Il le tendaient à leur concitoyens musulmans qui avaient pris l’habitude de s’essuyer les mains sur leurs vêtements. On n’avait pas beaucoup de respect à l’époque pour les « koufars » comme ils disent (les « mécréants » ou non-musulmans, Nldr). On en a pas beaucoup plus aujourd’hui.

La situation n’a fait qu’empirer ?
Jusqu’à l’âge de douze ans, je jouais avec un garçon du voisinage. Je ne savais même pas qu’il était musulman comme il devait se moquer éperdument de savoir que j’étais chrétien. Un jour, son père rentra du pèlerinage à la Mecque et s’en fut fini des jeux. Je n’ai pas le droit de jouer avec un « koufar » me dit mon camarade… Vous devez comprendre qu’à Mossoul – que l’armée irakienne soutenue par la coalition a tant de peine à reprendre – 800 terroristes de Daesh ont « convaincu » 50 000 hommes de rejoindre leur rang. Les rejoindre pour se livrer aux pires abominations : jeter à la rue des femmes et des enfants, décapiter, violer, réduire en esclavage. Il fallait que le terreau soit fertile pour les rallier si facilement à leur cause.
La coalition a-t-elle des chances d’éradiquer l’État islamique ?
La politique occidentale est diabolique. Les intérêts des uns et des autres sont si contradictoires que leurs chances de réussite sont faibles. Nous ne demandons que l’application de la loi et le respect de notre dignité. Du temps de Saddam Hussein, la loi s’appliquait. Au Kurdistan irakien majoritairement musulman (où les chrétiens de Mossoul ont trouvé refuge autour d’Erbil, Ndlr), la loi nous protège et elle nous protège même mieux qu’ailleurs en Irak. Nous attendons que des décisions soient prises pour nous assurer la protection internationale et des règles, fixées par l’ONU.
La cohabitation avec les musulmans est-elle encore possible ?
Nous ne haïssons pas les musulmans. Sous l’empire de la loi, comme ici au Kurdistan, nous pouvons tous cohabiter. Seul l’islam tel que l’applique Daesh est détestable. Faut-il que leur Dieu soit faible et lâche à ce point qu’ils se sentent obliger de le protéger d’une telle manière ? Le nôtre nous protège et Il nous protègera toujours. Comme je dis souvent : Dieu n’a pas besoin des hommes qui se croient les exécuteurs de sa justice, son bras armé. Tu penses qu’un-tel est un mécréant et doit mourir ? Alors que Dieu le tue lui-même ! Nous verrons bien qui expirera le premier.
Avez-vous un message à adresser aux chrétiens occidentaux ? 
Réveillez-vous. N’acceptez pas chez vous les réfugiés qui ont fait de nous des réfugiés ici. Le 24 novembre dernier fut consacrée à Londres une nouvelle église syriaque orthodoxe en présence de S.A.R. le prince Charles. Je me suis vu refuser le visa par l’ambassade, de peur que je ne rentre par en Irak. Je suis résident permanent en Australie, j’ai les visas nécessaires à me rendre aux États-Unis, au Canada et même en France. Que serais-je aller faire en Angleterre quand mon peuple est ici et souffre ?
Propos recueillis par Alexandre Meyer
* Le mouvement laïc et nationaliste arabe mené par le général al-Shawaf fut réprimé violemment par le gouvernement communiste allié à l’URSS d’Abd al-Karim Qasim. Il sera renversé lors de la Révolution du Ramadan en 1963, qui vit le parti Baas, socialiste et pan-arabe, prendre le pouvoir, puis l’émergence de Saddam Hussein.

ALETEIA
 

 

17:08 Publié dans RELIGION | Lien permanent | Commentaires (2)

23/12/2016

CHANTS DE NOËL

ENTRE LE BOEUF ET L'ÂNE GRIS

 

 

VENEZ DIVIN MESSIE

 

MINUIT CHRÉTIENS

17:40 Publié dans CHANSONS | Lien permanent | Commentaires (5)

20/12/2016

NOËL : 10 CADEAUX

Noël : 10 cadeaux formidables à offrir (auxquels vous ne penseriez peut-être pas)

 

Rassurez-vous, ils entreront sans problème dans le budget prévu !

 

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Souvent on veut donner une bonne impression alors on cherche à offrir des cadeaux originaux, inédits, amusants. Et si le budget ne le permet pas, on mise sur la créativité en confectionnant nos cadeaux nous-mêmes. Et puis il y a ceux qui résolvent la question en offrant des cadeaux standard comme des mouchoirs ou des chaussettes pour tout le monde, comme faisaient nos grands-mères. Pour nous qui faisons de l’apostolat cette histoire des cadeaux est compliquée car on ne peut omettre quiconque, tout le monde doit figurer sur la liste.
Alors nous avons pensé à une liste de super cadeaux, faciles à préparer et que l’ont peut offrir dès maintenant sans avoir besoin d’attendre la nuit de Noël. Je parle de cadeaux qui ne passeront jamais de mode, qui durent très longtemps, n’ont pas besoin de ticket de caisse pour un éventuel changement et garantissent un beau sourire sur les lèvres de ceux qui les recevront.
Et vous, racontez-nous, quels cadeaux formidables intègreriez-vous à votre liste de cadeaux ?
• Offrir un peu de temps
Un cadeau sans aucun doute très précieux car le temps que vous offrez ne reviendra pas. Chaque minute investie sur quelqu’un est un trésor donné sans retour. L’ancien président uruguayen José Mujica disait : « Quand vous devez acheter quelque chose, ne l’achetez pas avec de l’argent, mais avec du temps pris sur votre vie, que vous avez dépensé pour gagner cet argent ». Alors pourquoi ne pas économiser tant de ballades inutiles et ne pas donner à quelqu’un un bon morceau de votre temps et de votre dévouement ?
• Accorder son pardon
Un bon moment pour dénouer tous les nœuds que l’on a au fond du cœur. Pour pardonner comme un acte symbolique en regardant le ciel mais aussi pour pardonner comme nous-mêmes avons été pardonnés, concrètement, physiquement, en renouant avec celui que l’on a eu le courage de pardonner. Pas la peine de l’appeler et de lui dire que vous l’avez pardonné. Allez vers lui tout simplement, montrez-vous en empathie avec lui, attentif et miséricordieux.
• S’ouvrir pour apprendre de l’autre
« Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes » (Philippiens 2, 3). Notre prochain cache un trésor au fond de lui. S’ouvrir à lui, pourrait nous réserver bien des surprises. Laissons nos cœurs s’ouvrir, quittons nos préjugés. Valoriser son prochain est un magnifique cadeau.
• Écouter en silence
Évitons de terminer les phrases, d’avoir des préjugés, d’analyser et juger ce que l’on entend. Offrons notre humble silence, pas seulement pour éviter d’interrompre, mais parce que notre attention, notre écoute, est un don aussi précieux que rare. Écouter par souci de politesse mais surtout comme marque d’amour.
• Offrir un regard attentif, attentionné
Notre regard doit former un tout harmonieux avec notre esprit et notre cœur. Or, on se surprend parfois à regarder « attentivement » quelqu’un, alors qu’en fait on est en train de penser à autre chose : à résoudre un problème domestique, ou planifier ce que l’on fera dans l’après-midi, penser au déjeuner du lendemain. Alors, sachons offrir notre regard et notre attention!
• Faire une bonne blague. L’humour adoucit la vie
Ce cadeau demande une préparation spéciale : d’abord il nous faut apprendre une ou deux histoires sympas. Nous le savons, le sourire est un super cadeau, mais arriver avec une phrase joyeuse, une anecdote ou une jolie histoire, plaît toujours. La joie de nous savoir aimés de Dieu est la joie que nous devons partager autour de nous.
• Donner aux autres l’envie de donner
Offrir sa solidarité à ceux qui ont besoin de notre aide, est toujours une bonne idée, mais donner aux autres l’envie d’être solidaires est beaucoup mieux. Alors tâchons de rallier le plus de gens possible à notre cause. Pas besoin de regarder très loin pour trouver quelqu’un qui a besoin de notre solidarité.
• Effectuer une tâche à la place de quelqu’un
Cet aspect là est probablement le moins spirituel et le moins symbolique de toute la liste, mais il est un des plus efficaces (je le dis par expérience personnelle), surtout s’il s’agit de nettoyer et mettre en ordre, chose que l’on n’est pas censé faire sous prétexte par exemple que l’on paye quelqu’un pour cela. Ce moment de liberté que nous offrons en prenant la peine d’assumer une tache que fait un autre normalement est un cadeau qui fait toujours plaisir.
• Penser à celui qui viendra après nous
Ce cadeau-là est une marque d’amour générale : penser à celui qui vient après nous. Dans les toilettes publiques, au supermarché, en laissant le chariot dans les espaces prévus à cet effet, en jetant dans la poubelle nos chewing-gums… la liste serait interminable. Il est peu probable que quelqu’un vienne un jour vous remercier pour cela, mais souvenez-vous, nous sommes nous aussi les prochains de quelqu’un et nous savons tous ce que veut dire passer après quelqu’un qui a mal fait les choses.
• Offrir une amitié désintéressée. Avoir le courage de faire connaissance
Offrir une amitié concrète à quelqu’un dont on sait qu’on ne tirera aucun bénéfice, voilà un bien beau cadeau ! Quelqu’un qui, selon nous, n’est pas notre « égal », une personne plus jeune ou plus adulte, quelqu’un d’un autre niveau social ou professionnel. Une nouvelle amitié. Bien entendu, ne nous attendons pas à devenir d’emblée les meilleurs amis du monde, mais le simple fait d’offrir notre amitié à quelqu’un que nous n’aurions jamais pensé côtoyer un jour est un immense cadeau.

Aleteia

17:40 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (1)

19/12/2016

NATIVITÉ de Lorenzo Lotto

 


Les plus belles œuvres pour se préparer à Noël

 

 

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Il faut une grande intelligence et une fréquentation assidue des oeuvres pour livrer au grand public un livre d’une telle densité. La langue de Sophie de Gourcy est élégante sans être ampoulée, précise sans être trop érudite. Un tel ouvrage, magnifiquement illustré — et dont on supplie l’éditeur de décliner la formule — comble ce grand regret que nous portons souvent en parcourant les musées : ne pas tirer des tableaux tout ce qu’ils voulaient nous offrir.
Une approche très pédagogique
Les huit tableaux présentés balaient de larges pans de l’histoire de la peinture : Fra Angelico, Lorenzo Lotto mais aussi Van der Weyden ou Jordaens. L’auteur n’est pas allée aux plus évidents : Champaigne, Botticelli ou Le Pérugin mais probablement aux tableaux les plus chers à son regard de critique et de pédagogue. Car chaque tableau est l’objet d’une leçon, enseignée par un talentueux professeur. Après une description générale, un rappel du contexte, le tableau est méthodiquement expliqué et une grande attention est accordée aux détails. Car Sophie de Gourcy rappelle que rien n’est gratuit sous la main du peintre et que tout ce qui naît du pinceau est porteur de sens. Ainsi, dans une Nativité de Lorenzo Lotto, ce petit baluchon posé aux pieds du Christ nouveau-né pour signifier le poids des pêchés et des soucis que chacun d’entre nous doit déposer aux pieds de notre Sauveur. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, je vous soulagerai ». De tels détails, dont la richesse théologique ou philosophique nous serait passée inaperçue, l’auteur nous en révèle des dizaines. Quelle chance !
Retrouver un regard d’enfance
La grande conviction de Sophie de Gourcy est que ces tableaux étaient immédiatement compréhensibles aux hommes de leur temps, aussi peu éduqués étaient-ils. Peut-être pas intégralement, pas doctement, mais ils étaient compris dans l’essentiel de leur message. Et tous ces tableaux parlaient de la grandeur de Dieu, mettaient leur beauté à son service. « La beauté de Dieu est admirablement simple ». Il fallait du génie pour rassembler une telle densité avec de pauvres mains d’hommes, et une grande foi : « C’est une évidence : un homme qui n’a pas la foi, ne peut peindre cela ». Le peintre rappelle le tragique de chacune de nos vies : nous n’avons que peu de temps pour mériter notre salut. Quel plus beau motif que celui de la Nativité pour nous inviter à nous remettre à la toute puissante douceur de Dieu ? L’auteur conclut son ouvrage par une citation de Charles Péguy, qui rappelle notre condition déchirée : « C’est la foi qui est facile et de ne pas croire qui serait impossible. C’est la charité qui est facile et de ne pas aimer qui serait impossible. Mais c’est d’espérer qui est difficile ». Nous peinons à espérer car nous sommes trop lourds, contemplons avec le regard de notre enfance pour retrouver… la légèreté des enfants de Dieu.

Apprendre à voir La Nativité, Sophie de Gourcy, éditions Desclée de Brouwer, 128 pages, 24 euros.
 
 

16:53 Publié dans BEAUX ARTS | Lien permanent | Commentaires (0)

16/12/2016

OUTRE-TERRE

Outre-Terre

Le voyage à Eylau

 

- OUTRE-TERRE

JEAN-PAUL  KAUFFMANN

 

10 juin 2016 : le journaliste Jean-Paul Kauffmann nous régale avec ce récit hors du temps et de l'espace qui nous fait revivre la bataille d'Eylau (8 février 1807), l'une des plus meurtrières et des plus incertaines de l'épopée napoléonienne.
Grand Prix de la Société de Géographie

- OUTRE-TERRE



Jean-Paul Kauffmann s'est vu remettre le 18 novembre 2016 le Grand Prix de la Société de Géographie pour Outre-Terre et l'ensemble de son oeuvre. Une récompense méritée car le journaliste fait partie de l'élite des écrivains voyageurs à même de restituer l'âme des lieux, même cachée derrière la banalité du quotidien.
Fondée en 1821, la Société de Géographie est la plus ancienne association du monde dans sa spécialité. Avec un millier de membres, aujourd'hui présidée par Jean-Robert Pitte, elle se consacre à la promotion de la géographie et des explorations auprès de tous les publics.

Pas un roman ni un livre d'Histoire, encore moins un récit de voyage.
Outre-Terre mérite d'être qualifié d'« essai » au sens que Montaigne lui-même a donné à ce mot : un texte qui entremêle souvenirs intimes, observations du moment, réflexions politiques ou philosophiques et récits historiques. L'ensemble se lit avec délectation et gourmandise.
Jean-Paul Kauffmann, irrépressiblement attiré par les terres lointaines et le mythe napoléonien, nous a déjà livré un beau livre sur l'île de Sainte-Hélène, La Chambre noire de Longwood (1997). Il récidive avec ce livre qui fait suite à un voyage - un pèlerinage plutôt - sur le site d'Eylau en 2007, à l'occasion du deux centième anniversaire de la bataille.
Eylau a troqué son nom prussien contre celui de Bagrationovsk, en l'honneur du général géorgien Bagration, l'un des adversaires de Napoléon. C'est aujourd'hui une petite ville sans aucun charme dans l'enclave russe de Kaliningrad (ex-Königsberg, Prusse orientale).
L'auteur a souhaité s'y rendre avec sa femme et leurs deux garçons en vue de renouer avec ses souvenirs de jeunesse : la toile célèbre du baron Gros supposée montrer Napoléon au lendemain de la bataille, le regard levé vers le ciel cependant qu'un lancier polonais blessé, à ses pieds, lui rend hommage ; le roman de Balzac qui raconte comment le colonel Chabert, qu'on avait cru mort après la charge de cavalerie de Murat, aurait miraculeusement survécu et, de retour en France après plusieurs années d'absence, tenté de retrouver sa femme, ses biens et ses titres.

Jean-Paul Kauffmann raconte la toile de Gros, une commande de Napoléon destinée à édifier les foules, tout comme le colonel Chabert, un destin avec lequel il se voit des affinités, lui qui fut otage au Liban, à l'isolement complet pendant trois ans.
Il fait revivre pour nous la geste napoléonienne et les affres de l'Empereur, qui n'hésite pas à se mettre en danger dans le fameux cimetière d'Eylau, pour coordonner au mieux les mouvements de ses troupes malgré le froid hivernal et le manque de visibilité.
Passionné de stratégie militaire, il raconte aussi les risques endossés par Napoléon au cours de cette bataille qui a failli mal tourner. Il s'en est fallu de peu en effet que le Prussien Lestocq, poursuivi par la cavalerie de Ney, n'arriva avant celui-ci sur le champ de bataille, comme Blücher à Waterloo huit ans plus tard.
Mais Jean-Paul Kauffmann raconte aussi la déprussification du village et de l'enclave par les Soviétiques, le remplacement des populations et plus encore la reconstruction de la mémoire russe autour de la « Guerre patriotique » livrée à Napoléon.
Nous voici avec sa guide-interprète Julia, qui se prend peu à peu de passion pour la bataille d'Eylau, et les reconstituants et historiens russes qui la rejouent à deux cents ans de distance, avec d'autant plus d'enthousiasme que de leur point de vue, elle fut une victoire russe même si Napoléon resta maître du terrain. 
Mais le héros muet de l'histoire demeure tout au long du livre le clocher de l'église d'Eylau au sommet duquel Jean-Paul Kauffmann brûle de monter. Napoléon a eu soin de le faire représenter sur la toile de Gros car c'est de là qu'il put suivre la bataille et diriger ses troupes au moment décisif. Le fameux clocher est aujourd'hui un triste moignon au-dessus d'une usine délabrée d'appareils frigorifiques. L'auteur ne pourra en définitive jamais y accéder !

- OUTRE-TERRE


Au terme de la lecture, nous voilà à notre tour pénétrés d'émotions et d'images à la seule évocation d'Eylau. Miracle de la littérature qui donne chair et vie aux chroniques anciennes.  
André Larané

 
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