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26/02/2017

MOSSOUL EN VOIE DE LIBÉRATION

 MOSSOUL LIBÉRÉE?

Après la prise de l’aéroport, les troupes de Bagdad sont entrées dans l’ouest de la métropole, où 750 000 personnes sont toujours prises au piège.

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                                         Evacuation des civils de Mossoul-Ouest / Jérémy André


Elles sont soudain apparues à l’horizon : plusieurs centaines de silhouettes sur le plateau brun doré à la frange sud de Mossoul. C’est une vague de civils fuyant les combats, comme pourchassés par les détonations des mitrailleuses, les explosions de roquettes, de mortiers et de frappes aériennes qui provenaient des faubourgs derrière eux.
Car vendredi 24 février, la première division des forces spéciales irakiennes, la fameuse Division d’Or, a pris pied dans le quartier de Mamoun, au sud-ouest de Mossoul, la seconde ville d’Irak, autrefois peuplée de 2 millions d’habitants.
Quatre offensives simultanées sur l’ouest de Mossoul
L’autoroute de Bagdad se termine là. Au sommet d’une côte, un panneau géant marque l’entrée dans la métropole, avec le symbole de Daech et ce slogan immense : « État islamique, Mossoul, province de Ninive. LE CALIFAT SELON LA VOIE DU PROPHÈTE ».
Devant, des forces spéciales irakiennes dansent sur un tube au refrain prometteur : « Je parie que nous reprendrons Mossoul. Nous ne partirons pas, même si nous finissons drapés dans nos drapeaux ! »
Mossoul devait être la cité modèle du « califat ». Aujourd’hui, ce pseudo-État s’effondre. Depuis que les troupes irakiennes ont fini de reconquérir la moitié Est en janvier, les combattants de Daech ne tiennent plus que l’autre moitié, à l’Ouest du Tigre.
Jeudi 23 février, la force de réaction rapide du ministère de l’intérieur a pris pied dans l’aéroport, entre l’autoroute et le fleuve. Mais vendredi, ce sont les forces spéciales, placées directement sous les ordres du premier ministre, Haider al Abadi, qui ont eu l’honneur de pénétrer les premiers quartiers d’habitation.
« Nous avons lancé quatre offensives en même temps », explique le brigadier-général Salman Hashem, 53 ans, officier du renseignement des forces spéciales irakiennes. Derrière ses lunettes d’aviateur, il surveille la vague de civils quittant la ville et atteignant les lignes arrières de la Division d’Or.
« La division de réaction rapide poursuit en direction de la ville depuis l’aéroport, précise-t-il. La Police fédérale a pris ce matin le contrôle de l’aéroport. La seconde division des forces spéciales combat dans la base militaire de Ghazlani, près de l’aéroport. C’est la première division des forces spéciales qui a pris d’assaut le quartier de Mamoun. »

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Des miliers de boucliers humains libérés
Devant lui, les civils ne cessent d’affluer sur un chemin tracé dans la terre par la colonne de blindés partis dans l’autre sens ce matin.
Les hommes portent les petits. Les femmes sont chargées comme des mules, de sacs de riz et de valises. Parfois, des blindés irakiens fendent le chemin, chargés des plus vieux, enveloppés d’une épaisse poussière.
« Nous sommes partis à 10 heures du matin », raconte Youssef Mohamed Jassem, 40 ans. Il est encore couvert de poussière, il s’appuie sur sa canne de berger. Il résidait depuis quelques mois dans le faubourg de Mujema, près du quartier de Mamoun.
Mais il vient en fait d’un petit village plus au sud. Comme la plupart de ces civils, il était retenu comme bouclier humain. Selon les forces irakiennes, deux mille familles auraient ainsi été déportées, s’ajoutant aux 750 000 habitants de la partie Ouest.
« Mi-octobre, avant la bataille, les hommes de Daech ont frappé à nos portes et nous ont ordonné de les suivre », se rappelle en effet Youssef. « Ils tiraient en l’air. Nous avons laissé toutes nos affaires, nos voitures, nos tracteurs, et nous nous sommes installés à Mujema al Mamoun, dans des maisons en construction. »
À Mossoul Ouest, ils manquaient de tout. « Les gens ont faim. Il n’y a plus d’eau courante, et seulement deux heures d’électricité par jour. » Derrière lui, une vieille femme fume une cigarette et pleure. Un homme, « 90 ans peut-être », tremble. Un autre demande : « Les téléphones sont autorisés ici ? »
Jérémy André (à la porte sud de Mossoul)
ALETEIA

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