logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

25/05/2017

L'ASCENSION


Jeudi 25 Mai 2017

Fête de l'Ascension

Année A


L'ailleurs de Jésus


Fête de l'Ascension : Un commentaire de Marcel Domergue, jésuite des lectures bibliques. L'Ascension est déjà là quand Jésus ressuscite

L'ASCENSION.png

 

L'Ascension est déjà là quand Jésus ressuscite : en effet, il ne ressuscite pas à sa vie antérieure mais dans ce que l'on peut appeler la vie de Dieu. C'est pourquoi les évangiles nous le montrent insaisissable. Il se montre quand il veut, mais seulement pour faire comprendre aux disciples qu'il est bien vivant, même si cette nouvelle vie est tout autre. Matthieu ne parle pas d'ascension. Pour Jean et Marc, il n'y a aucun intervalle entre la Résurrection et l'Ascension. Seuls les Actes parlent de quarante jours, nombre symbolique représentatif d'une génération, donc d'une vie. De toute façon Jésus disparaît. S'il est avec eux «jusqu'à la fin du monde» (Matthieu 28,20), ce ne sera plus de la même façon. Notons la curieuse expression de Luc 24,44 : «Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous…» Il n'est donc plus avec eux au sens habituel. Marc et Jean nous disent qu'il disparaît en montant au ciel, comme jadis le prophète Élie (2 Rois 2). Il s'agit là évidemment d'une image, d'ailleurs lourde de signification. En effet, «ciel» n'est pas à prendre au sens cosmologique du terme, comme si Dieu, qui est pourtant reconnu Esprit, donc non localisable, disposait d'un territoire où habiter. L'Ascension n'est donc pas un déplacement à travers l'espace. De quoi s'agit-il donc ? Avant de répondre, remarquons que, même dans le langage courant, l'inférieur et le supérieur, au-delà de leur sens topographique, sont chargés d'une forte portée symbolique.
Le poids du «ciel»
Un mot lourd s'il en est. Il représente en premier lieu ce qui est «au-dessus», ce qui nous domine. Il est aussi figure de l'inaccessible : même si nous arrivons à l'explorer, nous savons que nous pourrons toujours aller plus loin ; il représente l'inépuisable. Non pas l'infini mais du moins l'indéfini. Il surplombe tout notre univers terrestre ; rien ne lui échappe, ce qui induit l'idée de connaissance parfaite. Puissance absolue également : c'est du ciel, d'en haut, que foudroient les éclairs et gronde le tonnerre. Pluies diluviennes parfois, incontrôlables et souvent meurtrières. Mais il y a aussi la sérénité des ciels bleus et le scintillement des astres. Paix céleste et joie de la lumière. Dans la Bible, au-delà des couches ou étages célestes, il y a Dieu. Ni lui ni son «séjour» ne font partie de cet ensemble cosmique, si bien que l'on peut dire que le «ciel théologique» se trouve partout, aussi bien au-dessous qu'en dessus ; il n'est pas localisable et si l'on veut à tout prix le localiser, il faut dire qu'il est tout proche. Le ciel divin est en quelque sorte la face cachée de notre univers et c'est bien pour cela que les «récits» des apparitions du Christ ressuscité nous le montrent inopinément visible n'importe où, comme si brusquement le ciel crevait la surface de l'enveloppe terrestre. Ainsi, nos morts nous sont aussi proches que le Christ ressuscité.
Les cieux où le Christ monte
En un certain sens le ciel est, pour nous, déjà là. Non encore révélé, mais présent. C'est la proximité enveloppante de l'amour. Plus qu'enveloppante : pénétrante. Les cieux où le Christ monte, c'est en effet l'humanité, nous tous. Nous ne le voyons plus parce qu'il a cessé de nous être extérieur. Cependant il ne vient nous habiter que dans la mesure où nous nous unissons aux autres dans une relation d'amour, de bienveillance : «Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux» (Matthieu 18,20). La demeure de Dieu, le Temple de l'Esprit, c'est nous faisant corps. Il se produit en quelque sorte un changement de visibilité. Le corps de Jésus de Nazareth nous est devenu invisible, et c'est là un des sens de l'Ascension. «On a enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où on l'a mis» : ces mots de Marie-Madeleine en Jean 20,13 restent valables. Mais voici que Jésus se donne un autre corps visible, ce corps qui est Église. C'est donc nous, ensemble, qui rendons le Christ visible au monde. C'est pourquoi nous lisons en Jean 17,22-23 : «Qu'ils soient un comme nous sommes un (le Père et le Christ), moi en eux et toi en moi, pour qu'ils soient parfaitement un et que le monde reconnaisse que c'est toi qui m'as envoy酻 C'est donc notre unité qui est maintenant la seule parole par laquelle Dieu se dit au monde. Par moments cela peut nous faire peur, mais cela nous dit dans quel sens doit aller notre marche pour que le ciel puisse habiter la terre.
Père Père Marcel Domergue, jésuite


11:27 Publié dans LITURGIE | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique