logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

17/07/2017

LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE


Les Animaux malades

de la peste

 

Capture d’écran 2017-07-17 à 17.06.50.png


Un mal qui répand la terreur,


Mal que le Ciel en sa fureur


Inventa pour punir les crimes de la terre,


La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),


Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,Faisait aux Animaux la guerre.


Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :


On n’en voyait point d’occupés


À chercher le soutien d’une mourante vie ;


Nul mets n’excitait leur envie ;


Ni Loups ni Renards n’épiaient


La douce et l’innocente proie ;


Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.


Le Lion tint conseil, et dit : « Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis


Pour nos péchés cette infortune.


Que le plus coupable de nous


Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;

Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents


On fait de pareils dévouements.


Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence


L’état de notre conscience.


Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,


J’ai dévoré force moutons.


Que m’avaient-ils fait ? nulle offense ;


Même il m’est arrivé quelquefois de manger


Le berger.
J

Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense


Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi ;


Car on doit souhaiter, selon toute justice,


Que le plus coupable périsse.


– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon roi ;


Vos scrupules font voir trop de délicatesse.


Et bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce,


Est-ce un péché ? Non, non.

Vous leur fîtes, Seigneur,


En les croquant, beaucoup d’honneur ;


Et quant au berger, l’on peut dire


Qu’il était digne de tous maux,


Étant de ces gens-là qui sur les animaux


Se font un chimérique empire. »


Ainsi dit le Renard ; et flatteurs d’applaudir.


On n’osa trop approfondir


Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,


Les moins pardonnables offenses.


Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples Mâtins,


Au dire de chacun, étaient de petits saints.

L’Âne vint à son tour, et dit :

« J’ai souvenance


Qu’en un pré de moines passant,


La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense


Quelque diable aussi me poussant,


Je tondis de ce pré la largeur de ma langue ;


Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net. »


À ces mots, on cria haro sur le baudet.


Un Loup quelque peu clerc, prouva par sa harangue


Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,


Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.


Sa peccadille fut jugée un cas pendable.


Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !


Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait.

On le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,


Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Enregistrer

17:34 Publié dans CONTES | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique