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28/09/2017

LE RÊVE BRISÉ DE NATHALIE


Le rêve brisé de Nathalie

par Fergus

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Samuel Frydman s’affala sur son fauteuil avec une indicible volupté en émettant un grognement de satisfaction. D’un geste malhabile, il déboutonna le bas de son gilet pour donner un peu d’aisance à son obésité naissante. Fameuse, cette fricassée de poissons de roches. Quant à ce klevner, si délicieusement fruité, quelle belle trouvaille ! Comme chaque jour, les yeux du producteur se portèrent sur le Modigliani qui trônait en face de lui : un portrait de femme brune au visage émacié, acquis à prix d’or onze ans plus tôt chez Christie’s au détriment d’un pétrolier texan et d’un lord de l’Amirauté britannique. La femme était entièrement vêtue de noir, à l’exception d’une fine cravate rouge ornée d’une épingle dorée. Elle posait sur le quinquagénaire un regard ambigu fait d’un curieux mélange d’humanité et de cynisme. Tout le charme de la toile était là, dans ce regard étrange et paradoxal. Frydman était connu dans les milieux artistiques pour l’acuité de son jugement et la finesse de ses analyses de la chose humaine. En dépit de cette réputation maintes fois vérifiée, il ne parvenait pourtant pas, après de longues années d’observation, à définir avec certitude quel sentiment profond animait cette mystérieuse brune au regard noir...

Venue de l’interphone, la voix d’une autre femme le tira de sa rêverie :
— Un certain Gérard Delhumeau désire vous rencontrer pour vous soumettre un projet de scénario, monsieur. 
— Delhumeau ? Connais pas. Cet homme a-t-il rendez-vous avec moi ?
— Non, monsieur...
— Eh bien, ma petite Hazel, renvoyez-le comme d’habitude sur Melle Finzi ou M. Serfati. Je les paye pour ça, non ?
— Certainement, monsieur. Mais je vous rappelle que Melle Finzi et M. Serfati sont partis hier soir vous représenter à la Mostra de Venise pour le film de Kassavetz : Drogue, sexe et vielle à roue.
— Ah, c’est vrai, j’oubliais la Mostra. Eh bien, cet homme attendra leur retour, voilà tout !
— C’est que... ce M. Delhumeau insiste pour être reçu aujourd’hui même. En fait, il est déjà venu plusieurs fois depuis ce matin, et je ne parviens pas à m’en débarrasser. Naturellement, j’aurais pu faire appel à la sécurité, mais ce Delhumeau affirme être un ami de Jack Lang...
— En clair, vous voudriez que je m’en charge, n’est-ce pas ? Impossible, ma bonne Hazel, vous savez bien que j’attends Depardieu d’une minute à l’autre.
— Vous avez rendez-vous avec lui à 15 heures, monsieur. Dans 22 minutes ! Et il sera en retard, comme d’habitude. En retard et aviné.
Frydman soupira.
— C’est bon, Hazel, faites entrer ce Chalumeau.
— Delhumeau, monsieur.

Une poignée de secondes plus tard, l’homme franchissait la porte capitonnée. Á vue de nez, il pouvait avoir dans les quarante-cinq ans. Il était vêtu d’un costume de prêt-à-porter bon marché, passablement lustré aux genoux, et tenait dans sa main droite une serviette de cuir datant au bas mot du paléozoïque. Frydman lui trouva une ressemblance avec James Stewart. Comme l’acteur américain, ce Delhumeau était grand et plutôt embarrassé de sa taille. La comparaison toutefois s’arrêtait là : aucun charme particulier n’émanait de ce visage oblong au nez légèrement dévié. La boxe peut-être ? En outre, l’homme était pâle comme un bidet, d’aspect presque maladif : M. Smith au Sana ! Le producteur réprima un sourire. Il fit asseoir le visiteur et se composa un visage sévère, comme il sied à un personnage de son importance.

— Ainsi, monsieur Destrumeau, vous êtes un ami personnel de Jack Lang ?
— Delhumeau. Ami personnel, c’est beaucoup dire. J’ai fait sa connaissance au hammam. À poil dans la buée, ça nivelle les différences sociales et ça crée des liens, forcément.
— Je vois... Écoutez, mon vieux, je suis complètement surbooké et nous n’avions pas rendez-vous, fit observer Frydman d’une voix autoritaire. J’ai donc très peu de temps à vous consacrer, aussi je vous prie d’être le plus bref possible. Que puis-je pour vous, monsieur Désormeaux ?
— Delhumeau, Gérard Delhumeau, précisa le visiteur sans se laisser démonter par le ton de son interlocuteur.
— Au fait, monsieur Delhumeau, au fait ! 
Le visiteur frappa son porte-documents élimé du plat de la main. Quelques particules de cuir s’échappèrent sur la moquette. 
— J’ai là un scénario qui va vous intéresser.
— Eh bien, laissez-le moi, suggéra Frydman en faisant mine de se lever pour clore l’entretien. S’il s’inscrit dans notre ligne de production, mes collaborateurs ne manqueront pas de vous le faire savoir dans les plus brefs délais.

Vissé sur son siège, Delhumeau n’avait pas bougé d’un pouce.
— Permettez-moi au moins de vous présenter le synopsis. Titre du film : « Le rêve brisé de Nathalie ». C’est l’histoire d’un producteur, un type dans votre genre, embarqué dans une histoire sordide. 
Frydman s’était confortablement réinstallé dans son fauteuil. Une petite lueur brilla dans ses yeux. Après tout, cet intermède imprévu pouvait se révéler amusant.
— Un producteur ? Une histoire sordide ? Allons bon !

Imperméable à l’ironie, Delhumeau poursuivit : 
— Au début du film, notre homme, un dénommé Feldmann...
— Pourquoi Feldmann ?
— Pourquoi pas Feldmann ? Notre homme, donc, n’est qu’un professionnel de troisième zone qui vivote en produisant, par manque de moyens, des nanars tournés avec des équipes d’inconnus ou de has been. Naturellement, pas question pour lui d’en rester là : sa place est au Festival de Cannes, en haut des marches, avec les stars. Seulement voilà, y’a une sacrée concurrence dans son business, enfin vous êtes bien placé pour le savoir...
— Je vous le confirme, en effet. Mais continuez, dit Frydman en se grattant in petto les neurones avec perplexité.
— Notre homme est très ambitieux, genre les dents qui déchirent la moquette, si vous voyez ce que j’veux dire. Manque de bol, son chiffre d’affaires ne progresse pas aussi vite qu’il l’aurait souhaité. Feldmann se lance alors dans une série de magouilles financières pour booster son compte en banque. Et ça marche : entre les fausses factures, les sociétés écran et les déclarations fiscales bidon, sans compter les aides détournées du CNC, il parvient très vite à se constituer une pelote confortable...

Imperceptiblement, le producteur avait froncé les sourcils. Cette histoire, c’est grosso modo la sienne. Jusqu’au nom, Feldmann, qui ressemblait à son propre patronyme. Après toutes ces années, serait-il possible que... ? Frydman se fit plus avenant :
— Un cigare, monsieur Bellotaux ? Je les fais venir directement de La Havane. Ou préférez-vous un drink ? Whisky ? Gin ? Vodka ? Tequila ?
— Delhumeau... Non merci, j’ai arrêté de fumer il y a dix ans, et je ne bois jamais d’alcool. 

Le type avait répondu calmement, sans signe apparent d’animosité ou de tension. Frydman se sentit rassuré : l’individu était manifestement inoffensif... Encore que...
─ Notre homme dispose désormais d’un paquet de fric assez conséquent. Dès lors, il peut larguer les bras cassés qui l’entourent et travailler avec des professionnels sérieux. Les succès commerciaux s’enchaînent. Deux ou trois films obtiennent des Césars. L’un d’eux décroche même le Prix Louis-Delluc. En moins de dix ans, Feldmann accumule une petite fortune...

Frydmann frémit : décidément, ce scénario ressemblait de plus en plus à sa propre histoire ! Difficile de croire à un simple hasard. Le producteur sentit la nervosité le gagner. Delhumeau, lui, gardait un calme olympien. 
─ C’est alors que survient Nathalie. Depuis qu’elle est gamine, Nathalie rêve de faire du cinéma. À force de ténacité, elle finit par s’introduire dans le milieu par le biais de la figuration, puis elle réussit à décrocher des petits contrats. Rien de bien folichon. Rien à voir surtout avec les rêves dont elle s’est nourrie durant des années. Son histoire bascule un soir d’été sur un tournage en Provence. Feldmann est venu en voisin de son luxueux mas du Luberon. Les prises de vue terminées, tout le monde se retrouve dans un restaurant de Manosque. Nathalie est un peu éméchée. Elle monte dans la Porsche de Feldmann...

Frydmann tressaillit. Son rythme cardiaque s’accéléra. Sa tension fit un bond. Sa main gauche, posée sur l’accoudoir du fauteuil, se mit à trembler légèrement. Prenant sur lui, le producteur raffermit pourtant sa voix :
— Et bien sûr, la fille se fait sauter. Beaucoup trop conventionnel, monsieur Debureaux ! 
— Delhumeau... Nathalie ne se fait pas sauter, elle est violée par ce gros porc. Pour éviter les complications, il lui promet un rôle important dans une prochaine production. Les mois passent, Nathalie reste au bord du chemin avec ses illusions perdues et sa vertu outragée. Un soir de juin, une ambulance dépose une jeune suicidée aux urgences de l’hôpital Cochin. Les médecins réanimateurs sont impuissants : Nathalie emporte dans la nuit ses rêves de cinéma...

Le visiteur renifla avant de poursuivre :
─ Le lendemain du suicide, le père de Nathalie, un employé de la SNCF, découvre une lettre dans laquelle la jeune fille a vidé son sac. Nathalie, il l’a élevée seul depuis la mort de sa femme, emportée douze ans plus tôt par un cancer. Elle est sa « petite princesse », son « rayon de soleil » dans une vie terne et déprimante d’agent des gares. Fou de rage et de désespoir, le cheminot se procure une arme...
Nouveau reniflement.
─ Il se procure une arme et fonce chez Feldmann, bien décidé à trouer la peau de ce fumier. Mais avant de mourir, cette ordure doit souffrir...

Delhumeau plongea sa main droite dans la poche de sa veste. Frydman avait déjà positionné la sienne dans le tiroir de son bureau.
Trois coups de feu retentirent. Le visiteur s’affaissa sur son siège. Deux tâches rouges s’élargissaient sur sa poitrine et une fontaine de sang s’écoulait à gros jets de sa gorge ; la moquette buvait l’offrande avec avidité.

Quelques secondes s’écoulèrent. Hazel, affolée par les détonations, surgit dans le bureau. Frydman était prostré dans son fauteuil. Un pistolet était posé sur le sous-main de cuir vert. Le producteur de tourna vers sa secrétaire pour se justifier :
— Il... il était venu pour me tuer... Il avait une arme dans sa poche droite... J’ai tout compris : c’était le père de la petite que j’ai... Celle qui s’est suicidée... Nathalie Delhumeau, son nom m’est revenu... Je n’avais pas le choix : c’était lui ou moi. 
Hazel haussa les épaules en soupirant.
— Debonneau, elle s’appelait la suicidée, Valérie Debonneau !

Entre temps, la secrétaire, surmontant sa répugnance, s’était approchée du cadavre. D’un geste tremblant, elle tira le bras droit de la victime. La main surgit de la poche, crispée sur un paquet de kleenex. 

Frydman écopa de dix-huit ans de réclusion ferme.
Détenu à Clairvaux, il a désormais accompli la moitié de sa peine. Il est le seul prisonnier français à posséder un Modigliani dans sa cellule.
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16/09/2017

LE CURÉ DE ST MARTIN TÉMOIGNE


Le curé de Saint-Martin témoigne : « Les habitants ont déjà retrouvé cet amour de la vie qui les caractérisent

© MARTIN BUREAU / AFP

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Le père Freddy Hessou a rejoint Saint-martin la veille du passage de l'ouragan Irma pour pallier à l'absence temporaire de curé sur l'île. Il nous raconte comment se déroule actuellement la vie après la catastrophe.
En attendant la nomination d’un nouveau curé à Saint-Martin, c’est un prêtre béninois de 46 ans exerçant dans le diocèse de Gaspésie, au Québec, qui s’est retrouvé aux cœurs des événements tragiques qui ont frappé l’île. Alors qu’il était en vacances en Guadeloupe, l’évêque de Basse-Terre, Monseigneur Jean-Yves Riocreux l’a sollicité pour partir à Saint-Martin le 5 septembre, quelques heures avant les ravages d’Irma. Le père Freddy Hessou explique qu’il a lui même fait avancer son billet, car il ne voulait « pas laisser le peuple de Dieu tout seul ». Aujourd’hui, il est encore sur l’île, s’occupant des messes et aidant la population. Devant l’ampleur de la tâche de reconstruction, il a décidé d’attendre l’arrivée du nouveau curé et de reporter son départ à la fin du mois. « Je ne peux pas rester plus longtemps, car on m’attend au Canada », nous explique-t-il. Nous avons réussi à le joindre afin de faire rapidement le point avec lui sur la situation.
Aleteia : Quelle est la situation actuellement à Saint-Martin, après le passage de l’ouragan Irma ?
Freddy Hessou : Énormément de travail a été effectué par les autorités. Elles ont enfin trouvé les bons réflexes et l’action de reconstruction commence à porter ses fruits. À ce rythme, d’ici deux ou trois mois, les gens auront oublié le sentiment d’abandon qui les a habité après le passage d’Irma. De plus, la solidarité est forte. Ceux qui ont de la nourriture et de l’eau en apportent à ceux qui n’en ont pas. De mon côté, j’en ai apporté à des personnes âgées. Les habitants ont déjà retrouvé cet amour de la vie qui caractérisent les gens qui vivent aux Antilles et plus largement ceux qui habitent au soleil. La vie a repris. Certes, tout le monde a conscience que demain sera ne sera pas facile, mais le sourire a été retrouvé. Cette joie de vivre n’effacera pas les difficultés, mais aidera à les surmonter. Le chantier est encore grand, il faut protéger les enfants, les plus âgés et les plus faibles, continuer de les mettre à l’abris en Guadeloupe et Martinique, etc.
Dans quelle situation se trouve l’Église à Saint-Martin ?
Dès le dimanche 10 septembre, la messe a repris normalement à 11h à l’église de Marigot. Cette dernière a bien résisté au passage de l’ouragan, il n’y a eu que la porte principale qui s’est effondrée. Depuis, j’ai célébré les messes de mardi et jeudi. Je m’apprête à en célébrer une cette après-midi (vendredi 15 septembre, ndlr). Ce dimanche 17, j’espère pouvoir célébrer à 9h la messe à l’église de Grand-Case. Elle a été un peu abîmée, mais nous avons bien avancé dans les réparation et le nettoyage. Si elle n’est pas complètement prête, il y a une salle qui est restée intacte. Je pourrai y faire la célébration. L’église de Quartier d’Orléans est celle qui a subi le plus de dégâts. Il n’y a plus de plafond. Nous avons lancé un appel à mobilisation pour la nettoyer. Si nous n’y arrivons pas, je célébrerai la messe dehors. Quoi qu’il en soit la vie de l’Église reprend et celle-ci doit être aux côtés des victimes.
Le Secours catholique, épaulé du diocèse de Guadeloupe, dont dépend Saint-Martin, a lancé un fonds de soutien aux victimes. La Martinique et la Guyane désirent aussi se mobiliser pour vous. Comment percevez-vous l’aide extérieure ?
Pour l’instant, je n’ai de contact qu’avec le diocèse de Guadeloupe et avec le Secours catholique. Je les ai eu hier (14 septembre, ndlr) au téléphone. Nous avons fait le point sur ce qu’il y à faire. Actuellement, les gens ont besoin d’être mis à l’abris. Il nous faut une équipe d’artisans pour réparer les toits ou poser des bâches. Pour le moment, les équipes ne peuvent pas venir avec du matériel. Il nous font donc trouver des magasins où nous pouvons prendre du bois, de la tôle, des bâches, etc. Nous avons encore besoin de sécuriser l’île. Pour ce qui est de la nourriture et de l’eau nous avons ce qu’il faut, grâce à la forte solidarité qui s’est mise en place.
Aleteia

11:39 Publié dans RELIGION | Lien permanent | Commentaires (1)

10/09/2017

COLOMBIE: RENCONTRE DU PAPE AVEC PRÊTRES, SÉMINARISTES, RELIGIEUSES, LAÏCS...

COLOMBIE

 

RENCONTRE DU PAPE AVEC LES MEMBRES ENGAGÉS DE L'EGLISE

 

17:23 Publié dans PAPE | Lien permanent | Commentaires (0)

09/09/2017

OURAGAN IRMA

L'OURAGAN IRMA


Les témoignages sont encore rares après le passage dévastateur du cyclone Irma qui poursuit sa route dans les Caraïbes: il a fait au moins 4 morts sur l’île de Saint-Martin.
Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Basse-Terre (Guadeloupe), diocèse dont relèvent les deux îles, annonce l’ouverture d’un fond de soutien.

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Cette photo publiée sur le Facebook de Kevin Barrallon le 7 septembre 2017 montre des maisons inondées à Gustavia sur l’île de Saint-Barthélemy après le passage de l’ouragan Irma. / Kevin Barrallon/AFP
La Croix : Quelles informations sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy avez-vous pu recueillir ? Quelle est l’ampleur des dégâts sur ces deux îles françaises ?
Mgr Jean-Yves Riocreux : Cet ouragan Irma, qui recouvrait une surface équivalente à celle de la France, a été le plus terrible qui ait été enregistré dans les Caraïbes depuis des années. Ce matin (jeudi 7 septembre, NDLR), les liaisons téléphoniques n’étaient toujours pas rétablies et je ne sais pas comment les prêtres sur place ont passé la nuit.
Je viens seulement d’entrer en contact avec le père Freddy Hessou, béninois, curé à Marigot (Saint-Martin). Il m’a dit qu’il était vivant et qu’il avait ouvert son église à la demande de la préfecture, pour que les populations proches des côtes puissent s’y réfugier. Je sais qu’il ne voulait pas être tout seul dans son presbytère.
Ouragan Irma : Saint-Barthélemy et Saint-Martin totalement privées d’électricité
Je ne sais comment les populations vont survivre ces prochains jours, sans électricité, sans eau… Je ne sais pas non plus quand les premières aides matérielles annoncées arriveront.
Comment l’Église peut-elle venir en aide aux populations de ces deux îles ?
Mgr J.-Y. R. : On évoque déjà huit morts à Saint-Martin. J’invite tous les fidèles à prier pour que le bilan ne s’alourdisse pas. Il y a trois églises dans la partie française de Saint-Martin et trois autres dans la partie hollandaise (70 000 habitants au total) ; et trois également à Saint-Barthélémy (9 000 habitants).
Ces églises n’ont pas été épargnées. Le père Fiorenzo Rossi, prêtre italien qui dessert la paroisse de Saint-Barthélémy, m’a indiqué que le clocher de son église, Notre-Dame de l’Assomption à Gustavia, avait été soufflé. Pour l’instant je ne peux pas me rendre à Saint-Martin ni à Saint-Barthélémy puisque les aéroports sont presque totalement détruits, mais je compte bien m’y rendre dès que cela sera possible.


Un jeune aumônier militaire, le père Arnaud Spriet-Mestreit, vient de quitter la Martinique à bord d’un navire militaire pou rejoindre Saint-Martin. Il y arrivera dans 24 heures.
En lien avec les paroisses et le Secours catholique diocésain, nous ouvrons un fond de soutien pour aider en première urgence et pour la reconstruction. Les quêtes de ce dimanche lors des messes seront faites à cette intention.
Avez-vous reçu des messages de soutien ?
Mgr J.-Y. R. : Nous en avons reçu des centaines en provenance du monde entier. Même de la Nouvelle Zélande ! Quand on est au cœur d’une épreuve de cette ampleur, on est très touchés de tous les messages de sympathie qu’on peut recevoir.
Nous savons qu’il y aura un avant et un après cette catastrophe et qu’il faudra des années pour reconstruire ces deux îles


Dossier : Irma, l’ouragan le plus puissant de l’histoire des Caraïbes
Recueilli par Claire Lesegretain

La Croix

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11:47 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

06/09/2017

LE PAPE EN COLOMBIE


La visite du pape François en Colombie s’annonce sous les meilleurs auspices


Isabelle Cousturié

 

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Alors que le Saint-Père adresse un message vidéo au peuple colombien, Bogota et la guérilla de l’ELN signent un accord de cessez-le-feu bilatéral.
« Je viendrai en pèlerin d’espérance et de paix, pour célébrer avec vous la foi en notre Seigneur et apprendre de votre persévérance dans la recherche de la paix et de l’harmonie ». Les paroles du pape François au peuple colombien, à la veille de son départ pour son sixième voyage apostolique en Amérique latine, sonnent comme une réponse au nouveau pas vers la paix franchi le 4 septembre par la Colombie, en signant avec l’Armée de libération nationale (ELN) un cessez-le-feu bilatéral. Après plus de 50 ans d’une guerre fratricide qui a fait au moins huit millions de victimes, entre morts, disparus et déplacés, dans tout le pays, son message vidéo est centré sur l’importance de « l’amour et la persévérance » pour « construire des ponts et créer la fraternité ».
Ce nouvel accord, après celui signé avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) en novembre 2016, « réjouira » le Pape, estiment les négociateurs qui voient en sa venue « une motivation supplémentaire » pour « accélérer » la recherche d’accords  entre les parties et « espérer » en une « nouvelle Colombie ». L’accord avec le deuxième groupe rebelle du pays a été signé à Quito (Équateur) après six mois de pourparlers. Il devrait entrer en vigueur le 1er octobre prochain pour une durée initiale de 102 jours, c’est-à-dire jusqu’au 12 janvier prochain, qui sera renouvelée « dans la mesure où il sera respecté, et si les négociations avancent sur les autres points », a déclaré le président Juan Manuel Santos, dans une allocution télévisée depuis Bogota.
« Faisons le premier pas »
« La paix nous rappelle que nous sommes tous enfants du même Père qui nous aime et qui nous réconforte », rappelle le Pape dans son message. Une paix « stable, durable, pour que nous puissions nous voir et nous traiter en frères, et non en ennemis », a-t-il plaidé, rappelant au peuple colombien combien il est important, pour mener à bien « toute activité ou projet », de pouvoir faire « un premier pas ». Comme l’indique la devise de son voyage — « Faisons le premier pas » — qu’il veut entreprendre en « pèlerin de d’espérance et de paix ». Encourager le peuple colombien à « se tendre la main » les uns les autres, à se « traiter en frères et non en ennemis », et à échanger entre eux « le signe de la paix « , tel est l’objectif de cette visite tant attendue de part et d’autre comme une nouvelle bouffée d’air frais, dix mois après l’accord historique signé en novembre 2016 avec les Farc, aujourd’hui désarmés et reconvertis en parti politique (Force alternative révolutionnaire commune).

Dans ce contexte, ce nouvel accord est « la preuve oui, que nous pouvons changer (…) C’est le premier miracle de la visite du pape François », a déclaré Pablo Beltran, chef négociateur de la guérilla, après la signature du nouvel accord. Et de tweeter encore de Quito : « Oui, cela a été possible ! Nous remercions toutes celles et tous ceux qui ont résolument appuyé les efforts pour parvenir à ce cessez-le-feu bilatéral ».
L’Église met les bouchées doubles
Et si cet accord peut réjouir le Pape, après tant de décennies de divisions, et un processus de paix dans lequel il a joué lui-même un rôle clé, les évêques de Colombie le peuvent aussi après avoir demandé expressément aux deux parties d’observer un cessez-le-feu durant son séjour dans le pays. Une telle mesure serait « l’expression de votre volonté, et de celle du peuple colombien, d’accueillir le Saint-Père et de souhaiter la bienvenue à sa personne et à son message », avaient-ils souligné en juin dernier.
Cette année, pour « injecter enthousiasme et réconciliation dans le cœur des colombiens », l’Église a décidé de placer sa XXXe Semaine pour la paix (du 2 au 10 septembre) sous le signe de cette espérance, en organisant parallèlement à la visite du pape François plus de mille initiatives sur l’ensemble du territoire dont une grande marche pour la paix, les 6 et 7 septembre à partir de différents lieux du pays pour converger à Villavicencio le 8 septembre, à la rencontre de prière pour la réconciliation nationale avec le Saint-Père ; un acte de réconciliation entre les différents acteurs du conflit armé, le 4 septembre ; une exposition photographique sur les 30 ans de la Semaine et un Prix national pour la défense des droits fondamentaux en Colombie, rapporte l’agence Fides.
Dans son message au peuple colombien, le Pape se dit « honoré » de pouvoir se rendre « sur cette terre, riche d’histoire, de culture, de foi, d’hommes et de femmes qui ont travaillé avec détermination et persévérance pour en faire un lieu où règne l’harmonie et la fraternité, où l’Évangile est connu et aimé, où dire « frère » et « sœur » n’est pas perçu comme un signe étranger, mais comme un véritable trésor à protéger, et à défendre ». Le monde d’aujourd’hui, souligne-t-il, a besoin de conseillers de paix et de dialogue. Après avoir appelé l’Église à « promouvoir la réconciliation avec le Seigneur et entre les frères », le Saint-Père a souhaité que chaque Colombien accueille sa visite « comme une étreinte fraternelle », et le signe visible du « réconfort » et de « la tendresse » du Seigneur.
Les temps forts de la visite du Pape
Lors de son voyage en Colombie, du 6 au 11 septembre, le Pape se rendra à Bogota, à Villavicencio, Medellín et Carthagène des Indes. Il est le troisième pape à se rendre dans le pays après Paul VI en 1968 et Jean Paul II en 1986. À Villavicencio, Le Saint-Père béatifiera l’évêque de Arauca, Mgr Jesus Emilio Jaramillo Monsalve, assassiné par l’Armée de libération nationale le 2 octobre 1989 et le prêtre diocésain Pedro Maria Ramirez Ramos, plus connu comme le martyr d’Armero, tué en haine de la foi le 10 avril 1948. Autres temps forts de la visite : une bénédiction du Pape de la première pierre de la maison pour sans-abri de l’Œuvre Talitha Qum, et une visite au sanctuaire de saint Pierre Claver, missionnaire jésuite, évangélisateur des esclaves noirs.
La prochaine visite du Pape en Amérique latine sera au Chili et au Pérou, du 15 au 21 janvier 2018. La Colombie est le septième pays visité sur sa terre d’origine, depuis son élection en 2013, après le Brésil (en 2013), l’Équateur, la Bolivie et le Paraguay (en 2015), Cuba (en 2015 et 2016), le Mexique (en 2016).

ALETEIA

17:40 Publié dans PAPE | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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