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24/11/2017

ECRITURE INCLUSIVE???


Édouard Philippe dit non à l'écriture inclusive

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Dans une circulaire, Édouard Philippe invite ses ministres à bannir l'écriture inclusive.
Le Premier ministre Édouard Philippe vient de se prononcer contre l'écriture inclusive dans les textes officiels. Un décision qui va alimenter le débat sur la féminisation de la langue française. Pèlerin fait le point.
1. Une circulaire qui jette un pavé dans la mare
Faut-il réformer la langue de Molière au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes ? Le chef du gouvernement vient de trancher. Dans une circulaire qui paraîtra le 22 novembre au Journal Officiel, il adresse une consigne à ses ministres :  "Je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française à ne pas faire usage de l'écriture dite inclusive".

L'État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques.

Édouard Philippe justifie sa décision en expliquant "Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l'État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d'intelligibilité et de clarté de la norme".
2. Le b.a.-ba de l’écriture inclusive
Ces dernières semaines, le corps enseignant, les immortel•le•s de l’Académie française, journalistes, auteur•rice•s, politicien•ne•s, se sont exprimé•e•s avec fougue sur le sujet. Les chef•fe•s de file de cette réforme sont déterminé•e•s à prouver leur bonne foi...

Ce qui donne par exemple : "Émile et Pauline sont gentilles".

La rédaction de ces quelques lignes s’inscrit dans le strict respect des règles de l’écriture inclusive. Ainsi, le point médian permet d’inclure le masculin et le féminin dans un même mot. Le genre des noms de fonctions, grades et autres titres est, lui, systématiquement décliné.
Avec l’accord dit «de proximité», le masculin ne l’emporte plus forcément sur le féminin. Ce qui donne par exemple : "Émile et Pauline sont gentilles". Enfin les mots épicènes (journaliste, élève) ou les formules dites englobantes (corps enseignant) seront privilégiés parce que non sexués.

3. Le manuel qui a enflammé le débat


Désigner des métiers comme "artisan•e•s", ou encore "commerçant•e•s"

L’éditeur Hatier a sorti pour la rentrée le manuel Questionner le Monde pour les CE2, édité en écriture inclusive. "Les manuels scolaires sont le reflet de la société et de ses évolutions", arguait l’éditeur, le 26 septembre.
Dans ce livre, l’ajout d’un point médian ne concerne que… 13 mots pour désigner des métiers comme "artisan•e•s", ou encore "commerçant•e•s". Hatier souligne qu’il a juste appliqué les recommandations du Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe, publié en novembre 2015 par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.
En 1984, déjà, Yvette Roudy, alors ministre des Droits de la femme, avait chargé Anne-Marie Houdebine, une linguiste, de superviser une commission de terminologie sur la féminisation des titres et des fonctions. Ces travaux faisaient suite à la loi du 13 juillet 1983 promulguant l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes dans les entreprises.

4. Passion et pétitions
Le 7 novembre, à l’initiative d’Eliane Viennot, professeure de littérature française de la Renaissance à l’Université Jean-Monnet, à Saint-Étienne (Loire), 314 enseignants de français ont signé un manifeste pour signaler "qu’ils n’enseigneront plus que le masculin l’emporte sur le féminin". L’universitaire rappelle qu’il y a près de 400 ans la monarchie utilisait officiellement les termes "ambassadrice", "autrice", "officière".

L’Académie française, elle voit dans l’écriture inclusive "un péril mortel".

L’Académie française prétend encore que ces mots constituent des "néologismes", fustige celle qui aime à rappeler, par ailleurs, que Charles de Gaulle fut le premier à employer dans ses discours "Françaises, Français". "Aujourd’hui, nous sommes à un tournant : les femmes accèdent de plus en plus à des postes à responsabilité. La réflexion bat son plein pour l’égalité des salaires, le partage des tâches domestiques, la représentation politique.
La langue reflète ces évolutions. Il ne faut pas l’en empêcher." D’autres enseignants s’y opposent et le font savoir dans une pétition baptisée "Contre ces combats “féministes” qui abîment la langue française". Elle a déjà recueilli près de 5 000 signatures sur change.org. Quant à l’Académie française, elle voit dans l’écriture inclusive "un péril mortel".
Le 26 octobre, les sages ont officiellement déclaré "qu’il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ?" L’un d’eux, Danièle Sallenave craint des confusions pour l’apprentissage du français, mais aussi l’impossibilité de lire à haute voix.
"Ce débat s’avère néanmoins l’occasion de mener un grand chantier pour tenir compte davantage de l’égalité des sexes, juge l’une des quatre Immortelles. La langue est un bien commun. Il ne faut pas la modifier brutalement au risque de ne plus se faire comprendre et de la rendre illisible", précise-t-elle.  

L'entreprise a introduit dans ses documents des mots comme "bailleuse" ou "chef·fe de projet construction".

5. Les pionniers en France
En 2016, Raphaël Haddad, directeur de l’agence de communication Mots-Clés, a publié un manuel d’écriture inclusive pour accompagner des sociétés dans cette démarche. L’un des plus gros bailleurs d’habitat social d’Europe, l’agence 3F a, ainsi introduit dans ses documents des mots comme "bailleuse" ou "chef·fe de projet construction". Résultat : plus de femmes ont candidaté pour un poste.
Depuis quelques semaines, le magazine en ligne Slate.fr s’est converti à l’écriture inclusive. Reste que le journal n’utilise pas les points médians : "ils ne sont pas assez lisibles", selon son rédacteur en chef, Christophe Carron.

6. Qu’en est-il à l’étranger ?
Créé en 1961, l’Office québécois de la langue française recommande, par exemple, l’usage des termes "plombière", "agente de maîtrise", "homme de ménage"… En Belgique, un décret de 1993 oblige à décliner les noms de métier. Même des pays anglophones s’y sont mis ! Ainsi, en Grande-Bretagne, chairperson (président) est préféré à chairman.

La langue est un organisme vivant.

7. Le français, une langue bien vivante
À l’instar de monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, nombreux sont ceux qui utilisent déjà "auteure", "professeure". D’autres s’en émeuvent. Parmi les pays francophones, la France, où la pureté de la langue fait figure d’enjeu national, se distingue par une crispation à ce sujet.
L’écriture inclusive, qui promeut l’égalité homme-femme, vient finalement mettre l’accent sur une réalité : la langue est un organisme vivant et sensible aux évolutions de la société.
(Pèlerin)

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