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05/05/2018

BÉNÉVOLE EN HAÏTI

Francis, jeune retraité : "N'hésitez pas, partez comme volontaire !"

© Ludovic Leleu/Lightmotiv

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Pèlerin. Pourquoi avez-vous décidé de devenir volontaire ?
Francis Firmin. Je pense à ma retraite depuis un moment. À l'origine, mon projet était de l'occuper avec un simple travail de bénévole. Mais, avant de me lancer, je voulais faire le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne) avec un ami. Malheureusement, celui-ci est mort en mai 2016. J'ai alors envisagé de m'engager dans une cause humanitaire. Puis, en septembre 2016, une amie m'a parlé de son fils, volontaire à Madagascar avec la Délégation catholique pour la coopération (DCC).
Le volontariat n'est donc pas réservé aux jeunes ?
Non ! La majorité des volontaires sont des jeunes mais, avec la DCC en tout cas, on peut partir jusqu'à 74 ans, seul ou en couple. Pour une mission d'un an, renouvelable six fois. Dans la promotion des cinquante-cinq qui partent cette année, la moyenne d'âge est de 26 ans. Ce fut très enrichissant de se retrouver en stage de préparation avec ces jeunes. J'avais le sentiment d'être comme eux.
Vous vous êtes porté candidat rapidement ?
J'ai appelé le fils de cette amie, qui m'a parlé de sa mission. Le site de la DCC m'a donné envie. Il se trouve que, depuis presque cinquante ans, j'étais très impliqué dans la vie associative et sportive. Outre mon travail d'éducateur spécialisé, j'étais président bénévole du Comité départemental d'athlétisme de la Somme, pendant vingt-cinq ans. Je voulais changer. Partir loin était une belle opportunité.
Comment s'est passé le recrutement ?
Le processus a été assez long. Avec la DCC, vous n'avez la certitude de partir qu'après avoir suivi plusieurs formations. J'ai déposé ma candidature en janvier 2017, et effectué un premier stage de deux jours en avril 2017. Puis un deuxième de trois jours en novembre. En janvier, dernière formation de neuf jours, à l'issue de laquelle j'ai signé mon contrat. Je suis en retraite depuis le 31 mars et je pars le 3 mai, pour deux ans.
Avez-vous choisi votre destination, Haïti ?
Non. On ne choisit pas, on se contente d'émettre des souhaits. J'avais demandé l'Afrique. Ce qui m'importait, c'était un projet en lien avec des enfants. Quand, en décembre dernier, on m'a demandé si j'acceptais de partir en Haïti, j'ai d'abord été un peu inquiet car je ne connaissais pas du tout. Depuis, j'ai travaillé sur le projet de ma mission avec la présidente de l'ONG (organisation non gouvernementale) allemande Haiti Kinderhilfe, pour laquelle je pars. J'ai appris beaucoup de choses sur le pays. Je suis rassuré. D'autant que, durant notre séjour, nous sommes suivis, à distance, par un chargé de mission. Nous avons également la possibilité de contacter quelqu'un de la DCC 24 heures sur 24.
Haïti est un pays très pauvre. Cela ne vous fait pas peur ?
Non. Plus jeune, j'ai connu la grande misère dans mon quartier. Nous étions cinq enfants, mon père était ouvrier maçon, ma mère restait au foyer et il arrivait que mes parents aient des fins de mois difficiles. Donc la pauvreté me motive. Dans l'encyclique « Loué sois-tu », le pape François appelle à un retour à la simplicité et au partage des richesses. Cela me parle.
Quelle sera votre mission ?
Je vais travailler comme éducateur auprès de trente jeunes de 14 à 27 ans originaires de Cité Soleil, un bidonville de Port-au-Prince, la capitale. La plupart sont orphelins ou issus de familles trop pauvres pour les élever. Parmi eux, certains sont accueillis dans un foyer géré par Haiti Kinderhilfe. Ma mission sera à la fois d'occuper leur temps libre avec du sport et des activités culturelles, mais aussi de les accompagner dans leur orientation professionnelle. Pour les sortir de la pauvreté, jusqu'à ce qu'ils soient capables de gérer leur vie.
Financièrement, comment cela se passe ?
L'ONG paye mon billet d'avion, me nourrit, me loge et me donne de l'argent de poche.
Quitter vos proches n'est-il pas trop compliqué ?
Divorcé depuis treize ans, j'ai deux enfants de 27 et 30 ans, rassurés de me voir occupé. Ils ont promis de venir me voir. Mais laisser ma maman de 92 ans… C'est plus difficile pour moi que pour elle ! Heureusement, avec Internet et le téléphone, je l'appellerai souvent.

J'avais un peu abandonné la spiritualité. C'est le moment de m'y remettre !

Ce temps est aussi un moment privilégié pour prendre du recul, non ?
Oui. J'ai besoin de me ressourcer, d'aller voir ailleurs. En dehors de la messe, j'avais un peu abandonné la spiritualité. C'est le moment de m'y remettre ! Avant de partir, j'ai demandé à être parrainé sur le plan spirituel par la congrégation des Sœurs ermites de Mont-morin. Elles vont prier pour moi.
Quel conseil donneriez-vous à des personnes qui hésitent à partir ?
N'attendez pas ! Ne réfléchissez pas trop. Avec une association comme la DCC, on bénéficie d'un accompagnement. Quand on a la santé, on peut partir.
Pèlerin

11:44 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

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