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29/06/2018

MACRON AU VATICAN

 

Après la visite d’Emmanuel Macron au Vatican

par Gérard Leclerc


mercredi 27 juin 2018

         

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Au lendemain de la visite d’Emmanuel Macron au Vatican, une constatation s’impose. Avec ce Président, les choses ne sont plus comme avant. Avant, ce n’est pas seulement François Hollande, dont l’indifférence en matière religieuse rendait difficile toute approche des relations du politique et du spirituel. C’est aussi Nicolas Sarkozy qui, en dépit de son discours fameux au Latran, n’avait pas abordé la question avec la profondeur du président actuel. On peut avoir toutes les préventions et les réserves possible à son égard, on ne peut empêcher cette empathie avec la culture chrétienne qui peut séduire et gêner à la fois. Gêner, parce que l’on sait que s’il y a un différend avec lui, un différend grave, il ne se situera jamais dans la position d’un ennemi dont l’hostilité patente le rangerait définitivement dans un camp contre le vôtre. En politique, ce n’est pas le cas de figure le plus commode, si l’on est persuadé avec Carl Schmitt que sur ce terrain-là il faut toujours un ennemi.
Il semble bien que c’est le pape François qui a abordé le problème de la procréation médicalement assistée dans l’échange personnel qu’il a eu avec le Président. Et là-dessus, nous étions prévenus : autant Emmanuel Macron admet que les catholiques participent pleinement au débat, autant il refuse que leurs convictions constituent une injonction pour la puissance publique. Et certes, la séparation du spirituel et du temporel justifie pareil avertissement. Les moralistes catholiques savent aussi, avec saint Thomas d’Aquin, qu’il n’y a pas équivalence totale de la loi morale, encore moins des préceptes évangéliques, avec la loi civile. Pour qu’il y ait équivalence, il faudrait que les femmes et les hommes soient tous des saints, réalisant dans leur vie les plus hauts des idéaux. Ce n’est pas possible, ce n’est pas réaliste.
Pour autant, l’imperfection et les faiblesses reconnues justifient-elles certaines transgressions qui atteignent notre constitution anthropologique fondamentale ? Lorsque la procréation se trouve instrumentalisée hors des normes les plus structurantes de notre humanité, il n’y a pas seulement désaccord, il y a casus belli. Et si la transgression se trouve inscrite dans la loi, les catholiques sont forcément contraints à une vigilante objection de conscience que ne saurait entamer le respect dû à la législation. Sans objection de conscience, il n’y a plus d’État de droit. Tout cela pour conclure que, tant que nous sommes in via, en chemin, il nous est impossible d’accéder à un consensus parfait. Cela ne veut pas dire que nous ayons à nous mettre en marge, à nous réfugier dans on ne sait quelle thébaïde. La tranquillité de l’ordre, dont parlait saint Augustin, n’ira jamais sans troubles et même sans certaines dissidences, mais jamais au prix de notre désengagement.
(France-Catholique)

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19/06/2018

CONFESSION D'UN ANCIEN FRANC-MAÇON


TEMOIGNAGE : Mon expérience de franc-maçon ... y-a-t-il une justice en France ?

 
Mon expérience de franc-maçon

               http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mon-experience-de-franc-macon-15316


parLe Hérisson 
lundi 6 novembre 2006


 

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 J’ai appartenu au Grand Orient de France (GODF) pendant un peu moins d’une quinzaine d’années, dans les années 1980 et 1990. J’ai quitté l’obédience car déjà, on pouvait percevoir les déchirements qui s’annonçaient. J’ai toujours quelques contacts avec des « frères », comme on dit en maçonnerie. Et ils me confirment tous que ce qui se passe au GODF depuis quelques années est navrant.
Les francs-maçons peuvent confier leur appartenance. Il n’y a aucune restriction, la franc-maçonnerie s’affirmant comme organisation « discrète » et non pas « secrète ». En revanche, un franc-maçon, actuel ou ancien, n’a pas le droit de révéler le nom d’un autre membre, à moins qu’il ne se soit déclaré lui-même, comme le font les grands maîtres qui doivent nécessairement recevoir les médias.
 
Une école de pensée ?
 
Je n’avais aucune idée de la franc-maçonnerie. J’étais directeur d’association dans les Côtes d’Armor, et l’un des administrateurs de l’association, appelons-le Pierre, aujourd’hui décédé, était un homme absolument admirable, un « saint laïque », pourrait-on dire. Il fut de tous les combats, philosophiques, politiques, associatifs... Ancien franc-maçon et ayant gardé des attaches, il me coopta. C’est sur ce Pierre, grand athée et libre-penseur devant l’Eternel, que j’avais bâti mon église franc-maçonne. Lorsqu’on postule pour entrer au GODF, on reçoit trois enquêteurs qui viennent dialoguer avec vous. Ensuite, on doit passer un examen en loge, « sous le bandeau ». On est introduit dans le « temple » les yeux bandés, puis on est soumis aux questions des frères présents : les motivations, des questions philosophiques, religieuses, d’actualité, etc. Ensuite, le postulant est sorti du temple et les frères votent. A l’époque où j’étais FM, la plupart des postulants étaient admis. En plus de dix ans, je ne sais pas si j’ai vu trois refus (on appelle cela « blackboulés » car les frères votent par boules noires (refus) ou blanches (admission), une boule noire valant trois boules blanches. Si j’avais accepté l’offre de Pierre de rentrer au GODF, c’était notamment parce que je considérais la franc-maçonnerie comme une école de pensée, bien différente du monde extérieur (du monde « profane »). En effet, les diverses règles ou rituels qui étaient en vigueur permettaient une meilleure écoute, une expression de la pensée, de plus vastes analyses que, par exemple, la lecture des journaux. Et c’est un journaliste qui parle ! Surtout, la franc-maçonnerie est une école de la tolérance, il ne s’agissait pas de « laisser-faire », mais au contraire, d’un esprit de tolérance venu des Lumières, jaloux de ses convictions. Cela me convenait. Mais il était également évident que d’autres frères étaient entrés pour améliorer leurs affaires, pour se faire des relations, etc. D’autres enfin se sentent comme dans une « autre famille » en franc-maçonnerie, celle qui leur a peut-être manqué.
 
« Apprenti »
J’ai été franc-maçon d’abord dans les Côtes d’Armor, ensuite dans une loge de la région parisienne. Démolissons quelques clichés. Il est complètement faux de dire que tous les décideurs politiques et autres sont FM. A ma grande surprise, après mon initiation, alors que je découvrais mes nouveaux frères, moi qui travaillais au contact des politiques locaux, j’ai eu la surprise de constater qu’aucun d’eux n’en faisaient partie. Autre erreur, le fait d’associer la franc-maçonnerie à l’anticléricalisme. Ce n’est plus vrai. On peut très bien être FM et être pratiquant chrétien ou musulman, par exemple. Le moment le plus important est sans doute ce que les FM appellent l’initiation. On est introduit dans le temple les yeux bandés, selon les loges ou ateliers, il y a toute une mise en scène, que l’on peut parfois trouver désuète, qui commence par un enfermement dans le « cabinet de réflexion » où, en face d’un crâne, il faut rédiger son « testament philosophique ». A la fin de cette « cérémonie », le bandeau est enfin retiré des yeux et l’on découvre le temple. On y voit des symboles qui, pour une part, font appel à l’histoire de l’archéologie ou de la religion : l’équerre et le compas, un damier, le plafond du temple peint en bleu avec des étoiles, un œil qui figure « le grand architecte de l’univers », qui peut être la science pour les uns, la raison pour d’autres et Dieu pour quelques-uns. Le grade d’apprenti dure un an, en général. Une année durant laquelle on n’a pas le droit de prendre la parole. Une belle épreuve d’humilité pour un « infomaniaque » comme moi ! J’ai ensuite été compagnon, comme le veut le cheminement normal, puis ensuite maître. J’ai exercé quelques responsabilités, notamment celle de secrétaire de ma loge. Un gros boulot lorsqu’il y avait plus de quatre-vingt-dix membres.
 
Quelle utilité ?
La franc-maçonnerie entretient de nombreux mythes et s’en nourrit. Certains qu’on lui attribue, je les ai évoqués dans les chapitres précédents, d’autres qu’elle s’attribue elle-même. Par exemple, une bonne partie des francs-maçons pensent qu’ils ont une filiation avec les architectes du Moyen Age, certains pensent même avec les templiers. Rien n’est plus faux. Un ancien grand maître, fort connu, Alain Bauer, criminologue, démonte très bien ce mythe. Les francs-maçons n’ont fait que « récupérer » des symboles d’architecture. Ils ne sont en rien les héritiers des maçons des cathédrales, du Moyen Age ou de la Renaissance. Il est à signaler qu’Alain Bauer a publié un ouvrage dont le titre en dit long : Le crépuscule des frères, Editions de la table ronde. Une autre idée répandue est que les frères inspireraient nombre de décisions politiques innovantes, par exemple, l’interruption volontaire de grossesse. Hélas. Les FM ont eu effectivement une influence sous la IIIe République, sans doute aussi un peu sous la IVe et la Ve, mais elle n’est plus que peau de chagrin, inexistante. Nous n’avons pas entendu les frères sur aucun problème de société récent : la précarisation, l’Europe, la sécurité publique ou sociale, le libéralisme, la laïcité mise à mal (alors que l’on fête son 100e anniversaire), on pourrait multiplier les exemples de cette absence à l’infini. Ce n’est pas seulement le GODF qui est en cause, c’est la maçonnerie dans son ensemble, toutes obédiences confondues.
 
Tous frères, pourvu que ça paie !
J’ai quitté la franc-maçonnerie pour plusieurs raisons. D’abord, les loges d’Ile-de-France ont été au cœur de l’affaire des financements occultes du PS dans les années 1980. L’une des courroies de transmission de la fameuse affaire Urba fut une loge de la région parisienne. Ensuite, dans les loges, il existe la face visible, c’est-à-dire les réunions que l’on tient tous les quinze jours. Mais il existe aussi une face invisible que la plupart des francs-maçons ne connaissent pas. Des « fraternelles » : il s’agit d’associations de francs-maçons d’une même profession ou ayant des intérêts entre eux. Autant dire que lorsqu’il s’agit de faire des affaires, des recrutements, etc., les fraternelles fonctionnent toujours à plein, surtout lorsque ce sont des personnes haut placées et cela, bien qu’elles soient remises en cause régulièrement. J’écrivais plus haut que, découvrant les visages de ma loge, je n’avais vu aucun homme politique ou décideur de ma région. Hélas, les trafics d’influence se font dans un autre lieu que le temple, tout en étant restreints aux seuls francs-maçons. Cette autre déviation s’appelle « les ateliers supérieurs ». Pour ma part, tout en étant parfaitement assidu aux travaux de ma loge, je n’ai jamais eu l’honneur d’y être invité. Mais ce que je sais, c’est que les ateliers dits « supérieurs » sont des repères de corruption, de subordinations d’influences, etc., sous couvert de... l’origine ancestrale de la maçonnerie, c’est-à-dire, des mythes que je décrivais plus haut.
 
On se bat entre frères !
J’ai beaucoup donné pour la franc-maçonnerie. Je l’ai quittée lorsque ma loge s’est déchirée, entre des anciens qui voulaient garder leurs privilèges et ceux qui voulaient retrouver l’inspiration la plus pure de la philosophie. J’ai contacté, il y a peu un ami, frère que j’estime profondément, un homme droit qui avait voulu reconstruire un nouvel atelier. Quand j’étais « apprenti », il était mon éducateur, celui qu’on appelle « le second surveillant ». Il était si déçu de la franc-maçonnerie que j’en avais les larmes aux yeux. Car depuis deux ou trois ans, les scandales suivent les révélations de malversations financières, notamment par rapport à l’association qui gère les biens et les temples des FM. Dans les années 1980, déjà, mes frères de la province s’étonnaient de la gestion de cette officine. Lors des derniers convents, assemblées des francs-maçons, l’agressivité fut à son comble. Alors qu’en principe un grand maître est élu pour trois ans, les deux derniers furent obligés de plier bagage sous les huées. Et encore, je suis modeste ! Depuis, les membres du Convent se succèdent, du meilleur au pire. Si jamais des frères lisent AgoraVox, voire ses rédacteurs, j’aimerais qu’ils réagissent à cet article. Tout en n’étant plus FM, je me considère toujours proche de cette philosophie, ne serait-ce que pour être fidèle à Pierre. Lui qui me disait : « Tu sais, la franc-maçonnerie n’a rien d’exceptionnel. Il y a simplement moins de cons qu’ailleurs. » Mon pauvre ami Pierre, où que tu sois, j’aimerais que tu les rappelles à l’ordre, tous tes anciens amis du Grand Orient de France : qu’ils soient à nouveau des hommes libres de bonne volonté.
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14/06/2018

NUIT NOIRE

 

Nuit Noire
Florane

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La nuit noire était tombée sur la ville et les milliers de crapauds au loin se répondaient, indifférents aux coups de feu et aux cris d’horreur dans le voisinage.
Assise sur ses talons, en appui contre la cloison du cabanon, Takonou caressait, le visage de Yobo, sa fille de cinq ans. L’obscurité était parfois zébrée par l’éclat d’un phare de véhicule de patrouille. La lueur s’immisçait entre les battants de la porte. Yobo apercevait alors le visage tuméfié de sa mère.
— Pourquoi les messieurs soldats t’ont fait mal, maman ?
Takonou tenta de sourire mais ses lèvres éclatées des coups reçus le lui interdisaient.
— Car ils étaient fâchés, ma chérie.
— Parce que tu ne voulais pas faire dodo ?
Tanakou essuya une larme qui coula sur sa joue. Son bas ventre lui faisait très mal, meurtri par les assauts bestiaux qu’elle avait dû endurer tout au long de l’après-midi.
— Maintenant, ils se sont calmés. Il ne faut pas t’inquiéter mon petit amour, maman est là.
— Pourquoi les messieurs soldats ont amené papa ?
La jeune mère frissonna en repensant au regard tendre que lui avait lancé son bien-aimé Faki, avant d’être poussé brutalement dans un pick-up. Elle se demanda combien de temps il avait enduré son supplice avant de succomber.
— Ils l’ont amené faire un tour en voiture, dit-elle d’une voix étranglée. Tu sais comme ton papa voudrait en avoir une.
— Oh oui ! Quand il va revenir, il me racontera, tu crois ?
— J’en suis sûre, mon amour.
Takonou retint une énorme envie de pleurer. Elle serra sa fille contre sa robe déchirée.
Un véhicule arriva rapidement et stoppa devant la maison. Il y eu des portières claquées, des bruits de pas dans la maison, des paroles lancées dans une langue quelle connaissait bien : celle du peuple de Faki.
— Les messieurs soldats vont venir, mon cœur. Il ne faut pas avoir peur. Il faudra bien que tu fasses tout ce qu’ils disent. Il ne faut pas les fâcher.
Les pas se rapprochèrent, une main déverrouilla la porte. L’éclat d’une Maglite les aveugla. Des doigts lui broyèrent le haut du bras quand Takonou fut relevée brutalement.
— Amène-toi roulure ! Avec ton avorton. Tu as un nouveau client.
Les deux captives furent poussées dans la pièce principale de l’habitat traditionnel Kimbawé. Cinq soldats occupaient l’espace, deux étaient vautrés sur le canapé. Les autres demeuraient debout, l’air mauvais. L’un d’eux portait un uniforme d’officier et avait un pistolet à la ceinture.
— C’est toi, la femme de Faki Gowo ?, dit-il.
— Je le suis, répondit Takonou d’une voix faible.
— Et ça, c’est sa bâtarde ?, ajouta-t-il en désignant Yobo.
— Elle est sa fille.
L’homme s’approcha de Takonou et la gifla très brutalement. La jeune femme s’écroula sur le plancher alors que Yobo pleurait et les hommes riaient.
— Elle est sa bâtarde ! Pas sa fille ! Commence pas à me contredire. Une sale Djoubé avec un Hawa, ça ne peut faire qu’un bâtard. Lève-toi quand je te parle !
Takonou se releva péniblement, ses plaies aux lèvres s’était ré-ouvertes et du sang coulait de sa bouche. Elle serra Yobo contre ses jambes.
— Que tu es laide !, se moqua l’homme en dévisageant la jeune mère très proche de son visage boursoufflé. Comment un Hawa a-t-il pu épouser ça ! L’aurais-tu ensorcelé ?
Il sentit la robe et eut un geste de dégoût.
— Tu pues ! C’est comme une odeur de sang mêlé à de la luxure. Tu me dégoûtes. Déshabille-toi !
Takonou tressaillit. Les autres hommes lui jetèrent des regards lubriques. Elle hésita. L’homme plongea son regard dans ses yeux effrayés.
— Tu sais qui je suis ?, dit-il. On me surnomme le Général Cutter. Et tu sais pourquoi ?
Il tira de sa poche, un énorme cutter dont il fit coulisser la lame laquée de sang séché. Il la promena sous les yeux horrifiés de Takonou. Les hommes s’enthousiasmèrent à l’idée de ce qui allait suivre.
— A poil, vite ! Où je m’occupe d’elle !, hurla-t-il en désignant Yobo qui se mit à hurler.
Takonou fit rapidement glisser sa robe au sol. Elle était nue ; ses sous-vêtements arrachés lors de ses précédents supplices. L’homme avisa le corps parfait de la jeune femme et siffla d’admiration.
— Tu es sacrément bien fichue pour une Djoubé. Tu fais honneur à ta sous-race. Dommage que vous soyez tous des chiens !
L’homme se pencha sur Yobo et prit une voix douce pour parler à l’enfant tétanisé.
— Tu aimes les chiens ?
Yobo ne répondit pas. Les yeux apeurés. L’homme sembla perdre patience.
— Je t’ai demandé si tu aimes les chiens ? 
Il saisit une des nombreuses tresses qui ornaient la tête de l’enfant et la coupa avec son cutter.
— Il faut que tu répondes à Monsieur Général, mon cœur, dit Takonou d’une voix étranglée. Tu dois toujours faire ce qu’il te demande.
Yobo fit oui de la tête.
— Voilà qui est mieux. Tu aimerais avoir un petit chien ?
Yobo abandonna ses craintes devant cette perspective.
--Oh oui, Monsieur Général !, répondit-elle avec envie.
— Tu entends ?, fit-il à Takonou. A quatre pattes ! Vite !
Il lui asséna un violent coup à la nuque. La jeune femme s’abattit sur le sol. Il la releva par les cheveux sous les rires des soldats. Il s’adressa à Yobo, jovial.
— Regarde, petite bâtarde, quel beau chien tu as là !
Il se pencha dans le bas du dos de Takonou :
— Il semblerait que ce soit une chienne.
Les hommes exultèrent de cette mauvaise blague. Il donna un violent coup de pied dans les fesses de sa victime en lui arrachant un cri de douleur.
— Vas-y ! Marche en faisant des ronds et aboie un peu pour voir.
Alors Takonou, des larmes plein les yeux, se mit à imiter des aboiements en décrivant des cercles à quatre pattes sous les railleries des soldats. Yobo marchait à ses cotés en pleurant. Mais le général n’était pas satisfait.
— Non, ça ne va pas ça ! Il lui manque quelque chose pour en faire un chien !
Il s’empara d’un balai dont il cassa le manche au trois quart. Il attrapa Takonou par les cheveux et tira sa tête en arrière.
— Tu le préfères par le bout rond ou par le bout pointu ?
La jeune femme roula des yeux horrifiés et se mit à respirer très vite.
— Réponds ! Vite ! 
— Le bout rond ! Le bout rond !, dit-elle dans un flot de sanglots.
L’homme rit sadiquement présentant le manche à ses hommes.
— Perdu ! Tu auras le coté pointu !
Et d’un geste brusque et rapide, il enficha profondément la tige acérée dans le rectum de sa victime, déchirant ses chairs. Takonou hurla de douleur. Une brûlure insupportable envahit son bas ventre tandis qu’un flot de sang s’écoulait de son intimité. Elle s’effondra, la respiration coupée, sur le point de perdre conscience. Dans un lointain brouhaha de rires et d’applaudissements, elle reconnu Yobo l’appeler à travers des torrents de sanglots. L’homme la releva par les cheveux et la remit à quatre pattes. Puis il arracha le cordon d’un rideau, en fit un nœud autour du cou de sa victime et tendit la laisse improvisée à Yobo.
— Allez, promène ton chien ! Je veux voir si sa queue remue.
Takonou respirait fort. La douleur intense ne faiblissait pas et son sang continuait à se répandre. Elle fit un pas et s’effondra sur ses avant bras. L’homme la prit encore par les cheveux.
— Oh ! Oh !, fit-il. Voilà un chien bien mal en point.
Il tira son arme de son étui, l’arma et la mit dans la main de la fillette.
— Il ne faut pas laisser souffrir cette pauvre bête. C’est ton chien, c’est à toi de le faire.
Yobo regarda l’homme d’un air interrogateur, ne pouvant comprendre ses propos. Alors l’homme empoigna la petite main armée et la dirigea contre la tempe de sa mère. Il lui plaça ses petits doigts sur la détente.
— Appui !, ordonna-t-il. Sinon, je te saigne toi aussi.
Mais Yobo était tétanisée.
— Tu dois faire ce que le Monsieur Général te dit, articula Takonou dans un dernier souffle. Maman t’aime très fort.
La détonation se perdit parmi celles qui résonnaient partout dans la noirceur de la nuit.
— Qu’est-ce qu’on en fait ?, demanda un soldat à son chef en désignant Yobo tétanisée devant sa mère baignant dans le sang.
L’homme sortit à nouveau sa lame.
— Les chiens ne font pas des chats !

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11/06/2018

ACADÉMIE MUSICALE ND DE LIESSE

ACADÉMIE MUSICALE ND DE LIESSE

 

Dimanche dernier, 10 Juin 2018, la messe du"JOUR DU SEIGNEUR" était célébrée en direct depuis l'Abbaye de Notre-Dame de Liesse (Aisne), et les chants étaient animés par l'ACADÉMIE MUSICALE, école privée catholique vouée à la formation musicale de jeunes garçons.

 

Or, la chaîne France 2 avait dédié une émission à cette académie, il y peu d'années. C'est cette émission que nous vous proposons  ci-dessous.

 

L'ACADÉMIE MUSICALE ND DE LIESSE

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09/06/2018

LE PAPE À STE MARTHE


Le Pape à Sainte-Marthe: les chrétiens sans mémoire perdent le sel de la vie

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Le Pape François, dans l’homélie de la messe de ce jeudi 7 juin 2018 à la Maison Sainte-Marthe, a souligné que pour avancer dans la vie chrétienne, nous devons nous rappeler des premières rencontres avec Jésus, qui nous a transmis la foi, et rappeler la loi de l’amour.

Alessandro di Bussolo – Cité du Vatican
La mémoire chrétienne est le sel de la vie, il faut parfois faire un pas en arrière pour avancer: nous devons nous souvenir des premiers moments dans lesquels nous avons rencontré Jésus, faire mémoire de celui qui nous a transmis la foi, et rappeler la loi de l’amour, que le Seigneur a inséré dans nos cœurs. Le Pape François l’a expliqué dans l’homélie de la messe de ce matin, célébrée à la Maison Sainte-Marthe, dans laquelle il s’est appuyé sur l’exhortation apostolique de Saint Paul à Timothée, dans la première lecture : «Rappelle-toi de Jésus-Christ».
C’est une façon d’aller en arrière avec la mémoire pour rencontrer le Christ, «pour trouver des forces et pouvoir cheminer en avant. La mémoire chrétienne est toujours une rencontre avec Jésus-Christ», a expliqué François.
«La mémoire chrétienne est comme le sel de la vie. Sans mémoire, nous ne pouvons pas aller de l’avant. Quand nous trouvons des chrétiens dans mémoire, nous voyons tout de suite qu’ils ont perdu la saveur de la vie chrétienne et qu’ils ont fini par devenir des personnes qui accomplissent les commandements mais sans la mystique, sans rencontrer Jésus-Christ. Et Jésus-Christ, nous devons le rencontrer dans la vie.»
Trois chances de rencontre avec Jésus-Christ
Il y a trois situations «dans lesquelles nous pouvons rencontrer Jésus-Christ : dans la premiers moments, dans nos ancêtres, et dans la loi», a expliqué François. La Lettre aux Hébreux nous indique comment faire : «Retournez à la mémoire de ces premiers temps, après votre conversion», vous qui étiez si fervents… «Chacun de nous a des temps de rencontre avec Jésus». Dans notre vie il y a eu «un, deux, trois moments, dans lesquels Jésus s’est rapproché, s’est manifesté. Ne pas oublier ces moments : nous devons aller de l’avant et les reprendre parce que ce sont des moments d’inspiration, dans lesquels nous rencontrons Jésus-Christ.»
«Chacun de nous a des moments comme ça, a expliqué le Pape. Quand on a rencontré Jésus-Christ, quand on a changé de vie, quand le Seigneur fait voir la propre vocation, quand le Seigneur rend visite dans un moment difficile. Nous, dans le cœur, nous avons ces moments. Cherchons-les. Contemplons ces moments. La mémoire de ces moments dans lesquels moi j’ai rencontré Jésus-Christ. La mémoire de ces moments dans lesquels Jésus-Christ m’a rencontré. Ils sont la source qui me donnera les forces.»
«Est-ce que je rappelle de ces moments ?», s’est demandé François. «Des moments de rencontre avec Jésus quand il m’a changé la vie, quand il m’a promis quelque chose ? Si nous ne nous en rappelons pas, cherchons-les. Chacun de nous en a», a expliqué le Saint-Père.
Cultiver la mémoire des ancêtres
La deuxième occasion de rencontre avec Jésus peut venir à travers la mémoire des ancêtres, que la Lettre aux Hébreux appelle «vos chefs, ceux qui vous ont enseigné la foi». Paul aussi, dans la deuxième lettre à Timothée, l’exhorte ainsi : «Rappelle-toi de ta maman et de ta grand-mère qui t’ont transmis la foi». «La foi, nous ne l’avons pas reçue par la poste», a ironisé François, «mais des hommes et des femmes nous ont transmis la foi», et la Lettre aux Hébreux le dit : «Regardez-les, eux qui sont une multitude de témoins, et prenez de la force d’eux, eux qui ont souffert le martyre».
Quand l’eau de la vie devient un peu trouble, a expliqué François, «il est important d’aller à la source et de trouver dans la source la force pour aller de l’avant. Nous pouvons nous demander : est-ce que je garde la mémoire de mes ancêtres ? Est-ce que je suis un homme ou une femme avec des racines ? Ou est-ce que je suis devenu déraciné, éradiqué ? Est-ce que je vis seulement dans le présent ? Si c’est comme cela, il faut tout de suite demander la grâce de retourner aux racines», à ces personnes qui nous ont transmis la foi.
Enfin, la loi, que Jésus évoque dans l’Évangile de Marc. Le premier commandement est : «Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu».
«La mémoire de la loi. La loi est un geste d’amour que le Seigneur a fait avec nous parce qu’il nous a signalé la route, il nous a dit : par cette route tu ne te tromperas pas. Revenir à la mémoire de la loi. Non pas la loi froide, celle qui semble simplement juridique. Non. La loi d’amour, la loi que le Seigneur a inséré dans nos cœurs.»
«Est-ce je suis fidèle à la loi, est-ce que je me souviens de la loi, est-ce que je répète la loi ?», s’est encore demandé François. «Parfois, nous aussi les chrétiens, aussi les consacrés, nous avons des difficultés à répéter la mémoire des commandements : “Oui oui, je m’en souviens, mais ensuite à un certain point je me trompe, je ne me souviens pas.”»
Garder le regard tourné vers le Seigneur
Se rappeler de Jésus-Christ, a conclu François, signifie avoir «le regard fixe vers le Seigneur» dans les moments de ma vie dans lesquels je l’ai rencontré, des moments d’épreuve, dans mes ancêtres et dans la loi. Et la mémoire, «ce n’est pas seulement un pas en arrière». C’est un pas en arrière pour aller de l’avant. La mémoire et l’espérance vont ensemble. Elles sont complémentaires, elles se complètent. «Souviens-toi de Jésus-Christ, le Seigneur qui est venu, a payé pour moi, et qui viendra. Le Seigneur de la mémoire, le Seigneur de l’espérance.»
Chacun de nous «peut prendre aujourd’hui quelques minutes pour se demander comment va la mémoire des moments dans lesquels j’ai rencontré le Seigneur, la mémoire de mes ancêtres, la mémoire de la loi». Et ensuite, «comment va mon espérance, en quoi j’espère. Que le Seigneur nous aide dans ce travail de mémoire et d’espérance.»
Vaticannews.va

11:16 Publié dans PAPE | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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