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28/07/2018

Père Jc.NIEUWIARTS

Jacques Nieuviarts :

"Quand le cœur se met en marche"

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Chemins de Compostelle

 


Le P. Jacques Nieuviarts, bibliste et marcheur. © Alexa Brunet
Le P. Jacques Nieuviarts, l'un de nos anciens chroniqueurs, est un bibliste et un marcheur passionné. À l'écouter, la marche est un art de vivre, une attitude qui ne se mesure pas au nombre de pas accumulés.
Comment êtes-vous venu à la marche ?
Enfant, je rechignais à la marche ! Puis, étudiant, j'ai fait des pèlerinages. Mais je relie mon goût pour la marche et sa dimension intérieure à un souvenir précis. Nous marchions, avec quelques-uns de mes frères et sœurs, près de Saint-Offenge, en Savoie. J'avais 18 ans, et nous étions prêts à courir sur le sentier. C'est alors qu'un vieil homme rencontré en chemin nous a dit ces mots : « Un montagnard monte à son pas. » J'ai appris ce jour-là qu'il importe de marcher à un pas régulier, le sien. Un jour, bien plus tard, comme je proposais à une de mes sœurs de venir marcher avec moi, elle m'a répondu : « Tu sais, je ne marche pas bien, mon mari m'a toujours dit que je ne savais pas marcher. » Elle était à un tournant difficile de sa vie. Je l'ai encouragée : « Mais si ! Marche à ton pas, et tu vas aller très loin ! » J'ai la conviction que tout le monde peut marcher ainsi. La dimension spirituelle de la marche est déjà là : elle pose chacun dans sa respiration, son souffle, son rythme propre.
Voilà vingt ans que l'Unesco a inscrit les Chemins de Compostelle en France au patrimoine mondial de l'humanité. Pourquoi les gens marchent-ils, si nombreux ?
Certains marchent par goût de la performance, équipés d'appareils pour compter les battements de leur cœur et mesurer leur vitesse. Pourquoi pas. La plupart, probablement, éprouvent en marchant une profonde régénération intérieure. Marcher un peu longuement conduit à faire place à son corps. Dans l'effort physique, le marcheur s'accorde avec son centre de gravité, dans un mouvement au rythme régulier. Alors sa pensée rationnelle s'estompe. Elle devient flottante, ouverte, comme son regard, qui ne se fixe pas durablement sur un point du paysage. Il pense à tout et à rien. Il a quitté ses vêtements de ville, il a quitté un « chez-soi » car il doit être plus léger pour aller à l'essentiel. Il s'est rendu disponible. Son être intérieur, détaché des impératifs régissant habituellement le quotidien, se repose. Il reprend contact avec les éléments du cosmos : le grand air, la pluie fine sur le visage, le bruit d'un ruisseau, le cri d'un oiseau, l'odeur de la végétation, de la terre.
Et quand on ne peut pas ou plus marcher ?
Je pense beaucoup à ceux qui ne peuvent pas marcher. Pour moi, la marche ne s'évalue pas au nombre de pas. À la montagne, j'ai souvent vu mon père regarder longuement le paysage depuis le balcon de notre logement. Cette attitude est déjà une entrée dans le mouvement de la marche. Une nuit de février, cette année, je logeais au Mont-Saint-Michel. Ma chambre donnait sur la baie. Avant de me coucher, j'ai ouvert la fenêtre. C'était une nuit de pleine lune et de grande marée. Le spectacle des vagues dans le faisceau de lumière de la lune m'a saisi. J'ai dû rester là une demi-heure ou plus, malgré la fraîcheur. C'est une grande chance de pouvoir marcher, mais la marche est d'abord dans une certaine qualité de regard. Le cœur se met en marche. Il lui suffit d'avoir un espace habitable. Pour le jubilé de la Miséricorde, en 2015-2016, le pape François avait invité chacun à faire de sa marche une marche jubilaire. Jusqu'aux prisonniers, invités à faire de la porte de leur cellule une porte jubilaire.
Autrement dit, marcher n'est pas le tout de la marche ?
En effet. Les pèlerins de Compostelle éprouvent souvent un sentiment étrange, une fois arrivés. Ils ont investi énormément d'eux-mêmes dans une longue marche et se trouvent d'un coup privés de quelque chose. Ils ont atteint leur but… et après ? Cela fait penser à la dépression post-partum qui peut affecter une femme après avoir mis au monde son bébé. Alors il faut se dessaisir de quelque chose. Le pèlerin de Compostelle est d'ailleurs censé aller au-delà de Compostelle, jusqu'au cap Finisterre, en Espagne, qui représentait au Moyen Âge le bout du monde connu. De là, il devra repartir, vers l'Orient, et l'« à-venir ».
Il y a un art de marcher ?
Dans la marche qui ressource intérieurement, la disposition d'esprit importe. Une année où j'avais peu de vacances, j'étais arrivé épuisé à la montagne. Et pourtant, je m'étais lancé sur les sentiers avec une ardeur redoublée, comme pressé par le temps. Avec le recul, je comprends que j'essayais de soigner une inquiétude, mais avec une mauvaise méthode. Le marcheur, au contraire du sportif, prend le temps. Il voit qu'il y a ici un pied de menthe, là un lis martagon. Il entend le clapotis d'un ruisseau. Sa façon de recevoir le lieu où il passe permet à son univers d'être doucement restauré. Cela n'est pas spontané dans notre société du rendement. Cela s'apprend. Il convient de « débrayer » de son quotidien.
Vous accompagnez des marcheurs. Que se passe-t-il lorsque l'on marche ensemble ?
Si je suis animateur d'un groupe, que ce soit dans le désert du Néguev, en Terre sainte, ou au Mont-Saint-Michel, je propose de marcher en silence pendant un temps. De façon à ce que chacun prenne le temps d'entendre, de regarder, de se laisser imprégner par le lieu, ses bruits et ses silences. Tout prend une autre dimension, et l'espace intérieur de chacun peut s'élargir. Alors, le temps long de la marche, avec une part de silence, dispose à des échanges profonds. Mais cela dépend du désir de chacun.
Qu'est-ce qui distingue le pèlerin du randonneur ?
Le pèlerin va généralement vers un sanctuaire. Et celui-ci est toujours le lieu de mémoire d'une histoire qui un jour a commencé là. Le marcheur met ses pas dans ceux de générations d'autres pèlerins, depuis des siècles ! Le pèlerinage est souvent aussi l'occasion d'une prière d'intercession. On emporte avec soi les visages de proches en souffrance. Un jeune me disait, de retour de pèlerinage : « Je suis bronzé de l'intérieur. » Le pèlerin bénéficie d'une reconfiguration intérieure qui l'émerveille. Il accueille autrement les réalités de la vie, la parole de l'autre ou celle qu'il lit. Mais faut-il tracer une frontière entre le randonneur et le pèlerin ? Tout marcheur, par la simple expérience du silence prolongé, est disposé à l'expérience intérieure.
Se mettre en route, est-ce déjà faire preuve d'une forme de foi ?
La marche est image de la vie. La choisir, c'est une façon symbolique d'aborder sa vie dans ses dimensions profondes. Dans la Bible, elle est une figure de l'espérance : « Grâce à la foi, Abraham obéit à l'appel de Dieu : il partit vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait », affirme la lettre aux Hébreux (He 11, 8). En marchant, l'espérance, la foi, le regard se ressourcent.
Qu'est-ce que la Bible dit d'essentiel au sujet de la marche ?
La Bible présente l'homme comme un nomade, mis en marche par la Parole créatrice. Une Parole qui est aussi bénédiction, et promesse qui l'oriente vers un avenir de surabondance. L'homme y est constamment invité à « marcher avec Dieu » : « Homme […], on t'a fait connaître ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : rien d'autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t'appliquer à marcher avec ton Dieu », selon les mots du prophète Michée (Mi 6, 8). Au sujet de cette marche, la Bible dit également avec force combien la rencontre de Dieu réoriente la vie de celui qui la fait. À cet égard, le récit du combat de Jacob avec l'Ange (Gn 32, 23-33) – en fait, Dieu lui-même – m'habite personnellement profondément depuis l'âge de 20 ans. Jacob sort d'une nuit de combat blessé à la hanche, désormais boiteux. À chaque pas, dès lors, sa démarche lui rappelle sa rencontre avec Dieu, et la bénédiction qu'il a reçue.
(Pèlerin)Jacques Nieuviarts : "Quand le cœur se met en marche"

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22/07/2018

N.D. de VERDELAIS

 


Basilique Notre-Dame de Verdelais

 

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Histoire
Construction et premières dévotions
En 1099, Géraud de Graves, alors seigneur de Saint-Macaire, revient de la Première Croisade avec une statue d'une Vierge à l'Enfant sculptée pour laquelle il fait construire, à la suite d'un vœu, un oratoire dans la forêt du Luc. Après sa mort, il lègue ce site aux Grandmontains, un ordre monastique catholique. Ceux-ci érigent, à cet emplacement, une chapelle pour y vénérer la Vierge.
En 1185, un jeune homme, aveugle de naissance, guérit miraculeusement. Dès cet instant, d’autres guérisons se réalisent et la chapelle devient alors un lieu de pèlerinage de plus en plus fréquenté incitant alors les moines à construire une église plus importante ainsi qu’un monastère.
Guerre de Cent Ans et Recouvrement de la statue
Vers la fin du XIIIe siècle, pendant la Guerre de Cent Ans, la basilique est pillée par les anglais et la statue de la Vierge est volée.
Un siècle plus tard, en 1390 une statue est retrouvée enfouie dans un caveau. Selon la légende, elle aurait été retrouvée par la comtesse Isabelle de Foix-Castelbon, épouse d'Archambaud de Grailly, sous le « pas de sa mule »A 1 alors qu’elle se rendait à son château. La nouvelle statue fut alors replacée dans une chapelle et les pèlerins affluèrent à nouveau.
Guerres de religions et Reconstruction
En 1558, les Guerres de religion font rage et la chapelle est à nouveau mise à sac et incendiée. La statue est alors récupérée intacte du brasier et les habitants de Verdelais décident alors de la cacher pour la protéger. Ils la mettent à l’abri dans le tronc d’un arbre d'où elle sortira en 1605. Quatre ans plus tard, le 28 mars 1609, le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, visite la régionA 2. À la suite de la demande insistante des habitants, il envisage de faire restaurer l’église.
Le 30 août 1627, les moines Célestins obtiennent la responsabilité du sanctuaire par un contrat établi avec le diocèseA 3. Ils reconstruisent et agrandissent l’église, la sacristie ainsi que le cloître et font d'un des bâtiments attenant leur monastère. Verdelais devient dès lors un sanctuaire important où les pèlerins viennent en nombre. Le chantier se terminera en 1666 sous l'épiscopat de Mgr Henri de Béthune.
Le 30 septembre 1778, le pape Pie VI prononce la dissolution de l’Ordre des CélestinsB 1 et la suppression du couvent. Un mois plus tard, les moines quittent Verdelais excepté un, le père Ricard, qui y reste pour desservir l'église jusqu'à sa mort. La responsabilité du sanctuaire est alors confiée à M. Dasvin de Boismarin, receveur des décimes du biens du clergéB 2.
Révolution française
Peu après, lors des troubles liés à la Révolution, l'église et le couvent sont dépouillés par ordre de l'administration civile du district de CadillacB 3. L’ensemble des biens du clergé sont ainsi vendus aux enchères, exceptée l’église.
Pendant la Terreur,l'histoire raconte que le maire iconoclaste et l'ensemble du Conseil municipal demandent au sacristain, Jean Michel, que la statue soit abattue. Il s'y oppose en déclarant : «Je craindrais que Dieu m'écrasât dans le moment même! Et d'ailleurs, j'aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes !»B 4. Le maire ordonne alors à un maçon, ancien soldat, de s'en charger mais ce dernier refuse également déclarant : «Et moi je te dis, fais le toi-même citoyen maire, et monte si tu l'oses! Pour moi, jamais !». Le maire, tente de s'en charger mais n'y arrive pas et chute en escaladant le maître-autel. Il fait alors fermer les portes de l'église et en interdit l'accèsB 5.
Du XIXe siècle à Aujourd’hui
Le 21 août 1821B 6, Mgr d’Aviau, rachète le couvent et le cloître pour en faire une maison de retraite pour les prêtres infirmes du diocèse puis confie, en 1838 la gestion du lieu aux Pères maristes. Ces derniers, grâce à l’aide des diocèses de Bordeaux et d’Agen, font construire un important clocher et agrandissent l’église et les dépendances. Ils mettent aussi en place un calvaire de trois grandes croix, avec deux chapelles de la Sainte-Agonie et du Saint-Sépulcre et les quatorze stations du chemin de croix. Quelques années plus tard, Verdelais, redevient un important lieu de pèlerinage et le 2 juillet 1856A 4, pendant une importante cérémonie rassemblant des milliers de fidèles, la statue de la Vierge est couronnée. Cette cérémonie est présidée par le Cardinal Donnet, entouré de huit évêques.
Le 31 juillet 1924, l’église est élevée au rang de basilique mineure lors d’une grande cérémonie présidée par le cardinal Andrieu.
Architecture
La première église, élevée au XIIe siècle, était de style roman. Elle se composait d’une nef unique avec des voûtes en berceau. Cependant, la basilique, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est plutôt récente. Elle a été construite au XVIIe siècle par les Célestins, qui y ont ajouté un transept et l’ont agrandi. L'ensemble de l’édifice est de style Renaissance et le retable est baroque. Au sommet du clocher, réalisé par l’architecte Duphot, on peut voir une imposante statue de la Vierge Marie. Cette statue de 3,75 mètres, réalisée par Duchaine et Armand Caillat, respectivement sculpteur et orfèvre, est en cuivre et recouvert d'une pellicule d'orA 5.
De nombreux ex-voto tels que plaques de marbre gravés ou objets divers ont été déposés en signe de remerciement des miracles opérés.
Les vitraux du chœur de l’église illustrent des scènes liées à l'histoire du sanctuaire.

 

Le Retable
Le retable de la basilique a été réalisée pendant la période de la Contre-Réforme. Il a été réalisé dans le style baroque, en marbre de Caunes-Minervois par les Célestins. Le maître-autel est, dans son ensemble, blanc et or. Au-dessus de ce dernier, se tient une scène de l'Annonciation et, surplombant le tout, un tableau de la Vierge, Consolatrice-des-Affligés. De part et d'autre de la statue de Notre-Dame, se trouvent les statues de saint Benoît, et de saint Célestin V, pape et fondateur de l'ordre monastique des Célestins.
Notes et références
↑ a et b « Classement de la basilique » [archive], notice no PA33000027, base Mérimée, ministère français de la Culture
• Philippe de Bercegol, 2004 (voir dans la bibliographie) :
1. ↑ p. 21
2. ↑ p. 32
3. ↑ p. 33
4. ↑ p. 66
5. ↑ p. 66
• A.C. Chare, 1873 (voir dans la bibliographie) :
1. ↑ p. 74
2. ↑ p. 75
3. ↑ p. 78
4. ↑ p. 80
5. ↑ p. 82
6. ↑ p. 83
Annexes
Bibliographie
• Philippe de Bercegol, Notre-Dame de Verdelais. : Légendes et Réalités., Les Dossiers d’Aquitaine, 2004, 110 p. (ISBN 2846220840, lire en ligne [archive])
• de Rouvray, Histoire du Pèlerinage de Notre-Dame de Verdelais : fondé par un ancien croisé au XIIe siècle et restauré par Archambaud de Grailly et son épouse Isabelle Comtesse de Foix vers 1390, Grasset, 1953, 286 p.
• A.C. Chare, Le trésor des pèlerins de Notre-Dame de Verdelais., Coderc, 1873, 262 p.
(Wikipedia)

 

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07/07/2018

DÉCÈS DU CARDINAL TAURAN


Décès du cardinal Jean-Louis Tauran, artisan du dialogue interreligieux

 

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Le Vatican et l’Église catholique universelle sont endeuillés par la perte du cardinal français Jean-Louis Tauran, décédé jeudi 5 juillet dans la soirée. Atteint depuis longtemps de la maladie de Parkinson, le cardinal Jean-Louis Tauran se trouvait depuis quelques jours dans une communauté de religieuses franciscaines du Connecticut aux États-Unis pour se soigner.

 

 

Delphine Allaire – Cité du Vatican  
Âgé de 75 ans, cette figure incontournable de la diplomatie vaticane, à la tête du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, n’a cessé d’œuvrer inlassablement pour la paix mondiale.
Décrit comme un homme doux et d’une humilité extrême, très apprécié pour ses talents de diplomate et son sens de l’écoute, le cardinal Tauran, qui avait annoncé au monde entier l’élection du Pape François en 2013, était surtout, depuis 2007, l’homme du dialogue interreligieux au Vatican.
Une brillante carrière diplomatique
Né à Bordeaux en 1943, licencié en philosophie et en théologie,  il était l'un des rares cardinaux à avoir étroitement côtoyé et travaillé auprès des trois derniers papes. Entré en 1975 au service de la diplomatie du Saint-Siège, il sera notamment auditeur à la nonciature apostolique au Liban, avant d’etre consacré évêque par Jean-Paul II au sortir de la guerre froide, en janvier 1991. Mgr Jean-Louis Tauran est alors nommé Secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États. Un poste clé qui permet au polyglotte, nommé à seulement 47 ans, un âge très jeune pour ce type de poste, d’appréhender finement les arcanes diplomatiques mondiales. Il y reste treize ans.
En 2003, Saint Jean Paul II le nomme cette fois à la tête de la prestigieuse bibliothèque apostolique, ainsi qu'à celle des Archives secrètes du Vatican. Il est alors créé cardinal, alors qu'il est déjà affaibli, comme le Pape polonais, par la maladie de Parkinson. Quatre années se passent, le Souverain pontife change, et c’est Benoît XVI qui le rappelle aux affaires du monde.
Le Pape allemand lui confie la présidence du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Cette mission délicate au centre de l’échiquier géopolitique prend effet le 1er septembre 2007.
L’interreligieux pour héritage
Pakistan, Iran, Jordanie, Azerbaidjan, les voyages s’ensuivent. Reconnu depuis comme un artisan aguerri du dialogue interreligieux, le cardinal Tauran a ainsi organisé le premier sommet catholique-musulman en septembre 2008 dans la Ville éternelle. Il a aussi œuvré pour le rapprochement entre le Vatican et l'université Al-Azar, prestigieuse institution du monde musulman sunnite. Enfin, tout récemment, au mois d'avril 2018, il avait effectué une visite historique en Arabie Saoudite. Un voyage au cours duquel le Vatican et le royaume saoudien avaient signé un accord de coopération.
Enfin, le cardinal Tauran était aussi celui qui annonça au monde entier l’élection de François. Mercredi 13 mars 2013, depuis le balcon du Palais apostolique, il prononce l’illustre formule latine «Habemus Papam».
Nommé cardinal protodiacre en 2011 par Benoit XVI,  il est fait camerlingue par le Pape François en 2014, c’est-à-dire en charge de gérer les affaires du Saint-Siège durant une période de vacance apostolique. 
Le Sacré Collège des cardinaux est désormais constitué de 225 cardinaux dont 124 électeurs et 101 non-électeurs.
VaticanNEWS

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01/07/2018

L'HÉRITAGE (NOUVELLE)

 

L'héritage

par Florane

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— Non, je le crois pas ! T’as fait ça avec une Xalactienne dans un téléporteur ?
Gilbario regardait son coéquipier Tanco avec stupeur. Ce dernier se la jouait un peu en gardant les yeux fixés sur le radar de bord.
— Ouais mon pote, répondit-il. Et je peux te dire que ça décoiffe quand il y a dématérialisation. Tu voyages... C’est le cas de le dire.
— Ha ! Ha ! Y a qu'un fêlé comme toi pour oser un truc pareil. T’imagines à l’arrivée ? Et s’il y avait eu symbiose ?
— Bah ! Faut prendre des risques... Sinon tu traverses tes cycles sans peps ! A te demander pourquoi ta génémère t’a mis au monde.
Gilbario haussa les épaules. Les élucubrations de Tanco ne le faisaient pas rêver. Il se dit que son existence n’était pas si mal. En tant qu'hybride Zella, il avait la chance d’exister dans la classe évoluée des humains. Il aurait pu naître Stourb et gratter le sol à longueur de jour avec des mains spatulées sans avoir conscience d’exister. Il se recala dans le siège de l’Overland qui glissait sans bruit à dix mètres du sol. Il était trois heures du matin. Gilbario aimait ces patrouilles dans le secteur mort. Le noir total qui les enveloppait, le ronronnement du gyrosparc de bord. Ce soir, ils n’avaient eu à consigner qu’une intervention près d’un dépôt alimentaire. Une femelle Gojie et son petit qui tentaient de cisailler le grillage avec leurs dents. Ils les avaient abattus suivant le protocole. Gilbario était toujours impressionné de reconnaître la morphologie humaine de ces mutants, sous leur épaisse toison. Ils avaient dû vite partir car l’odeur de chair brulée par les tirs laser avait attiré toute la vermine trans-humaine du coin qui venait se disputer le dîner.
— 37 °C ! , fit Tango. Fait frisquet ce soir.
— On est en octobre. Tu sembles l’oublier.
— Tu parles si j’oublie. Je ne pense qu’à ça. Dans deux semaines, je me fais un Virto. C’est moi qui ai choisi le programme ! Je pars dans les Endrisses avec une droïde de chez Zaac. Ça m’a coûté un max mais elle va être à mes petits soins tout le temps. Tu devrais faire comme moi plutôt que de passer ton temps libre à faire de l’archéo-mes couilles ! Qu’est ce que t’en à foutre de retrouver tes ancêtres ?
— Mes ancêtres sont aussi les tiens... Et...
Le signal strident du détecteur l’interrompit. Une forme humanoïde s’afficha sur l’écran incorporé de leurs casques Viobul. L’individu courrait.
— Qu’est ce qu’il fout là celui la, fit Tanco. Il est fatigué de vivre pour se promener ainsi dans les zones irradiées ?
— Regarde ! Il est poursuivi. Sans doute des Poulçus qui ont dû sentir son odeur.
— Ouais et devant y en a d’autres qui l’attendent en embuscade. Il est foutu si on ne le sort pas de là.
— C’est peut être un mutant. On doit pas intervenir, faut laisser faire la nature.
— Trop grand ! Regarde sa signature thermique. C’est un évolué. Allez ! On va le chercher. Mets-toi au canon et pète-moi la vermine qu’il a autour !
Gilbario activa son implant neuronique et le canon se mit aux ordres de son cerveau. Il ne lui fallut que quelques instants pour atomiser les prédateurs qui avaient encerclé le fuyard.
Tanco, alluma les projecteurs de l’Overland et l’amena face à l’individu. Ce dernier s’était arrêté, complètement aveuglé.
— Police ! Vous êtes dans une zone interdite. Nous allons vous intercepter. N’opposez aucune résistance ou nous vous abattrons.
Les générateurs bio-neuroniques de l’Overland avaient instillé le commandement dans le cerveau de l’individu. Celui-ci avait compris les sommations et levait les mains au ciel.
— Allez, va le cueillir, ordonna Tanco à son coéquipier. T’en fais pas je le garde en point de mire.
Tanco déverrouilla la porte de la soute qui s’abaissa lentement vers le sol. Gilbario sauta dans la steppe marécageuse. Son capteur de radiation indiquait le taux constaté sur toute la planète depuis la guerre qui avait enseveli l’ancien monde, il y avait si longtemps. Gilbario s’approcha de l’individu. C’était un homme. Le policier eut un coup au cœur en découvrant le visage ridé, les cheveux blancs et les étranges vêtements de l’individu.
— Suivez-moi, lança t-il d’autorité, nous allons monter dans l’Overland. Dépêchez ! Ça grouille par ici... Vite !
Mais l’homme ne réagissait pas. Gilbario le poussa au devant de lui. Ils se retrouvèrent dans la soute alors que des bruits se faisaient entendre dans la nuit noire.
— Décolle nom de dieu !, fit Gilbario d’une voix au bord de la panique.
Tout autour de l’Overland, des êtres venaient de surgir dans la lumière des projecteurs. Gilbario venait d’en effacer deux qui avaient sautés sur la porte de la soute avant qu’elle ne se referme. Il grimaçait de dégoût face à la tête mi humaine, mi poisson de ces êtres amphibiens qui était restée à bord, guillotinée par le tir laser.
L’homme était prostré. Les yeux affolés. Il avait peur, très peur.
— Mets-le aux fers, ordonna Tanco. Je rentre au central. J’ai envoyé notre rapport. Ils nous attendent.
L’homme se laissa docilement entraver. Assis sur une sellette peu confortable, il semblait absent. Gilbario rejoignit le poste de pilotage.
— C’est étrange la façon dont cet homme est habillé, dit-il d’un air évasif.
— Quoi? Il ne porte pas la tenue du Erzh ? Le fou ! Il va se faire étriller.
— Non. Il porte ce genre de tenue que j’ai pu voir parmi les documents de la vie de nos ancêtres. Et puis ses cheveux aussi. Ils sont blancs et...
— Blancs ? Comment est-ce possible ?
L’Overland franchit le champ de force qui isolait la cité du reste de la planète dévastée. Sous la coupole virtuelle, la vie des hommes évolués s’était organisée en habitats verticaux. Le véhicule de police survola les rues, et les avenues encombrées de glisseurs à la queue-leu-leu. Un éclairage urbain intense pouvait faire croire qu’on était en journée. De très nombreux citoyens marchaient sur les immenses trottoirs, tous vêtus identiquement. Les deux hommes considéraient avec condescendance cette masse grouillante depuis leur véhicule volant. Ils jouissaient du privilège de ciel octroyé aux élites et à la police. Ils voulaient oublier qu’une fois leur service fini, ils retourneraient à la masse des rampants. Ils survolèrent un immense parc planté d’arbres gigantesques baignés d’un grand lac. Ils arrivèrent au central de police et l’Overland fut guidé jusqu’à leur unité.
Ils escortèrent le prévenu à travers les couloirs immenses du complexe, croisant des centaines de regards intrigués par l’allure du personnage. Ils l’introduisirent dans un bureau. Un homme se tenait près d’un pupitre holographique.
— Salut Hal, fit Tanco. Vise un peu ce qu’on t’amène !
L’homme porta son regard sur l’individu.
— Salut les gars, je viens de consulter votre rapport...
Il s’approcha de l’homme qui jetait des regards apeurés autour de lui.
— D’où tu sors toi ? Réponds ? Décline ton identité ?
L’homme ne répondit pas, pétrifié par la peur.
— Je l’ai passé au scanner dans l’Overland, dit Gilbario. Il n’a pas de puce d’identification. Et il n’en a jamais eu !
— Comment ça jamais eu ? Halbusian ouvrait des yeux ronds.
— Pas de bio implant dans le cou, pas de code de génémère. On dirait... Un naturel.
Halbusian et Tanco croisèrent leurs regards et éclatèrent de rire.
— Sacré Gilbario, fit Hal. Un Naturel. Tu l’as sorti de tes fouilles ? Le dernier naturel connu date de trois mille ans.
Il s’approcha de l’homme et s’adressa à lui en adoucissant sa voix.
— Est-ce que tu comprends ce que je dis ?
L’homme visiblement ne comprenait pas ce langage.
— Il faut communiquer avec lui par bio-neuronique, fit Gilbario. A moins que...
Il s’adressa à l’homme dans un étrange langage.
— « Quel est ton nom ? »
Les yeux de l’inconnu s’allumèrent d’une lueur d’espoir.
— « Je m’appelle Adrien Lormeau. Je suis né à Nevers le 18 octobre 1855. J’ai 63 ans ! », débita-t-il, telle une mitraillette.
Gilbario n’en croyait pas ses oreilles. Il avait à peu près compris la réponse de l’homme.
— Qu’est-ce qu’il raconte ? , le pressa Halbusian.
— Il dit qu’il a plus de 3000 ans. C’est un français. C'est-à-dire un des habitants de cette terre sur laquelle nous vivons et qui s’appelait France.
— C’est n’importe quoi !, s’exclama Tanco.
— Ah oui ? Et comment expliques-tu qu’il parle couramment un langage qui vient du fond des temps ? Un langage que je maîtrise à peine à partir de quelques documents retrouvés dans les fouilles. Regarde ses vêtements. Et surtout, le vieillissement de son corps. Il n’a pas été stoppé. Sûr ! Il n’a pas été crée par une génémère !
Gilbario fit assoir l’homme et lui fixa un récepteur bio-neuronique. Alors s’engagea un dialogue qui laissa stupéfaits les trois policiers.
L’homme expliqua être allé la veille, visiter son frère. Arrivé de nuit à la gare, il avait fini le trajet à pied. Une intense lumière l’avait soudain enveloppé et il s’était senti happé vers le ciel. Il avait aperçu une 'énorme maison volante' avant de perdre conscience. Il s’était réveillé dans le marécage où on l’avait découvert. Il s’était mis à courir devant lui complètement affolé.
— Vous croyez ces fadaises ?, fit Tanco.
— Je sais !, dit Gilbario. Il a été enlevé par des Aliens ! Ils l’ont emmené très loin. Sûrement pour l’étudier. Puis ils l’ont ramené. Avec la loi de la relativité, plus de trois mille ans se sont écoulés sur terre et quelques heures pour ce pauvre homme. C’est incroyable !
—Tu veux dire que c’est un fossile vivant ?
— Oui ! , s’enthousiasma Gilbario. Grâce à lui nous allons apprendre pleins de choses sur ces temps révolus. J’ai hâte de le présenter au comité.
Il n’en eut pas le temps. Deux jours plus tard, Adrien était pris de fortes fièvres et décédait rapidement de complications pulmonaires. Comme la totalité des habitants de la cité d’ailleurs. L’humanité n’utilisait plus depuis longtemps les médicaments. Ceci depuis que les génémères avaient introduit toutes parades aux maladies dans le génome de leurs progénitures. Toutes parades aux affections connues mais incapables de contrer la propagation, dans les organismes, de bactéries vieilles de trois mille ans. Mais Adrien avait transmis un autre héritage à ses lointains descendants : Un virus qui avait terrassé la population et donné le champ libre à l’attaque de ces bactéries. Un virus qu’on avait appelé en d’autres temps, la grippe espagnole.
ShortEditions

17:52 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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