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27/01/2017

LE PAPE ET L'ORDRE DE MALTE

Pourquoi le Pape a-t-il démissionné le grand maître de l’ordre de Malte ?


Règlement de compte entre progressistes et conservateurs ?

La réalité de cette affaire est tout autre.

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Le 25 janvier 2017, le pape François a accepté la démission du grand maître de l’Ordre de Malte. Une secousse importante dans une organisation millénaire où certaines langues se délient.
Progressistes contre conservateurs, toujours cette grosse ficelle. Depuis le 25 janvier 2017, toute la presse agite à nouveau ces deux spectres pour essayer de comprendre pourquoi le grand maître de l’Ordre de Malte, Fra’ Matthew Festing, a accepté de démissionner de son poste à la demande du souverain pontife. Alors que d’aucuns y voient déjà la preuve d’un antagonisme entre le cardinal Burke — légat du Pape à l’Ordre de Malte — et le souverain pontife lui-même, la réalité de cette affaire qui dure depuis au moins deux mois est tout autre.
Quels sont les faits ?
L’affaire remonte au 6 décembre 2016. Ce jour-là, Fra’ Matthew Festing exige la démission du grand chancelier allemand Albrecht Von Boeselager*, numéro trois de l’organisation et membre de l’ordre depuis quarante ans. La raison ? Celui-ci aurait couvert, en 2005, la distribution de préservatifs par un dispensaire de l’Ordre de Malte dans des camps de réfugiés en Birmanie et dans certains pays africains ou des femmes subissaient des viols. Alors qu’Albrecht Von Boeselager refuse de démissionner, Fra’ Matthew Festing le démet de ses fonctions avec l’assentiment du cardinal Raymond Burke.
Ayant appris cette nouvelle, le Pape décide de diligenter une enquête auprès de l’Ordre de Malte, enquête à laquelle s’est fermement opposé le grand maître de l’Ordre, arguant de la « souveraineté », c’est-à-dire de l’indépendance de l’Ordre vis-à-vis du Vatican. Nonobstant cette opposition larvée, les résultats de l’enquête sont parvenus au Pape vers la mi-janvier et ont abouti à la démission de Fra’ Matthew Festing, obéissant à la demande du Pape.
Le Pape a-t-il pris fait et cause pour un grand chancelier progressiste, contre un grand maître conservateur et un cardinal qui s’oppose ouvertement à lui dans l’affaire des « Dubia » (les doutes émis contre certains points de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia par quatre cardinaux dont Raymond Burke) ? L’hypothèse est alléchante mais ne résiste pas à l’examen plus approfondi de toute cette affaire.
Le risque d’une « République bananière »
Ces faits, s’ils sont avérés, doivent en effet être complétés et précisés. Un responsable haut placé de l’Ordre nous a révélé que les deux mois de tensions qui viennent de s’écouler et qui ont abouti à la conclusion que l’on sait, n’étaient que la partie émergée de l’iceberg. Ce serait en fait en 2014, lors de l’élection du Souverain Conseil (qui constitue le gouvernement de l’Ordre) que la dynamique ayant abouti à la démission du grand maître s’est amorcée. Fra’ Matthew Festing, qui en tant que grand maître est élu à vie, aurait composé une liste de collaborateurs qu’il aurait bien vu figurer au sein du Conseil. Seulement, le Chapitre Général (qui rassemble les Chevaliers électeurs) n’en élira aucun ! Le grand maître aurait alors favorisé l’émergence d’un cabinet parallèle composé de collaborateurs non-élus, court-circuitant peu à peu le Souverain Conseil. « Une forme de coup d’État », résume notre informateur.
La destitution d’Albrecht Von Boeselager intervient dans cette logique, visant à remplacer peu à peu les membres du Souverain Conseil par des collaborateurs plus coopératifs. Le refus brutal que le Vatican diligente la moindre enquête, opposé par le grand maître et exprimé au cours de plusieurs échanges en des termes acrimonieux relayés par la presse, apparaît dès lors sous un jour nouveau. Las de cette situation et inquiets pour l’avenir de l’Ordre, plusieurs chevaliers ont répondu à l’enquête diligentée par le Pape et l’ont alerté sur les risques de transformation de l’Ordre en « République bananière ». C’est cette dynamique délétère, enclenchée depuis plus de deux années, qui explique la décision du Pape à l’encontre de Fra’ Matthew Festing.
Quel a été le véritable rôle du cardinal Raymond Burke ?
Cardinalis patronus, c’est-à-dire légat du Pape à l’Ordre de Malte depuis 2014, plusieurs médias affirment que le cardinal Burke aurait lui-même intrigué pour destituer Albrecht Von Boeselager. Il aurait appuyé, sinon fomenté, le départ de celui qui avait Malteser International (les équipes humanitaires de l’Ordre) sous sa responsabilité lors des distributions de contraceptifs il y a onze ans. Un départ que beaucoup interprètent donc comme une vengeance du cardinal Burke à l’égard du Pape, perçu comme plus conciliant sur ces questions (voir l’affaire des « Dubia »).
Selon le National Catholic Register, le pape François, troublé par les révélations du cardinal au sujet de ces manquements anciens mais avérés à l’esprit et à la morale de l’Ordre de Malte, lui aurait pourtant demandé au cours d’une entrevue le 10 novembre dernier de « nettoyer » l’Ordre de « la présence de francs-maçons ». Détaillant son propos, le Saint-Père aurait par la suite souligné les importantes responsabilités qui incombent au légat dans une lettre transmise le 1er décembre 2016, mais jamais rendue publique, à savoir de « supprimer toute affiliation de l’Ordre avec des groupes ou des pratiques qui vont à l’opposé de la loi morale ». Aux dires du magazine, François et le cardinal sont donc sur la même longueur d’onde pour traquer tout abus. Néanmoins, c’est bien Albrecht Von Boeselager qui a obtenu gain de cause à l’issue de l’enquête et Fra’ Matthew Festing qui a été poussé au départ.
Sans avoir lu la lettre et faute de compte-rendu officiel de cette réunion, il est difficile d’imaginer que le pape François ait employé ces mots, n’ayant encore jamais émis l’hypothèse en public du noyautage d’œuvres d’Église par des sociétés occultes. Ensuite, considérer que le cardinal Burke tire les ficelles dans l’ombre est peut-être excessif, dans la mesure où il est représentant du Pape et n’a qu’une influence limitée et aucun pouvoir au sein du gouvernement de l’Ordre. Enfin, si Albrecht Von Boeselager est accusé d’être libéral, il est, selon plusieurs responsables de l’Ordre de Malte, tout à fait en phase avec l’Église sur la question de la contraception. En quarante ans passés au sein de l’Ordre, il n’en a, en tout cas, jamais montré le moindre signe contraire. Le cardinal Burke n’aurait donc eu aucune raison de lui en vouloir personnellement. Ainsi, et c’est l’avis d’un autre responsable de l’Ordre, le cardinal n’aurait joué aucun rôle dans cette affaire si ce n’est d’assister à la convocation d’Albrecht Von Boeselager par Fra’ Matthew Festing qui conduira à son limogeage et d’en avoir référé au Souverain Pontife. La seule question qui demeure est celle de son absence de réaction sur les abus de pouvoir de plus en plus manifestes du grand maître.
Le prétexte des préservatifs et… de la finance

Quoi de mieux que la question des préservatifs pour monter en épingle un débat entre progressistes et conservateurs ? De l’aveu de tous les témoins interrogés membres de l’Ordre, la question de la distribution des préservatifs n’a été qu’un prétexte utilisé pour la destitution d’Albrecht Von Boeselager. En effet, dès qu’il a appris que ces distributions avaient lieu, celui-ci les a immédiatement fait cesser. L’accusation en progressisme est donc nulle et non avenue. La raison du départ du grand chancelier Von Boeselager, qui entretenait par ailleurs des relations cordiales avec Fra’ Matthew Festing, est probablement à chercher du côté des manœuvres du grand maître visant à accroitre l’emprise de son cabinet sur le Conseil.
Les grands médias français soulignent également que le limogeage d’Albrecht Von Boeselager intervient au moment même de la nomination de son frère à la Banque du Vatican « en plein assainissement après avoir été éclaboussée par des scandales ces dernières années » (Le Monde). Seulement, le frère** d’Albrecht Von Boeselager est un expert financier aux compétences reconnues et la conjonction des deux événements (limogeage de l’Ordre pour l’un, nomination à l’établissement financier du Vatican pour l’autre) est, de l’avis de tous, totalement fortuite.
La demande de démission que le Pape a formulée à Fra’ Matthew Festing est donc bien une décision grave, importante et sans précédent. En dépit des cases dans lesquelles les médias français et internationaux aiment à ranger le souverain pontife et les cardinaux, il semble que cette décision soit motivée par une enquête minutieuse dont les résultats sont rigoureusement irréductibles à la logique d’affrontement entre conservateurs et progressistes et qu’ils n’aient rien à voir avec la question de la contraception.
 
* Albrecht Von Boeselager, juriste de formation et ancien avocat, père de cinq enfants, est entré dans l’Ordre de Malte en 1976. Envoyé à Rome, il est élu grand hospitalier de l’Ordre à cinq reprises de 1989 à 2014 avant de devenir grand chancelier, sorte de Premier ministre de l’organisation caritative. Il membre du Conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé depuis 1990 et, depuis 1994, membre du Conseil Pontifical « Cor Unum » pour les œuvres de bienfaisance du Saint-Siège. Il est le fils aîné d’une grande figure du catholicisme allemand du XXe siècle, l’officier et résistant Philipp Von Boeselager, qui participa à la célèbre opération Walkyrie visant à assassiner Hitler.
** Le baron Georg von Boeselager, diplômé de l’université de Fribourg-en-Brisgau, banquier, est actuellement président du conseil de surveillance de la banque privée munichoise Merck Finck. Il est lui aussi engagé à l’Ordre de Malte.
ALETEIA

 

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16/11/2016

JUBILÉ DES SANS ABRI À ROME

                             LE PAPE FRANÇOIS SE RECUEILLE AVEC DES PRÉCAIRES

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15/11/2016

JUBILÉ DES PRÉCAIRES À ROME

Avec les pauvres, au cœur de l’Eglise

Du 10 au 13 novembre à Rome, le pèlerinage de 4 000 personnes précaires rassemblées par l’association Fratello à l’invitation du pape, a rappelé que « les pauvres sont le trésor de l’Église ».

Vendredi 11 et dimanche 13 novembre, François leur a demandé pardon pour les chrétiens qui se détournent d’eux et les a exhortés à « rêver que le monde puisse changer ».

Sur l’estrade du hall Paul VI, à Rome, le pape François, debout, tête inclinée, garde les yeux fermés et les mains jointes pendant que les pèlerins prient silencieusement sur lui, pour lui.
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Sur l’estrade du hall Paul VI, à Rome, le pape François, debout, tête inclinée, garde les yeux fermés et les mains jointes pendant que les pèlerins prient silencieusement sur lui, pour lui. / Kasia Strek pour la Croix/Ciric

« J’ai demandé à Jésus de la part du pape de persévérer dans ma vie, avec la foi, la santé, le courage ! » Souriant et chaleureux, Dany partage avec confiance l’intention de prière personnelle qu’il a déposée samedi soir devant l’autel de Saint-Paul-hors-les-Murs. Lui qui vit désormais avec des jeunes professionnels chrétiens dans une « colocation solidaire » de l’Association pour l’amitié (APA) à Paris, a longtemps connu la rue. Il sait, comme tant des 4 000 pèlerins Fratello venus à Rome de toute l’Europe, que « lorsqu’on est pauvre, c’est un combat de chaque jour de vivre ! ».

> A lire : Sans-abri à Paris, pèlerins à Rome

Dany ne pouvait savoir, en revanche, que son intention de prière rédigée pendant la veillée de la Réconciliation rejoindrait précisément l’évangile lu le lendemain dans la basilique Saint-Pierre : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (Lc 21,19). Car pour la plupart des sans-abri et exclus venus ici à l’invitation de François pour le dernier week-end de l’Année de la miséricorde, il s’agit de lutter non seulement contre le froid et la faim, mais aussi et surtout contre l’isolement et le rejet.

« Chacune de vos vies vaut infiniment plus que toute cette richesse »

D’où la double insistance du pape, lors de l’audience générale, vendredi dans la salle Paul VI, et lors de la messe dominicale dans la basilique Saint-Pierre, à rappeler que « Dieu dirige son regard vers le pauvre » et à demander pardon pour les chrétiens qui ne le font pas (lire ci-dessous). « Feindre de ne pas voir les nombreux Lazare d’aujourd’hui qui sont exclus et rejetés, affirme-t-il en citant un autre passage de l’Évangile de Luc, c’est tourner le dos à Dieu. »

C’est également un double but que visait Fratello en organisant, pour la première fois, ce rassemblement romain : contribuer à ouvrir les yeux et le cœur des chrétiens afin qu’« ils ne tournent pas le dos à leurs frères oubliés et souffrants » et montrer concrètement à ceux-ci qu’ils sont « le trésor de l’Église », comme le leur a rappelé Mgr Benoist de Sinety lors de la messe vendredi soir dans la somptueuse église Saint-André-de-la-Vallée.

« Chacune de vos vies vaut infiniment plus que toute cette richesse », a souligné le vicaire général du diocèse de Paris, après avoir fait admirer les fresques admirables et les colonnes dorées. « C’est notre tâche de prendre soin de la vraie richesse que sont les pauvres », disait aussi le pape dimanche.

« Ce sera la prière des pauvres pour le pape des pauvres »

« Vivre avec les pauvres nous évangélise en profondeur, cela nous apprend à aimer, à pardonner, à dire merci », souligne de son côté Etienne Villemain, fort de ce qu’il vit depuis dix ans, en tant que fondateur de l’APA. D’où le soin particulier apporté par Fratello au logement (dans les bungalows confortables d’un camping de Rome) et aux repas (souvent dans des restaurants du « Centro Storico »).

Porté par cette même certitude que les pauvres sont le trésor de l’Église, le cardinal Philippe Barbarin propose au pape que les dix pèlerins, placés à ses côtés sur l’estrade du hall Paul VI, prient sur lui et pour lui : « Ce sera la prière des pauvres pour le pape des pauvres », résume l’archevêque de Lyon.

Certains mettent alors leur main sur ses épaules. D’autres appuient leur tête contre son cou. Debout, tête inclinée, le pape garde les yeux fermés et les mains jointes pendant que tous les pèlerins prient silencieusement sur lui, pour lui. Les applaudissements fusent, tandis qu’un Veni Sancte Spiritus est entonné par la chorale nantaise « Au clair de la rue », en partie composée de sans-abri.

Internationale de la précarité

Cette image reste l’une des plus fortes de ce « pèlerinage de joie et d’espérance », coorganisé avec divers diocèses et associations de solidarité françaises ou internationales (Aux captifs la libération, Ordre de Malte, Société Saint-Vincent-de-Paul, Secours catholique…). De même, la procession aux flambeaux, samedi soir, sous les hauts pins du parc de Saint-Paul-hors-les-Murs a marqué les esprits.

Derrière une bannière de la Vierge et une vingtaine de drapeaux européens, tous dans cette sorte d’internationale de la précarité s’agenouillent avant de pénétrer, par la Porte sainte, dans la basilique pour une veillée de la Réconciliation.

« Hier, dix fois, le pape vous a dit qu’il a besoin de vous pour construire l’Église, lance le cardinal Philippe Barbarin. Est-ce que vous avez entendu ? C’est une mission que le pape vous a donnée. C’est pour cela qu’il vous faut vous réconcilier avec le Seigneur, comme Jésus l’a fait avec Pierre et Paul, alors qu’ils étaient apparemment peu recommandables. Ils sont devenus ensuite des colonnes de l’Église. Laissez-vous réconcilier avec Dieu ! », les exhorte encore l’archevêque de Lyon, prolongeant la lecture de la lettre de Paul aux Corinthiens.

Ne pas perdre leur « capacité de rêver et d’aller de l’avant »

Au pied des colonnes, des files se forment pour se confesser auprès des dizaines de prêtres accompagnateurs de fraternités. « Certains ne s’étaient encore jamais confessés », constate le P. Arnaud Nicolas, vicaire de la paroisse parisienne Saint-Joseph-des-Nations, venu avec une vingtaine de pèlerins.

D’autres pèlerins restent longtemps prostrés devant le Saint-Sacrement exposé sur l’autel. « Nous voulons montrer que le Christ lui-même les accueille sur le tabernacle », explique Loïc Luisetto, l’un des organisateurs de Fratello.

> A lire  : « Fratello » en dates et en chiffres

Au fil des trois jours, quelques anciens « gars de la rue » témoignent concrètement de la manière dont « le Seigneur a été miséricordieux » pour eux, selon l’expression de Pierre, ancien punk révolté, aujourd’hui engagé dans la diaconie du Var. Le Français Christian qui a connu « la galère et la schizophrénie » et le Polonais Robert, tombé « dans la déchéance », affirment eux aussi que Dieu les a sauvés.

Répondant à ces témoignages de salut, le pape a invité vendredi les pèlerins Fratello à ne pas perdre leur « capacité de rêver et d’aller de l’avant. Un jour, vous avez rêvé de venir à Rome et cela s’est réalisé. Alors rêvez que le monde puisse changer à partir de l’Évangile. Enseignez aux autres à ne pas être défaitistes ! »

***

« Je vous demande pardon pour toutes les fois où les chrétiens ont regardé de l’autre côté »

Extrait des propos improvisés vendredi par le pape François lors de l’audience avec les participants au jubilé des exclus.

« Je vous demande pardon au nom des chrétiens qui ne lisent pas l’Évangile en y plaçant la pauvreté au centre. Je vous demande pardon pour toutes les fois où les chrétiens, face à une personne pauvre ou dans une situation de pauvreté, ont regardé de l’autre côté. Pardon. Votre pardon pour les hommes et les femmes de l’Église, qui ne veulent pas vous regarder ou n’ont pas voulu vous regarder, est de l’eau bénite pour nous. Elle nous nettoie, elle nous aide à croire à nouveau que, au cœur de l’Évangile, il y a la pauvreté évangélique comme un grand message ; et que nous, les catholiques, les chrétiens, tous, nous devons former une Église pauvre pour les pauvres ; et que tout homme ou femme, quelle que soit sa religion, doit voir dans chaque pauvre le message de Dieu qui s’approche et se fait pauvre pour nous accompagner dans la vie. »

Claire Lesegretain, à Rome (LA CROIX)

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28/10/2016

LE PAPE ET L'HUMORISTE

 

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Le célèbre acteur italien Roberto Benigni

révèle le contenu de sa fameuse conversation téléphonique avec le Saint-Père.

Isabelle Cousturié


Il y a presque deux ans, le célèbre acteur et réalisateur du film, La vie est belle, a fait exploser l’audience de la télévision publique italienne en commentant les 10 commandements. Le succès fut tel que des rumeurs couraient que le Pape en personne l’avait appelé pour le féliciter. Mais rien de plus. Roberto Benigni a tenu sa langue jusqu’au 23 octobre dernier, révélant, contre toute attente, le contenu de cet appel téléphonique qui a bien eu lieu.
De l’appel de François
« C’était  le 17 décembre 2014. Le Pape a appelé chez moi à 8 heures du matin, mais le problème c’est que je dormais. On lui a répondu : « Oui Roberto est là mais il dort, veuillez rappeler demain ». Vous imaginez  ? Et il a rappelé ! Il était si tendre que j’aurais voulu le prendre dans mes bras », a révélé l’acteur, le visage rayonnant, lors d’une rencontre publique à la clôture du 11ème Festival international du cinéma à Rome. Anecdotes, souvenirs épiques, histoires incroyables qui lui étaient arrivés, s’enchaînent. Jusqu’à l’épisode du coup de téléphone…
Que lui a-t-il dit ? Ce qu’il dit généralement quand une histoire, une initiative, le touche profondément. « C’est bien ce que tu fais – toujours le tutoiement – tu sais que tu fais vraiment du bien ! », lui a-t-il dit comme à ce jeune blogueur, encore tout récemment, pour le féliciter et l’encourager dans sa démarche de parcourir 4 000 kilomètres à pieds pour récolter des fonds et aider au financement de la recherche contre une maladie qui a tué sa conjointe. « Ce fut un moment extraordinaire ! », a poursuivi l’acteur italien qui dit lui avoir répondu : « Moi, du bien ? Mais c’est vous qui en faites du bien, tant de bien ! ».
Après la diffusion de l’émission, le Vatican n’avait ni démenti ni confirmé le coup de téléphone du Pape. Néanmoins, le président du conseil pontifical pour la famille, Mgr Vincenzo Paglia, s’était avancé un peu plus en affirmant qu’un « nouveau geste » du Pape en ce sens n’aurait rien de surprenant, car cette émission « allait dans le droit fil de l’Église ». Il avait ajouté : « Ici il s’agit d’un artiste “en sortie” qui sait utiliser le bagage de la sagesse biblique mais sans trop l’étaler ».

À lire aussi : Quand Roberto Benigni raconte le premier acte de miséricorde de Jésus

À l’appel de Jean Paul II
Parti dans ses souvenirs, Roberto Benigni, est remonté jusqu’à Jean Paul II, qui avait souhaité voir avec lui le film, La vie est belle, et l’avait appelé pour l’inviter. C’était en 1999. « Il m’a gardé six heures. Plus que le président des États-Unis ! Ce fut une émotion extraordinaire. Je crois en Dieu. De toute façon, si nous ne sommes pas faits par lui, nous sommes faits de lui, non ? », furent les  paroles fameuses de l’acteur à l’issue de cette rencontre.
Roberto Benigni est revenu d’autant plus volontiers sur cet épisode que ses relations avec Karol Wojtyla avaient bien mal commencé. L’avoir traité de « Wojtylaccio », vingt ans auparavant, lui avait valu une interdiction de télévision pendant un an, et une condamnation « pour outrage à la religion », soit un million d’amende  à payer au Saint-Siège et un an de prison avec sursis. « En fait, dans ma région d’origine, c’est une façon affectueuse de nommer les gens, du genre « ce garnement de Wojtyla », avait cherché à se défendre l’acteur.
Mais depuis, La vie est belle, tout semble pardonné. Jean Paul II ne lui en a pas tenu rigueur – « Il ne s’en souvenait même pas ! » aurait-il confié à l’artiste – et « l’a traité en fils », se plait-il à raconter dès qu’il en a l’occasion. Après la vision du film, raconte l’acteur encore une fois : « Il s’est tourné vers moi et m’a dit “Ce film m’a fait pleurer”. C’est vrai, je l’ai vu très ému ! Après, on est resté en contact, il m’a même écrit une lettre, comme un père écrirait à son fils ! ».
Source: Aleteia

 

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27/09/2016

LE PAPE FRANÇOIS AU CINÉMA

De l’Argentine au Vatican : un film part sur les traces de François

"Le pape François" sortira dans les salles françaises le 28 septembre.


 

         
 

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Ana est une journaliste espagnole bientôt quadragénaire, typique de sa génération : parcours professionnel réussi, intérêts multiples, relations cordiales. Pour autant, rien de solide dans sa vie : partagée entre son travail et ses amours, sans convictions autres que ses attachements familiaux, elle est envoyée à Rome couvrir le conclave de 2005, qui élira Benoît XVI, au moment même où elle se découvre enceinte.

Une rencontre hors du commun

Alors qu’elle passe le voyage à se demander si elle cédera au père de son enfant qui exige qu’elle avorte, écartelée entre les exigences de son autonomie et les principes inculqués par sa mère argentine, elle se retrouve soudain, dans le train qui la mène de l’aéroport au Vatican, face à un prélat qu’elle reconnaît immédiatement : le « padre Jorge », archevêque de Buenos Aires. Cette rencontre changera sa vie, au point qu’elle va s’attacher au cardinal Bergoglio et le connaître de mieux en mieux, entraînant les spectateurs que nous sommes dans la découverte du parcours et de la personnalité hors du commun du futur pape François.

En somme, une jeune femme déclassée rencontre un prélat inclassable. Ce qui permet au film, sans prétendre à l’objectivité [1], de nous livrer un regard personnel [2] qui, tout en assumant un ton résolument hagiographique, ancre les personnages dans la réalité contemporaine.

Avec simplicité et audace 

La construction classique du récit fait alterner les scènes de rencontre entre la journaliste et le prélat avec des flashbacks sur la jeunesse et la carrière du padre Jorge. Une belle photo (le chef opérateur est celui de Biancaneves) et une bande son parfois pesante accompagnent ces allers et retours. Loin des ors du Vatican ou de la mythologie jésuite, nous découvrons surtout un archevêque attaché à son peuple et s’efforçant, avec une simplicité et une audace quelquefois déconcertantes, de témoigner de la tendresse du Seigneur.

Maints aspects sont ainsi traités, aussi bien sur l’Argentine, où cohabitent trafiquants de drogue et junte autoritaire, que sur l’Église, qui mêle en son sein « prêtres pharisiens » et pécheurs pardonnés. Du contexte de Buenos Aires aux combats souterrains du Vatican le prisme est large, même si demeurent quelques énigmes, par exemple la trajectoire du jésuite avant son épiscopat ou l’évolution de ses relations familiales une fois sa vocation assumée.

Au terme d’une histoire aux rebondissements émouvants se dégage la vision d’un homme spirituel, à l’intelligence pratique, qui ne cherche pas à tout expliquer mais veut prendre à bras le corps le réel pour y trouver et y manifester la miséricorde de Dieu – comme aussi ses exigences.

Peut-être le portrait aurait-il eu plus de relief en évoquant quelques faiblesses du héros, ou comment son prédécesseur a pu, dans un style différent, lui ouvrir la voie. Il reste que les spectateurs seront souvent passionnés par ce récit très concret, qui éclaire beaucoup de questionnements actuels sur l’Église et le monde.

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[1] L’acteur principal ressemble peu physiquement au pape François, manière sans doute de souligner que le film n’est pas identique au réel. Tout au plus des images authentiques du Saint-Père, à la fin, permettent-elles de faire le raccord.

[2] D’ailleurs inspiré du best-seller Francisco: Vidad y Revolucion, écrit par Elisabetta Piqué à partir de sa propre rencontre avec François.

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