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03/06/2018

LA TRINITÉ du GRECO

LA TRINITÉ DU GRECO

TRINITÉ du GRECO


Contempler.

Dans cette oeuvre,
le Greco nous invite à observer l’invisible Trinité dans
l’infinie tendresse d’un échange de regards clos. Il nous renvoie au mystère de l’homme qui s’ouvre sur l’abîme du Mystère de Dieu.


Un génie à la croisée de l’Orient et de l’Occident

Quand Doménikos Theotokópoulos arrive à Tolède en 1576, il vient d’Italie ; après avoir quitté sa Crète natale, alors sous protectorat de la République de Venise, le jeune artiste arrive dans la Cité des doges vers 1566.
Il y restera jusqu’en 1570, date à laquelle il rejoint Rome. Au cours de son séjour vénitien, il travaillera dans l’atelier de Titien et formera son art dans la contemplation de l’oeuvre de Tintoret ; sur les bords du Tibre, c’est à celle de Michel-Ange et des maniéristes qu’il va se confronter. Cette rencontre des traditions iconographiques grecques, vénitiennes et romaines va donner naissance à l’une des oeuvres les plus originales de la Renaissance.

Un retable tolédan

Ce tableau est l’un des tout premiers que le Greco va produire en Espagne. Cette commande du Doyen de Tolède, Diego de Castilla, pour l’église Santo Domingo El Antiguo fait partie d’un ensemble de neuf toiles destinées à orner trois retables. Il ne subsiste plus à Tolède qu’une copie de l’oeuvre originale qui se trouve à Madrid dans la collection royale depuis son acquisition par Ferdinand VII en 1832.

Au-delà de l’irreprésentable…

Le premier mouvement qui nous inciterait à nous méfier de cette oeuvre au nom du « juste principe d’irreprésentabilité de la Trinité » trouve dans la délicatesse spirituelle du Greco une réponse, une invitation à dépasser le visible. Les Personnes de la Trinité, que l’artiste fait apparaître dans le langage théologique de ses couleurs et de ses formes, ne sont aucunement traitées comme des objets divins.

Le génie du Greco est de réunir dans cette image l’inspiration thématique qu’il emprunteà une célèbre gravure de Dürer, et la force stylistique qu’il puise visiblement dans la Pietà de Michel-Ange, pour les mettre au service d’une très profonde contemplation du mystère relationnel qu’est la Trinité.

L’abîme de la Communion trinitaire

Dans ce tableau, tout conduit à une nuée de visages qui domine très sensiblement les nuées du ciel. La vérité la plus haute apparaît dans ces visages, et plus éminemment encore dans les regards qui les relient et les animent. Ceux des anges sont concernés par l’anéantissement du Fils et la compassion du Père, mais aucun ne rejoint vraiment l’abîme de Communion qui affleure à la croisée des attitudes des Personnes divines par les lignes qui structurent son oeuvre.
L’artiste montre que le Fils, jusque dans sa mort, épouse la position du Père. Ses yeux clos sont tournés vers la face du Père, ceux du Père reposent sur le Visage de l’Unique Engendré, et ceux de l’Esprit couvrent de leur vol le silence de l’invincible Amour. Aucun de ces regards ne nous est directement accessible ; seule la prise au sérieux de notre condition humaine, dans ses cimes relationnelles et ses grandes souffrances, nous y donne accès.
En prenant le risque de cette expression trop humaine du Mystère trinitaire, le Greco nous conduit donc néanmoins à L-l’effleurer de la manière la plus juste, en nous faisant entrer dans le mystère de la relation.
Comme le rappelle saint Paul, « c’est en lui que nous crions “Abba !”, c’est-à-dire : Père ! » (Rm 8, 15) ; c’est en entrant
dans la Vie du Fils, par l’Esprit, que la nôtre peut réellement désirer Celle du Père.
Arnaud Montoux
(La Trinité, du Greco, 1577, Musée du Prado. Josse/Leemage)

17:24 Publié dans BEAUX ARTS | Lien permanent | Commentaires (0)

19/12/2016

NATIVITÉ de Lorenzo Lotto

 


Les plus belles œuvres pour se préparer à Noël

 

 

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Il faut une grande intelligence et une fréquentation assidue des oeuvres pour livrer au grand public un livre d’une telle densité. La langue de Sophie de Gourcy est élégante sans être ampoulée, précise sans être trop érudite. Un tel ouvrage, magnifiquement illustré — et dont on supplie l’éditeur de décliner la formule — comble ce grand regret que nous portons souvent en parcourant les musées : ne pas tirer des tableaux tout ce qu’ils voulaient nous offrir.
Une approche très pédagogique
Les huit tableaux présentés balaient de larges pans de l’histoire de la peinture : Fra Angelico, Lorenzo Lotto mais aussi Van der Weyden ou Jordaens. L’auteur n’est pas allée aux plus évidents : Champaigne, Botticelli ou Le Pérugin mais probablement aux tableaux les plus chers à son regard de critique et de pédagogue. Car chaque tableau est l’objet d’une leçon, enseignée par un talentueux professeur. Après une description générale, un rappel du contexte, le tableau est méthodiquement expliqué et une grande attention est accordée aux détails. Car Sophie de Gourcy rappelle que rien n’est gratuit sous la main du peintre et que tout ce qui naît du pinceau est porteur de sens. Ainsi, dans une Nativité de Lorenzo Lotto, ce petit baluchon posé aux pieds du Christ nouveau-né pour signifier le poids des pêchés et des soucis que chacun d’entre nous doit déposer aux pieds de notre Sauveur. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, je vous soulagerai ». De tels détails, dont la richesse théologique ou philosophique nous serait passée inaperçue, l’auteur nous en révèle des dizaines. Quelle chance !
Retrouver un regard d’enfance
La grande conviction de Sophie de Gourcy est que ces tableaux étaient immédiatement compréhensibles aux hommes de leur temps, aussi peu éduqués étaient-ils. Peut-être pas intégralement, pas doctement, mais ils étaient compris dans l’essentiel de leur message. Et tous ces tableaux parlaient de la grandeur de Dieu, mettaient leur beauté à son service. « La beauté de Dieu est admirablement simple ». Il fallait du génie pour rassembler une telle densité avec de pauvres mains d’hommes, et une grande foi : « C’est une évidence : un homme qui n’a pas la foi, ne peut peindre cela ». Le peintre rappelle le tragique de chacune de nos vies : nous n’avons que peu de temps pour mériter notre salut. Quel plus beau motif que celui de la Nativité pour nous inviter à nous remettre à la toute puissante douceur de Dieu ? L’auteur conclut son ouvrage par une citation de Charles Péguy, qui rappelle notre condition déchirée : « C’est la foi qui est facile et de ne pas croire qui serait impossible. C’est la charité qui est facile et de ne pas aimer qui serait impossible. Mais c’est d’espérer qui est difficile ». Nous peinons à espérer car nous sommes trop lourds, contemplons avec le regard de notre enfance pour retrouver… la légèreté des enfants de Dieu.

Apprendre à voir La Nativité, Sophie de Gourcy, éditions Desclée de Brouwer, 128 pages, 24 euros.
 
 

16:53 Publié dans BEAUX ARTS | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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