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19/10/2017

PAPE FRANÇOIS

YOUTUBE PROPOSE DEUX VIDÉOS SUR LE PAPE FRANÇOIS

 

https://youtu.be/uvlaKhROTQc


https://youtu.be/s5YvRfOp9TU

17:51 Publié dans PAPE | Lien permanent | Commentaires (0)

18/10/2017

SAINT LUC

St LUC

 

Capture d’écran 2017-10-18 à 16.56.03.png


Les quatre Évangiles représentent, chacun à leur manière, une approche spécifique de la Parole de Dieu. Car derrière le récit, il y a l’homme et sa plume. En fêtant saint Luc ce 18 octobre, nous honorons non seulement l’évangéliste symbolisé par le taureau mais également l’œuvre qu’il a conçue, donnant ainsi à l’Église un trésor d’enseignement.
Né à Antioche d’une famille grecque, Luc est un grand travailleur à l’esprit vif ; il se fait médecin et excelle dans son domaine. Sa finesse et sa minutie apparaissent tout au long de ses écrits, à la fois poétiques et structurés, alliant un style littéraire rythmé et une rigueur digne d’un historien.
Une plume alerte, héritage hellénique
Sa culture hellénique n’y est pas étrangère. À l’instar d’Aristote et Plutarque, l’évangéliste introduit son récit par un prologue dans lequel, selon la tradition, il s’adresse solennellement à un noble. L’auteur raconte ensuite la vie du Christ, de la crèche à la croix, par un procédé typiquement grec de parallèles, comme un chemin nous menant au Christ.
Ainsi, la naissance de Jésus et celle de son cousin Jean-Baptiste sont racontées simultanément : l’ange apparaît à Zacharie (1, 5-25), puis à Marie (1, 26-38) ; vient la visite de Marie à Elisabeth, où les deux enfants, le précurseur et le Messie, se rencontrent et manifestent leur joie (1, 39-56) ; Jean-Baptiste est ensuite circoncis (1, 57-80) avant que Jésus ne soit à son tour présenté au Temple (2, 1-21).
Une rigueur d’historien
Saint Luc n’a pas connu Jésus : c’est en rencontrant l’apôtre Paul qu’il se convertit, et décide de le suivre dans ses périples. Pourtant, son œuvre est immense : bien qu’il soit connu pour son récit de la vie du Christ, il est également auteur des Actes des Apôtres, précieuse mine historique sur les premières années de l’Église.
Pour établir son travail, l’évangéliste trouve ses sources dans les différentes traditions orales, auxquelles il décide d’attribuer une valeur historique. Nous lui devons ainsi les noms des personnes, les dates et les lieux qu’a connus Jésus ; nous lui devons également le récit de l’enfance du Christ, de la crèche au Temple, que ses confrères évangélistes n’évoquent que succinctement ou pas du tout. Saint Luc participe, par son œuvre, à établir l’historicité de la personne de Jésus.
« Évangile de la Miséricorde », « Évangile des femmes »… ou Évangile d’aujourd’hui
Les écrits de Luc, par leur approche pleine de Miséricorde, s’adressent à l’Église d’aujourd’hui de manière frappante. Médecin attentionné et compatissant, celui que Dante appelait « chantre de la mansuétude du Christ » dépeint abondamment la misère humaine à travers les rencontres du Christ. Zacharie et Elisabeth, Anne et Siméon, Marthe et Marie, chacun des personnages est appelé par son nom. Les derniers des derniers, le fils prodigue, la pécheresse qu’on veut lapider, le bon larron, le samaritain et tant d’autres, tiennent une place spéciale dans son récit : le médecin plein de tendresse les veut témoins de la Miséricorde.
Par ailleurs, les figures féminines font nombre, elles y sont même essentielles. Les « femmes » et les « veuves » apparaissent chez Luc quatre fois plus que chez les autres évangélistes. Mais celle  » bénie entre toutes les femmes  » (Lc 1, 42), la Vierge Marie, tient une place particulière. La légende dit que Luc aurait eu une relation privilégiée avec la Mère de Jésus. Mieux qu’aucun autre, il a compris le chemin de foi de Marie, qui, tout au long de la vie de son fils, silencieusement, « méditait toutes ces choses dans son cœur » (Lc 2, 19).
Il est même raconté que, parvenu à la fin de sa vie, saint Luc eut l’honneur de peindre le portrait de Marie. Tableau qui serait resté inachevé à sa mort, si les anges eux-mêmes n’étaient intervenus pour le parfaire.
Aleteia

 

17:04 Publié dans SAINTS | Lien permanent | Commentaires (0)

08/10/2017

5 FEMMES NOBEL DE LA PAIX


Lumière sur 5 femmes qui ont reçu le Prix Nobel de la Paix


par Adriana Bello





Bien que le fameux Prix Nobel de la Paix n’ait jamais boudé les femmes, elles sont seulement 16 à l'avoir obtenu. Voici le portrait de cinq d'entre elles, qui ont travaillé pour la paix et ont justement été récompensées, comme la jeune Malala
Pour suivre les derniers vœux d’Alfred Nobel, le Prix Nobel de la Paix a été remis pour la première fois en 1901 et est décerné chaque année aux personnes « ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité », par leur travail en faveur de la paix. Que ce soit par le biais de la littérature, de la politique ou du travail social, l’objectif de ces cinq femmes est le même : parvenir à un règlement pacifique des grands conflits mondiaux.


1. Bertha Von Suttner

- 5 FEMMES NOBEL DE LA PAIX


Elle fut non seulement la première femme à remporter le Prix Nobel de la Paix en 1905, mais elle fut aussi celle qui a inspiré la création de cette importante récompense mondiale. Bertha Von Suttner a été la secrétaire d’Alfred Nobel (qui, ironiquement, a découvert la dynamite et avait une fabrique d’armes) et a gardé une étroite amitié avec lui, bien qu’elle n’eût travaillé dans ses bureaux que deux semaines. En tant qu’écrivain, elle s’est consacrée à promouvoir le pacifisme au travers de ses pamphlets et de son ouvrage « Bas les armes ! » (1889), œuvre littéraire importante du mouvement pour la non-violence.
Elle était une fervente critique des leaders européens, qu’elle invitait à ne plus alimenter le patriotisme belliqueux et à chercher des solutions exemptes d’armes. Dans son échange de lettres constant avec Alfred Nobel, elle lui demandait de s’unir à la lutte pacifique. Voyant les destructions causées par ses inventions, il a décidé de consacrer une grande partie de sa fortune à créer un prix qui récompenserait les personnes qui ont dédié leur vie à la paix, à la science et à la littérature.
Carl Pietzner - PD


2. Aung San Suu Kyi

- 5 FEMMES NOBEL DE LA PAIX


Aung San Suu Kyi est une femme politique birmane, qui a lutté sans relâche jusqu’à ce que son pays retrouve la démocratie qui lui avait été arrachée par la junte militaire. Elle a toujours défendu la non-violence, influencée par Gandhi dont elle connaissait très bien l’œuvre grâce à sa mère qui avait été ambassadeur en Inde. Aung San Suu Kyi a quitté la Birmanie, s’est mariée et a eu deux enfants. Mais quand sa mère est tombée malade à la fin des années 80, elle est revenue s’installer dans son pays pour s’occuper d’elle et a voulu faire partie du mouvement en faveur de la démocratie, ce qui lui a valu sa résidence surveillée.
On lui a proposé à plusieurs reprises de la libérer si elle s’engageait à ne jamais revenir en Birmanie, mais elle a toujours refusé, sacrifiant sa vie de famille pour le bien commun de son peuple. Elle s’est consacrée à l’écriture de textes sur la compatibilité entre le bouddhisme, la démocratie et le respect des Droits de l’homme. En 1991, elle a reçu le Prix Nobel de la Paix, que son mari et ses enfants ont dû accepter en son nom, étant toujours retenue prisonnière. Elle a été libérée en 2010 et est actuellement membre du Conseil d’État de Birmanie.
Ces dernières semaines, pourtant, Aung San Suu Kyi voit son action remise en question par son silence face à la crise humanitaire des réfugiés rohingyas, ces musulmans qui fuient la misère et les persécutions du sud-ouest de la Birmanie. Son manque de position ferme déçoit fortement ceux qui auparavant l’adulaient…
 360b - Shutterstock


3. Malala Yousafzai

- 5 FEMMES NOBEL DE LA PAIX


Son nom et son visage vous sont sûrement très familiers. À seulement 20 ans, Malala est une militante pour la paix reconnue. Elle s’est vue décerner le Prix Nobel en 2014, alors qu’elle avait à peine 17 ans. Depuis, Malala lutte toujours sans relâche pour que l’éducation des filles au Pakistan soit gratuite et obligatoire.
Sa lutte a commencé quand elle n’avait que 14 ans et c’est à ce moment-là qu’un groupe de talibans l’a interceptée alors qu’elle rentrait chez elle en autobus. Il lui ont tiré une balle dans la tête. Elle s’en est sortie miraculeusement, bien qu’elle ait dû passer plusieurs semaines en thérapie intensive. Elle et sa famille ont ensuite dû partir en Angleterre pour des raisons de sécurité. Malgré tout, les faits ne lui ont pas fait peur. Au contraire, ils n’ont fait qu’intensifier sa lutte.
A 16 ans, elle a donné un discours très puissant face à une assemblée de jeunes au siège central des Nations Unies à New York, lors duquel elle a assuré qu’elle prônerait dorénavant le dialogue avec les talibans pour parvenir à un accord de paix, car d’après elle : « La meilleure façon de résoudre des problèmes et de lutter contre la guerre est par le dialogue et l’éducation ».
 Malala Yousafzaï © MarkTucker
Malala Yousafzaï


4. Leymah Gbowee

- 5 FEMMES NOBEL DE LA PAIX


Militante, Leymah Gbowee fut chargée d’organiser le mouvement pour la paix qui mit fin à la Seconde Guerre civile du Liberia en 2003. Ce mouvement a permis l’élection d’une femme pour la première fois au poste de mandataire d’une nation africaine : Ellen Johnson-Sirleaf, qui a exercé la présidence du Liberia en 2005. La mobilisation des mères africaines qui voulaient la paix et la sécurité pour elles et leurs familles se trouve au cœur de sa lutte (vous pouvez en savoir plus dans le documentaire « Prie pour renvoyer le diable en enfer »).
« Les femmes en position de leadership sont des intermédiaires efficaces pour la paix », a déclaré celle qui a obtenu le Prix Nobel de la paix en 2011, conjointement à Ellen Johnson-Sirleaf.

Jon Styer / Eastern Mennonite University - CC BY 3.0
5. Jane Addams
Cette Américaine fut l’une des premières personnes à fonder une maison pour aider les plus démunis de son pays, devenant ainsi une ambassadrice du travail social. Il s’agissait de la Hull House à Chicago, où elle offrait un foyer, organisait des activités et dispensait des connaissances aux immigrants, aux mères sans ressources, aux orphelins et à tous ceux qui avaient besoin d’aide pour se réinsérer dans la société.
Durant la Première Guerre mondiale, Jane Addams est également devenue une grande militante du pacifisme et a vivement critiqué l’implication des États-Unis dans le conflit. Elle a également fondé la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté en 1915. Elle a aussi fait partie du mouvement en faveur du droit de vote pour les femmes. En 1931, elle s’est vue décerner le Prix Nobel de la paix (devenant la première Américaine à le recevoir), mais elle n’a pas pu assister à la cérémonie car elle était très malade. Elle est décédée quatre ans plus tard.
 

- 5 FEMMES NOBEL DE LA PAIX 

Moffett - PD
 Aleteia

17:39 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0)

01/10/2017

LISIEUX

LISIEUX

Aujourd'hui 1er Octobre, c'est la fête de Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus : en cet honneur, voici une courte vidéo:

 

https://youtu.be/VGAYnte3OfQ?t=37

 

 

 

18:02 Publié dans RELIGION | Lien permanent | Commentaires (0)

28/09/2017

LE RÊVE BRISÉ DE NATHALIE


Le rêve brisé de Nathalie

par Fergus

Capture d’écran 2017-09-28 à 16.42.56.png

 

Samuel Frydman s’affala sur son fauteuil avec une indicible volupté en émettant un grognement de satisfaction. D’un geste malhabile, il déboutonna le bas de son gilet pour donner un peu d’aisance à son obésité naissante. Fameuse, cette fricassée de poissons de roches. Quant à ce klevner, si délicieusement fruité, quelle belle trouvaille ! Comme chaque jour, les yeux du producteur se portèrent sur le Modigliani qui trônait en face de lui : un portrait de femme brune au visage émacié, acquis à prix d’or onze ans plus tôt chez Christie’s au détriment d’un pétrolier texan et d’un lord de l’Amirauté britannique. La femme était entièrement vêtue de noir, à l’exception d’une fine cravate rouge ornée d’une épingle dorée. Elle posait sur le quinquagénaire un regard ambigu fait d’un curieux mélange d’humanité et de cynisme. Tout le charme de la toile était là, dans ce regard étrange et paradoxal. Frydman était connu dans les milieux artistiques pour l’acuité de son jugement et la finesse de ses analyses de la chose humaine. En dépit de cette réputation maintes fois vérifiée, il ne parvenait pourtant pas, après de longues années d’observation, à définir avec certitude quel sentiment profond animait cette mystérieuse brune au regard noir...

Venue de l’interphone, la voix d’une autre femme le tira de sa rêverie :
— Un certain Gérard Delhumeau désire vous rencontrer pour vous soumettre un projet de scénario, monsieur. 
— Delhumeau ? Connais pas. Cet homme a-t-il rendez-vous avec moi ?
— Non, monsieur...
— Eh bien, ma petite Hazel, renvoyez-le comme d’habitude sur Melle Finzi ou M. Serfati. Je les paye pour ça, non ?
— Certainement, monsieur. Mais je vous rappelle que Melle Finzi et M. Serfati sont partis hier soir vous représenter à la Mostra de Venise pour le film de Kassavetz : Drogue, sexe et vielle à roue.
— Ah, c’est vrai, j’oubliais la Mostra. Eh bien, cet homme attendra leur retour, voilà tout !
— C’est que... ce M. Delhumeau insiste pour être reçu aujourd’hui même. En fait, il est déjà venu plusieurs fois depuis ce matin, et je ne parviens pas à m’en débarrasser. Naturellement, j’aurais pu faire appel à la sécurité, mais ce Delhumeau affirme être un ami de Jack Lang...
— En clair, vous voudriez que je m’en charge, n’est-ce pas ? Impossible, ma bonne Hazel, vous savez bien que j’attends Depardieu d’une minute à l’autre.
— Vous avez rendez-vous avec lui à 15 heures, monsieur. Dans 22 minutes ! Et il sera en retard, comme d’habitude. En retard et aviné.
Frydman soupira.
— C’est bon, Hazel, faites entrer ce Chalumeau.
— Delhumeau, monsieur.

Une poignée de secondes plus tard, l’homme franchissait la porte capitonnée. Á vue de nez, il pouvait avoir dans les quarante-cinq ans. Il était vêtu d’un costume de prêt-à-porter bon marché, passablement lustré aux genoux, et tenait dans sa main droite une serviette de cuir datant au bas mot du paléozoïque. Frydman lui trouva une ressemblance avec James Stewart. Comme l’acteur américain, ce Delhumeau était grand et plutôt embarrassé de sa taille. La comparaison toutefois s’arrêtait là : aucun charme particulier n’émanait de ce visage oblong au nez légèrement dévié. La boxe peut-être ? En outre, l’homme était pâle comme un bidet, d’aspect presque maladif : M. Smith au Sana ! Le producteur réprima un sourire. Il fit asseoir le visiteur et se composa un visage sévère, comme il sied à un personnage de son importance.

— Ainsi, monsieur Destrumeau, vous êtes un ami personnel de Jack Lang ?
— Delhumeau. Ami personnel, c’est beaucoup dire. J’ai fait sa connaissance au hammam. À poil dans la buée, ça nivelle les différences sociales et ça crée des liens, forcément.
— Je vois... Écoutez, mon vieux, je suis complètement surbooké et nous n’avions pas rendez-vous, fit observer Frydman d’une voix autoritaire. J’ai donc très peu de temps à vous consacrer, aussi je vous prie d’être le plus bref possible. Que puis-je pour vous, monsieur Désormeaux ?
— Delhumeau, Gérard Delhumeau, précisa le visiteur sans se laisser démonter par le ton de son interlocuteur.
— Au fait, monsieur Delhumeau, au fait ! 
Le visiteur frappa son porte-documents élimé du plat de la main. Quelques particules de cuir s’échappèrent sur la moquette. 
— J’ai là un scénario qui va vous intéresser.
— Eh bien, laissez-le moi, suggéra Frydman en faisant mine de se lever pour clore l’entretien. S’il s’inscrit dans notre ligne de production, mes collaborateurs ne manqueront pas de vous le faire savoir dans les plus brefs délais.

Vissé sur son siège, Delhumeau n’avait pas bougé d’un pouce.
— Permettez-moi au moins de vous présenter le synopsis. Titre du film : « Le rêve brisé de Nathalie ». C’est l’histoire d’un producteur, un type dans votre genre, embarqué dans une histoire sordide. 
Frydman s’était confortablement réinstallé dans son fauteuil. Une petite lueur brilla dans ses yeux. Après tout, cet intermède imprévu pouvait se révéler amusant.
— Un producteur ? Une histoire sordide ? Allons bon !

Imperméable à l’ironie, Delhumeau poursuivit : 
— Au début du film, notre homme, un dénommé Feldmann...
— Pourquoi Feldmann ?
— Pourquoi pas Feldmann ? Notre homme, donc, n’est qu’un professionnel de troisième zone qui vivote en produisant, par manque de moyens, des nanars tournés avec des équipes d’inconnus ou de has been. Naturellement, pas question pour lui d’en rester là : sa place est au Festival de Cannes, en haut des marches, avec les stars. Seulement voilà, y’a une sacrée concurrence dans son business, enfin vous êtes bien placé pour le savoir...
— Je vous le confirme, en effet. Mais continuez, dit Frydman en se grattant in petto les neurones avec perplexité.
— Notre homme est très ambitieux, genre les dents qui déchirent la moquette, si vous voyez ce que j’veux dire. Manque de bol, son chiffre d’affaires ne progresse pas aussi vite qu’il l’aurait souhaité. Feldmann se lance alors dans une série de magouilles financières pour booster son compte en banque. Et ça marche : entre les fausses factures, les sociétés écran et les déclarations fiscales bidon, sans compter les aides détournées du CNC, il parvient très vite à se constituer une pelote confortable...

Imperceptiblement, le producteur avait froncé les sourcils. Cette histoire, c’est grosso modo la sienne. Jusqu’au nom, Feldmann, qui ressemblait à son propre patronyme. Après toutes ces années, serait-il possible que... ? Frydman se fit plus avenant :
— Un cigare, monsieur Bellotaux ? Je les fais venir directement de La Havane. Ou préférez-vous un drink ? Whisky ? Gin ? Vodka ? Tequila ?
— Delhumeau... Non merci, j’ai arrêté de fumer il y a dix ans, et je ne bois jamais d’alcool. 

Le type avait répondu calmement, sans signe apparent d’animosité ou de tension. Frydman se sentit rassuré : l’individu était manifestement inoffensif... Encore que...
─ Notre homme dispose désormais d’un paquet de fric assez conséquent. Dès lors, il peut larguer les bras cassés qui l’entourent et travailler avec des professionnels sérieux. Les succès commerciaux s’enchaînent. Deux ou trois films obtiennent des Césars. L’un d’eux décroche même le Prix Louis-Delluc. En moins de dix ans, Feldmann accumule une petite fortune...

Frydmann frémit : décidément, ce scénario ressemblait de plus en plus à sa propre histoire ! Difficile de croire à un simple hasard. Le producteur sentit la nervosité le gagner. Delhumeau, lui, gardait un calme olympien. 
─ C’est alors que survient Nathalie. Depuis qu’elle est gamine, Nathalie rêve de faire du cinéma. À force de ténacité, elle finit par s’introduire dans le milieu par le biais de la figuration, puis elle réussit à décrocher des petits contrats. Rien de bien folichon. Rien à voir surtout avec les rêves dont elle s’est nourrie durant des années. Son histoire bascule un soir d’été sur un tournage en Provence. Feldmann est venu en voisin de son luxueux mas du Luberon. Les prises de vue terminées, tout le monde se retrouve dans un restaurant de Manosque. Nathalie est un peu éméchée. Elle monte dans la Porsche de Feldmann...

Frydmann tressaillit. Son rythme cardiaque s’accéléra. Sa tension fit un bond. Sa main gauche, posée sur l’accoudoir du fauteuil, se mit à trembler légèrement. Prenant sur lui, le producteur raffermit pourtant sa voix :
— Et bien sûr, la fille se fait sauter. Beaucoup trop conventionnel, monsieur Debureaux ! 
— Delhumeau... Nathalie ne se fait pas sauter, elle est violée par ce gros porc. Pour éviter les complications, il lui promet un rôle important dans une prochaine production. Les mois passent, Nathalie reste au bord du chemin avec ses illusions perdues et sa vertu outragée. Un soir de juin, une ambulance dépose une jeune suicidée aux urgences de l’hôpital Cochin. Les médecins réanimateurs sont impuissants : Nathalie emporte dans la nuit ses rêves de cinéma...

Le visiteur renifla avant de poursuivre :
─ Le lendemain du suicide, le père de Nathalie, un employé de la SNCF, découvre une lettre dans laquelle la jeune fille a vidé son sac. Nathalie, il l’a élevée seul depuis la mort de sa femme, emportée douze ans plus tôt par un cancer. Elle est sa « petite princesse », son « rayon de soleil » dans une vie terne et déprimante d’agent des gares. Fou de rage et de désespoir, le cheminot se procure une arme...
Nouveau reniflement.
─ Il se procure une arme et fonce chez Feldmann, bien décidé à trouer la peau de ce fumier. Mais avant de mourir, cette ordure doit souffrir...

Delhumeau plongea sa main droite dans la poche de sa veste. Frydman avait déjà positionné la sienne dans le tiroir de son bureau.
Trois coups de feu retentirent. Le visiteur s’affaissa sur son siège. Deux tâches rouges s’élargissaient sur sa poitrine et une fontaine de sang s’écoulait à gros jets de sa gorge ; la moquette buvait l’offrande avec avidité.

Quelques secondes s’écoulèrent. Hazel, affolée par les détonations, surgit dans le bureau. Frydman était prostré dans son fauteuil. Un pistolet était posé sur le sous-main de cuir vert. Le producteur de tourna vers sa secrétaire pour se justifier :
— Il... il était venu pour me tuer... Il avait une arme dans sa poche droite... J’ai tout compris : c’était le père de la petite que j’ai... Celle qui s’est suicidée... Nathalie Delhumeau, son nom m’est revenu... Je n’avais pas le choix : c’était lui ou moi. 
Hazel haussa les épaules en soupirant.
— Debonneau, elle s’appelait la suicidée, Valérie Debonneau !

Entre temps, la secrétaire, surmontant sa répugnance, s’était approchée du cadavre. D’un geste tremblant, elle tira le bras droit de la victime. La main surgit de la poche, crispée sur un paquet de kleenex. 

Frydman écopa de dix-huit ans de réclusion ferme.
Détenu à Clairvaux, il a désormais accompli la moitié de sa peine. Il est le seul prisonnier français à posséder un Modigliani dans sa cellule.
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