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01/07/2018

L'HÉRITAGE (NOUVELLE)

 

L'héritage

par Florane

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— Non, je le crois pas ! T’as fait ça avec une Xalactienne dans un téléporteur ?
Gilbario regardait son coéquipier Tanco avec stupeur. Ce dernier se la jouait un peu en gardant les yeux fixés sur le radar de bord.
— Ouais mon pote, répondit-il. Et je peux te dire que ça décoiffe quand il y a dématérialisation. Tu voyages... C’est le cas de le dire.
— Ha ! Ha ! Y a qu'un fêlé comme toi pour oser un truc pareil. T’imagines à l’arrivée ? Et s’il y avait eu symbiose ?
— Bah ! Faut prendre des risques... Sinon tu traverses tes cycles sans peps ! A te demander pourquoi ta génémère t’a mis au monde.
Gilbario haussa les épaules. Les élucubrations de Tanco ne le faisaient pas rêver. Il se dit que son existence n’était pas si mal. En tant qu'hybride Zella, il avait la chance d’exister dans la classe évoluée des humains. Il aurait pu naître Stourb et gratter le sol à longueur de jour avec des mains spatulées sans avoir conscience d’exister. Il se recala dans le siège de l’Overland qui glissait sans bruit à dix mètres du sol. Il était trois heures du matin. Gilbario aimait ces patrouilles dans le secteur mort. Le noir total qui les enveloppait, le ronronnement du gyrosparc de bord. Ce soir, ils n’avaient eu à consigner qu’une intervention près d’un dépôt alimentaire. Une femelle Gojie et son petit qui tentaient de cisailler le grillage avec leurs dents. Ils les avaient abattus suivant le protocole. Gilbario était toujours impressionné de reconnaître la morphologie humaine de ces mutants, sous leur épaisse toison. Ils avaient dû vite partir car l’odeur de chair brulée par les tirs laser avait attiré toute la vermine trans-humaine du coin qui venait se disputer le dîner.
— 37 °C ! , fit Tango. Fait frisquet ce soir.
— On est en octobre. Tu sembles l’oublier.
— Tu parles si j’oublie. Je ne pense qu’à ça. Dans deux semaines, je me fais un Virto. C’est moi qui ai choisi le programme ! Je pars dans les Endrisses avec une droïde de chez Zaac. Ça m’a coûté un max mais elle va être à mes petits soins tout le temps. Tu devrais faire comme moi plutôt que de passer ton temps libre à faire de l’archéo-mes couilles ! Qu’est ce que t’en à foutre de retrouver tes ancêtres ?
— Mes ancêtres sont aussi les tiens... Et...
Le signal strident du détecteur l’interrompit. Une forme humanoïde s’afficha sur l’écran incorporé de leurs casques Viobul. L’individu courrait.
— Qu’est ce qu’il fout là celui la, fit Tanco. Il est fatigué de vivre pour se promener ainsi dans les zones irradiées ?
— Regarde ! Il est poursuivi. Sans doute des Poulçus qui ont dû sentir son odeur.
— Ouais et devant y en a d’autres qui l’attendent en embuscade. Il est foutu si on ne le sort pas de là.
— C’est peut être un mutant. On doit pas intervenir, faut laisser faire la nature.
— Trop grand ! Regarde sa signature thermique. C’est un évolué. Allez ! On va le chercher. Mets-toi au canon et pète-moi la vermine qu’il a autour !
Gilbario activa son implant neuronique et le canon se mit aux ordres de son cerveau. Il ne lui fallut que quelques instants pour atomiser les prédateurs qui avaient encerclé le fuyard.
Tanco, alluma les projecteurs de l’Overland et l’amena face à l’individu. Ce dernier s’était arrêté, complètement aveuglé.
— Police ! Vous êtes dans une zone interdite. Nous allons vous intercepter. N’opposez aucune résistance ou nous vous abattrons.
Les générateurs bio-neuroniques de l’Overland avaient instillé le commandement dans le cerveau de l’individu. Celui-ci avait compris les sommations et levait les mains au ciel.
— Allez, va le cueillir, ordonna Tanco à son coéquipier. T’en fais pas je le garde en point de mire.
Tanco déverrouilla la porte de la soute qui s’abaissa lentement vers le sol. Gilbario sauta dans la steppe marécageuse. Son capteur de radiation indiquait le taux constaté sur toute la planète depuis la guerre qui avait enseveli l’ancien monde, il y avait si longtemps. Gilbario s’approcha de l’individu. C’était un homme. Le policier eut un coup au cœur en découvrant le visage ridé, les cheveux blancs et les étranges vêtements de l’individu.
— Suivez-moi, lança t-il d’autorité, nous allons monter dans l’Overland. Dépêchez ! Ça grouille par ici... Vite !
Mais l’homme ne réagissait pas. Gilbario le poussa au devant de lui. Ils se retrouvèrent dans la soute alors que des bruits se faisaient entendre dans la nuit noire.
— Décolle nom de dieu !, fit Gilbario d’une voix au bord de la panique.
Tout autour de l’Overland, des êtres venaient de surgir dans la lumière des projecteurs. Gilbario venait d’en effacer deux qui avaient sautés sur la porte de la soute avant qu’elle ne se referme. Il grimaçait de dégoût face à la tête mi humaine, mi poisson de ces êtres amphibiens qui était restée à bord, guillotinée par le tir laser.
L’homme était prostré. Les yeux affolés. Il avait peur, très peur.
— Mets-le aux fers, ordonna Tanco. Je rentre au central. J’ai envoyé notre rapport. Ils nous attendent.
L’homme se laissa docilement entraver. Assis sur une sellette peu confortable, il semblait absent. Gilbario rejoignit le poste de pilotage.
— C’est étrange la façon dont cet homme est habillé, dit-il d’un air évasif.
— Quoi? Il ne porte pas la tenue du Erzh ? Le fou ! Il va se faire étriller.
— Non. Il porte ce genre de tenue que j’ai pu voir parmi les documents de la vie de nos ancêtres. Et puis ses cheveux aussi. Ils sont blancs et...
— Blancs ? Comment est-ce possible ?
L’Overland franchit le champ de force qui isolait la cité du reste de la planète dévastée. Sous la coupole virtuelle, la vie des hommes évolués s’était organisée en habitats verticaux. Le véhicule de police survola les rues, et les avenues encombrées de glisseurs à la queue-leu-leu. Un éclairage urbain intense pouvait faire croire qu’on était en journée. De très nombreux citoyens marchaient sur les immenses trottoirs, tous vêtus identiquement. Les deux hommes considéraient avec condescendance cette masse grouillante depuis leur véhicule volant. Ils jouissaient du privilège de ciel octroyé aux élites et à la police. Ils voulaient oublier qu’une fois leur service fini, ils retourneraient à la masse des rampants. Ils survolèrent un immense parc planté d’arbres gigantesques baignés d’un grand lac. Ils arrivèrent au central de police et l’Overland fut guidé jusqu’à leur unité.
Ils escortèrent le prévenu à travers les couloirs immenses du complexe, croisant des centaines de regards intrigués par l’allure du personnage. Ils l’introduisirent dans un bureau. Un homme se tenait près d’un pupitre holographique.
— Salut Hal, fit Tanco. Vise un peu ce qu’on t’amène !
L’homme porta son regard sur l’individu.
— Salut les gars, je viens de consulter votre rapport...
Il s’approcha de l’homme qui jetait des regards apeurés autour de lui.
— D’où tu sors toi ? Réponds ? Décline ton identité ?
L’homme ne répondit pas, pétrifié par la peur.
— Je l’ai passé au scanner dans l’Overland, dit Gilbario. Il n’a pas de puce d’identification. Et il n’en a jamais eu !
— Comment ça jamais eu ? Halbusian ouvrait des yeux ronds.
— Pas de bio implant dans le cou, pas de code de génémère. On dirait... Un naturel.
Halbusian et Tanco croisèrent leurs regards et éclatèrent de rire.
— Sacré Gilbario, fit Hal. Un Naturel. Tu l’as sorti de tes fouilles ? Le dernier naturel connu date de trois mille ans.
Il s’approcha de l’homme et s’adressa à lui en adoucissant sa voix.
— Est-ce que tu comprends ce que je dis ?
L’homme visiblement ne comprenait pas ce langage.
— Il faut communiquer avec lui par bio-neuronique, fit Gilbario. A moins que...
Il s’adressa à l’homme dans un étrange langage.
— « Quel est ton nom ? »
Les yeux de l’inconnu s’allumèrent d’une lueur d’espoir.
— « Je m’appelle Adrien Lormeau. Je suis né à Nevers le 18 octobre 1855. J’ai 63 ans ! », débita-t-il, telle une mitraillette.
Gilbario n’en croyait pas ses oreilles. Il avait à peu près compris la réponse de l’homme.
— Qu’est-ce qu’il raconte ? , le pressa Halbusian.
— Il dit qu’il a plus de 3000 ans. C’est un français. C'est-à-dire un des habitants de cette terre sur laquelle nous vivons et qui s’appelait France.
— C’est n’importe quoi !, s’exclama Tanco.
— Ah oui ? Et comment expliques-tu qu’il parle couramment un langage qui vient du fond des temps ? Un langage que je maîtrise à peine à partir de quelques documents retrouvés dans les fouilles. Regarde ses vêtements. Et surtout, le vieillissement de son corps. Il n’a pas été stoppé. Sûr ! Il n’a pas été crée par une génémère !
Gilbario fit assoir l’homme et lui fixa un récepteur bio-neuronique. Alors s’engagea un dialogue qui laissa stupéfaits les trois policiers.
L’homme expliqua être allé la veille, visiter son frère. Arrivé de nuit à la gare, il avait fini le trajet à pied. Une intense lumière l’avait soudain enveloppé et il s’était senti happé vers le ciel. Il avait aperçu une 'énorme maison volante' avant de perdre conscience. Il s’était réveillé dans le marécage où on l’avait découvert. Il s’était mis à courir devant lui complètement affolé.
— Vous croyez ces fadaises ?, fit Tanco.
— Je sais !, dit Gilbario. Il a été enlevé par des Aliens ! Ils l’ont emmené très loin. Sûrement pour l’étudier. Puis ils l’ont ramené. Avec la loi de la relativité, plus de trois mille ans se sont écoulés sur terre et quelques heures pour ce pauvre homme. C’est incroyable !
—Tu veux dire que c’est un fossile vivant ?
— Oui ! , s’enthousiasma Gilbario. Grâce à lui nous allons apprendre pleins de choses sur ces temps révolus. J’ai hâte de le présenter au comité.
Il n’en eut pas le temps. Deux jours plus tard, Adrien était pris de fortes fièvres et décédait rapidement de complications pulmonaires. Comme la totalité des habitants de la cité d’ailleurs. L’humanité n’utilisait plus depuis longtemps les médicaments. Ceci depuis que les génémères avaient introduit toutes parades aux maladies dans le génome de leurs progénitures. Toutes parades aux affections connues mais incapables de contrer la propagation, dans les organismes, de bactéries vieilles de trois mille ans. Mais Adrien avait transmis un autre héritage à ses lointains descendants : Un virus qui avait terrassé la population et donné le champ libre à l’attaque de ces bactéries. Un virus qu’on avait appelé en d’autres temps, la grippe espagnole.
ShortEditions

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29/06/2018

MACRON AU VATICAN

 

Après la visite d’Emmanuel Macron au Vatican

par Gérard Leclerc


mercredi 27 juin 2018

         

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Au lendemain de la visite d’Emmanuel Macron au Vatican, une constatation s’impose. Avec ce Président, les choses ne sont plus comme avant. Avant, ce n’est pas seulement François Hollande, dont l’indifférence en matière religieuse rendait difficile toute approche des relations du politique et du spirituel. C’est aussi Nicolas Sarkozy qui, en dépit de son discours fameux au Latran, n’avait pas abordé la question avec la profondeur du président actuel. On peut avoir toutes les préventions et les réserves possible à son égard, on ne peut empêcher cette empathie avec la culture chrétienne qui peut séduire et gêner à la fois. Gêner, parce que l’on sait que s’il y a un différend avec lui, un différend grave, il ne se situera jamais dans la position d’un ennemi dont l’hostilité patente le rangerait définitivement dans un camp contre le vôtre. En politique, ce n’est pas le cas de figure le plus commode, si l’on est persuadé avec Carl Schmitt que sur ce terrain-là il faut toujours un ennemi.
Il semble bien que c’est le pape François qui a abordé le problème de la procréation médicalement assistée dans l’échange personnel qu’il a eu avec le Président. Et là-dessus, nous étions prévenus : autant Emmanuel Macron admet que les catholiques participent pleinement au débat, autant il refuse que leurs convictions constituent une injonction pour la puissance publique. Et certes, la séparation du spirituel et du temporel justifie pareil avertissement. Les moralistes catholiques savent aussi, avec saint Thomas d’Aquin, qu’il n’y a pas équivalence totale de la loi morale, encore moins des préceptes évangéliques, avec la loi civile. Pour qu’il y ait équivalence, il faudrait que les femmes et les hommes soient tous des saints, réalisant dans leur vie les plus hauts des idéaux. Ce n’est pas possible, ce n’est pas réaliste.
Pour autant, l’imperfection et les faiblesses reconnues justifient-elles certaines transgressions qui atteignent notre constitution anthropologique fondamentale ? Lorsque la procréation se trouve instrumentalisée hors des normes les plus structurantes de notre humanité, il n’y a pas seulement désaccord, il y a casus belli. Et si la transgression se trouve inscrite dans la loi, les catholiques sont forcément contraints à une vigilante objection de conscience que ne saurait entamer le respect dû à la législation. Sans objection de conscience, il n’y a plus d’État de droit. Tout cela pour conclure que, tant que nous sommes in via, en chemin, il nous est impossible d’accéder à un consensus parfait. Cela ne veut pas dire que nous ayons à nous mettre en marge, à nous réfugier dans on ne sait quelle thébaïde. La tranquillité de l’ordre, dont parlait saint Augustin, n’ira jamais sans troubles et même sans certaines dissidences, mais jamais au prix de notre désengagement.
(France-Catholique)

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19/06/2018

CONFESSION D'UN ANCIEN FRANC-MAÇON


TEMOIGNAGE : Mon expérience de franc-maçon ... y-a-t-il une justice en France ?

 
Mon expérience de franc-maçon

               http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mon-experience-de-franc-macon-15316


parLe Hérisson 
lundi 6 novembre 2006


 

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 J’ai appartenu au Grand Orient de France (GODF) pendant un peu moins d’une quinzaine d’années, dans les années 1980 et 1990. J’ai quitté l’obédience car déjà, on pouvait percevoir les déchirements qui s’annonçaient. J’ai toujours quelques contacts avec des « frères », comme on dit en maçonnerie. Et ils me confirment tous que ce qui se passe au GODF depuis quelques années est navrant.
Les francs-maçons peuvent confier leur appartenance. Il n’y a aucune restriction, la franc-maçonnerie s’affirmant comme organisation « discrète » et non pas « secrète ». En revanche, un franc-maçon, actuel ou ancien, n’a pas le droit de révéler le nom d’un autre membre, à moins qu’il ne se soit déclaré lui-même, comme le font les grands maîtres qui doivent nécessairement recevoir les médias.
 
Une école de pensée ?
 
Je n’avais aucune idée de la franc-maçonnerie. J’étais directeur d’association dans les Côtes d’Armor, et l’un des administrateurs de l’association, appelons-le Pierre, aujourd’hui décédé, était un homme absolument admirable, un « saint laïque », pourrait-on dire. Il fut de tous les combats, philosophiques, politiques, associatifs... Ancien franc-maçon et ayant gardé des attaches, il me coopta. C’est sur ce Pierre, grand athée et libre-penseur devant l’Eternel, que j’avais bâti mon église franc-maçonne. Lorsqu’on postule pour entrer au GODF, on reçoit trois enquêteurs qui viennent dialoguer avec vous. Ensuite, on doit passer un examen en loge, « sous le bandeau ». On est introduit dans le « temple » les yeux bandés, puis on est soumis aux questions des frères présents : les motivations, des questions philosophiques, religieuses, d’actualité, etc. Ensuite, le postulant est sorti du temple et les frères votent. A l’époque où j’étais FM, la plupart des postulants étaient admis. En plus de dix ans, je ne sais pas si j’ai vu trois refus (on appelle cela « blackboulés » car les frères votent par boules noires (refus) ou blanches (admission), une boule noire valant trois boules blanches. Si j’avais accepté l’offre de Pierre de rentrer au GODF, c’était notamment parce que je considérais la franc-maçonnerie comme une école de pensée, bien différente du monde extérieur (du monde « profane »). En effet, les diverses règles ou rituels qui étaient en vigueur permettaient une meilleure écoute, une expression de la pensée, de plus vastes analyses que, par exemple, la lecture des journaux. Et c’est un journaliste qui parle ! Surtout, la franc-maçonnerie est une école de la tolérance, il ne s’agissait pas de « laisser-faire », mais au contraire, d’un esprit de tolérance venu des Lumières, jaloux de ses convictions. Cela me convenait. Mais il était également évident que d’autres frères étaient entrés pour améliorer leurs affaires, pour se faire des relations, etc. D’autres enfin se sentent comme dans une « autre famille » en franc-maçonnerie, celle qui leur a peut-être manqué.
 
« Apprenti »
J’ai été franc-maçon d’abord dans les Côtes d’Armor, ensuite dans une loge de la région parisienne. Démolissons quelques clichés. Il est complètement faux de dire que tous les décideurs politiques et autres sont FM. A ma grande surprise, après mon initiation, alors que je découvrais mes nouveaux frères, moi qui travaillais au contact des politiques locaux, j’ai eu la surprise de constater qu’aucun d’eux n’en faisaient partie. Autre erreur, le fait d’associer la franc-maçonnerie à l’anticléricalisme. Ce n’est plus vrai. On peut très bien être FM et être pratiquant chrétien ou musulman, par exemple. Le moment le plus important est sans doute ce que les FM appellent l’initiation. On est introduit dans le temple les yeux bandés, selon les loges ou ateliers, il y a toute une mise en scène, que l’on peut parfois trouver désuète, qui commence par un enfermement dans le « cabinet de réflexion » où, en face d’un crâne, il faut rédiger son « testament philosophique ». A la fin de cette « cérémonie », le bandeau est enfin retiré des yeux et l’on découvre le temple. On y voit des symboles qui, pour une part, font appel à l’histoire de l’archéologie ou de la religion : l’équerre et le compas, un damier, le plafond du temple peint en bleu avec des étoiles, un œil qui figure « le grand architecte de l’univers », qui peut être la science pour les uns, la raison pour d’autres et Dieu pour quelques-uns. Le grade d’apprenti dure un an, en général. Une année durant laquelle on n’a pas le droit de prendre la parole. Une belle épreuve d’humilité pour un « infomaniaque » comme moi ! J’ai ensuite été compagnon, comme le veut le cheminement normal, puis ensuite maître. J’ai exercé quelques responsabilités, notamment celle de secrétaire de ma loge. Un gros boulot lorsqu’il y avait plus de quatre-vingt-dix membres.
 
Quelle utilité ?
La franc-maçonnerie entretient de nombreux mythes et s’en nourrit. Certains qu’on lui attribue, je les ai évoqués dans les chapitres précédents, d’autres qu’elle s’attribue elle-même. Par exemple, une bonne partie des francs-maçons pensent qu’ils ont une filiation avec les architectes du Moyen Age, certains pensent même avec les templiers. Rien n’est plus faux. Un ancien grand maître, fort connu, Alain Bauer, criminologue, démonte très bien ce mythe. Les francs-maçons n’ont fait que « récupérer » des symboles d’architecture. Ils ne sont en rien les héritiers des maçons des cathédrales, du Moyen Age ou de la Renaissance. Il est à signaler qu’Alain Bauer a publié un ouvrage dont le titre en dit long : Le crépuscule des frères, Editions de la table ronde. Une autre idée répandue est que les frères inspireraient nombre de décisions politiques innovantes, par exemple, l’interruption volontaire de grossesse. Hélas. Les FM ont eu effectivement une influence sous la IIIe République, sans doute aussi un peu sous la IVe et la Ve, mais elle n’est plus que peau de chagrin, inexistante. Nous n’avons pas entendu les frères sur aucun problème de société récent : la précarisation, l’Europe, la sécurité publique ou sociale, le libéralisme, la laïcité mise à mal (alors que l’on fête son 100e anniversaire), on pourrait multiplier les exemples de cette absence à l’infini. Ce n’est pas seulement le GODF qui est en cause, c’est la maçonnerie dans son ensemble, toutes obédiences confondues.
 
Tous frères, pourvu que ça paie !
J’ai quitté la franc-maçonnerie pour plusieurs raisons. D’abord, les loges d’Ile-de-France ont été au cœur de l’affaire des financements occultes du PS dans les années 1980. L’une des courroies de transmission de la fameuse affaire Urba fut une loge de la région parisienne. Ensuite, dans les loges, il existe la face visible, c’est-à-dire les réunions que l’on tient tous les quinze jours. Mais il existe aussi une face invisible que la plupart des francs-maçons ne connaissent pas. Des « fraternelles » : il s’agit d’associations de francs-maçons d’une même profession ou ayant des intérêts entre eux. Autant dire que lorsqu’il s’agit de faire des affaires, des recrutements, etc., les fraternelles fonctionnent toujours à plein, surtout lorsque ce sont des personnes haut placées et cela, bien qu’elles soient remises en cause régulièrement. J’écrivais plus haut que, découvrant les visages de ma loge, je n’avais vu aucun homme politique ou décideur de ma région. Hélas, les trafics d’influence se font dans un autre lieu que le temple, tout en étant restreints aux seuls francs-maçons. Cette autre déviation s’appelle « les ateliers supérieurs ». Pour ma part, tout en étant parfaitement assidu aux travaux de ma loge, je n’ai jamais eu l’honneur d’y être invité. Mais ce que je sais, c’est que les ateliers dits « supérieurs » sont des repères de corruption, de subordinations d’influences, etc., sous couvert de... l’origine ancestrale de la maçonnerie, c’est-à-dire, des mythes que je décrivais plus haut.
 
On se bat entre frères !
J’ai beaucoup donné pour la franc-maçonnerie. Je l’ai quittée lorsque ma loge s’est déchirée, entre des anciens qui voulaient garder leurs privilèges et ceux qui voulaient retrouver l’inspiration la plus pure de la philosophie. J’ai contacté, il y a peu un ami, frère que j’estime profondément, un homme droit qui avait voulu reconstruire un nouvel atelier. Quand j’étais « apprenti », il était mon éducateur, celui qu’on appelle « le second surveillant ». Il était si déçu de la franc-maçonnerie que j’en avais les larmes aux yeux. Car depuis deux ou trois ans, les scandales suivent les révélations de malversations financières, notamment par rapport à l’association qui gère les biens et les temples des FM. Dans les années 1980, déjà, mes frères de la province s’étonnaient de la gestion de cette officine. Lors des derniers convents, assemblées des francs-maçons, l’agressivité fut à son comble. Alors qu’en principe un grand maître est élu pour trois ans, les deux derniers furent obligés de plier bagage sous les huées. Et encore, je suis modeste ! Depuis, les membres du Convent se succèdent, du meilleur au pire. Si jamais des frères lisent AgoraVox, voire ses rédacteurs, j’aimerais qu’ils réagissent à cet article. Tout en n’étant plus FM, je me considère toujours proche de cette philosophie, ne serait-ce que pour être fidèle à Pierre. Lui qui me disait : « Tu sais, la franc-maçonnerie n’a rien d’exceptionnel. Il y a simplement moins de cons qu’ailleurs. » Mon pauvre ami Pierre, où que tu sois, j’aimerais que tu les rappelles à l’ordre, tous tes anciens amis du Grand Orient de France : qu’ils soient à nouveau des hommes libres de bonne volonté.
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14/06/2018

NUIT NOIRE

 

Nuit Noire
Florane

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La nuit noire était tombée sur la ville et les milliers de crapauds au loin se répondaient, indifférents aux coups de feu et aux cris d’horreur dans le voisinage.
Assise sur ses talons, en appui contre la cloison du cabanon, Takonou caressait, le visage de Yobo, sa fille de cinq ans. L’obscurité était parfois zébrée par l’éclat d’un phare de véhicule de patrouille. La lueur s’immisçait entre les battants de la porte. Yobo apercevait alors le visage tuméfié de sa mère.
— Pourquoi les messieurs soldats t’ont fait mal, maman ?
Takonou tenta de sourire mais ses lèvres éclatées des coups reçus le lui interdisaient.
— Car ils étaient fâchés, ma chérie.
— Parce que tu ne voulais pas faire dodo ?
Tanakou essuya une larme qui coula sur sa joue. Son bas ventre lui faisait très mal, meurtri par les assauts bestiaux qu’elle avait dû endurer tout au long de l’après-midi.
— Maintenant, ils se sont calmés. Il ne faut pas t’inquiéter mon petit amour, maman est là.
— Pourquoi les messieurs soldats ont amené papa ?
La jeune mère frissonna en repensant au regard tendre que lui avait lancé son bien-aimé Faki, avant d’être poussé brutalement dans un pick-up. Elle se demanda combien de temps il avait enduré son supplice avant de succomber.
— Ils l’ont amené faire un tour en voiture, dit-elle d’une voix étranglée. Tu sais comme ton papa voudrait en avoir une.
— Oh oui ! Quand il va revenir, il me racontera, tu crois ?
— J’en suis sûre, mon amour.
Takonou retint une énorme envie de pleurer. Elle serra sa fille contre sa robe déchirée.
Un véhicule arriva rapidement et stoppa devant la maison. Il y eu des portières claquées, des bruits de pas dans la maison, des paroles lancées dans une langue quelle connaissait bien : celle du peuple de Faki.
— Les messieurs soldats vont venir, mon cœur. Il ne faut pas avoir peur. Il faudra bien que tu fasses tout ce qu’ils disent. Il ne faut pas les fâcher.
Les pas se rapprochèrent, une main déverrouilla la porte. L’éclat d’une Maglite les aveugla. Des doigts lui broyèrent le haut du bras quand Takonou fut relevée brutalement.
— Amène-toi roulure ! Avec ton avorton. Tu as un nouveau client.
Les deux captives furent poussées dans la pièce principale de l’habitat traditionnel Kimbawé. Cinq soldats occupaient l’espace, deux étaient vautrés sur le canapé. Les autres demeuraient debout, l’air mauvais. L’un d’eux portait un uniforme d’officier et avait un pistolet à la ceinture.
— C’est toi, la femme de Faki Gowo ?, dit-il.
— Je le suis, répondit Takonou d’une voix faible.
— Et ça, c’est sa bâtarde ?, ajouta-t-il en désignant Yobo.
— Elle est sa fille.
L’homme s’approcha de Takonou et la gifla très brutalement. La jeune femme s’écroula sur le plancher alors que Yobo pleurait et les hommes riaient.
— Elle est sa bâtarde ! Pas sa fille ! Commence pas à me contredire. Une sale Djoubé avec un Hawa, ça ne peut faire qu’un bâtard. Lève-toi quand je te parle !
Takonou se releva péniblement, ses plaies aux lèvres s’était ré-ouvertes et du sang coulait de sa bouche. Elle serra Yobo contre ses jambes.
— Que tu es laide !, se moqua l’homme en dévisageant la jeune mère très proche de son visage boursoufflé. Comment un Hawa a-t-il pu épouser ça ! L’aurais-tu ensorcelé ?
Il sentit la robe et eut un geste de dégoût.
— Tu pues ! C’est comme une odeur de sang mêlé à de la luxure. Tu me dégoûtes. Déshabille-toi !
Takonou tressaillit. Les autres hommes lui jetèrent des regards lubriques. Elle hésita. L’homme plongea son regard dans ses yeux effrayés.
— Tu sais qui je suis ?, dit-il. On me surnomme le Général Cutter. Et tu sais pourquoi ?
Il tira de sa poche, un énorme cutter dont il fit coulisser la lame laquée de sang séché. Il la promena sous les yeux horrifiés de Takonou. Les hommes s’enthousiasmèrent à l’idée de ce qui allait suivre.
— A poil, vite ! Où je m’occupe d’elle !, hurla-t-il en désignant Yobo qui se mit à hurler.
Takonou fit rapidement glisser sa robe au sol. Elle était nue ; ses sous-vêtements arrachés lors de ses précédents supplices. L’homme avisa le corps parfait de la jeune femme et siffla d’admiration.
— Tu es sacrément bien fichue pour une Djoubé. Tu fais honneur à ta sous-race. Dommage que vous soyez tous des chiens !
L’homme se pencha sur Yobo et prit une voix douce pour parler à l’enfant tétanisé.
— Tu aimes les chiens ?
Yobo ne répondit pas. Les yeux apeurés. L’homme sembla perdre patience.
— Je t’ai demandé si tu aimes les chiens ? 
Il saisit une des nombreuses tresses qui ornaient la tête de l’enfant et la coupa avec son cutter.
— Il faut que tu répondes à Monsieur Général, mon cœur, dit Takonou d’une voix étranglée. Tu dois toujours faire ce qu’il te demande.
Yobo fit oui de la tête.
— Voilà qui est mieux. Tu aimerais avoir un petit chien ?
Yobo abandonna ses craintes devant cette perspective.
--Oh oui, Monsieur Général !, répondit-elle avec envie.
— Tu entends ?, fit-il à Takonou. A quatre pattes ! Vite !
Il lui asséna un violent coup à la nuque. La jeune femme s’abattit sur le sol. Il la releva par les cheveux sous les rires des soldats. Il s’adressa à Yobo, jovial.
— Regarde, petite bâtarde, quel beau chien tu as là !
Il se pencha dans le bas du dos de Takonou :
— Il semblerait que ce soit une chienne.
Les hommes exultèrent de cette mauvaise blague. Il donna un violent coup de pied dans les fesses de sa victime en lui arrachant un cri de douleur.
— Vas-y ! Marche en faisant des ronds et aboie un peu pour voir.
Alors Takonou, des larmes plein les yeux, se mit à imiter des aboiements en décrivant des cercles à quatre pattes sous les railleries des soldats. Yobo marchait à ses cotés en pleurant. Mais le général n’était pas satisfait.
— Non, ça ne va pas ça ! Il lui manque quelque chose pour en faire un chien !
Il s’empara d’un balai dont il cassa le manche au trois quart. Il attrapa Takonou par les cheveux et tira sa tête en arrière.
— Tu le préfères par le bout rond ou par le bout pointu ?
La jeune femme roula des yeux horrifiés et se mit à respirer très vite.
— Réponds ! Vite ! 
— Le bout rond ! Le bout rond !, dit-elle dans un flot de sanglots.
L’homme rit sadiquement présentant le manche à ses hommes.
— Perdu ! Tu auras le coté pointu !
Et d’un geste brusque et rapide, il enficha profondément la tige acérée dans le rectum de sa victime, déchirant ses chairs. Takonou hurla de douleur. Une brûlure insupportable envahit son bas ventre tandis qu’un flot de sang s’écoulait de son intimité. Elle s’effondra, la respiration coupée, sur le point de perdre conscience. Dans un lointain brouhaha de rires et d’applaudissements, elle reconnu Yobo l’appeler à travers des torrents de sanglots. L’homme la releva par les cheveux et la remit à quatre pattes. Puis il arracha le cordon d’un rideau, en fit un nœud autour du cou de sa victime et tendit la laisse improvisée à Yobo.
— Allez, promène ton chien ! Je veux voir si sa queue remue.
Takonou respirait fort. La douleur intense ne faiblissait pas et son sang continuait à se répandre. Elle fit un pas et s’effondra sur ses avant bras. L’homme la prit encore par les cheveux.
— Oh ! Oh !, fit-il. Voilà un chien bien mal en point.
Il tira son arme de son étui, l’arma et la mit dans la main de la fillette.
— Il ne faut pas laisser souffrir cette pauvre bête. C’est ton chien, c’est à toi de le faire.
Yobo regarda l’homme d’un air interrogateur, ne pouvant comprendre ses propos. Alors l’homme empoigna la petite main armée et la dirigea contre la tempe de sa mère. Il lui plaça ses petits doigts sur la détente.
— Appui !, ordonna-t-il. Sinon, je te saigne toi aussi.
Mais Yobo était tétanisée.
— Tu dois faire ce que le Monsieur Général te dit, articula Takonou dans un dernier souffle. Maman t’aime très fort.
La détonation se perdit parmi celles qui résonnaient partout dans la noirceur de la nuit.
— Qu’est-ce qu’on en fait ?, demanda un soldat à son chef en désignant Yobo tétanisée devant sa mère baignant dans le sang.
L’homme sortit à nouveau sa lame.
— Les chiens ne font pas des chats !

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17:38 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent | Commentaires (0)

11/06/2018

ACADÉMIE MUSICALE ND DE LIESSE

ACADÉMIE MUSICALE ND DE LIESSE

 

Dimanche dernier, 10 Juin 2018, la messe du"JOUR DU SEIGNEUR" était célébrée en direct depuis l'Abbaye de Notre-Dame de Liesse (Aisne), et les chants étaient animés par l'ACADÉMIE MUSICALE, école privée catholique vouée à la formation musicale de jeunes garçons.

 

Or, la chaîne France 2 avait dédié une émission à cette académie, il y peu d'années. C'est cette émission que nous vous proposons  ci-dessous.

 

L'ACADÉMIE MUSICALE ND DE LIESSE

18:04 Publié dans RELIGION | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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