logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

04/09/2017

DE LA VIE À LA MORT

De la vie à la mort. Et vice-versa...

par Fergus

Capture d’écran 2017-09-04 à 17.33.55.png

 

 

Déjà quatorze mois que je suis mort !

Une semaine plus tôt, j’avais fêté mes trente et un ans avec les copains de la caserne Chaligny. J’ai cassé ma pipe en me rendant chez mes grands-parents maternels, à Andermatt, en Suisse. Ça s’est passé dans les lacets du col de la Furka. La faute à un grand bouquetin mâle surgi de nulle part devant les roues de ma Golf. Coup de volant machinal pour éviter l’animal, et hop ! un saut de trois cents mètres dans le vide. J’ai rendu mon dernier soupir au milieu des saxifrages et des rhododendrons, sous le regard étonné des marmottes... 

Lorsque je vivais, j’étais à mille lieues d’imaginer ce qui m’attendait après la mort. En vérité, je n’en attendais strictement rien, sauf à nourrir la vermine le moment venu. Le temps que ma carcasse soit totalement nettoyée de la barbaque que j’entretenais dans la souffrance au gymnase pour être au top de la forme physique, rapport à mon métier de sapeur-pompier. J’ai pourtant été élevé par mes parents dans la tradition catholique, avec à la clé promesses de paradis ou menaces d’enfer – en guise de carotte et de bâton – pour maintenir le garnement que j’étais dans le droit chemin. Évidemment, ça faisait belle lurette que je ne croyais plus à ces sornettes. Pas plus qu’aux dieux ou aux démons... J’ai abordé la mort en athée convaincu, dénué de toute illusion sur le futur de mon âme au lendemain de mon trépas terrestre...

La surprise n’en a été que plus grande.

En fait, je suis bien incapable de vous dire ce que je suis désormais. Une chose est sûre : je n’ai plus de corps. Je me résume à une sorte de pensée flottante. Au début, ça m’a un peu contrarié, vu que mon corps et moi on s’était plutôt bien habitués l’un à l’autre. Et puis j’ai rapidement compris les avantages de la situation : plus de souci alimentaire, plus de tortures musculaires, plus de problèmes d’habillement, de logement, de transport, de boulot, plus de maladie ni de rage de dents, plus d’impôts, de taxes, de cotisations, de loyers, de procès-verbaux. Plus de sexe également, mais bon, rien n’est jamais parfait. D’ailleurs, en admettant que, dans mon état, je puisse encore disposer d’une enveloppe charnelle équipée de tous ses attributs, je serais bien embarrassé sur le plan bagatelle, vu que je ne croise quasiment pas de nanas depuis que j’ai mis les pieds – façon de parler ! – dans cet univers de limbes. C’est bien simple, en un peu plus d’un an, je n’ai rencontré que six EFI dans mon genre (par EFI, entendez Esprit Flottant Identifié) : Zoé Bouzigues, tailleuse dans une fabrique de pipes de Cogolin, morte en 1964, écrasée par la chute d’une grue ; Diego Moralès de la Peña, un journaliste colombien pro-gouvernemental exécuté en 2002 par les FARC ; Akihiro Fujiwara, un magistrat japonais empoisonné au fugu par des yakusa en 1972 ; Pamela Picklenuts, une étudiante californienne découpée en morceaux, congelée puis dévorée par son boyfriend en 1981 ; Félix Kabongo, un sergent tutsi décapité par une machette hutu en 1994 ; et ce brave Eoghan.

Eoghan Quigley, le petit gars de Killybegs, emporté par une lame sournoise lors d’une tempête durant l’hiver 1976. Il n’était âgé que de dix-neuf ans. C’était seulement sa troisième sortie à bord du chalutier de son oncle Brendan, le Finnabair II. 

L’irlandais a été mon premier EFI. Je l’ai rencontré dans les tous premiers instants de ma transmutation alors que je flottais au dessus des débris de ma Golf, un peu déboussolé par ma mort soudaine. Nous étions sur la même longueur d’ondes, j’ai tout de suite sympathisé avec lui. 
─ Bienvenue au club ! m’a-t-il dit d’emblée. Je m’appelle Eoghan Quigley. 

L’irlandais s’exprimait en langage limbique, une sorte d’espéranto cosmique, commun aux mânes de toutes les nationalités. À mon grand étonnement, je lui ai répondu de la même manière :
─ Euh... enchanté... Moi, c’est Hippolyte Gerboise. 

Eoghan m’a tout de suite mis au parfum : 
─ Ça doit te paraître bizarre d’être ici, dans cet état. Ça fait ça à tous les nouveaux. Il est vrai que c’est très surprenant dans les premiers instants de la transmutation. Mais tu verras, tu t’y feras très vite. Dorénavant, tu vas pouvoir te balader à ta guise dans l’espace et le temps. Mais attention, uniquement dans les limites de ton capital vie.
─ Tu veux dire... de ma vie terrestre ?
─ Si c’était le cas, tu aurais totalement disparu dans l’accident. Quand je dis capital vie, je parle de l’existence terrestre que tu as réellement vécue, complétée par celle que tu aurais menée à son terme normal sans l’irruption de ce bouquetin. En clair, ça signifie que tes possibilités d’exploration sont, comme les miennes, bornées par des dates infranchissables : d’un côté, notre date de naissance ; de l’autre, la date à laquelle nous aurions normalement dû décéder si nous n’avions pas péri prématurément... En ce qui me concerne, j’ai aujourd’hui 48 ans, dont 19 de vie terrestre. Eh bien, je dispose encore de 34 années de limbes... 
─ Ah oui ? Et comment peux-tu savoir qu’il te reste 34 ans ?
─ Élémentaire, mon cher Hippolyte : il m’est rigoureusement impossible d’accéder à quoi que ce soit au delà du 21 juillet 2039. J’en conclus logiquement qu’à cette date, mes limbes s’évanouiront dans le néant comme elles se sont évanouies pour d’autres avant moi, et comme elles s’évanouiront pour toi quand tu auras atteint le terme de ton propre capital vie.

Zut ! moi qui me réjouissais déjà de bénéficier d’une forme de vie éternelle.
─ Si je comprends bien, je ne dispose que d’un nombre limité d’années jusqu’au jour J, celui de ma disparition totale et définitive. D’ici là, je peux me balader à mon gré, mais uniquement entre ma date de péremption et celle de ma naissance... Un peu frustrant, non ?
─ Bof ! pas plus que de vivre sur terre avec, pour seule perspective, d’alimenter les asticots au bout du chemin. Et puis tu verras : malgré les limites temporelles qui nous sont imposées, c’est plutôt funny comme expérience. D’autant plus que tu peux aller partout sur le globe, même au Zimbabwe ou au Sri Lanka si ça te chante. 
─ Ravi de l’apprendre... Mais dis-moi, Eoghan, que sommes-nous censés faire ?
─ Heu... rien de particulier : observer le monde, prendre du plaisir à voir s’agiter les vivants, retourner voir la famille ou les amis, assister aux premières loges à des événements historiques, superviser le tournage d’un film X, vérifier la validité des prévisions d’Elisabeth Teissier... Tu peux faire ce que tu veux, dans les limites que je t’ai indiquées. Pour y parvenir, rien de plus facile : il te suffit de te concentrer sur une scène, ou un personnage, ou bien encore un lieu...

Allez savoir pourquoi, le souvenir d’un concert rock donné l’été précédent au Festival des Vieilles Charrues s’est imposé à moi tandis qu’Eoghan me parlait. En un battement de limbes, je me suis retrouvé dans la Bretagne profonde... en plein fest-noz au cœur des Monts d’Arrée.

Eoghan m’a rejoint tandis que j’observais d’un regard perplexe la corolle des danseurs tourner lentement, le petit doigt levé, au son de la bombarde et du biniou.
─ Ça ne marche pas ton truc, lui ai-je fait remarquer, je visais un concert rock à Carhaix, je tombe sur une gavotte à Poullaouen. 
─ Normal, c’est comme au tir à l’arc : les premières fois, on atteint rarement le cœur de la cible ! Question d’expérience. Cela dit, félicitations ! pour un coup d’essai, tu as presque réussi un coup de maître en débarquant ici : les deux localités sont voisines et, même si ce n’est pas celui que tu visais, tu es parvenu à cibler un événement musical. Crois-moi, pour une première tentative, c’est déjà remarquable ; tu aurais pu tout aussi bien débouler dans une conserverie de sardines à Essaouira. Tiens, moi par exemple : la première fois, je visais le pub de Paddy Mulligan pour voir mes potes se torcher à la Guinness comme tous les samedis soirs, eh bien, j’ai atterri à la cafétéria du Vatican au milieu des groupies du pape !... Tout ça, c’est une affaire de rodage, un simple problème de concentration. Dans quelques jours, tu maîtriseras parfaitement tes objectifs... Bon, c’est pas tout ça, je file au Crazy Horse, je n’ai pas encore assisté à la revue 2018. A plus...

Resté seul, j’ai analysé la situation tandis que les danseurs entamaient un rond de Saint-Vincent dans la salle des fêtes de Poullaouen. Ainsi, je pouvais effectivement me promener dans l’espace et le temps. Mais pour quoi faire ? Pour qui voir ? Pour aller où ? Pas facile de prendre une décision quand l’éventail des possibilités est aussi large. J’ai finalement choisi de me projeter de quelques heures dans l’avenir pour observer la réaction de ma copine Yolande à l’annonce de mon décès ; la pauvre fille étant d’une nature émotive, je craignais qu’elle ne s’effondre en apprenant ma disparition.

Malgré mes efforts de concentration, je ne suis pas tout à fait parvenu à cibler mon objectif. J’ai quand même réussi à zoomer sur Yolande. Je l’ai trouvée trois jours après l’annonce de mon vol plané fatal dans les alpages helvètes. Elle gisait, alanguie et le corps luisant de sueur, sur des draps en bataille, vêtue de sa seule gourmette. À son côté, le dos calé contre la tête du lit, un grand rouquin athlétique la contemplait : le caporal-chef Antonin Balbuzard – mon pote Tony –, nu comme un ver lui aussi. Tous les deux fumaient une clope après avoir fait l’amour comme des enragés, à en juger par l’état de la literie. On a beau être réduit à l’état de limbes, il y a des spectacles qui heurtent. Écœuré, j’ai tiré un trait définitif sur Yolande et ce blaireau de cabot-chef. Quand même, cette Yolande, quelle salope ! Et ce Tony, un sacré faux-cul !

J’ai rencontré Zoé Bouzigues deux mois plus tard, après avoir assisté à la montée de l’Alpe d’Huez dans le Tour de France 2021. D’énormes progrès avaient été accomplis en matière de lutte contre le dopage. Désormais, le nombre des coureurs sains s’élevait à 13 % de l’effectif. Sans transition, j’étais revenu à Paris pour filer à l’Élysée durant les grandes grèves de l’automne 95. Un énorme flot de manifestants, conduit par les cheminots, s’écoulait sur les Grands Boulevards noyés sous les décibels et les fumées rouges des feux de bengale. Tandis que le gouvernement serrait les rangs autour d’un Juppé droit dans ses bottes, le Président, avachi dans un fauteuil une Corona en main, se passionnait pour un tournoi de sumos retransmis en différé du japon sur le câble. C’est alors que Zoé est apparue, curieuse de découvrir les appartements privés du monarque républicain. Tout content de voir enfin débarquer un autre EFI dans ma nouvelle vie, je me suis présenté à elle en frétillant des limbes. Zoé m’a répondu sans aménité. J’avais pourtant très envie de meubler ma solitude en faisant copain-copain avec elle. Malgré son ton peu chaleureux, je le lui ai dit. « Hé ho, on n’a pas taillé les pipes ensemble ! » m’a balancé la fille de Cogolin avec une étonnante agressivité. Bonjour l’ambiance ! Pour une fois que j’avais de la compagnie... Vexé, j’ai préféré m’esquiver. Cap sur Eoghan. 

J’ai retrouvé l’irlandais à New York le 8 décembre 1980. Il faisait un froid de canard, à en juger par l’attitude frileuse des piétons. Un homme venait d’en abattre un autre à coups de revolver.
─ Salut ! m’a dit Eoghan. Le type au flingue, c’est Mark Chapman, 25 ans et pas toute sa tête. La victime, c’est l’idole de mon adolescence : John Lennon. Il avait 40 ans. Il est mort en appelant sa femme Yoko, mais personne ne l’a entendu... (soupir limbique) Quel gâchis ! Par saint Patrick, ça fait quelque chose de le voir étendu là... Tu me cherchais ou c’est un hasard ?
─ Je te cherchais. Est-ce que tu connais Zoé Bouzigues ?
─ Celle qui s’est pris une grue sur la tronche ? Laisse tomber, c’est une caractérielle. Si tu veux voir une nana sympa, branche-toi plutôt sur Pamela Picklenuts, elle est sur la même longueur d’ondes que nous, contrairement à John Lennon (nouveau soupir limbique)... Qui as-tu rencontré d’autre en dehors de Zoé ?
─ Ben justement, pas un rat à part toi. Moi qui pensais me faire des tas de relations, j’ai l’impression de flotter en plein désert. Comment est-ce possible, alors qu’il meurt chaque jour des milliers de personnes sur terre ?
─ Ça, mon pote, c’est lié aux ondes cosmiques. Il existe des millions de canaux, et nous ne sommes que quelques centaines tout au plus à naviguer sur chaque longueur d’ondes. N’oublie pas que la majorité des défunts ne sont pas concernés par la prolongation limbique dont nous bénéficions ; il n’y a que les gens comme toi et moi, ceux qui ne sont pas allés au bout de leur parcours terrestre pour cause de meurtre ou de décès accidentel. Si tu le souhaites, je te communiquerai les noms de quelques EFI intéressants. En attendant, fais ce que je t’ai dit : branche-toi sur Pamela ; tu verras, c’est une fille dynamique et rigolarde, tout le contraire de Zoé.

Va pour Pamela. J’ai laissé Eoghan avec la dépouille encore fumante de l’ex-Beatle pour me concentrer sur l’américaine. Bingo. Elle assistait avec une étonnante exubérance à la finale du Superbowl 2024. J’ai regardé à ses côtés les Chicago Bulls mettre la pâtée aux New York Giants, plus intéressé par la prestation des pom-pom girls que par celle des joueurs. Le match terminé, nous avons bavardé à bâtons rompus puis décidé de faire un bout de route ensemble. Pamela a beaucoup insisté pour commencer par son assassinat, elle tenait absolument à me présenter le séduisant Spencer. Etudiant comme elle à UCLA, son meurtrier était à l’évidence un as de l’économie et du... couteau à désosser. La façon dont il l’avait occise puis découpée en morceaux avec la précision d’un boucher émerveillait Pamela au plus haut point. Mais plus encore que son dépeçage, ce qui fascinait le plus la californienne était la manière dont Spencer l’avait accommodée par la suite. En fin gastronome, il ne s’était pas contenté de la boulotter noyée dans le ketchup comme l’aurait fait le premier quidam venu. Spencer – français par sa grand-mère – s’était au contraire attaché à la cuisiner chaque jour différemment : mitonnée en bourguignon, rôtie aux fines herbes, poêlée aux échalotes, grillée en brochettes, mijotée en pot-au-feu, nappée de sauce basquaise, habillée de chapelure... Pamela voyait dans le soin apporté par son boy-friend à la déguster dans ces multiples variations de l’art culinaire une immense preuve d’amour. J’y voyais pour ma part la preuve d’un dérangement gravissime de la calebasse. Mais après tout, si ça faisait plaisir à Pamela... Hélas ! pour ma nouvelle copine, Spencer n’avait pas pu aller au bout de la dégustation par la faute des enquêteurs du FBI. Un bifteck de mollet, une escalope de fesse et deux côtes avaient échappé à l’assiette du boy-friend pour finir sans gloire dans un incinérateur. 

Au début de notre relation, je me suis bien amusé avec Pamela. Comme l’avait affirmé Eoghan, cette fille-là avait une pêche d’enfer, et c’était un vrai plaisir de passer un moment en sa compagnie. Malheureusement, j’ai vite découvert qu’elle avait un problème récurrent : elle répugnait à sortir des Etats-Unis. Hors des states, rien ou presque ne trouvait grâce à ses yeux : ni les lieux, ni les gens, ni l’organisation sociale. J’ai bien réussi à la traîner à Venise, à Prague, à Ouarzazate – j’y étais allé au Club Med avec Yolande – et même à Katmandu et sur les pentes escarpées du Machu Picchu. Mais sans parvenir à susciter chez elle d’intérêt véritable pour les joyaux de l’architecture ou pour les coutumes locales. Trop ceci... Pas assez cela... En résumé : trop ringard ! Seul comptait pour elle l’american way of life. Au bout de quelques semaines, dominées par la fréquentation assidue des rodéos, des matches de base-ball ou des parades de majorettes, j’ai rendu mon tablier, la californienne était décidément trop éloignée de mes propres pôles d’intérêt. So long, Pamela.

Quelques mois se sont écoulés, au cours desquels je suis parti – le plus souvent seul, parfois en compagnie d’un EFI de rencontre – à la découverte du monde et, dans mes limites temporelles, de son histoire passée et future. De temps à autre, Eoghan m’accompagnait dans mes pérégrinations. À l’inverse, il m’arrivait de le suivre dans ses propres errances.

Précisément, nous étions sur le point de nous transporter en Suisse au matin du 17 juillet 2031 pour assister à l'effondrement du glacier du Rhône, fragilisé par le réchauffement de la planète, lorsque j’ai réalisé que j’allais me trouver à deux pas du lieu de mon accident. Une irrépressible envie de revoir, toutes affaires cessantes, les circonstances de ma mort m’a saisi. J’en ai fait part à Eoghan : 
─ Si ça te t’ennuie pas, j’aimerais faire un crochet par le col de la Furka pour m’installer dans la Golf, juste avant l’accident.
─ Comme tu veux, mon pote, on a tout notre temps.

L’instant d’après, nous étions à bord de la Volkswagen dans la descente vers Andermatt. Une radio FM suisse alémanique diffusait sur la mini-chaîne un vieil instrumental folk : Mini Lüt par le Trio Oesch. Hippolyte-le-terrestre – cet autre moi en chair et en os – conduisait avec aisance. Dans deux virages, le bouquetin allait surgir devant les roues de la Golf. J’attendais calmement le moment fatidique lorsque soudain j’ai perçu un frémissement dans mes limbes. Aussitôt, je me suis senti investi d’un étonnant pouvoir, j’avais tout à coup l’impression de pouvoir déplacer les montagnes par la seule force de mes petites ondes, l’impression de pouvoir modifier le cours des choses... Naturellement c’était idiot... Et pourtant... Pourtant je me suis concentré comme jamais. Pour voir. Devant la Golf, la route défilait... Plus qu’un virage... Plus que cent mètres... J’étais au bord de l’explosion. Plus que cinquante mètres... trente... vingt... C’est alors que le lecteur de CD a disjoncté...

... Un sifflement strident a brutalement envahi l’habitacle. Le sapeur Gerboise, surpris par cette violente irruption de décibels, a écrasé la pédale de frein. Au même moment, un bouquetin débouchait sur la chaussée. L’animal, effrayé par le crissement des pneus, a évité de justesse la calandre de la voiture en se jetant sur la voie montante. Une autre Golf, pilotée par un quadragénaire désinvolte, gravissait rapidement le col. Dans un réflexe malheureux, le conducteur a braqué vers le vide. La voiture a plongé dans le ravin. Hippolyte-l’EFI a disparu du monde limbique à l’instant précis où la Volkswagen se disloquait sur les rochers... Eoghan Quigley a aussitôt rejoint le nouvel EFI. Il observait sa dépouille terrestre gisant dans les rhodos devant la carcasse de la Golf. Puis il s’est présenté : 
─ Je m’appelle Eoghan Quigley. Et toi ?
─ Walter Imboden... Euh... Je me sens tout drôle...
─ Sûr que ça doit te paraître bizarre d’être ici, dans cet état. Ça fait ça à tous les nouveaux arrivants. Il est vrai que c’est très surprenant dans les premiers instants de la transmutation...
Vous avez aimé cette œuvre, partagez-la !
FERGUS (ShortEditions)

17:37 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent | Commentaires (2)

31/08/2017

LA MECQUE


INFOGRAPHIE - D’où viennent les pèlerins de La Mecque ?
par Gauthier Vaillant



CARTE Plus de deux millions de musulmans, venus du monde entier, prennent part au pèlerinage à La Mecque, l’un des cinq piliers de l’islam, qui débute mercredi 30 août en Arabie saoudite.

Plus de 1,73 million de fidèles musulmans venus du monde entier et plus de 200 000 Saoudiens. Au total, un peu plus de deux millions de personnes ont afflué en Arabie saoudite, ces derniers jours, pour prendre part au pèlerinage à La Mecque, qui débute ce mercredi 30 août.
Ville de naissance du prophète Mohammed, La Mecque est le lieu le plus saint de l’islam. S’y rendre pour le pèlerinage annuel, le « hadj », est une obligation prescrite dans le Coran. Tout musulman doit l’effectuer une fois dans sa vie, s’il en a les moyens physiques et financiers.
De ce fait, les candidats au pèlerinage se comptent chaque année par millions. C’est bien plus que les lieux ne peuvent accueillir. Pour maîtriser le flux, le royaume saoudien applique une stricte politique de quotas par pays.
Cette année, et malgré la crise diplomatique entre l’Arabie saoudite et le Qatar qui a agité les semaines précédant le hadj, le nombre de pèlerins est en hausse. En effet, après cinq années de réduction des quotas en raison d’importants travaux d’aménagements des sites du pèlerinage, le pays hôte a rétabli les quotas initiaux. L’édition 2016 avait rassemblé environ 1,8 million de fidèles.

Les trois plus grandes délégations : Indonésie, Inde et Pakistan
C’est d’Asie que viennent les contingents de pèlerins les plus importants. Au premier rang mondial, l’Indonésie, plus grand pays musulman du monde en nombre d’habitants, envoie cette année 221 000 pèlerins à La Mecque. Suivent le Pakistan (180 000), l’Inde (170 000) et le Bangladesh (127 000).
Les pays du Moyen-Orient son évidemment bien représentés, en particulier l’Égypte, avec 108 000 pèlerins, ou encore la Turquie (79 000 pèlerins). Le pèlerinage 2017 voit également le retour des pèlerins venus d’Iran, qui constituent l’un des plus importants contingents (86 000 personnes), après avoir été interdits d’y prendre part l’an dernier, sur fond de crise diplomatique.
Avec 79 000 participants, le Nigeria constitue la plus importante délégation d’Afrique subsaharienne.
Enfin, avec un quota de 22 000 personnes, la France est le deuxième pays européen en nombre de pèlerins, derrière le Royaume-Uni (25 000) et devant la Russie (20 000).
Gauthier Vaillant

 

 

 

17:21 Publié dans RELIGION | Lien permanent | Commentaires (0)

30/08/2017

1ère ÉGLISE BRETONNE DU 21ème siècle


La première église bretonne du XXIe siècle verra bientôt le jour près de Rennes


par Kévin Boucaud-Victoire

Capture d’écran 2017-08-30 à 17.12.12.png

 

Une première depuis 50 ans pour le diocèse de Rennes ! Une église ouvrira bientôt ses portes, à Saint-Jacques-de-la-Lande, en périphérie de la capitale bretonne.
Le diocèse de Rennes fait actuellement construire une église à Saint-Jacques-de-la-Lande, à l’entrée de la capitale bretonne. Un événement pour la ville qui, ces derniers été, avait plus l’habitude de voir ses églises fermées ou vendues. Il s’agit un bâtiment immaculé, aux lignes épurées, qui a pris forme au cœur du nouveau quartier de la Morinais, rue du Haut-Bois. L’église Anastasis (Résurrection en grec), en référence à la célèbre église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, sera inauguré le 26 novembre prochain par Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo. Pour ce dernier, cet édifice sera « le symbole de la lumière, de la pureté et de la Résurrection », ainsi qu’ « un repère de sens attendu dans la société contemporaine ». Ce sera ensuite le père Joseph Lecoq, qui officiera dans la nouvelle église, qui y officiera.
Une église absolument moderne
Cette œuvre, réalisé par l’architecte portugais Alvaro Siza, artiste de 82 ans reconnu mondialement, se présente comme absolument moderne. Elle sera dotée d’une connexion Internet, de matériel de vidéo projection pour retransmettre les messes et même d’un ascenseur. « C’est une église du XXIe siècle, on n’allait quand même pas construire comme dans le passé », explique le diocèse à 20 Minutes. Elle n’aura cependant de clocher mais seulement un campanile doté de 3 cloches déjà bénies. L’architecture a été pensée pour se fondre dans le quartier.
Le coût total est évalué à 3 millions d’euros. Un budget financé par le diocèse de Rennes grâce à la vente du terrain de l’ancienne église Saint-Marc de Rennes ainsi que par des dons et des mécènes.  « On cherche encore à collecter environ 500.000 euros auprès de mécènes », affirme néanmoins Régis Boccard, l’économe du diocèse de Rennes. Il s’agit d’une première depuis 50 ans pour Rennes, qui n’a vu naître aucune église depuis les années 1970. Signe du dynamisme du diocèse, un autre projet d’église est également prévu dans le quartier de Bau-Chardonnet, nouveau quartier rennais qui accueillera bientôt 2 600 logements.

Aleteia

Enregistrer

17:22 Publié dans MONUMENTS | Lien permanent | Commentaires (0)

26/08/2017

LA CIGALE ET LA FOURMI


LA CIGALE ET LA FOURMI

La Fontaine, Livre 1

Capture d’écran 2017-08-26 à 11.25.24.png

 

 

La cigale ayant chanté


Tout l'été,


Se trouva fort dépourvue


Quand la bise fut venue.


Pas un seul petit morceau


De mouche ou de vermisseau.


Elle alla crier famine


Chez la Fourmi sa voisine,


La priant de lui prêter


Quelque grain pour subsister

Jusqu'à la saison nouvelle.


Je vous paierai, lui dit-elle,


Avant l’août, foi d'animal,


Intérêt et principal.


La Fourmi n'est pas prêteuse,


C'est là son moindre défaut.


Que faisiez-vous au temps chaud ?


Dit-elle à cette emprunteuse.


Nuit et jour à tout venant,


Je chantais, ne vous déplaise.


Vous chantiez ? j'en suis fort aise,


Eh bien! dansez maintenant.

 

11:36 Publié dans LETTRES | Lien permanent | Commentaires (0)

23/08/2017

LA 11ème PLAIE D'EGYPTE

La onzième plaie d'Egypte

par Costella

Capture d’écran 2017-08-23 à 17.18.36.png

 

 

 

 


Le soleil de juin inonde la cuisine et, comme chaque matin, Isabelle prépare amoureusement le petit déjeuner. Kevin a le regard rivé sur son bol de céréales. En entrant dans la pièce, Marc lance un « bonjour » joyeux. Il reste sans réponse. Manifestement il se passe quelque chose.
— Allez, Vivi, vas... dis à ton père.
Kevin reste le nez délibérément plongé dans son bol.
— Allez, montre à ton père ce que tu as fait
Kevin rougit jusqu’aux oreilles sans oser répondre.
— Figure-toi, chéri, que Kevin donne dans l’originalité.
— Mais non Maman, tout le monde en a, réplique timidement l’ado
— Tais-toi Vivi, tu m’énerves ! coupa Isabelle excédée. Eh bien, mon chéri, figure-toi que ton fils donne dans le loubard. Hier quand il sortait de la douche, j’ai vu une sorte de genre de... je ne sais pas quoi... un drôle de tatouage bizarre sur la poitrine.
— Calme-toi ma chérie, reste cool... Et alors Kevin ? demanda Marc intrigué.
— Mais Papa, au lycée, c’est la mode, tout le monde en a... même les filles.
— Mais pourquoi tu as fait ça ? Quelle idée... 
— Ben Papa, tu m’avais donné vingt euros quand j’ai lavé ta Mercedes la semaine dernière...
Consterné, Marc serre les dents et réussit à murmurer : 
— Fais voir...
Gêné, Kevin soulève lentement son tee-shirt. Un groupe compact d’une douzaine idéogrammes chinois ornent le torse plat de l’ado. Les tanakas sont plus ou moins bien dessinés en bleu turquoise – à l’exception du premier qui est d’un rouge écarlate.
Marc était atterré. Jamais il n’aurait imaginé une seule seconde que leur fils, bien élevé, gentil, travailleur – et, qui plus est, excellent élève dans une école privée catholique –, ose se faire tatouer comme un jeune dealer de banlieue.
— Mais qu’est-ce qui t’est passé par la tête ? Tu sais que ça ne s’enlève pas, tu garderas ça toute ta vie ! Tu t’en rends bien compte... Les ados, de nos jours... C’est i-ni-ma-gi-nable !
— Et ça veut dire quoi ? demande Isabelle soudainement inquiète car elle avait vu dernièrement un reportage sur la mafia japonaise des Yakuzas. 
Ils se font tatouer le corps et mutiler volontairement en s’amputant une phalange comme signe d’appartenance au clan. Elle chassa la vision angoissante d’une tenaille arrachant une phalange à son petit Vivi d'amour. 
— Tu ne veux quand même pas devenir Yakuza ? ajouta-t-elle.
Kevin protesta mollement : 
— Un quoi ? Mais non ! Pourquoi tu voudrais que je devienne un Jacuzzi ? C’est n’importe quoi !
— Non, Maman veut dire un Yakuza. Mais Isabelle, ça n’a aucun rapport, faut pas lui dire n’importe quoi. 
— Et où tu t’es fait tatouer ? 
— Ben, derrière le Lycée. Il y a une petite boutique de tatouage, répondit-il dans un murmure.
— Une petite boutique, tu te rends compte ! Ça aurait pu s’infecter... Je ne sais pas, mais tu aurais pu au moins aller dans un centre de tatouage, propre et bien équipé !
— Non mais quand même ; c’est pas avec les vingt euros que tu m’as donnés que je pouvais m’offrir Tintin – le tatoueur des stars.
Furieux, Marc l’interrompt : 
— Tiens, on va aller immédiatement à ton fameux magasin ! J’ai deux mots à dire à ton artiste !

Quelques minutes plus tard, Isabelle se gare en double file. Marc et Kevin s’engouffrent dans la boutique.
Avachi sur son comptoir, le jeune tatoueur reconnaît immédiatement Kevin. 
— Salam aleykoum... Hello boy.
Mais quand il voit Marc, il perd instantanément son assurance-cool soigneusement étudiée.
— C’est toi qui a tatoué ce truc ? dit Marc d’un air menaçant en montrant la photo du tatouage prise avec son portable.
— Oui m’sieur, répond Momo, l’apprenti tatoueur mal à l’aise.
— Et ça veut dire quoi, ça ? Hein ! « J’emmerde les keufs » en chinois ou « Tu peux m’avoir pour 50 huans » ?
— Ben j’sais pas trop m’sieur, dit-il en ouvrant un classeur crasseux à la page marquée « philosophie chinoise ». C’est celui-là. Il a beaucoup de succès, mais je ne sais pas trop ce que ça veut dire. C’est de la philosophie chinoise ou hindoue ou un truc comme ça.
Avant de pulvériser l’artiste, Marc, furieux, préfère sortir, entraînant Kevin dans son sillage. Machinalement il lève le regard sur l’enseigne : « Chez Momo, le tatoueur égyptien ». A cet instant précis, il ne peut s’empêcher de penser que la onzième plaie d’Egypte s’est abattue aujourd’hui sur le 15ème arrondissement de Paris : c’est Momo le Tatoueur.

Pendant ce temps-là, Isabelle a eu tout le temps de retourner le problème dans sa tête.
— Marc on devrait aller déjeuner aux « Délices de Shanghai ». On demandera à monsieur Tchang ce que ça veut dire. Tu sais, il est très gentil et il aime bien Kevin.
Une demi-heure plus tard, ils s’installent tous les trois à la terrasse du restaurant et Marc montre le texte chinois à monsieur Tchang.
— Eh, eh ! Moi pas chinois, répondit-il en riant, moi pas connaitre chinois-mandarin et kung fu. Moi être vrai vietnamien, né à Aubervilliers.
Quelques instants plus tard cependant, il les rejoint à leur table et ajoute à voix basse : 
— Moi, vous présenter vrai chinois : monsieur Li. C’est un homme très sage et très cultivé. 
Du menton, il désigne discrètement un vieillard à la barbiche blanche qui lit au fond de la salle enfumée – à côté de l’autel des ancêtres –, entouré de volutes d’encens. 
Marc accompagne monsieur Tchang qui présente au vieux sage le texte mystérieux. Celui-ci pose son livre. Son regard est doux.
Le vieil homme dodeline de la tête lentement, très lentement – longuement, très longuement –, puis d’une voix profonde et douce, rompt le silence. 
— Ceci est bien une citation de sagesse chinoise. 
Instantanément, Marc fut soulagé.
Monsieur Li pointe du doigt l’idéogramme rouge : 
— Mais ça, c’est une mise en garde et ça veut dire « attention ! »
Inquiets, Marc et monsieur Tchang restent suspendus à ses lèvres. Il traduit successivement chaque idéogramme en les effleurant délicatement du doigt.
— « Attention – Ne – pas – ouvrir – le – couvercle – avant – la – fin – de – l’essorage ». C’est la notice d’emploi d’une machine à laver !
Marc crut saisir, l’instant d’un éclair, une lueur d’amusement dans l’œil impassible du vieillard. Espèce de face de citron, pensa-t-il, ça te fait bien rigoler.

Hébété, Marc regagne la table comme un automate. De loin, Isabelle et Kevin avaient épié toute la scène et lui lancent un regard interrogateur. 
— Et alors ? balbutie Isabelle au comble de l’angoisse.
Marc se racle la gorge, et explique d’une traite : 
— C’est une citation philosophique mongole, genre Lao-Tseu, qui dit que la vague de la mer ne touche jamais deux fois le même rivage.
Isabelle le regarde perplexe mais soulagée.
Kevin bombe le torse. Il est ra-vi, c’est la grande classe  : Il se voit déjà en train d’épater sa petite amie Iris en exhibant son super tatouage : Lao-Tseu surfant sur les vagues le long des plages de Mongolie... 

Il faut avouer que Kevin était assez nul en géographie.
Vous avez aimé cette œuvre, partagez-la !

Short Editions

17:22 Publié dans NOUVELLES | Lien permanent | Commentaires (0)

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique