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24/03/2017

LES FRÈRES LUMIÈRE


Lumière ! L'aventure commence


Plongée dans un monde disparu qui est aussi le nôtre


                                       ARRIVÉE D'UN TRAIN À LA CIOTAT


27 janvier 2017 : passionné de cinéma, Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière (Lyon) et délégué général du Festival de Cannes, nous offre un film très personnel : un enchaînement de 108 « vues Lumière » de 50 secondes chacune, tournées entre 1895 et 1905. Ébouriffant.

Avec ces vues qui s'enchaînent au pas de course et leurs commentaires par Thierry Frémaux lui-même, nous découvrons un monde à la fois très proche et très lointain, celui de nos arrière-grands-parents, avec ses bourgeois et ses ouvriers, ses enfants et ses troupions, ses villes saturées comme jamais par la circulation... hippomobile.
Ce film réalise un très vieux rêve de Thierry Frémaux : démontrer que les frères Louis et Auguste Lumière et leur père Antoine n'étaient pas seulement des industriels et des inventeurs. Avec un goût très sûr et une grande ouverture sur le monde, ils ont inventé l'art de filmer, avec des cadrages et une mise en scène très calculés, avec des procédés qui feront la gloire des réalisateurs à venir : trucages, travelling, contrechamp etc.
D'emblée, on découvre le premier remake du cinéma. Le premier film de l'histoire, La sortie des usines Lumière, a été en effet tournée en trois versions au moins en mars 1895 avec de surprenantes variantes : ici une carriole tirée par un cheval, là une grosse berline à cheval.
Même chose d'ailleurs pour le premier film comique, L'arroseur arrosé, dont le succès a conduit les Lumière a réalisé plusieurs remakes.
Le comique, parfois involontaire, vient aussi de quelques vues surréalistes comme ces chasseurs alpins à l'exercice ou ces soldats espagnols exécutant un bal improvisé.
Autrement plus troublant, dans l'Annam (centre du Vietnam), alors colonie française, ces femmes de notables coloniaux distribuant à la volée des piécettes à une nuée d'enfants et de mendiants.
On est saisi d'émotion aussi par ces rameurs au visage dur que le « Cinématographe » (nom officiel donné par les Lumière à leur appareil de prise de vues) saisit au rythme du balancement de leur chaloupe. Le commentaire fait très justement un parallèle avec le cinéma d'Eisenstein. Et 
Thierry Frémaux a réussi sa démonstration : les Lumière ont bien inventé l'art de filmer. À preuve les applaudissements qui saluent le générique de fin (au moins dans la salle où nous l'avons vu).
André Larané

Herodote.net

22/03/2017

CÉLÉBRATION PÉNITENTIELLE À ROME

17:04 Publié dans EGLISE | Lien permanent | Commentaires (0)

20/03/2017

BOULEVERSANT TÉMOIGNAGE


Le témoignage bouleversant d’Emmanuelle face à la souffrance de son petit Charles

Après "Et les mistrals gagnants", le livre "Drôles de bulles" raconte la vie de Charles, 10 ans, atteint d’une épidermolyse bulleuse dystrophique. Emmanuelle, sa maman, auteure du livre, se confie à Aleteia.
Aleteia : On a fait la connaissance de votre fils Charles dans le film d’Anne-Dauphine Julliand, Et les mistrals gagnants. Quelles furent les circonstances de votre rencontre ?
Emmanuelle Rousseau : Anne-Dauphine Julliand est entrée en contact avec nous par l’intermédiaire de l’association Les Petits Princes. Charles avait à cœur de partager sa vie avec d’autres et de montrer qu’il existait une partie moins jolie dans sa vie. Notre fils est heureux d’avoir fait ce film mais sa vie n’a pas changé, il n’est pas sur les réseaux sociaux et ne se rend pas forcément compte de cette médiatisation même s’il aime quand on le reconnaît dans la rue : il signe bien volontiers des autographes ! Le seul petit bémol du film, c’est qu’on n’y découvre Charles qu’à l’ESEAT (un établissement de soins privé à but non lucratif pour les enfants et adolescents nantais) et pas dans sa vie à la maison à nos côtés. De ce point de vue, le documentaire est bien complémentaire de ce que je raconte dans mon livre…
Charles souffre donc d’une épidermolyse bulleuse et vous avez titré votre livre Drôles de bulles ?
Les bulles évoquent pour moi les bulles de champagne, bulles d’une joyeuse ivresse ; les bulles de savon, bulles arc-en-ciel de douceur ; ou encore les bulles des BD et des dessins animés qui sont autant de bulles de communication. Tout le contraire des bulles de mon loulou qui ne sont que des bulles de douleur qui sentent mauvais…
Pourquoi avez-vous eu envie d’écrire ce livre-témoignage ?
J’ai commencé à écrire en 2012 et j’y ai mis la touche finale en septembre 2015, donc bien avant Et les mistrals gagnants. La vie de Charles est tellement extra-ordinaire, si peu ordinaire et terrible à la fois, qu’il me fallait en laisser une trace écrite. Charles était évidemment partant pour que je raconte sa vie, que j’apporte mon témoignage sur cette sa maladie, une maladie génétique rare et orpheline, grave, incurable et invalidante. Écrire a une vertu thérapeutique qui peut aider à traverser l’épreuve, car dans l’épreuve, les gens ne savent pas communiquer. J’aimerais que les personnes qui liront ce livre comprennent mieux notre vie. J’espère que ce livre pourra aider d’autres personnes confrontées à la maladie, quelle qu’elle soit, à avancer ; et qu’il apportera une ouverture sur la vie en général et sur les enfants malades.

(Lire aussi : « Et les mistrals gagnants » : quand cinq enfants malades changent notre regard sur la vie)

Ce livre, c’est aussi un appel à mieux accompagner les personnes malades ?
Oui, c’est le message premier ! C’est un appel qui s’adresse à la société entière, un appel à mieux accompagner les malades et leur entourage. Puisqu’on ne meurt pas de ces maladies, mais qu’on doit vivre avec, il faut nous accompagner et nous faciliter la vie pour que tout ne soit pas que bataille… Je pense à toutes ces familles qui ne sont pas suffisamment armées pour affronter de telles maladies, à quoi bon vivre ou laisser vivre si c’est pour ensuite délaisser ces personnes. La maladie étant démocratique, elle naît dans tous les milieux sociaux et face à elle, nous ne sommes pas égaux. Que met-on en place, quel avenir prépare-t-on pour que la vie soit la plus douce possible pour ces enfants qui souffrent ? Notamment à domicile. Je prends un exemple : le lundi de Pâques, nous n’avons personne pour venir faire le bain de Charles, c’est honteux. On est clairement à côté de la fragilité, on ne cherche pas à s’organiser pour accompagner les fragilités… Or la maladie ne prend jamais de vacances, elle n’est pas aux 35 heures, elle ne connaît pas les jours fériés… On ne peut pas continuer à gérer l’hôpital comme une entreprise privée qui gère des boîtes de conserve et faire comme si l’homme pouvait être géré comme une boîte de conserve !
On suit votre quotidien de maman dans le livre, une maman perpétuellement confrontée à la souffrance d’un de ses deux enfants…
Les soins quotidiens sont d’une violence qu’aucune mère ne peut supporter : percer les bulles avec une aiguille ou couper la peau abîmée avec des ciseaux en entendant son enfant hurler me démolit à chaque fois ; installer et brancher la stomie de Charles et le voir avec ce bouton, regarder ces plaies qui ne cicatrisent pas, je ne m’y ferai jamais. Je ne suis pas la même maman pour Charles et pour Stanislas*, je me mets en mode « maman Stanislas » ou « maman Charles ». Avec Charles, nous sommes dans une survie permanente, sa maladie,  incurable, le fait dépendre des soins palliatifs ; nous sommes conscients qu’il peut mourir à chaque instant…
* Stanislas, le grand frère de Charles, de 22 mois son aîné
Vous évoquez aussi la difficulté de communiquer avec votre entourage…
Face à une situation comme la nôtre, beaucoup de gens préfèrent prendre la fuite ou rester dans le déni ; il y a beaucoup d’incompréhensions. Ce qui m’énerve le plus, c’est le manque de courage, de lucidité face à la vie. Je préfère qu’on accepte, comme nous l’avons acceptée, la situation et qu’on nous demande ce qu’on peut faire pour nous aider… J’ai vécu un chemin de solitude qui m’a permis d’aller au plus profond de moi-même, de me mettre face à moi-même pour m’écouter, pleurer et écrire… C’est l’éloignement des soins qui m’a permis de renouer avec les autres, de communiquer à nouveau car ces soins me détruisaient et m’empêchaient d’entrer et de rester en relation avec les autres. Au fil du temps, nous avons constitué une famille de cœur avec mon mari, nous sommes bien entourés. Il n’y a pas forcément besoin d’avoir des milliers de personnes autour de soi, mais il est important de pouvoir compter sur quelques bons amis. Je suis aussi animatrice d’un groupe de parole pour mamans d’enfants malades ou handicapés à Nantes, « Cœur de maman ».

(Lire aussi : « Et les Mistrals gagnants » : un hymne à la vie bouleversant et joyeux)

Qu’est-ce qui vous a permis, à votre mari, Olivier et à vous, de tenir le coup ?
Nous éloigner des soins, justement ! C’est ce qui nous a aidés à évoluer au fil du temps positivement. Avec tout ce sang, ces plaies, ces pansements à faire et défaire indéfiniment, on peut vraiment devenir fous ! Et puis Charles a grandi, il a dix ans aujourd’hui, il y a des choses qui sont plus faciles à comprendre et à vivre, cela permet un peu plus de légèreté même si par ailleurs, d’autres choses deviennent plus compliquées car Charles s’affirme. Heureusement, il dort un peu mieux. Pendant six ans, nous n’avons pas dormi et ré-accéder au sommeil a été libérateur. Mais tout reste fragile et nous vivons vraiment un jour à la fois…
« Un jour à la fois », c’est devenu votre devise…
Oui, revenir quelques jours en arrière me paraît très loin et me projeter quelques jours en avant aussi ! Ainsi, j’apprends à savourer pleinement toutes les petites bulles de bonheur que la vie m’offre plusieurs fois par jour. J’ai mis du temps à accepter qu’il n’y ait pas de réponse au mystère de la souffrance. Pourquoi naît-on avec une telle maladie ? Mais accepter de ne pas chercher et trouver de réponse m’a permis de transformer ma vie positivement. Je me concentre sur l’essentiel : que Charles ait la vie la plus douce tous les jours…
Vous vous dites hantée par la mort de Charles, comment apprivoiser la mort ?
Parfois, la souffrance est telle qu’on voudrait qu’elle s’arrête, que tout s’arrête : c’est l’impuissance qui nous fait dire et penser que ce n’est pas une vie de souffrir ; et dès que ça va mieux, on se raccroche à la vie ! Il y a une réelle ambivalence, tout est tellement fragile. Comme dit Frédéric Lenoir, on ne décide jamais ni de son premier ni de son dernier souffle. « Hier est déjà un jour qui a disparu », les jours meurent, les fleurs meurent, on est dans un cycle de vie et de mort. S’il y a la naissance, il y a aussi la mort. Dans notre société, la mort est souvent vécue comme un échec. On naît, on vit puis on meurt. Mais la vie est toujours présente. Nous parlons avec Charles de la mort, on ne connaît pas son espérance de vie, on ne sait pas comment va évoluer sa maladie… Alors on apprend à tisser des liens pour l’éternité.
Vous êtes croyante et vous écrivez que « croire donne une force supplémentaire »…
Quand Charles est né, j’ai demandé de l’aide au Seigneur ; j’ai traversé des moments de doute mais il y a une chose dont j’ai toujours été sûre, c’est que Dieu n’y était pour rien. Petit à petit, j’ai réussi à transformer les « pourquoi » en « pour que » : pour que notre courage s’exprime, pour que sa fragilité nous apprenne quelque chose du monde, pour que nous nous ouvrions à un autre champ des possibles, plus vaste, dans l’amour… Les temps de prière, à l’abbaye de Beaufort ou lors des journées du désert, sont essentiels pour moi. Olivier et moi sommes tous les deux croyants mais nous vivons l’un et l’autre notre foi différemment. Pour Charles aussi, c’est important, il a notamment vécu très fort le sacrement des malades reçu en septembre dernier.
Face à ce quotidien éprouvant, vous parlez de deux autres forces intérieures : le courage et un grain de folie…
Un jour, le docteur Annie Rochedreux a trouvé que les deux mots « racé et exotique », qui décrivaient un café sur un menu de restaurant, s’appliquaient bien à notre famille… « Racé » car il faut une sacrée force de caractère pour continuer à avancer avec cette maladie et « exotique » car la maladie vous amène à faire des choses un peu folles et ça casse le côté « racé ». Soyons fous, c’est d’ailleurs une autre de mes devises. Pour affronter cette épreuve et surmonter le quotidien, je crois qu’il faut un grain de folie ! Oser s’affirmer, dire les choses, demander… Je ne suis pas derrière des conventions ou des principes qui me freineraient dans mon élan et la maladie a tout exacerbé en moi ! Charles est plutôt extraverti, c’est une chance, il est curieux, il aime discuter avec les gens ; il joue de la guitare ou plutôt de la guitalele, il est fan de Paco de Lucía. Il adore Stromae et Olivier, mon mari, s’est démené pour qu’il puisse rencontrer son idole ; il nous a montré sa capacité à déplacer des montagnes, toujours ce petit grain de folie…
Charles a donc rencontré Stromae ?
Charles avait évoqué son rêve de rencontrer ce chanteur. Mais c’est compliqué pour l’association des Petits princes, qui réalise des rêves pour les enfants malades, de concrétiser les rencontres avec des stars. Avec les Petits Princes, Charles a notamment découvert le paquebot « Harmony of the sea » aux chantiers navals de Saint-Nazaire comme on le voit dans le documentaire d’Anne-Dauphine, mais pour Stromae, c’est donc mon mari qui a pris les choses en main ! Et Charles a pu rencontrer et écouter Stromae à l’occasion d’un concert au festival de Poupet. Le chanteur lui a même fait une dédicace orale à la fin du concert devant des milliers de personnes. Ce fut pour Charles, et pour toute la famille, un bonheur incommensurable… Depuis, quand j’écoute Stromae, je suis déchaînée ! Ce moment a tellement marqué notre vie. 

On perçoit au fil des pages votre évolution intérieure : vous avez appris à accepter la maladie et à lâcher prise. On vous sent plus apaisée…
Oui, la souffrance est un vrai mystère… mais c’est ainsi. Merci la vie !
(Aleteia)

17:53 Publié dans DIVERS | Lien permanent | Commentaires (1)

19/03/2017

3è DIMANCHE DE CARÊME (3)

                             LA SAMARITAINE

 

 

Homélie du 3ème dimanche du Carême
19/03/2017

 

Puiser à la Source de l’eau vive

Les textes de l'Exode et l'Évangile nous parlent de l'importance de l'eau : on s'en aperçoit, surtout quand elle vient à manquer. La première lecture nous renvoie à l'histoire du peuple Hébreux. Il venait de quitter une vie d'esclavage en Égypte pour se rendre en terre de Canaan. Mais entre les deux, il y a le désert. C'est là qu'on voit à quel point l'eau est indispensable à la vie. En pleine chaleur, la situation peut devenir dramatique. C'est une question de vie ou de mort.

Malgré tous les bienfaits dont il a bénéficié, le peuple a du mal à s'abandonner en toute confiance. C'est bien ce qui nous arrive souvent : dès que notre vie semble en péril, nous doutons, nous crions à l'abandon. Nous oublions que le Seigneur n'a jamais cessé de nous aimer. Il n'a jamais cessé de nourrir et d'abreuver son peuple rebelle. La soif au désert est révélatrice d'une autre soif que Jésus apaisera chez la Samaritaine. Il se présentera à elle et à nous tous comme la Source d'eau vive.

La seconde lecture nous rappelle ce don que Dieu nous fait de sa vie et de son Esprit. Ce n'est pas une réponse à de supposés mérites de notre part ; il est offert à tous, gratuitement. Il devient agissant dès qu'il est accueilli avec foi. C'est bien de cela que témoigne l'Évangile de la Samaritaine. L'espérance ne déçoit pas. La grande priorité de Dieu, c'est que tous les pécheurs soient sauvés. Il n'a jamais cessé de les aimer. C'est pour nous tous que le Christ est mort sur la croix. C'est vrai qu'il est difficile de croire quand le manque d'eau nous tenaille. Mais il est inutile de nous précipiter vers des eaux qui nous laisseront sur notre soif. Dieu est l'unique et inépuisable source. Lui seul peut nous combler.

L'Évangile nous donne de méditer sur une scène absolument extraordinaire. Saint Jean nous y dévoile tout le mystère de Dieu. Il part de l'eau qui féconde la terre et donne la vie au monde. Cela se passe en Samarie, au puits de Jacob. C'est là que Jésus s'est arrêté car il est fatigué par la route. Et c'est là qu'il rencontre la samaritaine. Normalement, cette rencontre n'aurait pas dû avoir lieu. Les juifs et les samaritains évitaient de se rencontrer. Des rivalités très anciennes les opposaient.

Cette femme qui vient puiser est le symbole de notre humanité blessée. Dieu nous voit nous précipiter vers le danger et tomber dans le péché. Il fait tout pour nous en sortir. Il envoie son Fils pour "chercher et sauver ceux qui étaient perdus". Quand le Christ demande à la Samaritaine "donne-moi à boire, nous comprenons qu'il a soif de la sauver. Il a soif de son affection et de la nôtre. La Samaritaine sera progressivement amenée à reconnaître en Jésus la Source d'Eau vive.

C'est important pour nous et pour notre monde. Une des caractéristiques de notre temps, c'est l'ignorance religieuse. On finit par s'installer dans le désert de l'indifférence, de l'incroyance, de la "mal-croyance". La foi devient quelque chose de secondaire par rapport au métier, aux loisirs et à nos diverses activités de chaque jour. Dieu en est rejeté. Mais quand on veut chasser le religieux, il revient sous sa forme la plus perverse : c'est la montée des superstitions, des pratiques ésotériques, voyance, magie blanche ou noire… C'est dans ce désert que Jésus veut rejoindre le monde d'aujourd'hui. Il ne veut pas qu'un seul se perde. C'est pour nous et pour le monde entier qu'il a donné sa vie sur la croix.

Cet Évangile est un appel à découvrir quelle est notre véritable soif, notre désir profond. Le Christ ne cesse de nous proposer l'eau vive. Ses paroles sont celles "de la vie éternelle". Quand nous acceptons de vraiment le rencontrer, tout est changé dans notre vie. C'est ce qui s'est passé pour la samaritaine. Porteuse d'eau, elle devient porteuse d'Évangile. Elle court alerter les siens ; elle les amène à rencontrer Celui qu'elle a reconnu comme le Messie. Les samaritains croient en Jésus : C'est lui le Sauveur du monde.

Le même Seigneur nous rejoint dans toutes les situations de notre vie, même les plus compliquées. Malgré nos faiblesses et nos péchés, il nous abreuve à la Source d'eau vive, celle de sa Parole et de son Eucharistie. Puis, comme la Samaritaine, nous sommes envoyés pour annoncer que Jésus est vraiment le "Sauveur du monde." Nous faisons nôtres les paroles de ce chant : "Peuple de frères, peuple du partage, Porte l'Évangile et la paix de Dieu". Amen

Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, fiches dominicales, Cursillos

Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 19/03/2017)

3è DIMANCHE DE CARÊME (A)

 

Préparons Dimanche
eucharistie : parole et pain

 

Homélie du 3ème dimanche du Carême
19/03/2017

 

Puiser à la Source de l’eau vive

Les textes de l'Exode et l'Évangile nous parlent de l'importance de l'eau : on s'en aperçoit, surtout quand elle vient à manquer. La première lecture nous renvoie à l'histoire du peuple Hébreux. Il venait de quitter une vie d'esclavage en Égypte pour se rendre en terre de Canaan. Mais entre les deux, il y a le désert. C'est là qu'on voit à quel point l'eau est indispensable à la vie. En pleine chaleur, la situation peut devenir dramatique. C'est une question de vie ou de mort.

Malgré tous les bienfaits dont il a bénéficié, le peuple a du mal à s'abandonner en toute confiance. C'est bien ce qui nous arrive souvent : dès que notre vie semble en péril, nous doutons, nous crions à l'abandon. Nous oublions que le Seigneur n'a jamais cessé de nous aimer. Il n'a jamais cessé de nourrir et d'abreuver son peuple rebelle. La soif au désert est révélatrice d'une autre soif que Jésus apaisera chez la Samaritaine. Il se présentera à elle et à nous tous comme la Source d'eau vive.

La seconde lecture nous rappelle ce don que Dieu nous fait de sa vie et de son Esprit. Ce n'est pas une réponse à de supposés mérites de notre part ; il est offert à tous, gratuitement. Il devient agissant dès qu'il est accueilli avec foi. C'est bien de cela que témoigne l'Évangile de la Samaritaine. L'espérance ne déçoit pas. La grande priorité de Dieu, c'est que tous les pécheurs soient sauvés. Il n'a jamais cessé de les aimer. C'est pour nous tous que le Christ est mort sur la croix. C'est vrai qu'il est difficile de croire quand le manque d'eau nous tenaille. Mais il est inutile de nous précipiter vers des eaux qui nous laisseront sur notre soif. Dieu est l'unique et inépuisable source. Lui seul peut nous combler.

L'Évangile nous donne de méditer sur une scène absolument extraordinaire. Saint Jean nous y dévoile tout le mystère de Dieu. Il part de l'eau qui féconde la terre et donne la vie au monde. Cela se passe en Samarie, au puits de Jacob. C'est là que Jésus s'est arrêté car il est fatigué par la route. Et c'est là qu'il rencontre la samaritaine. Normalement, cette rencontre n'aurait pas dû avoir lieu. Les juifs et les samaritains évitaient de se rencontrer. Des rivalités très anciennes les opposaient.

Cette femme qui vient puiser est le symbole de notre humanité blessée. Dieu nous voit nous précipiter vers le danger et tomber dans le péché. Il fait tout pour nous en sortir. Il envoie son Fils pour "chercher et sauver ceux qui étaient perdus". Quand le Christ demande à la Samaritaine "donne-moi à boire, nous comprenons qu'il a soif de la sauver. Il a soif de son affection et de la nôtre. La Samaritaine sera progressivement amenée à reconnaître en Jésus la Source d'Eau vive.

C'est important pour nous et pour notre monde. Une des caractéristiques de notre temps, c'est l'ignorance religieuse. On finit par s'installer dans le désert de l'indifférence, de l'incroyance, de la "mal-croyance". La foi devient quelque chose de secondaire par rapport au métier, aux loisirs et à nos diverses activités de chaque jour. Dieu en est rejeté. Mais quand on veut chasser le religieux, il revient sous sa forme la plus perverse : c'est la montée des superstitions, des pratiques ésotériques, voyance, magie blanche ou noire… C'est dans ce désert que Jésus veut rejoindre le monde d'aujourd'hui. Il ne veut pas qu'un seul se perde. C'est pour nous et pour le monde entier qu'il a donné sa vie sur la croix.

Cet Évangile est un appel à découvrir quelle est notre véritable soif, notre désir profond. Le Christ ne cesse de nous proposer l'eau vive. Ses paroles sont celles "de la vie éternelle". Quand nous acceptons de vraiment le rencontrer, tout est changé dans notre vie. C'est ce qui s'est passé pour la samaritaine. Porteuse d'eau, elle devient porteuse d'Évangile. Elle court alerter les siens ; elle les amène à rencontrer Celui qu'elle a reconnu comme le Messie. Les samaritains croient en Jésus : C'est lui le Sauveur du monde.

Le même Seigneur nous rejoint dans toutes les situations de notre vie, même les plus compliquées. Malgré nos faiblesses et nos péchés, il nous abreuve à la Source d'eau vive, celle de sa Parole et de son Eucharistie. Puis, comme la Samaritaine, nous sommes envoyés pour annoncer que Jésus est vraiment le "Sauveur du monde." Nous faisons nôtres les paroles de ce chant : "Peuple de frères, peuple du partage, Porte l'Évangile et la paix de Dieu". Amen

Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, fiches dominicales, Cursillos

Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 19/03/2017)

 

 

 

 
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