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17/03/2018

ENTRETIEN SUR LA LECTURE

Jean-Michel Blanquer, Cécile et Bernard Pivot :
«Les livres, c'est la vie»

Par Jean-Christophe Buisson

PIVOT,SA FILLE ET BLANQUERT.png

 

 

INTERVIEW EXCLUSIVE - Le Salon du livre vient d'ouvrir ses portes à Paris. À cette occasion, nous avons organisé une rencontre entre le ministre de l'Éducation nationale, qui a mis la lecture au cœur de sa réforme de l'école, et «le roi Lire», qui publie avec sa fille, Cécile, un bel ouvrage en forme d'éloge de la lecture, des écrivains… et des lecteurs.
Un matin pluvieux, Rue de Grenelle, à Paris, dans le vaste bureau de Jean-Michel Blanquer. Par la fenêtre, on distingue sous le ciel grisâtre le majestueux platane planté avant la Révolution dans le petit jardin du ministère de l'Education nationale. Assis devant la cheminée où crépite un feu joyeux, le ministre accueille Bernard et Cécile Pivot qui viennent de publier Lire! (Flammarion), recueil superbement illustré de textes enlevés, drôles, enthousiastes, inédits, convaincants, nécessaires, où un père et sa fille dévoilent leurs rapports les plus intimes aux livres: comment et où ils les dévorent et les avalent, comment ils les rangent, ce qu'ils leur apportent, comment ils s'en débarrassent (ou non). Mais aussi leurs recettes pour lire en vacances, choisir un livre ou inciter les enfants à la lecture. Redonner le goût et le plaisir de la lecture chez les enfants et les adolescents est précisément un des objectifs prioritaires du ministre de l'Education nationale qui, depuis bientôt un an, multiplie les initiatives en ce sens. Ces trois-là étaient faits pour se rencontrer, quitte à parler, parfois, d'une seule voix…
Le Figaro Magazine - Quel est, à tous les trois, votre rapport initial au livre et à la lecture?
Jean-Michel Blanquer - Un rapport de plaisir. Je passe vite sur ma découverte de Bambi, si vous le voulez bien, mais que ce soient les petites histoires à lire en classe comme les «Contes et Légendes», les extraits de l'Iliadeet de L'Odyssée ou les contes traditionnels régionaux, russes, allemands, etc., ou encore les livres de la Bibliothèque verte comme Les Six Compagnonsou Bennett,enfant, j'ai très vite éprouvé un immense plaisir à lire. Au point de vouloir écrire. J'écrivais sans arrêt des petites histoires, des poésies ; une fois, j'ai gagné un prix en participant à un concours de nouvelles organisé par la collection «Signe de piste». Ma nouvelle s'appelait Le Meurtre de statueset le héros en était le commissaire Sentiment (rires). Adolescent, mon premier choc fut Le Rouge et le Noirde Stendhal.
Cécile Pivot -La Bibliothèque verte fut aussi fondatrice pour moi avec les enquêtes policières d'Alice. De même la Bibliothèque rose avec Fantômette et sa célèbre expression «Mille pompons!» Et aussi Oui-Oui, même si je suis consciente aujourd'hui qu'il s'agissait là d'une lecture affligeante: il n'y était presque question que d'argent! Ce furent ensuite les livres incontournables de ma génération comme La Gloire de mon père et Un sac de billes.
«La lecture isole en apparence mais en réalité nous ouvre un champ infini.»
Jean-Michel Blanquer
Bernard Pivot -Mon père étant prisonnier de guerre, ma mère s'était réfugiée après 1940 dans une maison du Beaujolais avec mon frère et moi. S'y trouvaient deux livres: un Petit Larousse et un choix des fables de La Fontaine. Jusqu'à mes 10 ans, je jouais à saute-mouton avec le dictionnaire que je picorais et dont je recopiais les mots qui me plaisaient. Puis je suis passé aux fables en me replongeant dans le Larousse lorsque je ne comprenais pas certains mots. L'amour des mots m'est donc venu d'une certaine manière grâce à la guerre! Et je n'ai découvert des auteurs comme la comtesse de Ségur, par exemple, qu'à 11 ans.
Jean-Michel Blanquer - Puisque vous parlez de La Fontaine, je vous ai apporté ce recueil de fables qui sera distribué en juin aux élèves de CM2 afin de prolonger l'initiative de l'an passé pour les écoliers de trois académies.
Vous aimez donc offrir des livres?
Jean-Michel Blanquer - Oui, comme vous le voyez: aux élèves de CM2 et aux Pivot!
Plus sérieusement, pourquoi La Fontaine?
Jean-Michel Blanquer -De même que la culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié, La Fontaine, c'est ce qui reste quand on n'a plus rien. Il est au cœur du patrimoine littéraire de la France et il y a quelque chose d'éternel chez lui. Sans parler de sa dimension éducative: à la fois dans la forme, par cette langue merveilleuse dont Fabrice Luchini sait si bien restituer la splendeur et la clarté, et sur le fond, par les leçons de vie qu'il véhicule.
Bernard Pivot - J'y ajouterai son «réalisme». Je me souviens d'un jour de mon enfance où, ramenant d'une ferme un bidon de lait, j'en avais renversé une partie en faisant l'imbécile. Immédiatement m'était revenue à l'esprit la fable La Laitière et le Pot au lait et je m'étais dit que La Fontaine racontait donc des histoires vraies.

Outre l'amour enflammé pour les mots qui font le sel de la langue française et le désir de voir la lecture reconquérir ses lettres de noblesse à l'école, Jean-Michel Blanquer, Cécile et Bernard Pivot partagent une même admiration pour La Fontaine. - Crédits photo : Eric Garault
Jean-Michel Blanquer, vous avez souhaité mettre la lecture au cœur de votre action ministérielle. Mais comment l'imposer dans une société du tout-image?
Jean-Michel Blanquer - Plus une société est technologique, plus il faut renforcer ce qui fait son humanité. Et cela passe par la lecture. La lecture isole en apparence mais en réalité nous ouvre un champ infini. D'ailleurs, les enfants les plus jeunes saisissent parfaitement cela: les études montrent que le goût de la lecture se maintient assez bien dans le primaire et ne se dégrade qu'à partir du collège. Comme l'exercice physique, d'ailleurs: les deux sont victimes des tablettes et des smartphones! Mon défi est donc de réinsuffler la notion de lecture-plaisir à tous les niveaux. Comment? Par une approche de la lecture moins technique - ce qui fut longtemps un peu la norme dans les programmes qui s'adressaient parfois plutôt à des doctorants férus de linguistique qu'à des prébacheliers. Parmi les outils dont je souhaite me servir pour permettre aux enfants de s'ouvrir aux textes et d'enrichir leur vocabulaire, il y a la chanson, la poésie ou la lecture à voix haute. Dans ce domaine, je m'appuie sur des initiatives comme celle d'Alexandre Jardin et son association Lire et faire lire qui invite des personnes de plus de 50 ans à venir lire des textes dans les écoles, ou encore Silence, on lit! soutenue par Danièle Sallenave et qui conduit dans un établissement à une lecture de quinze minutes en silence par tout le monde chaque jour.
«Les mots, ce sont nos maîtres et nos serviteurs, nos compagnons de route et nos proches».
Bernard Pivot
Bernard Pivot - Pardon, mais n'est-ce pas le meilleur moyen de laisser penser aux jeunes que lire est un truc de vieux? Vous devriez plutôt faire venir des gens de moins de 40 ans, des écrivains comme Joël Dicker ou Leïla Slimani plutôt que des gens sans cheveux comme vous ou avec des cheveux blancs comme moi!
Jean-Michel Blanquer - Je ne suis pas d'accord: vous avez peut-être raison pour les élèves de collège ou de lycée mais en primaire, les enfants sont très attachés à la figure de leur grand-père ou de leur grand-mère, ou d'une personne plus âgée de leur entourage qui offre souvent plus de temps pour lire, jouer, interagir. Cela rend cette rencontre intergénérationnelle si importante pour eux. Le lien entre les générations est un élément clé de surcroît d'humanité dont nous avons besoin.
Comment inciter les enfants à lire est une question que vous vous posez dans votre livre, Cécile Pivot…
Cécile Pivot -Oui, et j'insiste pour dire que les Français sont doublement chanceux: non seulement l'offre de lecture est considérable dans notre pays, mais elle n'est pas une affaire d'argent grâce aux associations, aux vide-greniers où fleurissent les livres d'occasion ou aux bibliothèques. Le rapport d'Erik Orsenna à ce sujet est formidable car il rappelle le rôle fédérateur des bibliothèques auprès des enfants et des adolescents, leur place centrale en tant que lieu de vie, dans les villages et les villes.
Jean-Michel Blanquer - Et dans les établissements scolaires! Un de mes combats prioritaires avec ma collègue et amie Françoise Nyssen est de remettre la bibliothèque au centre des écoles et des lycées en leur attribuant une double dimension: une dimension classique, éternelle (c'est l'endroit où on s'assoit et où on lit en silence), mais aussi une dimension plus conviviale, plus moderne, plus collective, plus bruyante, plus numérique, où on peut échanger, travailler à plusieurs. Le rapport d'Erik Orsenna va nous aider dans ce sens.
«La langue française, ne l'oublions pas, est ce qui permet à notre pays de 66 millions d'habitants d'exister et d'avoir un certain poids dans un monde peuplé de 7 milliards d'individus.»
Jean-Michel Blanquer
Bernard Pivot, que feriez-vous si vous étiez professeur?
Bernard Pivot - À Dieu ne plaise! Il me manque la principale des qualités: la patience.
Jean-Michel Blanquer -Mais vous avez la passion!
Bernard Pivot -Cela ne suffit pas, je suis trop impatient. Quoi qu'il en soit, si j'étais professeur de français ou de lettres, je commencerais mon premier cours de l'année par un éloge des dictionnaires. Car l'amour de la lecture passe par celui des mots. Les mots, ce sont nos maîtres et nos serviteurs, nos compagnons de route et nos proches. Chaque mot a une identité, un état civil, une histoire, des amis (les synonymes), des ennemis (les antonymes), une orthographe, qui est comme son esthétique, un ou plusieurs sens, qui sont sa ou ses raisons d'exister. Il faut donc apprendre à respecter chaque mot comme chaque être vivant.
Jean-Michel Blanquer -J'adhère totalement à cette définition presque biologique des mots. C'est d'ailleurs pour cela que nous travaillons beaucoup sur la manière d'encourager l'enseignement de la racine des mots. La conclusion d'un rapport que j'ai commandé sur la revitalisation des langues anciennes, qui sont la sève de notre langue, m'a conforté dans l'idée d'encourager une évolution pédagogique sur l'étymologie. Les enfants adorent creuser les mots, chercher ce qui se cache derrière eux, leurs origines…
La baisse de la pratique de la lecture n'est-elle pas imputable au fait que l'on ait beaucoup favorisé, à l'école, ces dernières décennies, les disciplines scientifiques, au détriment des matières littéraires?

«Chaque enfant renforce son sens esthétique et son sens logique en écrivant des dictées», explique Jean-Michel Blanquer. - Crédits photo : Eric Garault
Jean-Michel Blanquer - Je me garderai bien d'opposer science et littérature. L'humanisme du XXIe siècle consiste d'ailleurs à réuniversaliser la connaissance, donc à marier ces disciplines qui forment un tout que l'on peut rassembler sous le terme d'«humanités». Humanités littéraires et humanités scientifiques peuvent cohabiter. Julien Gracq était un géographe et il existe des esprits très mathématiques qui sont aussi très littéraires. En revanche, dans la réforme du lycée, je souhaite en effet «déhiérarchiser» les choses en multipliant notamment les passerelles entre les sections et en faisant en sorte que ceux qui choisissent la filière scientifique le fassent pour de bonnes raisons, liées à leur envie à eux et non à la «réputation» de cette filière. La philosophie de cette réforme est de permettre à ceux qui ont choisi une matière de l'approfondir davantage. Ce qui veut dire par exemple qu'un élève scientifique dans le futur fera neuf heures de maths et non plus huit. Je suis donc engagé pour un rebond du niveau des élèves en sciences. Mais je suis aussi engagé dans le rebond du niveau général en français, à l'écrit comme à l'oral. Dans le primaire, cela passe par la revalorisation du vocabulaire et de la grammaire, notamment grâce à la récitation et la dictée. Ainsi que par la compréhension des textes par le plaisir de la lecture. Et dans le tronc commun du lycée, par la revalorisation de la littérature et de la philosophie. Et la création d'une discipline nouvelle dès la classe de première, baptisée «humanités, philosophie et littérature».
Bernard Pivot -Je suis très heureux que vous remettiez au goût du jour la dictée, qui, je le rappelle, n'est pas un instrument de torture, mais un moyen simple d'intéresser les élèves à la vie des mots. Il faut que la dictée soit ludique, que les professeurs n'hésitent pas à choisir des textes contemporains plutôt que ceux de Balzac, dont je reste pourtant le lecteur.
Cécile Pivot -Il faut aussi que cet exercice se poursuive au-delà de la cinquième!
«Lire, ce n'est pas refuser le monde, mais y entrer par d'autres portes»
Bernard Pivot
Jean-Michel Blanquer - Il y a une épreuve de dictée au brevet des collèges: l'objectif est donc bien que la dictée continue jusqu'en troisième, je vous rassure. Tout simplement parce qu'elle permet, quelle que soit sa forme, de s'approprier la langue, d'en comprendre la structure, d'en assimiler le vocabulaire. Et de se poser des questions. La langue française, ne l'oublions pas, est ce qui permet à notre pays de 66 millions d'habitants d'exister et d'avoir un certain poids dans un monde peuplé de 7 milliards d'individus. Sa beauté et sa spécificité logique nous structurent et chaque enfant renforce son sens esthétique et son sens logique en écrivant des dictées.
Bernard Pivot - Je pense que toutes les familles devraient posséder dans leur cuisine un tableau sur lequel serait chaque jour inscrit un mot lu ou entendu dans la journée et que chacun pourrait découvrir, commenter, analyser, décrypter, approfondir.
C'est ce que vous faisiez chez vous?
Bernard Pivot - Non, cette idée m'est venue trop tard pour en faire profiter mes propres enfants!
Jean-Michel Blanquer - Il n'est jamais trop tard.
Cécile Pivot - Il n'y avait pas de tableau à la maison mais la présence de ces livres partout m'a incitée à m'y plonger très vite. Mon père en recevait une cinquantaine par jour!

«La dictée n'est pas un instrument de torture», rappelle Bernard Pivot qui est très heureux qu'elle soit remise au goût du jour. - Crédits photo : Eric Garault
Vous n'avez à aucun moment eu une réaction de rejet?
Cécile Pivot - Au contraire! Alors que j'étais une adolescente très pénible et assez rebelle, les livres, eux, n'ont jamais cessé de trouver grâce à mes yeux. Je n'étais pas bien dans ma vie, mais j'étais bien dans la vie des autres, celle que je découvrais dans les romans.
Bernard Pivot - Quand je suis heureux, j'ai du mal à lire. Mais si j'ai un chagrin ou que je suis mélancolique, je prends un roman qui me permet de relativiser mes malheurs ou mes souffrances en découvrant ceux des autres. Parce qu'au fond, lire, qu'est-ce que c'est? Lire, ce n'est pas refuser le monde, mais y entrer par d'autres portes ; lire, c'est prendre des nouvelles des autres ; lire, c'est se frotter à des idées ou à des personnages dont on ignorait l'existence ; lire, c'est étoffer son carnet d'adresses ; lire, c'est agrandir ce trésor en nous qu'est la culture générale ; lire, c'est parier sur l'intelligence ; lire, c'est vivre mieux.
«On a déshabitué les enfants à lire des textes “longs”. Or, ils en sont tout à fait capables»
Jean-Michel Blanquer
Finalement, l'enjeu de l'enseignement de la lecture n'est-il pas autant pour les professeurs que pour les élèves?
Jean-Michel Blanquer -J'ai une très grande confiance dans l'envie des professeurs de transmettre le goût voire la passion de la lecture qui est, par définition, ancré en eux - sinon, ils n'auraient pas choisi ce métier. Mais ils ont besoin d'un signal de l'institution pour se lancer encore plus en avant dans cette démarche. Il y a eu une époque qui a un peu bridé le plaisir de la lecture au profit d'un enseignement plus technique, voire techniciste, de la langue, qui consistait à faire apprendre à des enfants de 12 ans des figures de rhétorique plutôt que de leur faire lire et aimer de beaux textes. Dans l'évolution des programmes, je voudrais vraiment réinstaurer la lecture-plaisir, en la reliant d'ailleurs à l'histoire. Et je n'ai aucun doute sur la motivation des professeurs à aller dans ce sens.
Cécile Pivot - Moi, je suis choquée que les adolescents qui se préparent pour le bac ne soient pas obligés de lire des textes en entier, qu'il s'agisse de romans ou de poésies. Cette littérature du zapping m'effraie.
Jean-Michel Blanquer - Vous avez raison de le déplorer. C'est un paradoxe, car cela part, chez ceux qui ont eu cette initiative, d'un bon sentiment: ne pas «forcer» les élèves pour ne pas risquer de les faire fuir. Or, cette non-exigence, en fait, retire le plaisir. La preuve en a été donnée, en miroir inversé, par le phénomène Harry Potter où l'on voyait des enfants de 10 ans dévorer des livres de 400 pages spontanément, au nom de leur propre plaisir! C'est donc que c'est possible. Mais là encore, il faut s'y prendre avant, dès le primaire, où l'on a déshabitué les enfants à lire des textes «longs». Or, ils en sont tout à fait capables. Cela est d'autant plus nécessaire que cela permet aussi de réduire les inégalités.Car quels sont ceux qui, dans les années suivantes, seront le mieux préparés à affronter des textes plus longs, plus compliqués? Ceux qui, en dehors de la classe, grâce à un contexte familial ou social plus favorable, ont pu compléter leur travail scolaire. Or, l'objectif de l'école de la République est de réduire ces inégalités.

Aux côtés de Bernard Pivot, Jean-Michel Blanquer assure vouloir «réinstaurer la lecture-plaisir». - Crédits photo : Eric Garault
Bernard Pivot, les livres peuvent-ils aider les gouvernants à mieux gouverner?
Bernard Pivot - Oui, en particulier les romans. Trop souvent, les hommes politiques se contentent de lire des livres d'économie ou de sociologie. J'ai longtemps craint que François Mitterrand ne soit le dernier à s'inscrire dans une lignée de présidents amoureux de la littérature, ce qui faisait l'admiration envieuse des écrivains américains que je recevais dans mes émissions. D'où ma joie de voir aujourd'hui un président et un premier ministre renouveler cette tradition française!
Jean-Michel Blanquer -Vous pouvez même rajouter une ministre de la Culture éditrice, un ministre de l'Economie auteur chez Gallimard et une ministre du Travail qui écrit de la poésie…
Jean-Michel Blanquer, avez-vous, comme Bernard et Cécile Pivot, un lieu favori pour lire?
Jean-Michel Blanquer -Oui, car je crois que nous sommes comme les chats. Pour des raisons inexplicables, c'est souvent dans un vieux canapé fatigué et inconfortable que l'on préfère s'installer pour lire. Ou sur un siège en pierre comme ce rocher de Bretagne où Renan aimait lire, face à la mer, et qui a été baptisé «la chaise de Renan». Quand je m'assois là avec un livre à la main, je suis un homme heureux.

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15/03/2018

3 TÉMOIGNAGES SUR LE PAPE FRANÇOIS

 

 

 

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EN L'HONNEUR DES 5 ANNÉES DE PONTIFICAT DU PAPE FRANÇOIS, VOICI 3 TÉMOIGNAGES SUR LUI (en audio seulement)

Mgr DUFOUR (Aix-en-Provence)

https://media.vaticannews.va/media/audio/s1/2018/3/13/11/134329305_F134329305.mp3

 

Arnaud BÉDAT (Journaliste Suisse) et Frère Aloïs (Taizé)

https://media.vaticannews.va/media/audio/s1/2018/3/13/16/134329766_F134329766.mp3

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12/03/2018

GASPARD, SOLDAT DE L'AMOUR

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11/03/2018

DONNE-NOUS AUJOURD'HUI

Les sept demandes du Notre Père (4/7).

Durant le Carême, « La Croix » invite à méditer sur ces requêtes. Aujourd’hui, « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ».

« Le Salut vient du ciel, mais pas sans la collaboration de l’homme ! »
Père Franck Chaigneau, Jésuite, fondateur et président d’honneur de la Table de Cana.

DONNE-NOUS AUJOURD'HUI...

Père F.CHAIGNEAU



« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour »…

Comment comprenez-vous cette requête ?

Père Franck Chaigneau : Cette expression est une demande vitale, celle d’être nourri. Si je ne mange pas, je tombe malade. Spirituellement, c’est aussi demander d’être nourri par les paroles de Dieu, habité par elles. Des paroles que je goûterai, qui éclaireront ma journée et me rapprocheront des hommes.
Cette demande peut justifier, pour certains, de ne pas croire en Dieu puisque, malgré leurs prières, beaucoup encore meurent de faim. Pour eux, Dieu n’agit pas, il reste silencieux ! Pour moi, cette demande est, au contraire,
la source de la reconnaissance de Dieu, de notre dépendance envers Lui. La réussite de l’humanité – faire en sorte que les gens n’aient plus faim –, Dieu la réalisera par l’action des hommes. Celui qui demande se met dans une attitude de pauvreté et reconnaît que seul, il n’y arrivera pas.
Cette demande évoque pour moi l’Eucharistie : par le moyen des fruits de la terre et du travail des hommes, le monde peut se nourrir de l’humanité de Jésus-Christ. L’Eucharistie ravive ma foi, mon espérance et ma charité pour ainsi actualiser le salut.
J’entends par salut la manière de faire face, grâce à l’aide de Dieu, au bien et au mal en moi et autour de moi. Cela nécessite de se mettre au travail. Le salut vient du ciel, mais pas sans la collaboration de l’homme !

En quoi La Table de Cana a-telle été votre « pain quotidien » dans votre vie de foi ?

P. F. C. : La création de La Table de Cana, alors que j’étais « prêtre au travail », a nourri ma foi. Dans l’informatique, j’étais loin des « pauvres », je trouvais de moins en moins de sens à cette vie. J’ai été encouragé par la demande de personnes sans domicile fixe et la fondation d’une entreprise d’insertion m’a permis de retrouver du sens.
La Table de Cana a changé mon regard sur les pauvres dont j’avais peur. J’ai appris que je ne savais rien faire, si ce n’est de faire travailler les autres. La Table de Cana est une réussite car elle est issue d’un collectif et est portée par lui : des personnes en insertion, des associations, des bénévoles, des permanents et desclients. C’est l’agrégation des compétences qui l’a fait démarrer.
Dans la prière du Notre Père, on dit bien « Donne-nous » et non « Donne-moi ». Dieu a donné La Table de Cana à plusieurs milliers d’hommes et de femmes, salariés et bénévoles, qui y sont passés depuis son origine.

Que signifie cette demande du Notre Père pour les personnes en insertion à La Table de Cana ?

P. F. C. : C’est une question de salut, de vie ou de mort. Pour les personnes en insertion, il s’agit de trouver ou de retrouver leur place dans la société. Leur pain quotidien, c’est d’abord de pouvoir travailler alors que toutes les portes étaient fermées. Des jeunes qui n’avaient jamais travaillé, des chômeurs de longue durée, des allocataires du RSA, des sortants de prison, des réfugiés politiques, des anciennes prostituées, des drogués… Autant de situations qui faisaient qu’un DRH d’une entreprise classique, au bout de trente secondes d’examen de leur curriculum vitae, passait au suivant.
Le salut, les personnes en insertion y croient lorsqu’elles pensent qu’elles peuvent acquérir une compétence qui leur permettra d’être embauchées par une entreprise classique au bout de deux ans maximum de travail à La Table de Cana. Cela leur demande beaucoup d’efforts afin de retrouver confiance en elles-mêmes et d’apprendre un métier qui a du sens pour elles. Un métier au service de la société, des clients et du bon fonctionnement de l’entreprise et pas uniquement en échange d’un salaire.

Comment les personnes en insertion sont-elles nourries par leur travail à La Table de Cana ?

P. F. C. : Souvent, au début, elles me disaient que le travail était une aliénation, mais plus tard, elles m’en redemandaient. C’était une sacrée conversion. Elles sentaient qu’elles avaient besoin des autres, au moins d’un chef pour apprendre leur métier, et de clients satisfaits. L’homme a besoin de se sentir utile, respecté, rendant service à la société. J’ai vu des personnes reprendre confiance, changer. Le salut, aujourd’hui, c’est, malgré le passé, de faire confiance à quelqu’un qui veut travailler et l’accompagner pour établir un projet personnel.
Le nom « La Table de Cana » renvoie au miracle des noces de Cana, l’eau transformée en vin sous l’impulsion de Marie qui croyait cela possible. Pour nous, c’est le passage de l’exclusion à l’insertion sociale, grâce à l’impulsion des encadrants qui, eux aussi, croient cela possible, lorsque les salariés en insertion font leur maximum pour satisfaire les convives, comme l’ont fait, dans la discrétion, Marie et les serveurs des noces de Cana.

En quoi La Table de Cana est-elle une réponse aux paroles de Jésus qui dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » ?

P. F. C. : Dans le récit de la multiplication des pains, Jésus met ses disciples au travail pour nourrir la foule ! Comme dans le Notre Père, cela fait allusion à l’Eucharistie, mais aussi au Règne de Dieu pour lequel tous les hommes sont appelés à travailler. Je suis convaincu que Dieu « compte » sur l’homme, qu’Il a «besoin» de l’homme, pour l’avènement de son Royaume. L’homme, pour y parvenir, doit repérer les valeurs évangéliques présentes déjà dans la société, les vivre lui-même là où il se trouve, parmi les croyants et les indifférents, et les promouvoir pour qu’elles soient opérationnelles dans la société.

La prière de demande est donc étroitement associée à l’action…

P. F. C. : C’est ce qui se passe à La Table de Cana qui fait, à sa mesure, advenir le Royaume en luttant contre l’exclusion ! À plusieurs reprises, on m’a dit : « Félicitations, tu t’occupes d’insertion…! » À quoi je répondais : « Non, ce sont les salariés eux-mêmes qui se prennent en charge et qui réussissent leur insertion, accompagnés dans leur démarche vers plus de liberté.»
Ils sont écoutés et aidés par des encadrants et des bénévoles très compétents, afin d’élaborer un projet personnel en fonction de leurs envies de réussite professionnelle, mais aussi de leur vie familiale, de leur apprentissage progressif. Pour faire référence à la multiplication des pains, plus les clients sont bien nourris et rassasiés, meilleure est l’insertion.
Quant aux 12 panières à ramasser dont parle l’Évangile, elles sont comptées par l’État qui distribue ses subventions en fonction du pourcentage d’insertions réussies !

Comment envisagez-vous la demande du pain de ce jour, aujourd’hui, fort de votre expérience à La Table de Cana ?

P. F. C. : Je demande à Dieu que son Règne progresse : que les structures humanitaires et politiques soient multipliées afin que tous puissent manger, que tous puissent être nourris par sa Parole et sauvés par les pratiques évangéliques.
« Cette demande évoque pour moi l’Eucharistie : par le moyen des fruits de la terre
et du travail des hommes, le monde peut se nourrir de l’humanité de Jésus-Christ. »


Père Franck Chaigneau,  jésuite, fondateur et président d’honneur de la Table de Cana
(Source: La Croix du 10 Mars 2018)

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10/03/2018

24 HEURES POUR LE SEIGNEUR

Célébration pénitentielle : «Comme il est difficile de se laisser vraiment aimer !»


Le Pape François a présidé ce vendredi une cérémonie pénitentielle dans la basilique Saint-Pierre, ouvrant ainsi l’initiative "24 heures pour le Seigneur", qui est partagée dans de nombreux diocèses du monde. Dans son homélie, le Souverain Pontife a rappelé combien Dieu, qui nous sauve par amour, restait proche de nous malgré le poids de nos péchés.
Olivier Bonnel-Cité du Vatican

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Dans son homélie, le Pape est revenu sur les paroles de Saint Jean de la première lecture, des paroles qui apportent « grande joie et consolation » pour ceux qui les écoutent. « L’amour de Dieu est toujours plus grand que ce que nous pouvons imaginer, et il s’étend même au-delà de tous les péchés que notre conscience peut nous reprocher. » a expliqué François. Cet amour n’a d’obstacles que ceux que nous avons l’habitude de poser devant une personne par peur qu’elle vienne nous priver de notre liberté.
Le péché, a poursuivi le Pape, est l’éloignement de Dieu. Mais cela ne signifie pas que lui s’éloigne de nous. Au contraire, Dieu reste encore plus proche de nous car nous sommes dans un état de faiblesse et de confusion.
Jésus nous demande de nous laisser aimer
Malgré tous les péchés que nous pourrions avoir commis en refusant sa présence dans notre vie, la grâce de Dieu continue de travailler en nous a expliqué François. Cette espérance nous pousse à prendre conscience de la mauvaise orientation que prend souvent notre vie, comme cela est arrivé à Pierre dans l’Evangile, où il renie trois fois le Christ.
« Pierre qui aurait voulu mourir pour Jésus comprend qu’il doit laisser Jésus mourir pour lui». Pierre fini par comprendre que Jésus l’aime et lui demande de se laisser aimer, il avait toujours refusé de se laisser sauver pleinement par Jésus, il ne voulait donc pas que Jésus l’aime totalement.
« Comme il est difficile de se laisser vraiment aimer ! » a ainsi lancé le Pape, « Nous voudrions toujours qu’il y ait quelque chose de nous qui ne soit pas lié par la reconnaissance, alors qu’en réalité nous sommes débiteurs de tout, car Dieu est le premier et il nous sauve totalement, par amour. » Le Saint-Père a donc invité chacun à se laisser purifier par l’amour pour reconnaître le véritable amour. 
Comme à son habitude, le Pape François est ensuite allé se confesser, avant de recevoir à son tour plusieurs personnes pour le sacrement de pénitence. Dans le cadre de cette opération intitulée "24 heures pour le Seigneur", de nombreuses églises de Rome et des diocèses du monde entier resteront ouvertes sans interruption jusqu'à samedi soir pour permettre aux personnes qui le souhaitent d'aller se confesser.
Vaticannews

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