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26/01/2017

JAMAIS SANS MES FLEURS (nouvelle)

Jamais sans mes fleurs 

Joseph Ouaknine

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Bernadette est allergique au pollen à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Toute petite déjà, ses parents limitaient ses sorties aux jours d’hiver, sous la neige ou sous la pluie, de préférence ! Un rayon de soleil printanier, un frémissement de vie à l’aurore d’une belle saison, et elle se retrouvait cloîtrée chez elle, piqûres à l’appui.
Elle a passé toute son enfance et son adolescence à éviter soigneusement de passer trop près des platanes embourgeonnés ou des parterres trop fleuris, toussant à s’en cracher les poumons à la simple vue d’une abeille en train de s’empiffrer jusqu’aux ailes dans une corolle pleine à craquer.
Encore aujourd’hui, sa gorge se gonfle, ses mains déchirent son corsage d’un geste désespéré et elle est emportée aux urgences, toutes sirènes retentissantes, si par malheur la fenêtre de sa chambre reste ouverte, un jour de grand vent... et de printemps ! Pourtant, elle habite en ville ; allergie oblige !
L’idée de sortir autrement qu’emmitouflée dans un cache-nez, même par des chaleurs caniculaires, ne lui viendrait jamais à l’esprit. Une simple photo de fleurs l’incommode à un point tel, qu’elle se cache les yeux derrière d’épaisses lunettes de soleil avant de l’encadrer.
Quand j’ai rencontré Bernadette, elle m’a caché son mal. Il est vrai qu’on ne peut pas tout dévoiler le premier jour, mais tout de même, cela peut parfois vous jouer des tours...

Je l’ai repérée chez des amis dans une ambiance spécialement aseptisée pour elle, mais je ne le savais pas encore. Ah ! Bernadette ! Ma petite chérie à taille de guêpe ! Elle est si douce, si belle avec ses yeux en forme d’amande et ses cheveux blonds, presque nacrés, qui lui encadrent un visage d’une pureté à couper le souffle. Ce fut un vrai coup de foudre. Pourtant, j’ai de suite trouvé ses goûts excentriques et sa façon de s’habiller folklorique : elle n’avait sur elle que du cuir et du latex ! Je n’ai rien dit, trouvant même que cela rajoutait à son charme et contrastait savamment avec son teint clair, me disant qu’après tout, je portais bien des sabots tous les jours de l’année, comme un paysan, même aux bals des samedis soirs !
— Je ne pensais pas trouver une aussi jolie fée ici ce soir ! lui ai-je déclaré en m’approchant du canapé dans lequel il ne restait plus qu’une place à côté d’elle, comme si elle me l’avait déjà réservée.
Elle m’a souri, loin de trouver trivial mon engagement pourtant banal, cela se voyait dans ses yeux :
— Il n’y a de fée que là où des yeux savent leur sourire !
— Vous avez raison, une fleur ne s’épanouit-elle pas quand une abeille la frôle ?
Elle a tiqué, froncé les sourcils, mais comment aurais-je pu deviner qu’un coup de massue ne l’aurait pas plus étouffée ? J’ai pensé qu’elle me trouvait gauche, maladroit...
Heureusement, ce soir-là, j’avais apporté une bonne bouteille de Côte-Rôtie. Je ne sais pas pourquoi, d’habitude j’apporte des fleurs, en pot ou en bouquet, en gerbe ou à l’unité. Il faut dire que Marcel, l’auteur de cette invitation pour son anniversaire, était passablement accro de la bouteille, ceci explique sans doute cela... À ce moment-là, je ne savais pas que si j’étais arrivé avec des fleurs, elles seraient restées sur le palier, et sans doute même enfermées dans un sac en plastique !
Moi, j’adore les fleurs ! Les dahlias surtout ! Ils me font penser à une forêt vierge, touffue et enchevêtrée, gauchement éparpillée en même temps. Mais j’aime aussi toutes les autres fleurs qui n’hésitent pas à présenter leur pollen, tous pistils dehors, celles dont la beauté nacrée et sucrée attire les guêpes et les abeilles, celles qui donnent le goût et l’odeur du miel avant l’heure de leurs pétales assoiffés de vent.
J’aime aussi les pâquerettes, les boutons d’or et le muguet, sans doute un reliquat de l’épopée campagnarde qui a bercé toute mon enfance. Les petites fleurs sauvages éparpillées à perte de vue au milieu d’un champ de blé ou d’un pré verdoyant, des fleurettes fraîchement coupées dans les bois et les bouquets séchés merveilleusement garnis d’épis d’or et entourés de fougères, éveillent en moi autant de sensations que la vue d’un Renoir, un Van Gogh ou un Monet, sans aucune comparaison possible.
Une fleur, c’est comme une femme... c’est souvent si beau ! D’ailleurs, j’adore les comparer. Martine, mon amie d’enfance, est une marguerite ; elle adore s’épiler des heures durant devant son miroir, comme rejetant au vent ses plumes dorés. Ma mère est une tulipe ; très rigide ! Ma tante, Françoise, toujours maquillée à la bleu-mauve, est un chardon ; qui s’y frotte s’y pique ! Ma sœur Béatrice est une pensée ; son air rêveur et ses yeux toujours grands ouverts semblent empreins de nostalgie !
Souvent, j’aime à me balader sur les quais, entre les jardins fleuris et les vitrines endimanchées. Par tout temps, du moment que flottent dans l’air de divins parfums de floraison, je pourrais y passer des heures... Que dis-je ? Ma vie entière ! D’ailleurs, comment imaginer que je puisse passer une journée sans voir et sentir une jolie fleur ?

Ce soir-là, donc, chez Marcel, nanti de ma fameuse bouteille de vin aux arômes de tanin fin, café et mûres sauvages aussi subtils qu’un coulis de roses sur un nougat glacé ou qu’un liseré d’or sur une parure de satin blanc, j’ai passé la soirée auprès de Bernadette sur le canapé. Elle était heureuse comme une grappe de lilas et fraîche comme une fleur d’oranger.
Très volubiles, aussi bien l’un que l’autre, nous avons bavardé jusqu’au bout de la nuit, nous enivrant jusqu’à plus soif de vins fins et légers, engloutissant petits fours sur petits fours, car mon filou de Marcel avait tout prévu. Il faut dire qu’il aimait bien recevoir et qu’il aurait vidé sa cave et celle de ses voisins pour satisfaire aux désirs et féroces appétits de ses convives.
Des convives, en dehors de Bernadette, je n’en ai vu aucun : je n’avais d’yeux que pour elle ! Dans un souffle, entre deux danses, elle m’a avoué qu’elle adorait la poésie alors, en étant moi-même très friand, je lui ai conté Verlaine, puis Rimbaud et « Le Bateau ivre » que je connaissais par cœur, et j’ai terminé avec Les Fleurs du mal, Baudelaire et compagnie...
— J’adore le ton suave que tu prends en récitant des vers, m’a-t-elle susurré à l’oreille en s’agrippant à mon cou tel un liseron.
— Alors, je ne te parlerai plus qu’en prose, ai-je répliqué en m’emparant de sa taille comme d’un brin de muguet.
Nous avons ri ! Nous avons ri ! Je n’ai jamais été aussi heureux que ce soir-là ! Elle m’a conté fleurette, et, roucoulant comme de jeunes pouces, nous avons fini par nous rapprocher l’un de l’autre jusqu’à ne plus pouvoir laisser passer une feuille de trèfle entre nous, avant de nous éclipser au fin fond d’une terrasse pour goûter de nos lèvres, nos caresses et nos baisers, nous promettant déjà de ne plus jamais vivre l’un sans l’autre :
— Les matins blêmes déposent la rosée sur les plateaux fleuris, ai-je soufflé en glissant ma tête au creux de son épaule, toi, ma rose, tu m’engendres une rivière de joie sur un plateau de bonheur.
— Ne me parles pas de ses choses-là ! a-t-elle répliqué en me mordillant les lèvres, cela me fait trop peur...
J’ai pensé qu’elle avait peur de succomber trop vite. Je l’ai trouvé trop vertueuse, mais pour rien au monde, je n’aurais voulu la froisser...
— Ce sera comme tu voudras, je te le promets.
Dans la nuit fraîche, j’ai vu son sourire s’épanouir, j’ai senti son pouls s’accélérer, son corps vibrer de plaisir. Moi-même, je devais ressembler à un jeune arbrisseau poussant ses plus belles fleurs à l’aube de son premier printemps. Nous étions déjà unis pour la vie... pour le meilleur et pour le pire, comme on dit !
J’ai raccompagné Bernadette chez elle aux petites lueurs de l’aube. Elle n’a pas voulu que je monte, mais m’a laissé entendre que je n’attendrais pas bien longtemps... Dans la voiture, nos derniers baisers ont pris des allures de feu-follet. Nos cœurs tumultueux ne battaient plus, ils moussaient ! J’en avais mal aux lèvres à force de l’embrasser, et les siennes étaient devenues rouges de plaisir, tout comme ses joues. Pourtant, pour rien au monde je n’aurais osé abréger ses derniers instants de pur bonheur, ne serait-ce d’une seule seconde...

Peut-être en était-ce la cause, mais je n’ai pas compris le message, quand, m’invitant chez elle pour le vendredi soir suivant, elle m’a susurré à l’oreille :
— Tu apporteras une bouteille de Côte-Rôtie ! C’était fameux !
Bah ! Que voulez-vous, on ne peut pas tout deviner... Ignorant que par ce message, elle voulait s’épargner de mauvaises surprises trop fleuries, j’ai imaginé des choses...
J’ai révisé Kama-Sutra et suis donc arrivé chez elle, à l’heure pile du rendez-vous, avec un paquet de capotes dans ma poche, une bouteille de Côte-Rôtie dans une main et... un immense bouquet de fleurs dans l’autre ! Ah quand j’y repense... j’avais mis tant de passion à concocter ce bouquet ! Cinquante-sept fleurs ! Pas une pareille ! Le Guinness des records m’aurait été promis ! J’avais mis tous les fleuristes du boulevard Saint-Germain à l’ouvrage, choisissant les plus belles, les plus nobles, celles qui devaient sceller notre amour de toute leur splendeur ! Au centre de ce qu’on aurait très bien pu appeler le plus beau bouquet de la planète, il y avait même une magnifique orchidée que j’avais tout spécialement achetée à Rungis et qui l’éclairait de toute sa magnificence.
En ouvrant la porte, Bernadette est devenue aussi rouge qu’une pivoine, passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel :
— Non ! a-t-elle hurlé en me regardant, horrifiée, pas ça ! Pas ça !
J’ai brandi l’immense gerbe et l’ai secouée au-dessus de sa tête :
— Pourquoi ? Tu n’aimes pas les fleurs ?
Je n’ai rien compris quand Bernadette s’est écroulée à mes pieds, dans les pommes, bien entendu ! Je me suis rué chez elle, ai jeté pèle-mêle bouteille de Côte-Rôtie, anémone, aubépine, azalée, bégonia, bleuet, bouton d’or, camélia, capucine, chrysanthème, coquelicot, dahlia, datura, digitale, edelweiss, églantine, gardénia, géranium, glaïeul, glycine, hortensia, iris, jacinthe, jasmin, jonquille, lavande, lilas, lis, magnolia, marguerite, mimosa, muguet, myosotis, narcisse, œillet, orchidée, pâquerette, pensée, perce-neige, pervenche, pétunia, pivoine, primevère, reine-marguerite, renoncule, rhododendron, rose, saponaire, sauge, souci, trèfle, tulipe, véronique, verveine, violette, volubilis, yucca et zinnia sur le canapé avant de chercher le téléphone pour appeler police secours...

Dire que j’ai eu la frousse de ma vie serait bien inutile, mais, quand elle m’a tout avoué sur son lit d’hôpital, à moitié cachée derrière un masque à oxygène, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir encore plus peur. J’étais littéralement décomposé :
Jamais je ne pourrais vivre sans mes fleurs ! me suis-je dit, me demandant déjà comment j’allais pouvoir faire un choix aussi draconien...
Et ni sa mère, ni son père, accourus en catastrophe sur ces entre-faits là, ne m’ont poussé à plus de pragmatisme dans mon choix, persuadés qu’ils étaient que je n’étais qu’un pauvre abruti incapable de faire la différence entre la bagatelle et la mise en danger de leur fille !

Oh ! Je n’ai pas hésité bien longtemps. C’est Bernadette qui l’a emporté... J’avais trop envie de la croquer, de m’engouffrer dans son corsage et caresser ses frêles tétons. Mais enfin, j’ai obtenu ma revanche : elle a rapidement donné naissance à la première, Dahlia... Puis sont venues Églantine, Rose, Yasmina et finalement Violette, la petite dernière. J’ai longuement hésité entre ce dernier prénom et Marguerite, mais j’aime bien le parfum des violettes... parfum de femme par excellence !
Mon rêve aurait été de choisir un nom de fleur jamais encore porté par une femme, Tulipe, par exemple, mais Bernadette n’a pas voulu...
Heureusement, nous n’avons jamais eu de garçon. Comment l’aurais-je appelé ? Bouquet garni ? C’est vrai, quoi, vous en connaissez, vous des garçons avec un nom de fleur ?
Vous avez aimé cette œuvre, partagez-la !
(Source: « Short Editions »)

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24/01/2017

4 ÉVANGÉLISTES - 12 APÔTRES : POURQUOI?

 

4 ÉVANGÉLISTES - 12 APÔTRES

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Commençons par clarifier le terme « évangile » et quelques autres points importants.
Que signifie « évangile » ?
Le terme « évangile » signifie étymologiquement « bonne nouvelle ». Mais dans le sens qui nous intéresse ici, il se réfère à un genre littéraire du Nouveau Testament, qui vise à stimuler et encourager la foi des communautés chrétiennes, en présentant Jésus comme Messie (le Christ, celui a reçu l’onction divine) et Fils de Dieu (Mc 1, 1 ; Mt 1, 16 ; Jn 20, 30-31) à travers ses paroles et ses actions les plus significatives (Luc 1, 1-4 ; Actes 1, 1-2), en particulier sa Passion, sa mort et sa résurrection.
Combien d’évangiles y a-t-il en tout ?
Pour répondre à cette question, il est important de faire la distinction entre deux types d’évangiles : les évangiles canoniques et les évangiles apocryphes ou extra-canoniques (en dehors du canon).
Quatre seulement sont canoniques et sont contenus dans le Nouveau Testament : ceux de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Les extra-canoniques sont beaucoup plus nombreux.
Les évangiles canoniques ont été retenus par l’Église car y reflètent fidèlement la foi chrétienne vécue, professée et proclamée par les communautés fondées par les apôtres et leurs plus proches collaborateurs et disciples. Les évangiles apocryphes ou extra-canoniques ne sont pas admis parmi eux car ils présentent des déformations sensibles de la personne de Jésus et de son message de salut.
Comment sont nés les Évangiles ?
Ils ont été composés en trois étapes :
1. La vie publique de Jésus (27-30 de notre ère). Les premiers événements se sont produits. La foule a reçu les enseignements de Jésus. Son parcours sur Terre s’achève par sa Passion, sa mort et sa résurrection (le mystère pascal).
2. La génération apostolique. Temps de la mission des apôtres, des disciples et de leurs associés les plus proches (années 30 à 70). Par à la prédication, ils formaient des communautés chrétiennes, où la foi est maintenue intacte et les actions et les paroles de Jésus sont transmis.
On connaît une partie des textes qui circulaient à cette époque. Il sont les plus anciens mais figurent après les évangiles dans le Nouveau Testament : les épitres ou lettres. La foi des premiers chrétiens repose alors principalement sur le témoignage oral des contemporains du Christ : discours, récit des paraboles, des miracles, des conflits et autres événements faciles à retenir. Les apôtres privilégient la rencontre personnelle pour communiquer la bonne nouvelle, à l’exemple du Maître : « Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage » (Jean 3, 11). Les premiers textes qui bâtiront le corpus de certains évangiles sont écrits à cette époque notamment celui de Marc, secrétaire et disciple de Pierre.
3. La deuxième génération chrétienne (années 70 à 100). Après la mort des apôtres (sauf Jean qui meurt à Éphèse autour de l’an 100) et de tous ceux qui connurent Jésus, il est nécessaire de coucher par écrit le dépôt de la foi que les diverses communautés chrétiennes avaient fidèlement conservé : c’est la tradition. Cette tradition met l’accent sur les témoignages de Pierre, désigné « pasteur du troupeau » par le Christ lui-même (premier Pape en somme) ; de Jacques (le majeur, grand missionnaire ou le mineur, cousin de Jésus et chef de la communauté chrétienne de Jérusalem, premier évêque en quelque sorte), de Jean (le disciple bien-aimé du Seigneur, auteur du dernier évangile a être écrit) et de Paul de Tarse, « l’apôtre des gentils » qui évangélise le monde romain méditerranéen.
Voici comment Irénée de Lyon, deuxième évêque de la capitale des Gaules, disciple d’un compagnon de l’apôtre Jean, résume la rédaction des évangiles vers l’an 180 dans son ouvrage Contre les hérésies (IIIe vol.)  :
« Matthieu entreprit donc aussi d’écrire son Évangile chez les Hébreux et en leur propre langue, pendant que Pierre et Paul annonçaient l’évangile à Rome et y fondaient l’Église. D’un autre côté, après leur départ, Marc, le disciple et l’interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que son maître prêchait, et Luc, le compagnon de Paul, mit dans un livre, l’évangile que celui-ci annonçait. Ensuite Jean, le disciple du Seigneur, qui a reposé sur sa poitrine, publia lui aussi l’Évangile, tandis qu’il habitait à Éphèse en Asie.»
Le commandement de Jésus aux apôtres n’était pas d’écrire, mais de prêcher l’Évangile et de faire des disciples :
« Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28, 18-22). « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15). « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1, 8).
Seuls quelques apôtres et leurs plus proches collaborateurs ont ressenti le besoin d’écrire un évangile.
L’Évangile selon Jean dit explicitement:
« Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. » (Jean 20, 30-31).
Et Luc, un médecin, disciple et compagnon de saint Paul, exprime bien pourquoi il a écrit son Évangile :
« Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. » (Luc 1, 3-4)
Voilà pourquoi le Nouveau Testament ne compte que quatre évangiles tandis que Jésus a désigné douze apôtres.
ALETEIA

 

 

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22/01/2017

AUTELS DE VIE


En mémoire des enfants qui n’ont pu naître…

En ce dimanche, alors qu’a lieu la Marche pour la Vie à Paris, j’aimerais vous faire découvrir une initiative qui me semble très belle et très juste.

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Sortir du silence


C’est le Père Hervé Soubias qui en a eu l’intuition lors d’un pèlerinage en Terre Sainte, en 2015, aux côtés d’un couple très sensible à la cause. A Bethléem, sur les lieux de la naissance du Christ, ils répondent à l’inspiration de faire construire dans nos églises des « autels de vie » comme lieu de mémoire, de consolation et de prière pour les enfants qui sont morts avant d’avoir vu le jour et sans être baptisés.
Dans toutes nos familles, des couples ont vécu l’épreuve d’une fausse-couche. Pour ne pas dramatiser, on a tendance à taire la douleur des parents ou à banaliser cette épreuve. L’entourage, souvent gêné, ne sait pas bien quoi dire ou comment accompagner. Même l’Eglise est assez silencieuse. Et pourtant, n’est-ce pas à l’entendre un enfant qui est mort ? En quoi serait-ce moins douloureux ? La mère ressent bien ce que cela veut dire dans sa chair. Les parents ont un deuil à vivre, et ont besoin de confier cet enfant au Seigneur. Il existe, ils l’ont attendu, la nouvelle de sa conception a fait leur joie, avant que n’arrive la peine d’apprendre qu’il n’avait pas survécu.
Et combien de femmes, de couples, ont vécu le drame de l’IVG ? Sur cinq enfants conçus, un a été avorté depuis 1975 en France… Un enfant sur cinq… Qui prie pour eux ? Qui pense à eux ? Leur mère, leur père qui n’ont pu l’accueillir, ont souvent besoin de vivre une vraie réconciliation avec Dieu et avec cet enfant. Le déni et le silence ne font rien oublier. On a besoin de mettre des mots sur ce qu’on a vécu, de donner un nom à celui qu’on aurait aimé réussir à accueillir. On n’a pas pu, on n’a pas su, on s’est retrouvé entraîné dans l’urgence, parfois sous la pression de l’entourage, parfois si seule… Mais tout cela n’est pas terminé. Il n’est jamais trop tard pour aimer avec Dieu ! Et si on pouvait encore quelque chose ?

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Mémoire, réconciliation et prière


Voilà la vocation de ces autels consacrés à la prière pour ces enfants, à leur mémoire. L’Eglise doit prendre le relais, et porter dans sa prière ces petits. Ils sont aimés de Dieu, appelés à voir Dieu. Ainsi, déjà dans plusieurs églises de France et d’ailleurs, un autel – un lieu de recueillement – a été consacré dans cet esprit. Là, ceux qui le souhaitent peuvent venir faire inscrire le prénom d’un enfant, parfois avec une date. Ces prénoms sont aussi notés dans un registre, un grand livre de vie. Des messes sont célébrées avec ce livre posé sur l’autel, à la mémoire de ces enfants, que nous confions dans l’espérance à la miséricorde de Dieu, comme nous y invite l’Eglise. Des prières sont dites pour eux, et pour la consolation de leurs parents, en attendant que ces enfants accueillent eux-mêmes un jour leurs parents au ciel, comme l’écrivait Saint Jean-Paul II dans Evangelium Vitæ au n°100. Un groupe de femmes bénévoles – « les servantes des autels de vie » – se constitue pour tenir ce lieu, en prendre soin, et porter dans la prière les enfants et les parents concernés.
En France, il existe de tels lieux à Nice, à Mougins, à la Sainte-Beaume, à Lourdes ou encore à Paris dans la basilique Notre-Dame des Victoires, depuis décembre 2015. En 9 mois à peine, sans qu’aucune publicité ne soit réellement faite, ce ne sont pas moins de 1500 enfants qui ont été confiés dans cette basilique ! Preuve que ces lieux répondent à un vrai besoin. La démarche qu’ils offrent de faire est d’ailleurs très complémentaire avec les parcours de guérison et de réconciliation que proposent depuis longtemps certaines associations, comme Mère de Miséricorde.
Dénoncer la culture de mort est une bonne chose. Témoigner publiquement du respect de toute vie est aussi nécessaire. Mais rien de cela ne portera du fruit, rien de cela ne touchera les consciences si nous n’offrons pas en même temps le témoignage d’une vraie compassion et de notre prière pour ceux et celles qui ont perdu un enfant ainsi, et pour ces petits que le monde ne veut pas voir mais qui existent bien pour Dieu et pour leurs parents.
Je crois que ces sanctuaires sont une des réponses possibles à cet appel à la compassion et à la prière. Il serait beau qu’ils se multiplient dans nos églises de France et du monde.
 
Abbé GROSJEAN (Padre Blog)
 

18/01/2017

LES LUTINS

 Les lutins
  • Conte de Grimm

    - LES LUTINS


     

    C'était un cordonnier qui était devenu si pauvre, sans qu’il y eût de sa faute, qu’à la fin, il ne lui resta plus de cuir que pour une seule et unique paire de chaussures. Le soir, donc, il le découpa, comptant se remettre au travail le lendemain matin et finir cette paire de chaussures ; et quand son cuir fut taillé, il alla se coucher, l'âme en paix et la conscience en repos ; il se recommanda au bon Dieu et s'endormit.
    Au lieu du cuir le lendemain matin, après avoir fait sa prière, il voulait se remettre au travail quand il vit, sur son établi, les souliers tout faits et complètement finis. Il en fut tellement étonné qu'il ne savait plus que dire. Il prit les chaussures en main et les examina de près : le travail était impeccable et si finement fait qu'on eût dit un chef-d’œuvre : pas le moindre point qui ne fut parfait. Un acheteur arriva peu après, trouva les souliers fort à son goût et les paya plus cher que le prix habituel. Avec l'argent, le cordonnier put acheter assez de cuir pour faire deux paires de chaussures, qu'il tailla le soir même, pensant les achever le lendemain en s’y mettant de bonne heure. Mais le matin, quand il arriva au travail, les deux paires de souliers étaient faites, posées sur son établi, sans qu'il se fût donné la moindre peine ; au surplus, les acheteurs ne lui manquèrent point non plus : et c’étaient de vrais connaisseurs, car il lui laissèrent assez d'argent pour qu'il pût acheter de quoi faire quatre paires de chaussures. Et ces quatre paires-là aussi, il les trouva finies le matin quand il venait, plein de courage, pour se mettre au travail. Et comme par la suite, il en alla toujours de même et que ce qu’il avait coupé le soir se trouvait fait le lendemain matin, le cordonnier se trouva non seulement tiré de la misère, mais bientôt dans une confortable aisance qui touchait presque à la richesse.
    Peu de temps avant la Noël, un soir, après avoir taillé et découpé son cuir, le cordonnier dit à sa femme au moment d'aller au lit : « Dis donc, si nous restions éveillés cette nuit pour voir qui nous apporte ainsi son assistance généreuse ? »
    L’ épouse en fut heureuse et alluma une chandelle neuve, puis ils allèrent se cacher, tous les deux, derrière les vêtements de la penderie et où ils restèrent à guetter. À minuit, arrivèrent deux mignons petits nains tout nus qui s'installèrent à l'établi et qui, tirant à eux les coupes de cuir, se mirent de leur agiles petits doigts à monter et piquer, coudre et clouer les chaussures avec des gestes d'une prestesse et d'une perfection telles qu'on n’arrivait pas à les suivre, ni même à comprendre comment c'était possible. Ils ne s'arrêtèrent pas dans leur travail avant d'avoir tout achevé et aligné les chaussures sur l'établi ; puis ils disparurent tout aussi prestement.
    Le lendemain matin, l'épouse dit au cordonnier :
    - Ces petits hommes nous ont apporté la richesse, nous devrions leur montrer notre reconnaissance : ils sont tout nus et il doivent avoir froid à courir ainsi. Sais-tu quoi ? Je vais leur coudre de petits caleçons et de petites chemises, de petites culottes et de petites vestes et je tricoterai pour eux de petites chaussettes ; toi, tu leur feras à chacun une petite paire de souliers pour aller avec.
    - Cela, dit le mari, je le ferai avec plaisir !
    Et le soir, quand ils eurent tout fini, ils déposèrent leurs cadeaux sur l’établi, à la place du cuir découpé qui s'y entassait d'habitude, et ils allèrent se cacher de nouveau pour voir comment ils recevraient leur présent. À minuit, les lutins arrivèrent en sautillant pour se mettre au travail ; quand ils trouvèrent sur l'établi, au lieu du cuir, les petits vêtements préparés pour eux, ils marquèrent de l'étonnement d'abord, puis une grande joie à voir les jolies petites choses, dont ils ne tardèrent pas à s'habiller des pieds à la tête en un clin d’œil, pour se mettre aussitôt à chanter :

    Maintenant nous voilà comme de vrais dandys !
    Pourquoi jouer encor les cordonniers ici ?

    Joyeux et bondissants, ils se mirent à danser dans l'atelier, à gambader comme de petits fous, sautant par-dessus chaises et bancs, pour gagner finalement la porte et s'en aller, toujours dansant. Depuis lors, on ne les a plus revus ; mais pour le cordonnier tout alla bien jusqu'à son dernier jour, et tout lui réussit dans ses activités comme dans ses entreprises.

    II

    Il y avait une fois une pauvre servante qui était travailleuse et propre, qui balayait soigneusement chaque jour la maison et portait les ordures sur un grand tas devant la porte. Un matin, de bonne heure, comme elle arrivait déjà pour se mettre au travail, elle y trouva une lettre ; mais comme elle ne savait pas lire, elle laissa son balai dans un coin, ce matin-là, et  alla montrer la lettre à ses maîtres. C'était une invitation des lutins qui demandaient à la servante de servir de marraine à l’un de leurs enfants. Elle n'était pas décidée et ne savait que faire, mais à la fin, après beaucoup de paroles, ses maîtres réussirent à la convaincre qu’on ne pouvait pas refuser une invitation de cette sorte, et elle l’admit. Trois lutins vinrent la chercher pour la conduire dans une montagne creuse où vivaient les petits hommes. Tout y était petit, mais si délicat, si exquis qu’on ne peut pas le dire. L’accouchée reposait dans un lit noir d’ébène poli, à rosaces de perles, avec des couvertures brodées d'or ; le minuscule berceau était d'ivoire et la baignoire d'or massif.
    La servante tint l’enfant sur les fonts baptismaux, puis voulu s'en retourner chez ses maîtres mais les lutins la prièrent instamment de demeurer trois jours avec eux. Elle accepta et demeura ces trois jours, qu'elle passa en plaisir est en joie, car les petits hommes la comblèrent de tous ce qu'elle aimait. Quand enfin elle voulut prendre le chemin du retour, ils lui bourrèrent les poches d'or et l’accompagnèrent gentiment au bas de la montagne. Arrivée à la maison, comme elle pensait avoir perdu assez de temps, elle s'en alla tout droit chercher le balai qui était toujours dans son coin. Elle commençait à balayer, quand des gens qu'elle n'avait jamais vus descendirent et virent lui demander qui elle était et ce qu'elle désirait. Parce que ce n'étaient pas trois jours, mais bien sept ans q’elle avait passés chez les petits hommes de la montagne ; et ses anciens patrons étaient morts dans l'intervalle.

    III

    Une mère avait eu son enfant enlevé du berceau par les lutins qui, qui avaient mis à sa place un petit monstre à grosse tête avec le regard fixe, occupé seulement de boire et de manger. Dans sa détresse, elle alla demander conseil à sa voisine, qui lui dit de porter le petit monstre à la cuisine, de l'installer devant la cheminée et d'allumer le feu pour faire bouillir de l'eau dans deux coquilles d’œuf : « Le monstre ne pourra pas s'empêcher de rire, lui dit-elle, et dès l'instant qu'il rit, c'en est fini de lui. »
    La femme fit tout ce que sa voisine lui avait dit de faire, et Grosse-Tête, en la voyant mettre l'eau à bouillir dans des coquilles d’œufs, parla :

    Moi qui suis vieux pourtant
    Comme les bois de Prusse,
    Je n'avais jamais vu cuisiner et dans un œuf !
    Et le voilà qui éclate de rire, et il riait encore quand déjà surgissaient toute une foule de lutins qui rapportèrent le véritable enfant, l’installèrent devant le feu et emportèrent avec eux le monstre à grosse tête. 

17:12 Publié dans CONTES | Lien permanent | Commentaires (0)

17/01/2017

DEI AMORIS CANTORES

16:48 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1)

 
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