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17/02/2018

LES SERVITES

Saint Alexis Falconieri et les sept fondateurs des Servites

LES SERVITES




Retrait de la ville


 XIIIème siècle, Florence. Sept marchands, membres d’une compagnie laïque de fidèles dévots de la bienheureuse Vierge, la Compagnie des Servites ou Serviteurs de Sainte Marie ou Chantres, décident de se retirer dans la pénitence, la contemplation et dans le service à Marie. Un choix certainement influencé aussi par deux grands ordres mendiants du temps, Franciscains et Dominicains, ainsi que par l’expérience des moines Camaldunes, Vallombrosiens et Clunisiens, déjà présents en ces terres, et de groupes pénitentiels comme ceux de S.Augustins et du Mont Carmel, ou des frères et sœurs laïques de la Pénitence. C’étaient  Bonfils, guide du groupe laïque et prieur de la future communauté, Bonagiunta, futur prieur entre 1256 et 1257, Manetti, artisan des premières fondations en France, Amidei, âme du groupe, Sostegni et Uguccioni, amis entre eux, et enfin Alexis. Autour de 1233 les sept abandonnent  donc leurs activités commerciales, laissent leurs propres maisons distribuent leurs biens aux pauvres, alors que Florence est toujours troublée par les guerres fratricides.


Tuniques et manteaux gris


C’est le 8 septembre 1233 que les sept commencent la vie communautaire à Villa Camarzia, à la périphérie de la ville: Jacopo de Poggibonsi, chapelain des Chantres et leur directeur spirituel impose à chacun l’habit des «Frères de la Pénitence», un manteau et une tunique de laine grise. La journée de la petite communauté se déroule entre prière, travail et quête à travers les rues de la ville.Leur vie est retirée, austère et solitaire, mais de nombreuses personnes perturbées et angoissées s’adressent à eux et reçoivent consolation et conseil; surtout ils sont plus frappés par le fait , de riches commerçants qu’ils étaient, les sept sont réduits volontairement à la pauvreté . Ceci encourage la diffusion de la renommée de leur sainteté et de nombreuses personnes commencent à demander à faire partie de leur famille.


Naissance de l’Ordre


Justement les nombreuses et insistantes demandes les poussent à commencer un Ordre expressement dévoué à la Vierge, dont ils se disent Serviteurs, l’Ordre des Servites de Marie .L’évêque Ardingo Foraboschi leur donne en 1234 un terrain sur le sommet du Mont Senario, à environ 18 km de Florence. Les cellules sont au début de simples huttes séparées l’une de l’autre; sur les ruines d’un ancien château va s’ériger rapidement une petite église intitulée à Notre Dame et en 1239, après la visite du Légat pontifical, le cardinal Goffredo Castiglioni, futur pape Célestin IV, leur donne la Règle de Saint Augustin.
 Souvent, après de longues sorties pour la quête, ils s’arrêtent à Florence auprès de l’Oratoire de Sainte Marie de Caffaggio dont ils développent vite l’annexe en hospice où ils commencent à accueillir d’abord ceux qui demandent à faire partie de la communauté.


Tant de vocations


Très vite les sept reçoivent la permission d’ouvrir  d’autres couvents, aussi en dehors de la Toscane, parce que les vocations affluent nombreuses. L’Ordre risque cependant la suppression lorsque le Concile de Lyon, en 1247 décrète la suppression des Ordres Mendiants. Mais Philippe Benizi, accueilli à l’âge de 21 ans dans l’ordre et futur Prieur Général, obtient à nouveau la reconnaissance pontificale; L’approbation définitive arrive en 1304 grâce à l’œuvre de Benoît XI.
 Seulement Alexis Falconieri, dernier survivant des sept peut se réjouir .Il mourra le 17 février 1310, à presque 110 ans d’âge. Sa nièce Julienne Falconieri, elle aussi sainte, sera la fondatrice des Sœurs Mantellates.


En 1888 Léon XIII canonise ensemble les sept pères. A Monte Senario un seul sépulcre recueille leurs dépouilles. Parmi les Servites des dernières années, nous rappelons père David Maria Turoldo, connu comme prédicateur et poète.
 VATICAN NEWS

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16/02/2018

SOEUR BERNADETTE MORIAU TÉMOIGNE

SOEUR BERNADETTE MORIAU TÉMOIGNE

 

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Installée à Bresles (Oise), Bernadette Moriau a été reconnue, dimanche, 70e miraculée de Lourdes. Ce mardi, elle a expliqué son étonnante guérison qui lui donne une soudaine notoriété.
Bernadette Moriau a été reconnue, dimanche par l’Eglise, 70e miraculée de Lourdes (Hautes-Pyrénées). La femme de 78 ans s’est longuement livrée, ce mardi. « Près de 300 médecins se sont penchés sur ce cas, a aussi expliqué le docteur Alessandro de Franciscis, président du bureau des constatations médicales de Lourdes. Il s’agit d’une guérison inexpliquée dans l’état actuel des connaissances scientifiques. » Un « miracle », selon l’Eglise.

Récit de soeur Bernadette, 70e miraculée de Lourdes


Vous étiez malade depuis vos 26 ans. Quelle était votre situation médicale, en 2008, lors de votre départ pour Lourdes ?
BERNADETTE MORIAU. J’étais handicapée, j’avais un corset important, une attelle au pied, qui était à l’équerre. J’avais une paralysie, j’étais sous morphine et sous neurostimulateur pour calmer la douleur de mes jambes. Et je devais vivre avec des auto-sondages à cause d’une paralysie de la vessie. Pour les médecins, il y avait une atteinte des racines lombaires et sacrées pratiquement totale. Pour eux, ce n’était pas récupérable, je savais que j’allais finir ma vie comme ça.

C’est pourtant votre médecin traitant qui vous a poussé à aller à Lourdes.
Il est lui-même responsable de l’équipe médicale de l’hospitalité de Lourdes, qui accompagne les malades. En février 2008, il m’a proposé de venir avec eux durant l’été. J’ai accepté avec joie, car c’était l’année des 150 ans de l’apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous… Comme je m’appelle Bernadette, j’ai vu ça comme un signe du ciel. A Lourdes, je n’ai pas demandé la guérison pour moi, mais j’ai prié pour tous les malades.
C’est à votre retour à Bresles que vous avez constaté un changement de votre état de santé.
Le 11 juillet 2008, j’ai senti, à 17 h 45 - on se souvient de l’heure d’une telle chose - une détente de tout mon corps. A 18 heures, j’ai enlevé mes appareils dans un acte de foi. J’ai vu que mon pied était redressé, que je n’avais plus rien. J’ai arrêté tout mon traitement le jour même. Le lendemain, j’ai marché 5 km. C’était une grande joie, mais ça m’a secouée. J’ai pleuré.
Comment vivez-vous ce qui vous arrive depuis dimanche et que répondez-vous aux sceptiques ?
Je suis chargée de témoigner, pas de vous faire croire. Mais ce qui m’arrive est étrange car je ne suis pas une star, juste une petite sœur. Je pense beaucoup à Bernadette Soubirous, qui a dû vivre un peu la même chose. Je vis le moment présent, et je pense que je vais me faire conseiller pour ne pas être débordée. J’ai aussi une vie en communauté et je ne voudrais pas qu’elle en pâtisse, même si je suis très entourée par mes sœurs de Bresles.
Beauvais, Vatican d’un jour
Près de 50 journalistes, dont certains venus de Suisse et d’Italie, se sont pressés au diocèse de Beauvais, ce mardi, pour écouter le témoignage de Bernadette Moriau. Cette soudaine notoriété, le diocèse espère « en tirer des retombées, admet Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais. Nous espérons que nous aurons plus de monde pour les pèlerinages à Lourdes. » Une messe est déjà prévue, le 4 mars, à Bresles, et Mgr Benoit-Gonnin s’attend à « une église remplie ». Bernadette Moriau, elle, « a déjà des demandes pour aller témoigner un peu partout en France, explique le diocèse. Elle ira à Lourdes cet été, et devrait aller dans plusieurs diocèses pour livrer le récit de sa guérison. »

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TEMOIGNAGE AUDIO :

http://media.vaticannews.va/media/audio/s1/2018/2/14/13/134285533_F134285533.mp3

 

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10/02/2018

MESSE À STE MARTHE

 

Messe à Sainte-Marthe: le pécheur peut devenir saint, mais pas le corrompu
Veiller tous les jours pour ne pas finir éloigné du Seigneur : c’est l’invitation lancée par le Pape François lors de la messe de ce jeudi matin à la Maison Sainte-Marthe. Le Pape a parlé du risque, auquel nous sommes tous exposés, de l’affaiblissement du cœur.

Adriana Masotti – Cité du Vatican

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David est saint, même s’il a été un pécheur, alors que le grand et sage Salomon est rejeté par le Seigneur parce qu’il s’est corrompu. Lors de son homélie matinale à Sainte-Marthe, ce jeudi 8 février 2018, le Pape François s’est concentré sur ce paradoxe apparent. La lecture proposée par la liturgie, tirée du premier Livre des Rois, parle de Salomon et de sa désobéissance. «Nous avons entendu une chose un peu étrange, a tout de suite commenté François : le cœur de Salomon n’est pas resté intègre avec le Seigneur, son Dieu, comme le cœur de David, son père.»
Le problème de l’affaiblissement du cœur
Le Pape a expliqué que cette parole est étrange car nous ne connaissons pas de gros péchés, il était toujours équilibré, alors que nous savons de David qu’il fut un pécheur, avec une vie difficile. Pourtant, David est saint, et l’on dit de Salomon que son cœur était «dévié par le Seigneur». Lui qui était loué par le Seigneur quand il avait demandé la prudence pour gouverner, au lieu des richesses. Comment peut-on expliquer cela ? David sait avoir péché, à chaque fois il demande pardon, alors que Salomon, dont tout le monde parlait en bien et que même la reine de Saba aurait voulu rencontrer, s’était éloigné du Seigneur pour suivre d’autres dieux, mais il ne s’en était pas rendu compte.
«C’est ici le problème de l’affaiblissement du cœur. Quand le cœur commence à s’affaiblir, ce n’est pas comme une situation de péché : tu fais un péché, tu t’en rends compte tout de suite : “Moi, j’ai fait ce péché”, c’est clair. L’affaiblissement du cœur est un lent chemin, qui dérive peu à peu… Et Salomon, endormi dans sa gloire, dans sa réputation, a commencé à faire cette route.»
Salomon a fini tranquillement corrompu
Paradoxalement, «la clarté d’un péché vaut mieux que la faiblesse du cœur», a expliqué François. «Le grand roi Salomon a fini corrompu : tranquillement corrompu, parce que son cœur s’était affaibli».
«Et un homme avec le cœur faible, ou affaibli, est un homme défait. Ceci est le processus de nombreux chrétiens, de beaucoup d’entre nous. “Non, moi je ne fais pas de gros péchés…” Mais comment est ton cœur ? Il est fort ? Il reste fidèle au Seigneur, ou tu dérives lentement ?»
Veiller tous les jours sur son propre cœur
Le drame de l’affaiblissement du cœur peut arriver à nous tous dans la vie. Que faire alors ? François a répondu : «La vigilance. Veiller sur ton cœur. Veiller. Tous les jours, être attentif à ce qui arrive dans ton cœur», et il a ensuite conclu : «David est saint. Il était pécheur. Un pécheur peut devenir saint. Salomon a été rejeté parce qu’il était corrompu. Un corrompu ne peut pas devenir saint. Et on arrive à la corruption par cette voie de l’affaiblissement du cœur. Comment est mon cœur, mon rapport avec le Seigneur. Et goûter la beauté et la joie de la fidélité.»

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08/02/2018

AUDIENCE GÉNÉRALE DU 07 FÉVRIER

Audience générale:

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l’Évangile est parole vivante


Ce mercredi 7 février, au cours de l’audience générale en salle Paul VI du Vatican, le Pape François a poursuivi son cycle d’enseignements sur la messe, s’attardant, pour la deuxième semaine consécutive, sur la Liturgie de la Parole, et notamment sur la proclamation de l’Évangile et l’homélie.

Manuella Affejee - Cité du Vatican


L’Évangile est le point culminant du dialogue entre Dieu et son peuple; il est la «lumière qui permet de comprendre le sens des textes bibliques qui l’ont précédé». C’est d’ailleurs pour cela que la Liturgie le distingue des autres lectures, et l’entoure d’une vénération toute particulière: encens, bougies, signe de croix de l’assemblée sur le front, la bouche, et le cœur. Autant de signes qui manifestent la reconnaissance, par l’assemblée, de la présence du

L’Évangile, parole vivante du Christ


C’est d’ailleurs le Christ qui est au centre de tout, a rappelé le Pape, c’est Lui qui nous parle, directement, à travers l’Évangile. «Nous ne lisons pas l’Évangile pour savoir comment les choses se sont passées, mais pour prendre conscience de ce que Jésus a dit et fait une fois et de ce qu’il continue de nous dire et d’accomplir pour nous». Cette parole est «vivante» et parle à notre cœur.


Clarté et brièveté des homélies


Pour faire parvenir son message, «le Christ se sert aussi de la parole du prêtre», à travers l’homélie. Mais attention, a prévenu le Pape, l’homélie n’est ni un discours de circonstance, ni une catéchèse. Elle est une «reprise de ce dialogue déjà engagé entre le Seigneur et son peuple». D’où l’importance pour celui qui prêche, -le prêtre, le diacre et l’évêque-, de bien préparer son homélie, en ayant bien à l’esprit qu’il donne la parole à Jésus. Et l’homélie, a insisté le Pape, doit être brève. Et de prendre l’assistance à témoin : «combien de fois voyons-nous, pendant l’homélie, plusieurs qui s’endorment, sortent ou vont fumer une cigarette ? ». Pour être efficace, l’homélie requiert une préparation soigneuse, a recommandé le Pape, par la prière et l’étude de la Parole de Dieu;  elle doit être une synthèse claire, et ne doit pas excéder les dix minutes.
La Bonne nouvelle, cœur de la transformation
Et le Souverain Pontife de conclure: «si nous nous mettons à l’écoute de la ‘Bonne nouvelle’, nous serons convertis et transformés par elle, et partant, capables de nous changer nous-mêmes et changer le monde. (…) Parce que la Bonne nouvelle, la Parole de Dieu entre par les oreilles, va au cœur et arrive dans les mains, pour accomplir des œuvres bonnes».
Vatican news

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30/01/2018

LES EHPADS EN GRÈVE

 

Ehpad et services à domicile: la première grève nationale


Par Jean-Christophe Martineau le 26 janvier 2018

 

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L’exaspération des personnels débouche sur une grève nationale le 30 janvier 2018. À l’appel de sept syndicats, ils dénoncent la dégradation des conditions de travail et réclament l’augmentation des moyens destinés au secteur du grand âge.

C’est inédit. Pour la première fois, l’ensemble des organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, Sud-Solidaires, Unsa), appellent à la grève, le 30 janvier 2018, les salariés des établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPAD) et des services à domicile. Le mouvement national est soutenu par l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), la Fédération des responsables d’établissements et de services pour personnes âgées, la (Fnadepa) et dix syndicats de retraités. La grève se traduira par des débrayages dans les maisons de retraite, des rassemblements devant les Agences régionales de santé et, à Paris, devant le ministère de la Santé et des Solidarités. Leurs revendications: l’augmentation des moyens destinés au secteur du grand âge, l’amélioration des conditions de travail et des salaires des personnels, la titularisation des emplois aidés, l’abrogation de la réforme de la tarification des EHPAD, en vigueur depuis 2016. Ils dénoncent dans le cas des services à domicile, des tarifs horaires, fixés par les Départements, trop bas pour rémunérer correctement des employés et permettre aux services de rester économiquement viables.
 
Sous-effectif chronique et personnel éreinté
Pour les EHPAD, les signataires de l’appel à la grève exigent l’application de la règle prévue par le plan Solidarité grand âge de 2008, fixant le ratio de personnel des maisons de retraite à 1 salarié par résident. Une norme qui n’a jamais été atteinte, le taux d’encadrement se situant aujourd’hui, en moyenne, à 0,6 intervenant par personne âgée hébergée. Ce manque d’effectif se traduit par une surcharge de travail des aides soignant(e)s, confronté(e)s à des résidents de plus en plus fragiles, car entrant en institution plus tardivement que par le passé. 

Cette situation a fini par pousser nombre de soignants à se mettre en grève en 2017. De source syndicale, pas moins de 120 mouvements ont eu lieu en 2017 dans l’Hexagone, dont le plus emblématique, celui des aides-soignantes de l’Ehpad des Opalines (Jura) a duré 117 jours. Une situation qui a entrainé l’organisation, dès l’été 2017, d’une première mission parlementaire, pilotée par Monique Iborra, députée de Haute Garonne (LREM). Dans son rapport, elle constate les sous-effectifs chroniques; l’absence d’infirmier de nuit "dans la grande majorité des établissements"; les conditions de travail "particulièrement préoccupantes, tant du point de vue physique que psychologique", entraînant un taux d’absentéisme important et des accidents de travail en nombre supérieurs à ceux enregistrés dans le BTP… Depuis le début de l’année 2018, l’élue a repris son bâton de pèlerin, enchainant les visites de terrain dans le cadre d’une nouvelle mission dont l’un des objectifs est d’essayer d’élaborer des normes minimales de personnels par structure. Elle doit rendre son rapport à la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, au tout début du mois de mars.
 
Seule pour veiller sur 99 résidents…
La médiatisation de ces mouvements sociaux a révélé au grand public l’exaspération et l’épuisement des personnels en nombre insuffisant pour assurer correctement leur travail. Comme en témoigne Syndie, aide-soignante dans un établissement public de l’ouest de la France. "Les résidents rentrent chez nous dans des états plus dégradés qu’avant. Il y a beaucoup de grabataires et la surcharge de travail est quotidienne puisque nous ne sommes pas plus nombreux pour faire face. On court toujours après la montre. Les agents sont rappelés pendant leurs jours de repos pour remplacer les personnes en arrêts de travail. Ou bien on fait appel à des contractuels plus ou moins formés, décrit-elle, notre travail se déshumanise. Un jour, j’ai entendu un élu dire: "Votre boulot ce n’est pas tenir la main et discuter…" C’est choquant! Notre travail c’est aussi cela: garder de l’humanité dans nos relations avec les personnes âgées et pas seulement faire la toilette et donner le repas!" Fin 2017, Mathilde Basset, infirmière dans un établissement ardéchois, a écrit à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, lui indiquant qu’il lui était arrivée de se retrouver seule pour veiller sur 99 résidents… Preuve de l’extrême sensibilité de l’opinion à ces questions, une pétition réclamant des moyens pour les ehpad, lancée le 15 janvier par trois médecins - dont l’urgentiste Patrick Pelloux- a réuni plus de 300 000 signatures en dix jours.
 
La nouvelle tarification contestée
Les organisateurs de la grève réclament également l’abrogation des décrets de la loi d’adaptation de la société au vieillissement, relatifs à la réforme de la tarification des Ehpad. Ces décrets impliquent, depuis décembre 2016, la convergence d’ici à 2023 des enveloppes soins et dépendance des établissements publics, associatifs ou commerciaux. Dans le cas de la dépendance, le nouveau mode de calcul, basé sur un tarif moyen départemental, aboutit, selon les syndicats et aussi la Fédération hospitalière de France (FHF), à une réduction des moyens alloués aux maisons de retraite publiques. La FHF évalue ainsi le transfert financier des établissements publics vers le secteur privé à 200 millions d’euros. "De nombreux établissements voient leur forfait dépendance diminuer sensiblement. Il s’agit pour l’essentiel d’Ehpad publics", confirment les députées Agnès Firmin Le Bodo (UDI) et Charlotte Lecocq (LREM), dans leur rapport d’information du 5 décembre 2017. « Avec cette réforme tarifaire, la majorité des établissements sont gagnants, assure de son côté Florence Arnaiz-Maumé, Déléguée générale du Synerpa, le syndicat des maisons de retraite privées, il faut continuer à augmenter de crédit, mais on ne peut pas dire que rien ne va. Le niveau de qualité des EHPAD n’a rien à voir avec ce qu’il était il y a 10 ans!"  Les députées Le Bodo et Lecocq proposent, elles,  un moratoire d’un an de la convergence des forfaits dépendance, le temps de remédier aux effets négatifs de la nouvelle réglementation. Dans un courrier adressé aux deux parlementaires, Agnès Buzyn rappelle que "le cumul des convergences soins et dépendance devrait apporter 397,9 millions d’euros de financement supplémentaires aux Ehpad, à l’issue de la période 2017-2023." "(…) Bien que le solde de la convergence dépendance soit négatif de 65,6 millions d’euros pour les Ehpad publics, celui-ci est plus que compensé par la convergence sur le forfait soins (+165,8 millions d'euros)". Au final, la ministre estime que seuls 10% des 7000 EHPAD que compte le pays seront perdants.
 
Des mesures pour parer aux difficultés les plus urgentes
Cette approche globale ne convainc pas les opposants à la réforme. Pour Luc Delrue, secrétaire fédéral FO santé, la convergence tarifaire consiste "à déshabiller Pierre pour habiller Paul." Mais si le gouvernement n’entend pas abroger les dispositions contestées, un certain nombre de mesures ont d’ores et déjà été annoncées face à l’exaspération des professionnels et au sourd mécontentement des familles. La loi de financement de la sécurité sociale prévoit pour 2018 100 millions d’euros afin d’améliorer l’encadrement des résidents et 10 millions pour expérimenter l’astreinte des infirmières de nuit. De même, sont programmées 4 525 nouvelles places dans les EHPAD. Fin 2017, Agnès Buzyn a lancé une mission sur la qualité de vie au travail dans les établissements médico-sociaux.  Enfin, le 25 janvier 2018, à cinq jours du déclenchement de la grève, elle a ajouté 50 millions d’euros et annoncé dans Le Parisien un "Plan de détection des Ehpad en difficulté", la mise en place de missions d’appui et la nomination d’un inspecteur des Affaires sociales comme médiateur. Luc Delrue, lui, a sorti sa calculette: "50 millions, cela finance environ 2500 postes… ce qui compense un tiers des emplois supprimés par la convergence!"Les syndicats placent leur action dans un mouvement général de défense des emplois publics du secteur sanitaire. Ils se réuniront le 31 janvier 2018 pour tirer le bilan de la grève. 
 Notre Temps
 

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