logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

04/03/2017

EDITH STEIN (ALETEIA)


Edith Stein : l’extraordinaire histoire d’une carmélite d’origine juive exécutée à Auschwitz


Connue sous le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix, Jean-Paul II la proclama sainte de l’Église Universelle.

Capture d’écran 2017-03-03 à 17.28.25.png



« L’Esprit de Dieu est sens et force. Il donne à l’âme une nouvelle vie, il la rend capable de ce qu’elle n’aurait pu entreprendre par sa seule nature […] »
Il y a des âmes sur terre qui ne trompent pas. Le regard profond et sincère de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix contemple en toute intimité le Verbe incarné en Vérité. Au cours de son expérience de vie, conciliant la foi et la raison, elle découvrit que tout être est animé par la force de l’Éternel. Elle est « une âme ivre de Dieu et perdue en lui » écrit Lucy Gelber. Mais elle est avant tout, pour l’Église Universelle, le témoignage d’un cœur consumé par l’Amour du Christ crucifié.
Il était une fois : Édith Stein…
Breslau, le 12 octobre 1891… Jour de la fête de Kippour, Siegfried et Augusta Stein accueillaient leur dernière enfant : Édith. Elle grandit dans une famille juive pieuse de la Haute-Silésie où la figure maternelle allait avoir un impact important dans sa vie. Car Monsieur Stein rendit son dernier souffle entre Frauenwaldau et Goschütz, un jour de juillet 1893, alors qu’il fit un voyage d’affaires sous un soleil de plomb. Édith âgée de deux ans écrit qu’elle était dans les bras de sa mère lors de ce dernier adieu qu’elle fit à son père, tandis qu’il prit la route pour ne jamais revenir. Après la mort de Siegfried Stein, la famille toute entière fit face à des difficultés économiques. Mais Augusta Stein, en bon chef de famille, fit tout ce qui était nécessaire afin de redresser la situation financière tout en élevant ses sept enfants.
De son enfance, nous savons qu’Édith était une petite fille agile, délicate et toujours pâlichonne, elle manifesta très tôt sa soif de connaissance. Son entourage s’étonnait d’ailleurs qu’elle puisse être un « puits de sagesse » à son jeune âge. Elle se souvient que pendant les premières années de sa vie « elle était d’une pétulance de vif-argent, toujours en mouvement, débordant d’idées drôles, effrontée et fourrant partout son grain de sel, et avec cela montrant une volonté que rien ne pouvait ébranler, piquant des colères lorsque sa volonté rencontrait un obstacle ». Édith avait toutes les qualités d’une fille ordinaire : drôle, énergique, colérique… Mais déjà une ténacité vive se ressentait.
La soif de connaissance d’Édith se fit sentir lorsque sa sœur, Erna, avait commencé à aller à l’école. Ne pouvant pas la suivre, Édith fut donc inscrite, contre son gré, dans un jardin d’enfants. Cette décision l’a rendue bien malheureuse, estimant cela comme au-dessous de sa « dignité » et considérant que seule l’école allait fournir à son esprit vif une « nourriture solide ». En 1896, avec l’aide de sa sœur aînée, Else, Édith fit son entrée à la « grande école » de Viktoria où elle excella et ses matières préférées étaient l’allemand et l’Histoire.
En 1911, Édith entra à l’Université de Breslau. Elle avait une passion pour l’Histoire, la littérature, la philosophie… Et pendant un temps, elle s’intéressa à « la psychologie expérimentale ». Mais elle se rendit compte que cette matière était très « ennuyeuse » et « ridicule », car la psychologie était encore à ses balbutiements. C’est pourquoi elle s’orienta définitivement vers le courant philosophique de la phénoménologie…

Capture d’écran 2017-03-03 à 17.29.15.png




Édith en toute « empathie ».
C’est par l’intermédiaire d’un ami qu’Édith découvrit la phénoménologie. Elle part à Göttingen en 1913 pour se former auprès de celui qu’elle appelait le « maître » : Edmond Husserl (1859-1938). Ce courant philosophique s’intéresse à l’étude des phénomènes par le prisme de l’expérience vécue. Trois philosophes ont joué un rôle majeur dans le façonnement de sa pensée : Edmond Husserl, Max Scheler (1874-1928) et Adolf Reinach (1883-1917). Aller au cœur des phénomènes et de l’expérience de vie personnelle, voilà ce qu’Édith voudrait étudier. C’est donc de manière évidente qu’elle choisit comme sujet de thèse l’Einfühlung que l’on traduit par l’empathie. L’empathie, selon elle, est cette faculté de saisir des valeurs issues des expériences vécues d’autrui et de les traduire en une unité de sens compréhensible pour soi. Cette thèse, même si Édith l’a obtenu avec la mention summa cum laude, a été une rude épreuve puisque l’écriture s’est faite lorsque la Grande Guerre éclatât…
En effet, en 1914, voyant tous ses amis s’engager, Édith prit également part à cette guerre en devenant infirmière bénévole au sein de la Croix-Rouge. Elle fut envoyée dans un hôpital militaire à Mährisch-Weisskirchen. Confrontée à la mort, elle fit face de manière quotidienne à l’agonie des blessés. Ambiance austère, pesant et pleine de tensions… Cette expérience en tant qu’infirmière elle le raconte avec beaucoup d’émotions dans Vie d’une famille juive : « J’étais de garde de nuit depuis quelques jours lorsqu’un soir, à mon arrivée dans le service, les infirmières me reçurent avec la nouvelle qu’un mourant venait d’être admis ; elle l’avait gardé pour que je veille sur lui pendant la nuit. On m’enjoignit de lui faire une piqûre de camphre toutes les heures. Pendant plusieurs nuits, j’entretins ainsi à grand-peine jusqu’au matin la petite étincelle de vie en lui […] Je surveillais, de ma place, sa respiration – brusquement elle s’arrêta. J’allais jusqu’à son lit : le cœur ne battait plus ».
À cette dure réalité de la guerre, s’ajoutait la mort d’Adolf Reinach survenue en novembre 1917. Au cours du conflit, alors plongé dans l’horreur des tranchées, Adolf Reinach fit la découverte intime de Dieu. De cette découverte, il prit la plume pour traduire en termes philosophiques son expérience avec cet Être qui sonde intimement nos âmes à chaque instant. C’est en ce sens qu’Édith fut marquée par la figure d’Adolf Reinach.
Sur le chemin de la Vérité !
Un été à Francfort et en compagnie de Pauline Reinach, la sœur d’Adolf, Édith a été confrontée pour la première fois à une situation bien particulière puisqu’elle observe une femme catholique en prière. Son souvenir est intact : « Nous sommes entrées pour quelques minutes dans la cathédrale et, pendant que nous nous tenions là dans un silence respectueux, une femme est entrée avec son panier à provisions et s’est agenouillée sur un banc pour une courte prière […] Là, quelqu’un venait, au beau milieu de ses occupations quotidiennes, dans l’église déserte comme pour un entretien intime. Je n’ai jamais pu l’oublier ». En bon phénoménologue, Édith tenta d’analyser cette situation par empathie. Elle défini ainsi la prière comme un « entretien intime »…
En 1921, une lecture va profondément bouleverser le court de sa vie : sainte Thérèse d’Ávila. Édith reconnait à travers les lignes majestueuses du Livre de la Vie de cette sainte de l’Espagne du Siècle d’Or, un témoignage vrai et sincère, celui d’un cœur consumé de l’intérieur par la présence de Dieu. Si bien que la légende voudrait qu’en ayant achevé la lecture de ce joyaux spirituel, Édith s’est exclamée en disant : « Ceci est la vérité » ! Quoi qu’il en soit, le 1er janvier 1922, dans la petite église de Begzabern, Édith fut baptisée par le père Breitling, prenant le nom de Thérèse Hedwige en hommage à sainte Thérèse d’Ávila et sa marraine, Hedwige Conrad-Martius. Le lendemain, elle fut confirmée par Monseigneur Ludwig Sebastian, évêque de Spire. Dès lors, elle fit part de sa volonté intérieure d’entrer dans l’Ordre du Carmel. Mais son père spirituel de l’époque, le père Schwind, lui conseilla de prendre un poste d’enseignante à l’internat des dominicaines de Spire. C’était un vieux et grand couvent où se trouvait gravé sur le fronton un mot d’une très grande importance dans le cœur d’Édith : Veritas…
D’autres saints ont aussi eu un impact dans sa vie intellectuelle et spirituelle, tels sainte Élisabeth de Hongrie, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte de Face… Ou encore saint Thomas d’Aquin pour qui la lecture est une autre étape décisive. Saint Thomas d’Aquin est avant tout une figure philosophique éminente qui croit en l’Être divin et en son Amour. À travers sa démarche intellectuelle, ne recherchant que la Vérité, il ne désire qu’une chose : servir Dieu. C’est comme cela qu’Édith entendait mener ses travaux philosophiques.
Mais la montée du nazisme la prive de mener sa profession d’enseignante en raison de son origine juive. Soit ! Si telle était la volonté de Dieu, alors le temps est venu de réaliser son rêve : entrer au Carmel !
« Secretum meum mihi » : Mon secret est à moi…
Le jour de la fête de sainte Thérèse d’Ávila, le 15 octobre 1933, Édith franchit le seuil du Carmel… Car c’est au Carmel qu’elle trouva en toute intimité le Dieu d’Amour pour qui elle voulait se donner entièrement. En avril 1934, elle reçu l’habit et devint sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Quatre ans plus tard, en avril 1938, elle fit sa profession perpétuelle. Entre les murs de son couvent, dans le silence et la contemplation, elle composa un de ses chefs d’œuvres philosophiques, L’Être fini et l’Être éternel. De même, à la suite de saint Jean de la Croix, elle poursuivit sa quête du Tout-Puissant en intériorisant le mystère de la passion de Notre Seigneur. Elle commenta alors la Monté du Carmel et la Nuit Obscure, Vive Flamme d’Amour et le Cantique Spirituel, cherchant à saisir l’unité de l’être de Saint Jean de la Croix. Sous sa plume, la Science de la Croix est avant tout une science de l’Amour, car c’est par la croix que l’âme parvient à être transformée en Dieu. Dans la plénitude du Carmel, elle expérimenta tout un univers insaisissable à toute logique d’entendement. Son secret : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes forces ». Pour sœur Bénédicte, la découverte de l’Être éternel est l’aboutissement d’une quête à la fois intellectuelle, existentielle et spirituelle.
Le nazisme gagnant du terrain, et particulièrement hostile aux juifs, sœur Bénédicte se vit dans l’obligation de quitter l’Allemagne pour le couvent d’Echt en Hollande. Là-bas, elle rédigea un acte d’offrande où elle manifeste son désir de « s’offrir au Cœur de Jésus comme victime d’expiation pour la vraie paix ». Ne reniant en aucun cas ses origines juives, elle se considérait à la fois comme fille d’Israël et fille de l’Église catholique. Mais la Gestapo vint jusqu’à la porte de son couvent pour l’arrêter, elle et sa sœur Rosa, qui s’était convertie et était membre du tiers ordre du Carmel. Avec courage et une foi infaillible, sœur Bénédicte consola Rosa, lui murmurant à l’oreille : « Viens, nous allons pour notre peuple » ! Toutes deux furent ainsi transportées à Auschwitz où elles arrivèrent le 9 août 1942, remettant humblement leurs vies dans les mains de l’Éternel…
Dans Vie d’une famille juive, elle écrit : « Je rêvais de bonheur et de gloire car j’étais convaincue que j’étais destinée à quelque chose de grand ». Le courage qu’elle a eu de se tenir debout dans les ténèbres de ce monde, pour la seule gloire de Dieu, est un témoignage inestimable pour l’Église. Saint Jean-Paul II porta le destin de cette femme au rang des plus grands en la proclamant sainte de l’Église Universelle et la reconnaissant martyre. Benoît XVI, quant à lui, voit dans cette figure le témoin de la Vérité et la considère comme une « lumière dans une nuit de ténèbres ».
Ô Sainte Thérèse ! Vous qui êtes bénie par le mystère de la Croix, daignez intercéder pour nous auprès du Christ afin qu’Il nous conduise, comme Il vous a conduit sur le chemin de Vérité avec sagesse…
Aleteia

 

01/10/2016

THÉRÈSE DE LISIEUX

AUJOURD'HUI,

1er OCTOBRE :

STE THÉRÈSE DE L'ENFANT-JÉSUS

11/09/2016

CONFÉRENCE SUR MÈRE TERESA DE CALCUTTA

Il s'agit d'un conférence donnée (quand? où?) par le Père GABRIEL ( qui est ce Père?).

Durée : 1h.21

31/08/2016

7 CHOSES À SAVOIR SUR MÈRE TERESA

 

7 choses à savoir sur Mère Teresa

Capture d’écran 2016-08-31 à 16.32.26.png


À quelques jours de sa canonisation, Aleteia vous révèle quelques secrets sur la religieuse de Calcutta.

1. De son vrai nom Anjezë (Agnès) Gonxha Bojaxhiu, Mère Teresa s’est baptisée ainsi en l’honneur de la petite Thérèse de l’Enfant Jésus.
2. Avant de partager le quotidien des plus miséreux, celle que l’on appelle alors sœur Agnès a vécu pendant de longues années en contact avec la haute société indienne. Pendant vingt ans en effet, elle a enseigné la géographie aux jeunes filles des hautes castes qui fréquentent le collège Sainte-Marie à Calcutta.
3. Son premier contact avec l’extrême pauvreté eut lieu alors qu’elle effectuait un stage intensif chez les « Medical Sisters » à Patna, elle vint alors en aide à une vieille femme jetée par son fils dans une poubelle, couverte de fourmis.
4. Chose peu commune, son ordre religieux féminin inspira la création d’un autre masculin. En 1965 en effet, un jésuite d’origine australienne, frère André, créa à Caracas et Barquisimeto (Venezuela), une branche masculine aux missionnaires de la Charité.
5. Le 10 décembre 1979, dans son discours de réception du prix Nobel, Mère Teresa médusa son auditoire à plusieurs reprises. Cela commença lorsqu’elle fit réciter la prière de saint François d’Assise  :
Seigneur, faites de moi un instrument de votre Paix !
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant
À être consolé … qu’à consoler;
À être compris … qu’à comprendre;
À être aimé … qu’à aimer;
Car,
C’est en donnant … qu’on reçoit;
C’est en s’oubliant … qu’on trouve;
C’est en pardonnant … qu’on est pardonné;
C’est en mourant … qu’on ressuscite à l’Eternelle Vie.
6. Pour Mère Teresa, la plus grande menace auquel devait faire face l’humanité restait l’avortement : « Le plus grand destructeur de la paix, aujourd’hui, est le crime commis contre l’innocent enfant à naître. » « Si vous ne voulez pas l’enfant à naître, donnez-le-moi, je le veux ! », s’est-elle écriée à Ottawa en septembre 1988.
7.  Mue par une certaine audace lorsqu’elle faisait face aux puissants, Mère Teresa eu de nombreux coups d’éclats, comme lorsqu’elle demanda publiquement à Fidel Castro de prier pour elle lors d’une visite à Cuba en juillet 1986.
Bonus :
Lors de ses nombreux voyages la religieuse emportait souvent avec elle une grande statue de la Vierge Marie. Elle expliquait alors aux passagers interloqués : « Notre Dame a tellement envie de venir avec nous ! Nous avons un accord toutes les deux : je la prends avec moi, elle m’aide à entrer dans les pays où il est difficile d’aller. Durant le voyage, je l’installe près de la fenêtre, et elle regarde le paysage ! ». Dans un certain pays d’Amérique du Sud hostile à la religion catholique, elle parvint à rencontrer le dirigeant. Très impressionnée par la dureté de son visage, elle s’avança vers lui et lui demanda : « Avez-vous des enfants ? », « Oui, sept », répondit-il. Sans se défiler, elle sortit de son sac huit médailles miraculeuses. « Et celle-ci est pour vous. Vous en avez besoin ! Mais vous devrez la porter autour du cou ! ». Détendu, le dictateur permit à cinq sœurs de s’établir dans le pays pour assister les pauvres.

 

09/08/2016

EDITH STEIN (STE THÉRÈSE-BÉNÉDICTE DE LA CROIX)

SAINTE THÉRÈSE-BÉNÉDICTE DE LA CROIX (EDITH STEIN)

 

 

Capture d’écran 2016-08-09 à 16.35.08.png

 

Edith, une enfant juive (1891-1913)

 

Edith Stein, enfant volontaire Elle naît a Breslau (actuelle Wroclaw en Pologne), le 12 octobre 1891, dernière d’une famille de onze enfants. Ce jour-là, la communauté juive, à laquelle appartiennent ses parents, célèbre le Yom Kippour, jour de jeûne et de pénitence où le peuple élu reconnaît son péché et espère en la fidélité du Dieu de miséricorde.

 

Alors qu’elle n’a pas deux mois, son père meurt d’une insolation. Sa mère, Augusta, “une vraie mère juive”, reprend le commerce de bois de son mari, tout en s’occupant de ses enfants. Edith se souvient : Nous voyions notre mère travailler du soir au matin, et par conséquent, nous trouvions normal de n’exprimer que des désirs modestes. Elle gardera toute sa vie cette simplicité et cette modestie de son enfance.

 

Capture d’écran 2016-08-09 à 16.35.38.png

Edith reçoit une éducation stricte et exigeante, non dénuée toutefois de chaleur et d’amour. Au contact de ses aînées, la benjamine développe sa mémoire et laisse percevoir une grande intelligence.

 

Pour ses six ans, elle demande comme cadeau d’anniversaire de pouvoir aller à l’école. Là, de grands horizons s’ouvrent devant elle, elle a soif de connaître, de comprendre… Là aussi elle expérimente l’injustice du fait même de son appartenance au peuple juif. Malgré tous ses efforts, elle ne peut jamais atteindre la première place, ni même recevoir un prix à cause de l’antisémitisme du directeur.

 

Elle est marquée, à l’âge de dix ans, par les suicides successifs de deux de ses oncles et ne semble pas trouver le réconfort de la foi, ni l’espérance nécessaire pour vivre cette épreuve. Quelques années plus tard, elle écrit : « J’ai perdu la foi de mon enfance et j’ai cessé de prier en toute conscience et de façon délibérée ». Elle n’en continue pas moins de chercher le sens de la vie. « Ma seule prière était ma soif de vérité ». Elle découvre alors les Recherches Logiques, d’Edmund Husserl, père de la phénoménologie.

Docteur Stein : la philosophe ( 1913-1922)

 

Capture d’écran 2016-08-09 à 16.35.52.png

Edith Stein, chercheur en philosophie A 22 ans, Edith est frappée et séduite par la démarche d’Edmund Husserl, un simple regard posé sur les choses pour y découvrir leur vérité propre. L’œuvre de ce philosophe “Recherches logiques” la fascine et elle demande à poursuivre ses études à Göttingen où elle rencontre celui qui devient “son maître “. La phénoménologie répond à son attente. Il s’agit pour Edith, d’un exercice non seulement universitaire et intellectuel, mais d’une manière de vivre, d’une pratique qui saisit la totalité de son être. Toute sa vie, elle restera fidèle à l’ascèse rigoureuse de cette démarche de connaissance qui oblige au respect des choses et des êtres.

 

Elle prépare sa thèse de doctorat. Durant son élaboration, elle a été confrontée à ses limites. « Peu à peu je m’enfonçais dans un véritable désespoir. Je ne pouvais plus traverser la route sans souhaiter qu’une voiture m‘écrasât. Lors des excursions, une seule idée me hantait : disparaître dans l’abîme, c’en serait fini de ma vie. ». L’accueil d’Adolph et d’Anna Reinach lui permet de traverser la crise : « Après les visites chez les Reinach, j’étais née à une vie nouvelle ».

 

Peu à peu, Edith découvre divers témoignages de foi tels que la prière en commun chez les fermiers catholiques, l’étude des scolastiques médiévaux et celle du “Pater” en vieil allemand.

 

Capture d’écran 2016-08-09 à 16.36.05.png

Edith Stein, éducatrice En juillet 1916, Edith visite la cathédrale de Frankfort « Nous entrâmes quelques minutes dans la cathédrale et pendant que nous étions là, dans un respectueux silence, entra une femme avec son panier de commission, elle s’agenouilla sur un banc pour faire une brève prière. Ce fut pour moi quelque chose de totalement nouveau. Dans les synagogues ou dans les églises protestantes dans lesquelles j‘étais allée, les gens ne venaient que pour les offices religieux. Mais ici arrivait n‘importe qui, au milieu de ses travaux quotidiens, dans l’église vide de monde, comme pour un dialogue confidentiel. Je n’ai jamais pu oublier cela. » Edith vient de découvrir, sans le savoir encore pleinement, le mystère de la “présence réelle”.

 

Quelques semaines plus tard, elle soutient son doctorat à Fribourg en Brisgau et obtient son diplôme d’état avec la mention “summa cum laude”. Ce sera le seul doctorat en philosophie accordé à une femme cette année-là : elle devient l’assistante de Husserl.

 

En 1917, Adolph Reinach, l’ami d’Edith, meurt au front. Edith est chargée d’aider la veuve à classer les papiers du défunt. Edith craint cette visite… Devant l’attitude d’Anna, l’inattendu se produit : « Ce fut ma première rencontre avec la Croix, avec la force divine qu’elle donne à ceux qui la portent. Je vis pour la première fois l’Église née de la souffrance rédemptrice du Christ dans sa victoire sur l’aiguillon de la mort, visible devant moi. Ce fut l’instant où mon incroyance s’effondra, où mon judaïsme pâlit et le Christ étincela : le Christ dans la lumière de la Croix. » C’est le moment décisif où Edith découvre la force de vie que le Christ Jésus offre par sa Croix. Les Reinach avaient été baptisés quelques mois auparavant : A partir de cet instant, Edith devient chrétienne de cœur.

 

Au cours de l’été 1921, se trouvant chez son amie Hedwig Conrad-Martius, elle prend un livre dans la bibliothèque : La vie, de Sainte Thérèse d’Avila. Après sa lecture, elle murmure « Là est la vérité ». Elle a découvert ce qu’elle cherchait depuis tant d’années. Cette vérité devient une Présence au plus intime de son être : « Je rencontre dans mon être, un autre Être, qui n ‘est pas le mien mais qui est le fondement et le support du mien. ». Edith, qui a 30 ans, décide de recevoir le baptême.

 

Thérèse-Edith, la chrétienne enseignante (1922-1933)

 

Capture d’écran 2016-08-09 à 16.36.36.png

Le 1er janvier 1922, en la fête de la Circoncision, Edith Stein, venue du judaïsme, reçoit le Baptême dans l’Église catholique avec une marraine protestante, Hedwig Conrad-Martius. Belle préfiguration de l’unité du peuple de Dieu.

 

Elle annonce la nouvelle à sa “vraie mère juive”… Au lieu des reproches et des cris, seules les larmes coulent. En devenant chrétienne, Edith reste profondément membre de son peuple : « Vous ne pouvez pas comprendre ce que signifie pour moi d’être fille du peuple élu, d’appartenir au Christ non seulement par des liens spirituels, mais aussi par le sang. »

 

Edith songe à entrer au Carmel, mais son directeur spirituel l’incite à poursuivre ses recherches philosophiques. Elle traduit saint Thomas d’Aquin et J.H. Newman tout en enseignant chez les Dominicaines de Spire. Elle marque les élèves par son silence et par son sens de la justice. Elles découvrent émerveillées « le mystère, la splendeur cachée d’une vie transformée par la foi, […] une foi profonde parfaitement harmonisée avec une attitude de vie. » Dès son baptême, Edith vit de l’Eucharistie quotidienne ; là est sa force. « Une vie de femme pour laquelle l’amour divin doit devenir une réalité intérieure devra être une vie eucharistique ». Cette vie eucharistique entraîne Edith dans le mystère de la Rédemption. « Vivre de l’Eucharistie signifie sortir insensiblement de l’étroitesse de sa propre vie pour naître à l’immensité de la vie du Christ. »

 

Elle vit toute recueillie en Dieu, et cependant à l’écoute des événements. En 1933, Hitler et le National Socialisme viennent au pouvoir en Allemagne. Edith, non aryenne, n’a plus le droit d’ enseigner, ni de parler.

 

Durant les longs moments de prière silencieuse, au pied du tabernacle, elle est entrée dans l’épaisseur du mystère de la Croix. Désormais, elle sait que « c’est la Croix du Christ qui est posée sur le peuple juif » et elle poursuit : « Ceux qui le comprenaient devaient, au nom de tous, la prendre sur eux. C’est ce que je voulais faire. »

 

Elle a alors une triple réaction : elle écrit au pape Pie XI pour lui demander d’écrire une encyclique qui condamne l’antisémitisme ; elle écrit les souvenirs de sa famille, La vie d’une famille juive, « car ceux qui ont grandi dans le judaïsme ont le devoir de rendre témoignage » ; elle décide enfin d’entrer au Carmel, « voilà douze ans que j’y pensais « .

 

Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, la Carmélite (1933-1942)

 

Capture d’écran 2016-08-09 à 16.36.52.png

Son entrée au carmel n’est pas une fuite, mais une réponse mystique. Elle reste solidaire de son peuple : « Celui qui entre au Carmel n’est pas perdu pour les siens, il est gagné, car c’est notre vocation de nous tenir devant Dieu pour tous. ». Elle écrira plus tard : « J’ai confiance que c’est pour tous que le Seigneur a pris ma vie. Je pense souvent à la reine Esther choisie en son peuple pour le représenter devant le roi. Je suis une Esther bien pauvre et impuissante, mais le Roi qui m’a choisie est infiniment grand et miséricordieux. »

 

Zdith, revêtu de l'habit de noce pour sa profession religieuse Le 14 octobre pour les premières Vêpres de la fête de sainte Thérèse d’Avila, Edith franchit la porte de clôture. Elle a tout juste 42 ans, elle a atteint le port, celui de la volonté de Dieu. Par amour du Christ Jésus, seul, pauvre et nu, elle a renoncé a tout. Elle sait que cette vie cachée, silencieuse et paisible, austère et joyeuse, porte en elle une fécondité infinie car elle est communion au mystère du Dieu Trinité.

 

En entrant elle déclare : « Ce ne sont pas les achèvements humains qui peuvent nous venir en aide mais la Passion du Christ, mon désir est d’y prendre part »

 

Paroles étonnantes et fortes qui révèlent une attitude de vie née d’un regard de foi sur l’acte dans lequel se révèle l’amour rédempteur de Dieu pour tout homme : le don que Jésus fait de Lui-même sur la Croix. Peu à peu Thérèse “bénie de la Croix” entre dans une “science” de la Croix.

 

Le 21 avril 1935, jour de sa profession simple, elle se sent « comme l’épouse de l’Agneau ». Lors de la rénovation de ses vœux, le 14 septembre 1936, elle ressent la présence de sa mère à ses côtés. Elle apprend quelques jours plus tard que sa mère est morte à ce moment là.

 

Thérèse-Bénédicte de la Croix

 

Capture d’écran 2016-08-09 à 16.37.10.png

Après le déchaînement de violences de la “Nuit de Cristal”, le 9 novembre 1938, elle écrit à une amie : « Aujourd’hui je comprends beaucoup mieux ce que signifie être l’épouse de l’Agneau sous le signe de la Croix. Mais on ne pourra jamais comprendre cela à fond car c’est un mystère. »

 

Devant la menace grandissante, Thérèse-Bénédicte ne veut pas faire courir de risque à sa communauté ; elle part au Carmel d’Echt (Pays-Bas). Thérèse-Bénédicte de la Croix décide de s’offrir au Christ dans le mystère de la Croix « pour tous », juifs et chrétiens.

 

Le 26 mars 1939, dans son acte d’Offrande, elle écrit à sa Prieure : « Je prie votre Révérence, de m’autoriser à m’offrir au Cœur de Jésus, comme sacrifice de propitiation pour la paix véritable et que la domination de l’antéchrist s’écroule si possible sans une nouvelle guerre mondiale et qu‘un ordre nouveau soit établi ».

 

Thérèse-Bénédicte de la Croix

 

Le 9 juin 1939, elle achève son testament par ces mots : « Je demande au Seigneur qu’Il accepte ma vie et ma mort, pour qu’Il soit reconnu par les siens (…) pour tous ceux que le Seigneur m’a donnés, qu’aucun d’eux ne se perde ». Mais bientôt, l’ogre nazi qui gangrène l’Europe va la rejoindre. Elle cherche à obtenir un visa pour la Suisse, mais après une lettre de l’épiscopat hollandais dénonçant les déportations et les exactions des nazis, plus de 300 religieux et religieuses d’origine juive sont arrêtés. Le 2 août, la Gestapo s’empare de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Tout va très vite. D’abord le camp de Westerbork, puis les wagons du train qui part vers L’Est.

 

Après un arrêt en gare de Breslau, le convoi arrive le 9 août 1942 à Auschwitz/Birkenau II. Aucun arrivant ne sera inscrit dans le camp. Tous sont immédiatement dirigés vers les chambres à gaz …

 

Capture d’écran 2016-08-09 à 16.37.18.png

Juive et Chrétienne, telle est sœur Thérèse-Bénédicte de La Croix. Elle nous est donnée par Dieu pour que nous entrions dans ce mystère divin où la Nouvelle Alliance ne supprime pas la Première Alliance, où le Peuple élu subsiste aux côtés de l’Église. Elle nous invite à revivifier les racines juives qui sont les nôtres.

 

Vitrail symbolisant Edith Stein dans les camps camps Thérèse-Bénédicte de la Croix nous est étonnement proche parce qu’elle a cherché un sens à sa vie, parce qu’elle a voulu « être » et « être pleinement ». Elle a connu l’angoisse, le mal de vivre, l’épreuve … Elle nous indique un chemin, une marche avec Dieu, qui peu à peu saisit la totalité de l’être pour le conduire par l’Eucharistie et par la Science de la Croix, à une vie de plus en plus pleine, à une vie donnée, à une vie offerte. « La seule chose que l’on puisse faire, c’est de vivre de plus en plus fidèlement et purement la vie que l’on a choisie, pour la présenter comme une offrande agréable en faveur de tous ceux avec qui on a des liens. »

 

Femme, Juive, Philosophe, Éducatrice, Carmélite, martyre… Par sa vie et ses écrits, Edith Stein a beaucoup à nous dire. A nous de l’écouter.

 

© 2016, Le Carmel en France  Mentions légales

 

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique