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11/06/2018

ACADÉMIE MUSICALE ND DE LIESSE

ACADÉMIE MUSICALE ND DE LIESSE

 

Dimanche dernier, 10 Juin 2018, la messe du"JOUR DU SEIGNEUR" était célébrée en direct depuis l'Abbaye de Notre-Dame de Liesse (Aisne), et les chants étaient animés par l'ACADÉMIE MUSICALE, école privée catholique vouée à la formation musicale de jeunes garçons.

 

Or, la chaîne France 2 avait dédié une émission à cette académie, il y peu d'années. C'est cette émission que nous vous proposons  ci-dessous.

 

L'ACADÉMIE MUSICALE ND DE LIESSE

18:04 Publié dans RELIGION | Lien permanent | Commentaires (0)

09/05/2018

AUDIENCE DU PAPE LE 09/05/18

18:00 Publié dans RELIGION | Lien permanent | Commentaires (0)

01/05/2018

MÉDITATION POUR LE 5ème DIM. DE PÂQUES

 


Evangile & méditation

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29 avril 2018 - Sainte Catherine de Sienne

 


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 15, 1-8)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu'il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »
 

 

Méditation du père Raniero Cantalamessa
Dans ses enseignements, Jésus s'inspire souvent de choses familières aux personnes qui l'écoutent et qui sont sous les yeux de tous. Cette fois, il utilise l'image du sarment et de la vigne.
 
Jésus présente deux cas. Le premier est négatif : le sarment est sec et ne porte pas de fruits. Il est donc coupé et jeté ; le deuxième est positif : le sarment est encore vivant et bien vert ; par conséquent on l'élague. Ce contraste nous dit déjà que l'élagage n'est pas un acte hostile envers le sarment. Le vigneron attend encore beaucoup de ce sarment. Il sait qu'il peut porter des fruits, il a confiance en lui. C'est également ce qui se passe sur le plan spirituel. Lorsque Dieu intervient dans notre vie avec la croix, cela ne signifie pas qu'il est en colère contre nous. Bien au contraire.

Mais pourquoi le vigneron élague-t-il le sarment et fait-il « pleurer » la vigne comme on dit ? Pour une raison très simple : s'il n'est pas élagué, la force de la vigne se disperse. Il aura peut-être plus de grappes qu'il ne faut. Il ne réussira pas à les faire mûrir toutes et abaissera la teneur en alcool du vin. Si la vigne reste longtemps sans être élaguée, elle devient même sauvage et ne produit que du pampre et du raisin sauvage.
 
C'est ce qui se passe dans notre vie. Vivre signifie choisir et choisir signifie renoncer. Celui qui, dans la vie veut faire trop de choses, ou cultive un nombre infini d'intérêts et de « hobbies », se disperse ; il n'excellera en rien. Il faut avoir le courage de faire des choix, laisser tomber certains intérêts secondaires pour se concentrer sur quelques intérêts fondamentaux. Élaguer !
 
Ceci est encore plus vrai dans la vie spirituelle. La sainteté est comme la sculpture. Léonard de Vinci a défini la sculpture comme « l'art d'enlever ». Tous les autres arts consistent à « mettre » quelque chose : de la couleur sur la toile dans le cas de la peinture, pierre sur pierre pour l'architecture, note après note pour la musique. Seule la sculpture consiste à « enlever » : enlever les morceaux de marbre qui sont en trop pour faire ressortir la silhouette que l'on a en tête. La perfection chrétienne s'obtient également de cette manière, en enlevant, en faisant tomber les morceaux inutiles, c'est-à-dire les désirs, les ambitions, les projets, les tendances charnelles qui nous dispersent dans tous les sens et nous empêchent de réaliser quelque chose.
 
Un jour Michel-Ange, qui se promenait dans un jardin à Florence, vit, dans un coin, un bloc de marbre qui dépassait de terre, à moitié recouvert d'herbe et de boue. Il s'arrêta brusquement comme s'il avait vu quelqu'un et, se tournant vers les amis qui l'accompagnaient, s'exclama : « Dans ce bloc de marbre est renfermé un ange ; je dois le faire sortir ». Et, s'armant d'un burin, il commença à dégrossir le bloc de marbre jusqu'à ce qu'émerge la silhouette d'un bel ange.
 
Dieu aussi nous regarde et nous voit de cette manière : comme des blocs de pierre encore informes, et il se dit : « Une créature nouvelle et belle qui attend de venir à la lumière se cache ici ; de surcroît, l'image de mon propre Fils Jésus Christ y est cachée (nous sommes destinés à devenir ‘conformes à l'image de son Fils') ; je veux la faire sortir ! ». Et alors, que fait-il ? Il prend le burin qui est la croix, et commence à travailler ; il prend la cisaille de l'élagueur et commence à tailler. Nous ne devons pas penser à Dieu sait quelles croix terribles. Il n'ajoute en général rien à ce que la vie, seule, présente de souffrance, fatigue, épreuves ; il fait seulement en sorte que ces choses servent à notre purification. Il nous aide à ne pas les gâcher.
 

18:02 Publié dans RELIGION | Lien permanent | Commentaires (0)

11/03/2018

DONNE-NOUS AUJOURD'HUI

Les sept demandes du Notre Père (4/7).

Durant le Carême, « La Croix » invite à méditer sur ces requêtes. Aujourd’hui, « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ».

« Le Salut vient du ciel, mais pas sans la collaboration de l’homme ! »
Père Franck Chaigneau, Jésuite, fondateur et président d’honneur de la Table de Cana.

DONNE-NOUS AUJOURD'HUI...

Père F.CHAIGNEAU



« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour »…

Comment comprenez-vous cette requête ?

Père Franck Chaigneau : Cette expression est une demande vitale, celle d’être nourri. Si je ne mange pas, je tombe malade. Spirituellement, c’est aussi demander d’être nourri par les paroles de Dieu, habité par elles. Des paroles que je goûterai, qui éclaireront ma journée et me rapprocheront des hommes.
Cette demande peut justifier, pour certains, de ne pas croire en Dieu puisque, malgré leurs prières, beaucoup encore meurent de faim. Pour eux, Dieu n’agit pas, il reste silencieux ! Pour moi, cette demande est, au contraire,
la source de la reconnaissance de Dieu, de notre dépendance envers Lui. La réussite de l’humanité – faire en sorte que les gens n’aient plus faim –, Dieu la réalisera par l’action des hommes. Celui qui demande se met dans une attitude de pauvreté et reconnaît que seul, il n’y arrivera pas.
Cette demande évoque pour moi l’Eucharistie : par le moyen des fruits de la terre et du travail des hommes, le monde peut se nourrir de l’humanité de Jésus-Christ. L’Eucharistie ravive ma foi, mon espérance et ma charité pour ainsi actualiser le salut.
J’entends par salut la manière de faire face, grâce à l’aide de Dieu, au bien et au mal en moi et autour de moi. Cela nécessite de se mettre au travail. Le salut vient du ciel, mais pas sans la collaboration de l’homme !

En quoi La Table de Cana a-telle été votre « pain quotidien » dans votre vie de foi ?

P. F. C. : La création de La Table de Cana, alors que j’étais « prêtre au travail », a nourri ma foi. Dans l’informatique, j’étais loin des « pauvres », je trouvais de moins en moins de sens à cette vie. J’ai été encouragé par la demande de personnes sans domicile fixe et la fondation d’une entreprise d’insertion m’a permis de retrouver du sens.
La Table de Cana a changé mon regard sur les pauvres dont j’avais peur. J’ai appris que je ne savais rien faire, si ce n’est de faire travailler les autres. La Table de Cana est une réussite car elle est issue d’un collectif et est portée par lui : des personnes en insertion, des associations, des bénévoles, des permanents et desclients. C’est l’agrégation des compétences qui l’a fait démarrer.
Dans la prière du Notre Père, on dit bien « Donne-nous » et non « Donne-moi ». Dieu a donné La Table de Cana à plusieurs milliers d’hommes et de femmes, salariés et bénévoles, qui y sont passés depuis son origine.

Que signifie cette demande du Notre Père pour les personnes en insertion à La Table de Cana ?

P. F. C. : C’est une question de salut, de vie ou de mort. Pour les personnes en insertion, il s’agit de trouver ou de retrouver leur place dans la société. Leur pain quotidien, c’est d’abord de pouvoir travailler alors que toutes les portes étaient fermées. Des jeunes qui n’avaient jamais travaillé, des chômeurs de longue durée, des allocataires du RSA, des sortants de prison, des réfugiés politiques, des anciennes prostituées, des drogués… Autant de situations qui faisaient qu’un DRH d’une entreprise classique, au bout de trente secondes d’examen de leur curriculum vitae, passait au suivant.
Le salut, les personnes en insertion y croient lorsqu’elles pensent qu’elles peuvent acquérir une compétence qui leur permettra d’être embauchées par une entreprise classique au bout de deux ans maximum de travail à La Table de Cana. Cela leur demande beaucoup d’efforts afin de retrouver confiance en elles-mêmes et d’apprendre un métier qui a du sens pour elles. Un métier au service de la société, des clients et du bon fonctionnement de l’entreprise et pas uniquement en échange d’un salaire.

Comment les personnes en insertion sont-elles nourries par leur travail à La Table de Cana ?

P. F. C. : Souvent, au début, elles me disaient que le travail était une aliénation, mais plus tard, elles m’en redemandaient. C’était une sacrée conversion. Elles sentaient qu’elles avaient besoin des autres, au moins d’un chef pour apprendre leur métier, et de clients satisfaits. L’homme a besoin de se sentir utile, respecté, rendant service à la société. J’ai vu des personnes reprendre confiance, changer. Le salut, aujourd’hui, c’est, malgré le passé, de faire confiance à quelqu’un qui veut travailler et l’accompagner pour établir un projet personnel.
Le nom « La Table de Cana » renvoie au miracle des noces de Cana, l’eau transformée en vin sous l’impulsion de Marie qui croyait cela possible. Pour nous, c’est le passage de l’exclusion à l’insertion sociale, grâce à l’impulsion des encadrants qui, eux aussi, croient cela possible, lorsque les salariés en insertion font leur maximum pour satisfaire les convives, comme l’ont fait, dans la discrétion, Marie et les serveurs des noces de Cana.

En quoi La Table de Cana est-elle une réponse aux paroles de Jésus qui dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » ?

P. F. C. : Dans le récit de la multiplication des pains, Jésus met ses disciples au travail pour nourrir la foule ! Comme dans le Notre Père, cela fait allusion à l’Eucharistie, mais aussi au Règne de Dieu pour lequel tous les hommes sont appelés à travailler. Je suis convaincu que Dieu « compte » sur l’homme, qu’Il a «besoin» de l’homme, pour l’avènement de son Royaume. L’homme, pour y parvenir, doit repérer les valeurs évangéliques présentes déjà dans la société, les vivre lui-même là où il se trouve, parmi les croyants et les indifférents, et les promouvoir pour qu’elles soient opérationnelles dans la société.

La prière de demande est donc étroitement associée à l’action…

P. F. C. : C’est ce qui se passe à La Table de Cana qui fait, à sa mesure, advenir le Royaume en luttant contre l’exclusion ! À plusieurs reprises, on m’a dit : « Félicitations, tu t’occupes d’insertion…! » À quoi je répondais : « Non, ce sont les salariés eux-mêmes qui se prennent en charge et qui réussissent leur insertion, accompagnés dans leur démarche vers plus de liberté.»
Ils sont écoutés et aidés par des encadrants et des bénévoles très compétents, afin d’élaborer un projet personnel en fonction de leurs envies de réussite professionnelle, mais aussi de leur vie familiale, de leur apprentissage progressif. Pour faire référence à la multiplication des pains, plus les clients sont bien nourris et rassasiés, meilleure est l’insertion.
Quant aux 12 panières à ramasser dont parle l’Évangile, elles sont comptées par l’État qui distribue ses subventions en fonction du pourcentage d’insertions réussies !

Comment envisagez-vous la demande du pain de ce jour, aujourd’hui, fort de votre expérience à La Table de Cana ?

P. F. C. : Je demande à Dieu que son Règne progresse : que les structures humanitaires et politiques soient multipliées afin que tous puissent manger, que tous puissent être nourris par sa Parole et sauvés par les pratiques évangéliques.
« Cette demande évoque pour moi l’Eucharistie : par le moyen des fruits de la terre
et du travail des hommes, le monde peut se nourrir de l’humanité de Jésus-Christ. »


Père Franck Chaigneau,  jésuite, fondateur et président d’honneur de la Table de Cana
(Source: La Croix du 10 Mars 2018)

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18/02/2018

"QUE TON NOM SOIT SANCTIFIÉ"

QUE TON NOM SOIT SANCTIFIÉ

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Que signifie cette première demande du Notre Père ? « Sanctifier » est un terme un peu abscons…

Père Benoît Standaert :

Je suis toujours très touché par cette première demande que je suis tenté de considérer comme la plus importante et la plus belle. Mon maître en exégèse, le père Jacques Dupont, disait que le passif « soit sanctifié » est un passif théologique, une façon très polie de dire : « Sanctifie ton nom. » Dieu n’est jamais passif, il est toujours en action. Dans le Notre Père, on demande que Dieu soit pleinement Dieu, car Dieu est sainteté, que lui-même rayonne de toute sa plénitude.

Dans le Livre d’Ézéchiel (36, 20-25), Dieu dit : « Vous avez profané mon nom parmi les nations, néanmoins, par honneur pour mon nom, je vais sanctifier mon nom. » Dans ces versets splendides, Dieu annonce qu’il va tout recréer à partir du coeur de l’homme. Et la création tout entière va elle-même baigner dans une nouvelle alliance. Sauve-nous, restaure-nous, rebâtis ta ville, renouvelle ton alliance avec ton peuple : voilà ce que, en priant, on demande dans ce nom.

Prier le « nom », c’est bien s’adresser à une personne, pas à un concept ?

P. B. S. : Le nom, c’est la personne.
Ici, il est rattaché directement à l’invocation qui précède, « Notre Père ». Il s’agit donc aussi de demander que le nom de Père soit sanctifié. Mais il y a un paradoxe : appeler Dieu « Notre Père » nous parle de sa proximité et, en même temps, lorsqu’on dit « qui es aux cieux », cela évoque sa transcendance.
La philosophe Simone Weil faisait remarquer une certaine ironie dans cette tension : Dieu est tout proche et disparaît dans les cieux…

N’est-ce pas Dieu lui-même qui dévoile son nom dans la tradition biblique ?

P. B. S. : Le nom par excellence, c’est celui qu’Il a révélé lorsque le peuple hébreu était en souffrance en Égypte, et que Moïse se trouvait devant le buisson ardent : YHWH, c’est ce qu’on appelle
le tétragramme. La tradition biblique utilise le terme Adonaï (Seigneur) pour éviter de prononcer le nom de Dieu, par révérence.
Et par une sorte de discipline : je l’honore en ne mettant pas la main sur lui.
Dans ce nom-là, la tradition rabbinique entend toujours le Dieu de miséricorde. Tandis que dans l’autre nom rabbinique, Elohim, elle entend le Dieu juge. Dieu est à la fois justice et miséricorde.


Et nous le rencontrons d’après ce que nous avons vécu. Vos oeuvres de miséricorde vous conduisent à rencontrer le Dieu de miséricorde, vos oeuvres d’injustice le Dieu qui juge. Donc convertissez-vous à la miséricorde si vous voulez rencontrer le Dieu de miséricorde.

               

P. B. S. : Oui, et Maxime le Confesseur voit une gradation dans ces premières invocations : le Père dans la première, le Fils
dans la sanctification, l’Esprit Saint dans la venue du règne. Puis on prie « que ta volonté soit faite » en passant du ciel – par les anges – à la terre – par les hommes : il y a un mouvement de descente. Le Notre Père est comme une échelle qui descend
du ciel sur la terre, qui rejoint ma réalité, depuis le Très Haut jusqu’au très bas que je suis.

Pour nous aujourd’hui,de quelle sainteté parle-t-on ?

P. B. S. : L’appel à la sainteté se trouve au coeur de la Torah de Moïse : « Soyez saints parce que moi je suis saint », dit le Seigneur. Les premiers chrétiens ont repris cette invocation. « Soyez parfaits comme votre Père est parfait. »
Mais c’est Lui qui nous communique sa propre sainteté. Je n’ai pas à me préoccuper de la mienne. Dans le Notre Père, on
demande à Dieu de faire rayonner sa sainteté jusque dans notre réalité. Et pour le reste, je vais me faire silence, je vais faire le vide, m’abandonner et non prétendre à une certaine perfection ou sainteté.
Que ton nom rayonne avec ta sainteté dans toute mon existence et dans l’univers entier.
« Jésus nous appelle à nous décentrer de nous-mêmes »

Vous-même comme ermite pouvez être tenté de vous laisser déborder par les soucis du quotidien…
Quels conseils donnez-vous pour faire place à ce Dieu saint ?

P. B. S. : Je m’attache à ne pas me laisser envahir par des préoccupations trop individuelles ou trop soucieuses. Sainte Thérèse d’Avila, dans un moment de prière, entendit le Christ lui dire : « Désormais tes affaires sont mes affaires et mes
affaires sont tes affaires. » Dès que j’entre en prière, mes soucis, mes préoccupations, mes affaires, je les confie à Dieu tandis que moi dans la prière, je me préoccupe de ses affaires. Quelles sont-elles ?
Le nom, le règne, la volonté.
Laissons s’accomplir sa volonté. Dans une certaine passivité, j’autorise la volonté de Dieu à rayonner à travers moi. On peut commencer sa journée avec ces quelques mots du Notre Père.
Dans la Règle de saint Benoît, on le prie deux fois par jour en entier.
Les autres fois, c’est fragmenté : on commence tout haut – Notre Père –, puis on continue, chacun, en silence. Dans ce silence, je m’arrête souvent à la première demande. Il y a déjà une forme d’adoration dans cette demande. J’invite à laisser résonner ces mots en soi. Notre Père, Notre Père, qui
es aux cieux, qui es aux cieux…
Il ne s’agit pas de remplir les mots intellectuellement, mais d’adhérer par le coeur à ce qu’on dit, de s’enfermer dans ces paroles jusqu’à ce qu’elles deviennent chair de ma chair, esprit de mon esprit, sentiment de mes sentiments, acquiescement
de mon acquiescement. Et ça, c’est prier. Tout homme baptisé doit avoir des exercices de ce genre dans sa vie quotidienne.

Pouvez-vous nous dire quels échos cette prière trouve dans votre itinéraire spirituel ?

P. B. S. : À l’âge de 16 ans, j’ai été paralysé de la tête aux pieds, une paralysie due au syndrome de Guillain-Barré, qui est viral et peut être mortel. On a dû faire une trachéotomie et me nourrir par une sonde. C’était assez spectaculaire.
Mais le physique est assez secondaire par rapport à ce qui se passe dans l’esprit. Mon système nerveux, ma lucidité étaient extrêmes.
Ma vie spirituelle n’avait pas commencé à 16 ans. Je me souviens de ma première communion, reçue à 6-7 ans, non pas
avec les autres, car j’avais été malade, mais seul, le jour de Pâques.
J’avais communié avec une grande lucidité, heureux.
À 16 ans, il y a eu une étrange coïncidence avec cette paralysie.
Un ami m’a écrit : Pourquoi cela t’arrive-t-il, à toi ? Je ne voyais pas pourquoi j’aurais été à l’abri d’une telle maladie que je ne considérais d’ailleurs pas comme une punition.
Mais j’ai été frappé par tous les messages de soutien des amis de mes parents. D’où venait cette bonté pour moi ? C’est alors qu’il y a eu un déclic : le Christ en vis-à-vis s’est révélé comme un abîme de bonté et d’amour, lui qui était le souffrant innocent. J’ai pris conscience que tout le monde était soucieux pour moi, mais on n’avait pas un regard pour lui qui est un abîme de bonté et d’amour innocent. L’amour n’est pas aimé, dit saint François d’Assise. Pourquoiaucun regard vers lui ? Cela a orienté toute ma vie. Un maître spirituel, un jour, m’a dit : « Ce que tu as vu en face de toi et au fond de toi doit maintenant te traverser. »
Recueilli par Céline Hoyeau
La Croix 17/02

 

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